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«[...] Je caressai un sein, le creux de l'épaule, glissai la main sous la chemise et la repoussai, dénudant la clavicule, puis l'épaule entière, et enfin le pli en forme de fourche du bras refermé sur l'aisselle ; je me penchai vers ce pli émouvant, parfumé avec cette odeur d'homme si forte, j'y posai mes lèvres ; j'embrassai le sein, le mamelon trop petit pour ma bouche, et mon émotion était telle que je fermai les yeux, pensant jouir... «Qui es-tu ? murmurai-je en relevant la tête, en rouvrant les yeux su (...)
«[...] il tira sa chemise hors de son pantalon, la déboutonna, en rejeta un pan sur sa hanche et exhiba son torse nu, sans poils, dont la forte musculature restait apparente sous la chair, «En plus, je suis un bon baiseur et je sais te faire jouir.» - «C'est vrai.» ; je me redressai sur un coude pour embrasser sa bouche de statue, ourlée et gonflée dessus et dessous, son menton rasé de si près qu'on y sentait à peine les poils de la barbe, puis je mis ma figure dans le col ouvert de sa chemise, contre la pe (...)
«[...] dans une ville sans voiture (Lucca, en charabia italien), au bord d'une place où on buvait, maman et papa du coca-cola, moi de l'eau, j'ai découvert ces sauvages, non pas des lavés, peignés, lustrés, embellis par leur liberté (je rêvais), mais des va-nu-pieds sales, pas brossés ni peignés, puants à dix mètres, qui tournaient à trois ou quatre autour d'une vieille carne, la du groupe, aussi sale et puante qu'eux, couchée, peinarde, au milieu de la place ; j'ai été les saluer, histoire de savoir ce q (...)
EXTRAIT : [...] En 1903, à trente-deux ans, Louis Soutter revint vivre en Suisse. Sur ces six années passées aux États-Unis il ne dit presque rien ; ce fut à peine s'il évoqua la Madge riche, mondaine, sa taille corsetée et sa gorge dénudée le soir pour les hommes, ses hanches serrées dans sa jupe, sa traîne étirée sur ses jambes à chacun de ses mouvements ; il ne parla pas de la Madge du jour, à cheval dans le "Jardin des dieux", personne ne sut si elle montait en amazone ou comme un homme, les cuisses éca (...)
«Je commençais à désespérer de trouver un passage, lorsque j'ai senti un léger pincement au-dessus de la cheville. Je me suis penché sur ma cheville : deux petits trous minuscules et deux gouttes de sang. Un peu plus loin, la vipère filait dans l'herbe grasse. «Je me suis assis dans l'herbe et j'ai commencé à me masser la cheville jusqu'au genou. J'étais très calme alors, juste un peu choqué, ne songeant ni à vivre ni à mourir. J'ai cherché sans y penser mon paquet de brunes et je me suis mis à fumer en ess (...)