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À la suite d'un stupide concours de circonstances, un vieil homme, ancien professeur renommé et irascible, se retrouve à la porte de chez lui, par un matin de dimanche ensoleillé. Cette insignifiante mésaventure va se muer, au fil d'une promenade de moins en moins forcée, en un événement décisif.
Car ce n'est pas exactement de chez lui qu'il sort. Et peut-être revient-il de bien plus loin, parmi les vivants et parmi les morts.
Hanté par ses souvenirs autant que par le dégoût des autres, il lui faut une de (...)
Il existe plusieurs moyens de se remettre d'une rupture. Le meilleur, incontestablement, est d'écrire une biographie de Kierkegaard, un philosophe mélancolique qui n'eut qu'un seul amour, le perdit volontairement et ne cessa, dès lors, de lui parler à travers ses livres. On peut aussi conduire un minibus rempli de touristes danois. Ou aller chez le coiffeur, mais pas n'importe lequel : un coiffeur érudit, pudique, si possible peintre. Ou encore raconter des histoires pour conjurer la perte et se débarrasser (...)
Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l'évidence de sa propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une (...)
La place généralement attribuée à Kierkegaard dans l'histoire de la philosophie témoigne toujours d'un certain embarras. Lui qui, ironiquement, prétendait avoir, au moment même où il écrivait, une place déjà réservée dans la grande nécropole des philosophies disparues, il n'a cessé d'importuner ceux qui ont voulu l'enterrer. Qu'était-il ? Philosophe anti-hégélien, incarnant la réaction de la subjectivité concrète contre le système abstrait de la métaphysique à son achèvement ? Père de l'existentialisme ? Ch (...)
«Il était votre héros, peut-être, parce qu'il était le plus grand des héros, le plus beau, le plus fort, le plus courageux ou le plus inflexible. Ou parce qu'il avait un ami, un vrai, à la vie à la mort. Il était votre héros, parce qu'il fut inconsolable et que sa mère caressa tendrement ses cheveux (vous aviez faim de cette caresse, et honte de cette faim, qui n'était pas virile). Parce que, aussi, il faut bien l'avouer, il était de tempérament colérique et que vos caprices de gamin en étaient blasonnés d' (...)