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Les coups de cœur de Nadège Badina de la librairie BIRMANN MAJUSCULE à THONON-LES-BAINS, France


Dans l'Amérique petite bourgeoise des années 50, dans un bar au Nord de l'État de New York, un homme encourage son équipe de football, en beuglant vers le poste de télévision. Soudain, il croit succomber à une crise cardiaque. Mais ce n'est que l'acmé de sa vie. L'homme, la trentaine, n'est autre que Frederick Exley, anti héros et auteur d'un roman-autobiographie-fictive-quelque-soit-le-nom-qu'on-lui-donne, déjà culte au moment de sa sortie en 1968. Aujourd'hui, Le dernier stade de la soif est enfin publié en poche.
Alcoolique notoire et fou soupçonné, Exley débuta sa vie de façon pourtant plaisante : fils d'un sportif connu et reconnu du Sud de la Californie, il débarqua à New York, en se rêvant grand écrivain. Finalement, il trouva un job luxueux dans une compagnie ferroviaire à Chicago, La Fusée, mais qui ne le conduisit pas au 7ème ciel. Dès lors à chaque incursion dans un nouveau milieu professionnel, ses postes devinrent de moins en moins bien rémunérés, et ses rêves encore plus absurdes : l'engrenage était enclenché, un marginal était né. Néanmoins, Le dernier stade de la soif n'est de loin pas que le récit d'un freak désillusionné galvanisé par ses remontants alcoolisés. Se plaçant en enfant maudit de l'Amérique, digne héritier de Fitzgerald ou encore d'Hemingway, Exley reste lucide sur son propre statut de pestiféré et ne renie en rien sa déréliction. Car son coeur penchera toujours du côté de l'ivrogne, du poète, du prophète, du criminel, du peintre, du fou, de tous ceux qui aspirent à s'isoler de la banalité du quotidien. Une logorrhée qui pourrait s'avérer toxique, mais de sa plume imprévisible, il arrive sans cesse à réhydrater son écriture. Il se révèle alors un portraitiste fortuit et complètement désopilant. Frederick Exley dans sa solitude n'est jamais seul. Il est entouré d'une mère caricaturale n'étant pas douée pour ces choses-là et d'un unique ami d'enfance J., avocat avec qui il a fondé une société secrète contre les portes qui affichaient Privé ou Entrée Interdite. Il est escorté par Mister Blue, commercial en Cadillac, autant obsédé que se méfiant du cunnilingus et par Paddy the Duck, un putain d'Irlandais poète alcoolo, le type d'homme à découvrir les vérités inaccessibles au commun des mortels. Il est amoureux de Bunny Sue, lolita de 19 ans au corps sculptural, et à l'odeur ensorcelante, qui lui donna envie, dès le premier regard, tel Dracula, d'enfoncer ses dents dans ses flancs, sachant pertinemment qu'en guise de sang ne s'écoulerait d'elle que du caramel, puis plus tard de Patience, une jolie apparition en Mercedes décapotable aux cheveux poivre et sel qui lui donna deux jumeaux. Et si jamais par inadvertance, il se trouve délaissé, il se donne corps et âme aux Giants et à Gifford, son joueur clé, ou s'invente docteur Horatio Penis, chirurgien et chef de service de la clinique Eternal Hope. Une galerie de portraits loufoques comme autant de regards caustiques sur cette Amérique incompréhensible. Pour répondre à sa grande question Est-ce que je suis un Américain ?, Exley offre un cocktail explosif aux beautés ambiguës, noires ou roses, soyeuses ou lascives, échevelées ou ingénieuses. Il livre une vie minable mais portée par un style sublime. Jubilatoire !


