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Anthelme Bonnard en a ras la casquette, il s'étonne, s'inquiète, secrètement s'insurge.
Ca a commencé par l'intrusion intolérable du Candidat dans son salon, la lente mais implacable extinction de la gent féminine du quartier, la disparition de plus de 70 des Martin, l'étrange assassinat d'un nain dans l'escalier... Mais quand on vient chercher manu militari l'étudiant des Beaux-Arts du troisième parce qu'il possède un couteau suisse vert avec tire-bouchon, quand d'autres sont pareillement inquiétés pour a (...)
" - Raconte, ça te soulagera, ils disent. Tu parles ! A tantôt soixante piges, après s'être enfilé tout le sale boulot de vivre jusque-là, surtout quand on a commencé croupignoteux comme moi, et devoir encore buriner dur dans la clownerie pour tenter de faire bouillir l'amère marmite du quotidien, à peine de-ci de-là un instant pour trinquer un coup tranquille entre copains en guise de maigre consolation, vous pouvez imaginer que ce n'est pas dégoiser à l'infini toujours les mêmes salades sur mes interminab (...)
les Carnets du dessert de lune, Bruxelles, Belgique
Très tôt j'ai compris que j'étais comme les cerises et que je me conserverais mieux et plus longtemps dans l'eau-de-vie.
Pierre Autin-Grenier est né un 4 avril du siècle dernier, à Lyon. Depuis déjà pas mal de lunes, il tente de vivre dans le Vaucluse et respire dans sa ville natale où il confectionne la chronique douce-amère des saisons et des jours et trouve délice à Siffler dans la rue.
«Toute mon enfance se passa à la recherche de ce grand pot de confiture de radis bleus dont, pour m'humilier sans doute, on m'avait fait miroiter l'extrême douceur.»
Désespérant de trouver ces radis bleus, Pierre Autin-Grenier finit par les inventer dans ce journal poétique où se mêlent aphorismes, notes, réflexions, et anecdotes. Un livre d'une grande sensibilité, pour tous les rêveurs fervents, les égarés qu'une certaine littérature parfois console. Voici le livre d'un poète philosophe, entre traité d'es (...)
Et maintenant, comme je l'ai dit au début, nous pressions le pas sous la Grande Ourse. Dissipée notre frayeur nous avancions, résolus, comme aspirés par l'horrible trou borgne de la nuit, en direction de cette interminable agonie. En somme on marchait à la recherche d'un cri. L'essentiel n'était-il pas de trouver d'où cela venait ? Après, nous verrions bien...
Une nuit d'hiver, les habitants d'une ferme partent dans les bois pour découvrir l'origine d'une inquiétante plainte, «du côté des collines». Acco (...)