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Lisbeth prépare 10 billets de 500 euros dans une enveloppe dans le but de passer une nuit à Reykjavik avec Eduardo Ros, un argentin amateur de tango. Une histoire banale en apparence.
Mais ce roman est beau et froid, sensuel et dur, dérangeant et envoûtant. Brina Svit joue sur le stéréotype de l'argentin ou sur celui de la femme d'affaire qu'incarne Lisbeth, sauf que le lien n'est pas approprié. L'Islande n'est pas d'un exotisme fou pour s'envoyer en l'air toute la nuit. Sensuel et froid...
Le personnage de Lisbeth cache de sombres pensées et le lecteur se demande si Eduardo va être son remède. Dérangeant et envoûtant...
Il n'y a pas d'amour à proprement parler, dans ce roman, mais on aimerait ! Brina Svit nous offre, par petites touches, les ingrédients d'une relation. Que l'on soit fleur bleue ou non, on espère. Beau et dur...
Coup de coeur de la rentrée littéraire.
Thierry Laget nous offre un roman très littéraire et énigmatique pour cette rentrée littéraire. Un homme est chargé de cataloguer la bibliothèque du château de la comtesse Azélie. Il va faire de nombreuses rencontres : l'ex-mari d'Azélie, la cuisinière, la vendeuse de légumes... Mais la comtesse reste pour lui un personnage mystérieux : quel est son passé ? Pourquoi a-t-elle conservé le château ?
L'ambiance de la Lanterne d'Aristote fait ressurgir les fantômes. Dès les premières pages, Azélie et le narrateur descendent dans les souterrains du château. L'écriture de Thierry Laget nous entraîne dans un monde invisible à l'oeil nu. C'est un roman envoûtant, un hymne à la littérature.
Après Sukkwan Island, David Vann signe une fois de plus un roman magistral.
De deux personnages dans Sukkwan Island, nous passons à quatre personnages principaux, une famille en Alaska. Gary, le père, rêve d'une vie entre pionnier et viking. Pour accomplir ceci, il entreprend la construction d'une cabane sur un îlot désolé. Irene, sa femme, comprend peu à peu qu'elle raté sa vie et développe des migraines psychosomatiques. Puis, il y a les enfants, déjà adultes, Mark et Rhodda. Le fils est pêcheur et fumeur d'herbes. Rhodda souhaite autre chose même si elle doit épouser son ami Jim, un dentiste inintéressant. Avec ces personnages, on sent qu'un drame n'est pas loin.
Comme dans Sukkwan Island, l'Alaska donne un ton dur et beau à ce roman. David Vann nous entraîne vers la fin de cette famille. La montée en puissance de son écriture nous fauche comme le vent froid et l'hiver qui arrivent sur l'îlot.
Une fois de plus, on n'en sort pas indemne. Superbe !
C'est un livre mystérieux où se mêlent les revenants et les croyances indiennes qui peuplent les bois de Sawgamet.
Le narrateur, prêtre anglican, revient à Sawgamet pour prendre la succession de son beau-père, Earl, à la tête de l'église. Il revient sur ses souvenirs et les mythes que se racontent les habitants de génération en génération.
Jeannot, son grand-père, s'installa à Sawgamet pour chercher l'or qu'il ne trouva pas. Mais il fit fortune en exploitant le bois pour ceux qui en trouvaient (Il y avait de l'or, mais pas pour Jeannot).
Alexi Zentner nous emmène dans le froid, aux limites du rêve. Certaines scènes sont merveilleuses, comme lorsque Sawgamet se retrouve sous six mètres de neige.
Quelques mots sur l'auteur : Premier roman de cet auteur américain.
Véronique Ovaldé nous offre à nouveau un très beau roman. Vida fait appel à la police car elle suspecte une effraction sans vol dans sa très belle maison. Le Lieutenant Taïbo se rend sur les lieux. Et leur rencontre est la première d'une belle série. Les quatre personnages ont du mal à trouver leurs nids et devront défaire les liens qui les entravent pour accéder à la liberté et au bonheur.
Comme dans «Ce que je sais de Vera Candia», les lieux, le pays sont imaginaires : la colline de Villanueva ou le village d'Irigoy. On bascule alors dans le conte, la frontière de l'imaginaire qui rend son écriture plus forte. Coup de coeur de la rentrée littéraire.
Ce livre est une agréable surprise, un roman à découvrir. Annabel Lyon fait d'Aristote le narrateur de son roman. Le philosophe, accompagné de son épouse Pythias et de sa suite, se rend à Pella, la capitale de la Macédoine. Il revoit son ami d'enfance, le roi Philippe, qui va lui demander d'être le précepteur de son fils, le futur Alexandre le grand.
Très vite, l'écriture d'Annabel Lyon nous rend le personnage d'Aristote attachant. De même, le lecteur sent toute la force du personnage d'Alexandre, encore enfant. A. Lyon travaille en finesse la psychologie des personnages. Elle évoque aussi des thèmes forts comme la transmission, les rapports filiaux, le pouvoir. Les dialogues sont intelligents, rythmés par des mots et expressions plus contemporains. Une belle surprise de cette rentrée littéraire.
Que penser de Golden Richards, ce mormon d'1m95, marié quatre fois et père de 28 enfants (sans parler d'un prochain cinquième mariage) ? On peut être agacé par ce mode de vie trop patriarcal, ou bien, être dépassé par cette religion prédominante.
Et bien non, car la verve de Brady Udall nous rend son personnage sympathique. Golden Richards est à deux doigts d'une dépression, il a eu une enfance difficile et sa première femme est un cerbère.
Déjà dans "Le destin miraculeux d'Edgar Mint", Brady Udall mettait en scène un personnage hors du commun. Il récidive avec le polygame solitaire où l'on suit un homme qui n'a jamais pris la moindre décision.
Très bon roman américain.
Un jeune auteur serbe est invité à résider au Bellagio, un genre de Villa Médicis au bord du lac de Côme. Au début, il ne fait rien du tout à part boire de l'alcool. Mais peu à peu, il va s'ouvrir aux autres et le lecteur devient spectateur de sa transformation.
Valjarevic nous offre des scènes magnifiques comme la communication par le dessin entre l'italienne Alda et le jeune homme serbe. On est presque déçu que ce livre termine car il est beau, aussi beau que la région de Côme.
Ce livre se lit comme une brasse coulée. Tour à tour, le personnage féminin et l'homme, dont la profession est en lien avec l'animal, vont apparaître dans un dialogue de sourds.
Au fil du livre, cette petite fille se demandant que font les rennes après Noël va grandir et s'émanciper.
Olivia Rosenthal nous offre un livre d'une incroyable originalité. Elle arrive à lier étroitement l'homme et l'animal grâce à la structure parfaite de son roman.
Un prix inter amplement mérité.
Mary vit dans un village entouré d'une clôture particulière. Derrière se trouvent les damnés, villageois transformés en zombies. Le cadre est posé !
Effrayant, mystérieux, ce livre est dur à poser car on s'attend tout. Un trou dans la clôture et tous les villageois sont condamnés ?
Le tome 2 est paru : "Rivage mortel", chez Gallimard Jeunesse. De quoi continuer l'aventure post-apocalyptique !
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