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«...Lila, tu as laissé au milieu de la pièce, comme souvenir, notre sac en toile de linge sale... Alors, alors, je suis à la laverie, j'enfourne nos semaines dans le tambour, nos intimités au bout de mes doigts, je ferme le hublot, je ferme bien le hublot avant le grand voyage ; au-dessus je soulève le clapet, laisse couler la poudre piquetée de bleu dans l'entonnoir, tourne la mollette du programmateur, et pendant toutes ces menues manoeuvres mon feutre noir court sur la feuille, grossit le journal-poème d (...)
«... Je m'étais tellement fondu dans Stella, copiant ses gestes, vivant à son rythme, apprenant ses habitudes, que j'avais sans le vouloir écarté Malakov de mon quotidien. L'idée même de son amitié avait fini par s'évanouir dans le lointain, comme les notes à peine susurrées d'un accordéon grippé. Mais il m'avait cherché, puisque j'étais indispensable à sa réussite, à son équilibre, et lorsqu'il m'avait trouvé, il avait eu la révélation. On était alors arrivés tous les trois au point de rupture, au point où (...)
«... Nous avons progressé parce que, rejetant toute attitude sectaire, d'isolement, nous avons appliqué une politique d'élargissement, de contacts, nous n'avons pas gardé notre politique pour nous, nous avons cherché à la faire appliquer par d'autres.»
Toute la stratégie de Jean Poperen tout au long de sa vie politique tient dans cette phrase. Contrairement à nombre d'hommes politiques jaloux de la paternité d'une idée émise, soucieux de prendre le pouvoir pour la mettre eux-mêmes en action, pour Jean Po (...)
«Suis-je réellement idiot, la mouche ? Je crois qu'il n'y a eu que Gérald, le deuxième mari de Nathalie pour en douter. Mon projet de mort est un projet d'idiot, mon amour pour Nathalie est un amour idiot. Je ne connais personne de plus égoïste que cette fille qui me traite avec cruauté depuis l'école primaire. Je lui accorde mille circonstances atténuantes, je lui pardonne tout !(...)
Elle ne me maltraite pas pour ce que je suis, elle me maltraite pour ce que je représente. Je paye pour tous les mâles (...)
«La voiturette ne parvenait qu'à dépasser des tracteurs et cyclomoteurs. Toujours rangée à droite, toujours écrasée entre d'énormes poids lourds, toujours en proie à des berlines exaspérées où devaient se proférer des injures à l'encontre de ces «croulants», ces inaptes à la conduite, la «vraie». Toute cette agressivité routière, si pénible à supporter lorsque l'on est à bord d'un véhicule normé, n'atteignait pas Robin. Dans la Ligier, c'était une autre route, un autre trafic, une autre durée.
Pascal n'a (...)