  • Le choix des libraires : Deux étrangers (3 choix) - Emilie Frèche - Actes Sud, Arles, France - 18/03/2013

Maupassant écrivait : On aime sa mère presque sans le savoir, car cela est naturel comme de vivre, (...). Aucune autre affection n'est comparable à celle-là, car toutes les autres sont de rencontre, et celle-là est de naissance (...). Emilie Frèche s'attarde sur la relation père-fille qui n'est chez elle, ni une affection de naissance, ni de rencontre, mais d'errance vers un monde inconnu et effrayant. En route pour un voyage délicat...
Tom tend le téléphone à sa Maman, Élise, en lui disant qu'il y a quelqu'un pour elle. Ce quelqu'un est le père d'Elise, qu'elle n'a pas revu depuis longtemps, qui a refait sa vie sur un autre continent, qui ne connaît même pas ses petits-enfants Léo sept ans et Tom neuf ans. Mais il a osé l'appeler pour se rappeler à ses bons souvenirs, lui disant simplement, Élise il faut que je te voie, je suis à Marrakech, je t'attends avant la fin du mois. Et, alors que depuis un mois la petite bulle familiale d'Élise a éclaté, elle appelle Simon pour qu'il vienne garder leurs garçons. Il est d'accord, mais 10 jours pas plus, et des SMS pour seul contact. Commence alors le plus improbable des road-trip au volant de la R5 collector, vert anglais, héritée de sa mère, qui lui vaut autant d'horribles noms d'oiseaux qu'elle lui rappelle de douces réminiscences. Cette antiquité va surtout la rassurer et finalement la porter jusqu'aux portes de Marrakech. Comme dans ses précédents romans, Emilie Frèche livre une littérature sans fioriture, basée sur la simplicité, pour expliquer à contrario le paradoxe des sentiments. Pourtant, loin de la sensiblerie, en conteuse aux images poétiques, elle fait jaillir des personnages attachants qui bataillent avec des secrets et des fantômes, mais qui espèrent toujours. Car chez Emilie Frèche, romancière à la plume pleine d'empathie, l'univers est tout aussi intense et poignant que son héroïne est vulnérable et passionnée. Animée d'une obsession humaine de trouver seule la solution à un problème indicible, Elise évoque alors cette période de l'âge mûr, où la fuite du temps fait irrémédiablement s'éloigner l'innocence mutine, tandis que les désirs équivoques, eux, ne vieillissent pas. Cette prise de conscience crée toujours, chez les femmes d'Emilie Frèche, une émotivité hors pair et surtout une volonté insatiable d'avancer. Finalement, ces Deux étrangers, on apprend à les connaître doucement, jamais totalement, mais ils ne nous quitteront jamais. Simplement sublime.


  • Le choix des libraires : Le tueur hypocondriaque (3 choix) - Juan Jacinto Muñoz Rengel - Editions les Escales, Paris - 18/03/2013

Mon pouls bat à 84 pulsations par minute. Ma tension artérielle est de 12.4/6.8 mmHg. Ma température est de 36.8 degrés. Je respire 16 fois par minute. Dans ma chambre la température ambiante est de 26 degrés et l'humidité relative de quarante-huit pour cent. Un diagnostic qui ne paraît pas alarmant, pourtant sous la plume de Juan Jacinto Muñoz Rengel, il vaut mieux aller consulter...
Un tueur à gages, M. Y., qui a touché il y a plus d'un an et deux mois un versement dans une enveloppe de papier vélin, avec une calligraphie aux traits anguleux et boucles prononcées, a pour mission d'éliminer Eduardo Blaisten, un psychologue juif, qui écrit et signe des articles. Tout serait trivial si ce tueur n'était pas hypocondriaque persuadé de vivre son dernier jour. Et la mission pourrait s'avérer insignifiante si cet adepte du kantisme ne jouait de malchance comme s'il était tombé d'un autre monde et se fracassait la tête au centre d'une farce. Combinant ces fabuleux paradoxes, Juan Jacinto Muñoz Rengel narre les innombrables tentatives d'homicides de son anti-héros. Il alterne alors des épisodes biographiques de malades imaginaires, des logorrhées médicamenteuses mais non aseptisées, et, des dialogues à la limite de l'absurde. Mais s'il se contentait d'avoir simplement recourt au comique de répétition, le récit en perdrait de sa superbe. L'auteur réussit astucieusement à insuffler un dynamisme inattendu : il ironise autant sur le statut névrosé de son docteur Faust cadenassé dans ses idéologies, qu'il le place dans l'ombre tutélaire des auteurs les plus illustres. Tel Ionesco, l'auteur construit son premier roman autour d'un protagoniste extravagant, et, transcendant alors son érudition, il l'inscrit dans des prouesses complètement foutraques mais tellement héroïques. Le Tueur hypocondriaque, un roman savant et cocasse qui rendra insomniaque !


