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Il faudrait ne rien savoir de ce livre avant de l'ouvrir, de s'y plonger, de s'immerger dans son millier de pages. Tout argument, tout résumé, tout jugement porté sur cette oeuvre serait réducteur et terriblement vain.
Marie Billetdoux a réussi en effet à élever un monument considérable : par sa taille et son ampleur bien sûr, par son impudeur et son lot presque extravagant de secrets, petits ou grands, qui nous sont ici dévoilés. C'est encore moi qui vous écris n'est pas un roman, ni un essai, ni un recuei (...)
Mon père était auteur dramatique. Personne, à part cela, ne peut dire vraiment qui il était : célèbre et inconnu, pauvre et riche, sinistre et rigolo, inoccupé et suroccupé, glorieux et misérable, humble et matamore, bon et très méchant, passif et violemment révolutionnaire, doux et agressif, amusant et désespérant, plein d'amour et parfois vachard... À force de pudeur et de secret, il a brouillé les pistes jusque dans l'oeuvre multiforme et inclassable qu'il a laissée.
Ce n'est donc qu'un fragment de l'ho (...)
C'est le retour au roman de Marie Billetdoux, un roman où courent la sève et la fièvre de la jeunesse, une jeunesse du début des années 50, assoiffée de poésie, de littérature, dans un Paris méconnaissable au coeur de ce Quartier latin dont on a presque oublié le nom, la magie, le parfum.
Jean La Haut, 21 ans, Lim Houang-Ho, 20 ans, Sorbonne, rue d'Ulm, amitiés, chambres de bonne, fontaine au bout du couloir, mots sous la porte, l'amour, le catholicisme, Paul Valéry, Mallarmé, l'encens, la France, les vie (...)
Un homme, une femme, un hôtel, les draps d'un lit, la chaleur d'un mois de juillet, la lune et la mer : avec ces seuls éléments, [Raphaële] Marie Billetdoux construit un roman qui a la rigueur dune tragédie antique, où trois nuits sont toute une vie.
Ce livre a reçu le prix Renaudot en 1985.
«Attention, grand art. Danger. Merveille. On retrouve l'univers si particulier à Raphaële Billetdoux, de campagnes, de ciels, d'enfance indélébile... Mais il y a du nouveau : le temps n'est plus au rêve mais à l'é (...)
Un peu de désir sinon je meurs s'ouvre par une lettre de l'auteur à son éditeur, dans toute la crudité de son désarroi d'écrivain : impossibilité d'écrire, indifférence et oubli de tous, difficulté de vivre après la mort de l'homme aimé, Paul, journaliste politique reconnu. «Née à la littérature et à l'amour d'un même souffle», Raphaële avait dix-neuf ans quand ils se rencontrèrent... Chacun vivait séparément, mais par l'autre.
Dans le silence de son éditeur, en l'absence de tout signe et de toute vie, pe (...)