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Intemporelle Manon
«La vie est brève et le désir sans fin» de Patrick Lapeyre, Prix Femina 2010, paru aux éditions P.O.L, est le septième roman de Patrick Lapeyre, né en 1949 dont le précédent récit, «L'Homme-soeur» avait obtenu le prix du livre Inter en 2004. Il déclare s'être inspiré de Manon Lescaut...
Dans ce roman Manon se nomme Nora. Comme la plupart des héroïnes classiques, c'est une manipulatrice, mais l'auteur ne nous révèle pas ses états d'âmes. Nora reste une énigme.
Le trio amoureux se met rapidement en place, deux hommes, l'un à Londres, l'autre à Paris. En miroir ils brûlent et s'intoxiquent de cette femme... Peu décrite, on la devine attirante, enfantine et immature. L'un, Murphy Blomdale financier américain et célibataire londonien assume Nora, l'autre Louis Blériot (comme l'aviateur) traducteur free lance vit aux crochets de sa femme, des ses parents et amis. La recette est ancienne, là où nous attends l'auteur c'est de par son style moderne, le ping-pong s'accélérant et les paragraphes s'amenuisant, effet de vitesse de l'amour en roue libre. Beaucoup de phrases idiomatiques de la modernité, du langage d'aujourd'hui le tout parsemé subtilement de références.
Patrick Lapeyre nous offre un roman tout en finesse, et même si l'on connait ses classiques, même si toute la poésie de l'histoire réside dans le titre (tiré d'un vers japonais), le lecteur happé dans cette spirale ferme le livre en pensant décidément que qu'elle que soit l'époque «la vie est brève et le désir sans fin».
Disponible en poche, La délicatesse peut s'offrir sans modération. La 4 de couverture de Gallimard blanche était attrayante : un homme va surprendre une femme, vraiment la surprendre...
On conseille cette histoire qui peut se lire à différents degrés, des bas de page bien drôles et décalés... une femme tente de reprendre le contrôle suite à un drame, elle va découvrir que l'on peut toujours découvrir l'autre avec plus ou moins de délicatesse !
Une histoire de vie qui nous donne à la fois une leçon et de l'espoir. Le parcours de Darina, qui depuis son enfance n'a connu que la guerre, et qui va survivre avec un courage de l'ordre du magnifique. On peut dire que l'ouvrage fait écho à la situation actuelle du Moyen-Orient, mais au delà on lit cette histoire d'une traite et on rêve de voir la pièce de théâtre qui fut joué à Avignon en 2007 et tourne encore.
"La secrète mélancolie des marionnettes" de Denis Grozdanovitch (L'Olivier)
premier ouvrage qui peut s'apparenter à un roman pour cet auteur très érudit et esthète, de beaux portraits et l'atmosphère italienne brillamment décrite, parfois un registre de langue trop élevé que l'auteur ne module pas en fonction des personnages.
Le livre à offrir, redécouvrir encore et toujours les poèmes de Mahmoud Darwich qui sont illustrés, gravés, calligraphiés par ses amis artistes qui ont jalonné la route de son exil. Ouvrage de grande qualité qui rayonne de sensibilité.
Après Zone, Mathias Enard nous surprend de nouveau avec un style différent, un court roman ciselé. On retrouve son thème de prédilection et l'on se délecte d'imaginer Michel Ange payé par le sultan de Bajazet pour construire le pont sur la corne d'or, là où De Vinci avait échoué et où finalement toutes les civilisations jusqu'à aujourd'hui n'ont pas réussi à réunir les splendeur de l'Orient et l'Occident. Une écriture maîtrisée, l'ambiance est parfaitement restituée, un tour de maître...
Un père confie par bribe ses souvenirs à son fils. Roman épurée, de peu de pages qui touche l'émotion. De lait et de miel c'est la vie que le narrateur promet à sa femme, il ne peut en être qu'ainsi car tous deux arrivent en France en laissant derrière eux beaucoup de peine. Cet homme souhaite oublier un passé de guerre et de déchirement, l'amitié brisé par les idéaux, orphelin oublié d'une Europe déchirée, il va faire de la France son pays, sa nouvelle identité. Mais la vie reprend et la perte d'un enfant va lui rappeler que le gout du miel ne fait pas partie de la vie. Un roman d'une grande sensibilité, qui nous présente une nouvelle facette de notre histoire que l'on ne devrait jamais oublier. Ce roman tout en pudeur et délicatesse est magnifique.
L'histoire se déroule à Alger dans les années 60, mais elle aurait pu se dérouler dans tous les lieux du monde où l'homme mène la guerre. L'auteur décrypte sans jugement des hommes dans la violence qui se débattent entre le bien, le mal et bien plus que cela leur propre humanité. Touché, le lecteur ne prend aucun parti mais se laisse dériver dans les tréfonds de ces âmes. Une grande écriture.
L'Entreprise des Indes à la force des romans qui nous instruisent dans le plaisir. Erik Orsenna imagine une confession du frère de Christophe Colomb, par cette démarche nous allons découvrir tout l'univers des cartographes et des conquistadors. Un ouvrage où se mêlent l'histoire des hommes et une époque, une plume sûre qui manie l'humour et dénonce le pouvoir. Un grand plaisir de lecture grâce à Mr Orsenna.
Une première lecture à sa sortie et une deuxième récemment... c'est un ouvrage particulier. Un roman à trois voix et trois caméras. Chaque personnage se densifie au fur et à mesure, la construction de la narration qui peut surprendre nous entraîne en crescendo. Tommy le garçon de 12 ans, fragilisé par un coeur défaillant éclaire son père et sa belle mère qui s'ouvrent au lecteur...des placards de secret...Un roman délectable qui se relie agréablement.
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