  • Le choix des libraires : Richard W. (2 choix) - Vincent Borel - Sabine Wespieser éditeur, Paris, France - 16/02/2013

Alors qu'il avait déjà pris en charge la narration des mémoires apocryphes de Baptiste Lully, cette fois-ci, Vincent Borel se cache insidieusement derrière la troisième personne pour s'immiscer dans la vie houleuse de Richard W et en révéler toute la profondeur...
Hoftheater de Munich, le 10 juin 1865. Tout Munich a le regard tourné vers son jeune roi de vingt ans et sa passade de cinquante-deux ans, endettée et humiliée : Richard Wagner, auteur de Tristan. Il lui aura fallu moins d'un an, après de nombreuses années d'errance, mais une unique audience à la Résidenz de Louis II, pour conquérir non seulement la fougue du jeune monarque, la faveur du public, mais aussi le coeur de Cosima, la fille de Lizst qui encre les textes de ses opéras. Pour lui, elle divorcera de Hans Von Bülow, chef d'orchestre dévoué à Wagner et enfantera Isolde, Eva et Siegfried. Pour elle, il s'éloignera définitivement de Minna, jeune actrice, qui lui paraissait pourtant une fée au milieu de la porcherie générale, et transcendera leur vie en opéra universel. Avec cette éloquence qui lui est propre, mêlant érudition maîtrisée et fièvre entêtée, Vincent Borel plonge au plus proche de la création artistique. Que ce soit aux côtés de Bakounine néo- anarchiste, en compagnie de Nietzsche poète du néant, ou seul en osmose avec la nature, il décrit toujours un Richard Wagner enclin à l'inspiration et dévoué à sa grande oeuvre. Sa plume n'en est pas pour autant flagorneuse : tantôt Richard, tantôt Wagner, suicidaire un jour, autoritaire le lendemain, l'artiste apparait aussi bien dénué d'humilité et jouisseur que marmoréen et amoureux en proie aux doutes. Car loin d'un énième portrait de l'artiste conspué, avec Richard W, Vincent Borel livre un roman gigogne, celui d'un homme ambigu et complexe, celui d'une création artistique sibylline et celui d'une femme de l'ombre, et pourtant déesse ancienne, naïve et libre, qui transfigurait l'écriture de Wagner en runes sacrées.
A la fois lyrique et sauvage, Richard W divertit, instruit et ravit ; un roman fin et intelligent qui accapare nos esprits. C'est de l'inouï que nous goûtons là. Le Diable d'homme ! ; Vincent Borel l'écrit de Richard Wagner, je l'écris de Vincent Borel !


  • Le choix des libraires : California dream (4 choix) - Ismet Prcic - Editions les Escales, Paris - 11/02/2013

A 18 ans, le quotidien d'Ismet n'est fait que des cigarettes vénérées par sa mère, de l'aveuglement acharné de son père, de l'orgueil puéril de ses amis, et de bombes qui mettent trois secondes à atteindre la ville. Jusqu'au jour où il rencontre Asmir, anticonformiste et visionnaire, complètement dingue en fait, affublé d'un acolyte insolite, Bokal, roi des pique-assiettes, prince des menteurs en tous genres. Ils sont à la tête d'une troupe de théâtre et prennent, bien malgré eux, Ismet sous leur aile. Celle-ci se trouve invitée à un festival en Écosse. Il n'en faut pas moins à la famille d'Ismet pour y voir une éventuelle fuite vers la Californie, où un oncle ainsi que de sérieuses études l'attendraient. Là- bas, il devient Izzy, mais il n'oublie rien, couchant tout sur papier. Mêlant histoire intime et Histoire universelle, anecdotes réelles et incidents vraisemblables, il devient étranger aux autres et à lui-même. L'écriture lui sera-t-elle vraiment salutaire ? Pour son premier roman, qu'il avoue d'inspiration autobiographique, Ismet Prcic n'a pas choisi la facilité. Développant une tension dramatique très subtile, son roman se déploie insidieusement et toujours crescendo. A la fois drame familial ubuesque, récit d'initiation primesautier et témoignage historique implacable, Ismet Prcic livre un roman total qui aborde aussi bien les relations mère-fils, les premiers émois amoureux que les problèmes d'immigration ou encore les chocs post-traumatiques. Mais surtout son intrépide plume ne décrit pas le monde, elle le déréalise, et soudain, la candeur et les illusions ont disparu. Finalement dans un roman non dénué d'humour mais qui fait néanmoins la part belle aux mensonges et aux faux-semblants, il affuble son héros d'autant de visages qu'il donne de possibles fins à ce voyage bouleversant. Entre verbe efficace, et sens du suspens insoutenable, avec California Dream, Ismet Prcic livre un page turner haletant qui ne vous lâchera pas... trois secondes !


  • Le choix des libraires : L'enfant de Calabre (1 choix) - Catherine Locandro - Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France - 02/02/2013

La jeune fille lui racontait des choses anodines...
Le jour de ses 39 ans, un non âge, Frédérique, auteur désabusée, décide pourtant de faire le bilan de sa vie. En effet, elle a retrouvé dans les affaires de sa mère décédée une photo qu'elle ne peut accepter : son père dévoré des yeux par une inconnue. Y décelant également le logo d'une agence de détectives localisée à Nice, elle décide, malgré ses réticences, de retourner dans la ville de son enfance, pour mettre un point final aux histoires familiales laissées en suspens. Mais ce n'est que le début d'une périlleuse quête identitaire. Pour son cinquième roman, Catherine Landro nous entraîne dans un voyage aussi bien spatial que temporel : de Nice à Gênes, en passant par l'Indochine, elle entremêle savamment trois récits. Celui, en 1954, de l'amitié indéfectible de Matteo et Vitto, le père de Frédérique. Celui de l'enquête actuelle de Frédérique. Et, son journal intime adressé à cette femme bannie pour un amour illégitime qui portait le même prénom qu'elle : sa grand-mère calabraise morte à 39 ans. Catherine Landro brouille les pistes, enchevêtre les indices, mais sourdent toujours ses thèmes de prédilections : le double jeu flirte avec le double je, le ballet de fantômes est plus vivant que ses personnages sans ancrage et... Ce n'est pas le sang qui fait une famille, ce sont les rituels. Avec un scénario maîtrisé qui se joue des anicroches et qui puise sa force de son héroïne pourtant en proie aux doutes, elle déploie un chassé-croisé fascinant jusqu'au choc final. Décapant !


  • Le choix des libraires : Mémoires de chefs (1 choix) - Nicolas Chatenier - Textuel, Paris, France - 30/11/2012

Dans son ouvrage Mémoires de Chef, Nicolas Chatenier a voulu rendre la cuisine aux cuisiniers : faisant fi des photos conventionnelles et aseptisées de bon nombre de livres de recettes, il laisse la part belle à dix fortes personnalités, entre révélations et photographies personnelles. Parcourant vingt années de l'histoire de la gastronomie française, de 1960 à 1980, il livre le secret de ces mastodontes de la fourchette : «ils aimaient manger, ils aimaient bien vivre et ils aimaient partager.» Grâce à ce talent pour le bonheur, ils ont réussi à transgresser le modèle unique jusqu'alors de référence pour laisser pleinement s'exprimer leur propre vision de la cuisine. Dans des témoignages aussi touchants qu'inattendus, Nicolas Chatenier dévoile les débuts difficiles, les coups de chance, les péchés et les crédos de ces seigneurs des fourneaux. De Paul Bocuse à Roger Vergé, en passant par les frères Troisgros, tous iront de leur petite anecdote croustillante ou honteuse. Car si on parle produits cultes, plats fétiches, techniques insolites, goûts en évolution ou encore façons de servir, il n'y point de snobisme ou de condescendance, on est dans la confidence. Tel un auteur de roman d'initiation, Nicolas Chatenier plonge dans la plus grande intimité de ces amoureux des produits et déroule leur apprentissage dans la joie fébrile mais aussi la plus grande rigueur. Les clichés d'Anthony Blake, les archives familiales, les esquisses de menus ou encore les premiers certificats d'apprentissage ne font qu'accentuer l'authenticité de cet ouvrage unique en son genre. Avec Mémoires de Chefs, Nicolas Chatenier a concocté un menu de rois !


Quand il est arrivé à 18 ans en Amérique, Philippe Labro a découvert un monde en technicolor. Aujourd'hui, il rend hommage à celle qui n'existe plus, en la rendant immortelle... En autant de portraits qu'il y a d'états en Amérique, il parcourt cet univers bigarré évoquant le destin d'hommes politiques, d'artistes et de sportifs. En habile nouvelliste, Philippe Labro révèle les anecdotes marquantes et sibyllines de ces créateurs qui ont marqué l'Histoire. Ils sont connus et pourtant, sous sa plume impétueuse et effrontée, ils apparaissent autres : des mavericks. On fait alors la connaissance de l'épouse paillasson qui finira titan des médias, de l'inventeur du duck walk, ou encore de celui qui charme tellement tremendous qu'il transperce la toile. Avec un sens aigu de l'image et du mot qui fait mouche, Philippe Labro souligne des personnalités fortes, révèle des personnages vulnérables, honore des personnes dignes des plus grands héros de beaux livres. Magistral.


  • Le choix des libraires : Journal sans heures (1 choix) - Bernard Chenez - Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France - 14/11/2012

Pour son nouvel ouvrage, Bernard Chenex préfère l'épure à une faconde inutile, suivant son propre précepte : Un mot. Un signe. Un trait. Plus, c'est un mensonge. Il offre alors un livre qui flirte avec les contraires et qui embrasse les ambiguïtés, un livre qui se présente comme drôle, mais qui est surtout intimiste. Car, quand l'angoisse de la page blanche semble poindre, cet ambidextre insomniaque part chercher l'inspiration au détour d'une ruelle parisienne, à la rencontre des femmes. Les femmes qu'il suit au-delà du lac Baïkal. Les femmes qu'il sublime dans ses esquisses voluptueuses, teintées de Matisse, de Sempé et de Giacometti et pourtant insolites. Les femmes qu'il perd au milieu de réflexions aussi mélancoliques que malicieuses sur le marginal, le temps qui passe ou encore l'Amour. Ni pudibond, ni provocant, il célèbre la femme charnelle en rendant hommage à l'artiste impétueux. Exquis !


Peut-être connaissez-vous Ernest et Célestine chez le photographe, au cirque ou même La naissance de Célestine, de beaux albums aux tons pastels, mais vous n'avez sûrement pas lu Le roman d'Ernest et Célestine ? C'est bien normal, avant que la plume de Daniel Pennac ne se mette à le transcrire, il n'existait pas. Désormais c'est chose faite. Et avec panache, s'il-vous-plaît !
Non content d'avoir le privilège de se plonger, dans cette amitié si particulière, perçue par les mondes d'en haut et d'en bas, comme contre nature, Daniel Pennac en dévoile la véritable genèse. Avec son art de teinter d'humour délicat les pires situations, il retrace le parcours chaotique, mais si attendrissant d'Ernest et Célestine, deux êtres que tout semble opposer et qui pourtant deviendront les meilleurs amis du monde. Il divulgue alors leur personnalité, mettant en scène leurs défauts et leurs grandes qualités, leur bienveillance mais aussi leurs grosses bêtises. Dans un style espiègle, il va jusqu'à se plonger dans leur petite tête pleine d'idées contrastées... Il ose même leur adjoindre deux nouveaux acolytes, le lecteur et l'auteur, transformant Ernest, le musical, et Célestine, la picturale, en deux véritables personnages littéraires. Avec ce nouvel ouvrage, Daniel Pennac ressuscite non seulement de manière fidèle Ernest et Célestine, mais surtout il floute délicatement la frontière entre l'album jeunesse, le roman d'adolescent et celui d'adulte. Une réussite totale, tant qu'épatante !


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