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Colombe est une femme sans histoires, menant une vie paisible, monotone même, le père de ses enfants étant souvent en déplacement. Elle est loin, très loin d'imaginer ce qui l'attend dans le nouvel appartement dans lequel elle vient d'emménager, pourtant paisible, lui aussi, normalement...
Son voisin du dessus, un docteur respecté, mais qu'elle ne connait pas, prend un malin plaisir à la réveiller toutes les nuits - lorsque son mari n'est pas là - avec de la musique rock. Ce voisin, la privant de sommeil et de sérénité, est devenu son pire ennemi, brisant sa vie, ses repères - Colombe est-elle folle ? Son entourage se pose des questions, le lecteur aussi...
Le talent de Tatiana de Rosnay fait le reste grâce à un scénario parfait et une tension psychologique qu'elle fait monter crescendo - jusqu'au dénouement.
Dans cette nouvelle publication d'un roman paru au début des années 2000, l'auteur de "Bommerang" et "Elle s'appelait Sarah" démontre une nouvelle fois l'étendue de son talent !
Des corps humains peuvent-ils devenir des oeuvres d'art à part entière ? Cette nouvelle déviance est toute la problématique de cet excellent thriller dans le monde de l'Art qui débute dans la mythique salle des ventes de l'hôtel Drouot à Paris.
Mêlant art et suspense, érudition et aventure, histoire et modernité, ce très agréable et très efficace roman est écrit par un auteur des plus prometteurs (on lira d'ailleurs avec plaisir son précédent titre : "Le paradoxe de Vasalis", Pocket 2010). Pour autant, il est bon de préciser que ce livre est très facile d'accès pour un lecteur sans connaissance de ce milieu. C'est un vrai régal !
Willy Melodia - musicien à l'oreille absolue - et son piano accompagnent l'irrésistible ascension de la mafia sicilienne dans l'Amérique des années 30. De son enfance à Catane dans une famille pauvre, à son apprentissage du piano chez monsieur le curé. De son don le faisant jouer dans des bals ou bordels, à son destin en Sicile qui s'écrit inexorablement avec la mafia, jusqu'aux boites de nuit de la mafia à New-York. "Nuovaiocche" comme la ville est désignée par les siciliens ou, proche de son piano on croisera des figures du milieu tels Lucky Luciano ou Franck Costello qui sont ses patrons au bar de l'Hollywood. En un mot, cette fresque est monumentale. Il verra également sur son chemin des musiciens de jazz célèbre «Armstrong, Ellington» et auditionnera un jeune chanteur encore inconnu protégé par le milieu : Franck Sinatra.
Dans tout cela, Willy Melodia, effleure l'histoire du XXème siècle, mais ne veut pas voir l'argent sale, les règlements de compte à la chaine, les combines louches... Les 550 pages de ce roman se lisent avec délectation, tant le style d'Alfio Caruso est agréable. Un roman qu'on lit avec un plaisir absolu, c'est absolument remarquable ! J'ai adoré ! !
John Fitzgerald Kennedy, brillant et séduisant, incarne l'espoir de l'Amérique. Pourtant, blessé au dos durant la guerre de Corée, il absorbe chaque jour de nombreux médicaments, et souffre de leurs effets secondaires. Séducteur infatigable, il cherche l'oubli dans une vie sexuelle effrénée.
Ce roman nous plonge au coeur du pouvoir sous ses aspects intimes - la first lady, les docteurs, les secrétaires, les fausses amitiés... -, mais aussi public - la crise de Cuba et les relations tendues avec l'URSS...- Au-delà du mythe, un portrait réaliste et intéressant du 35ème Président des États-Unis, avec en toile de fonds l'Amérique des années 60. L'auteur a réussi à trouver un ton nouveau pour parler d'un personnage mythique sur lequel tant de pages et de livres ont déjà été écrits. Passionnant !
Il y a 19 ans, l'oncle de Steven a été assassiné et son corps n'a jamais été retrouvé. Bien déterminé à le découvrir et à ramener l'harmonie dans sa famille, Steven entame une correspondance codée avec le tueur. Mais à 11 ans, c'est une partie difficile qu'il s'apprête à jouer...
Un terrifiant jeu du chat et de la souris se prépare, car si Steven est intelligent et obstiné, l'assassin est joueur, et il est enfermé depuis trop longtemps...
Belinda Bauer a l'intelligence de la plume, la sensibilité d'adapter son écriture à ses personnages et aux sensations qu'elle veut transmettre. Et par la grâce d'un style épuré, fluide mais jamais simpliste, elle rend à la perfection l'innocence et les tourments de l'enfance.
Publié en 1938, le premier roman d'Enrique Serpa, que l'on compare à Hemingway, sort enfin pour la première fois en France !
Ce roman, servit par une écriture fine et agréable, dépeint à merveille l'atmosphère de Cuba dans les années vingt. On se promène dans La Havane parmi contrebandiers, enfants miséreux, prostituées et pêcheurs ; et l'on observe déjà ce qui embrasera l'île plus tard, la fortune de quelques-uns vivant sous le regard quotidien de l'extrême pauvreté de la plupart.
Ce roman, c'est aussi et surtout le rapport ambigu entre deux hommes : le propriétaire de La Buena Ventura, modeste bateau de pêche, et son emblématique capitaine de bord, l'énigmatique Requin...
Un très bon roman, un classique de la littérature Cubaine !
Quel roman que signe ici Abha Dawesar ! Brillant et vertigineux, ce livre dépeint une pléiade de personnages, une capitale mondiale, des quartiers et des banlieues, sans jamais les nommer : L'Inde bien évidemment.
A la manière d'une grande parabole, l'auteur nous rappelle que la corruption du pouvoir reste avant tout une maladie endémique.
Le tout par le regard d'un enfant, qui ausculte tout un pays à travers le poids des traditions et la complexité des relations familiales : rivalité, jalousie et haine certes - Mais aussi et surtout l'amour et la grâce - Un roman puissant, dans une prose épurée mais aussi acérée et d'une sincérité implacable, ce texte est aussi un brûlot envers son pays... Excellent !
Anne Wiazemsky est la petite-fille de François Mauriac.
Dans ce roman aux allures de récit familial elle entreprend de conter la vie de sa mère, Claire, lorsque celle-ci était ambulancière pour la Croix-Rouge Française en 1944, à Béziers. Fille d'un grand écrivain, elle ne souhaite exister que par son travail, ce qui la mène à partir pour la capitale Allemande en ruine dans les années suivantes. Là, enfin, elle se sent vivre, et à travers la guerre, elle trouvera l'amour.
Cela pourrait être une histoire somme toute assez banale, mais le talent d'écriture d'Anne Wiazemsky en fait un très beau roman.
Fortement recommandé !
Disons le tout de suite, il n'est pas utile d'avoir vu ou lu le mythique «Shoah» de Claude Lanzmann pour apprécier le nouveau roman de l'auteur de «Cercle», car celui-ci en fait un résumé dans la première partie du livre. Autant ce qu'il observe à l'écran, que ce qu'il entend de la bouche de Jan Karski, messager de la résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres.
Yannick Haenel utilise ici tour à tour les moyens du documentaire, puis de la fiction, pour raconter la vie de celui qui est entré clandestinement dans le ghetto de Varsovie, afin qu'il dise aux alliés ce qu'il a vu dès 1942.
Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les anglais, et rencontre pour finir le président Roosevelt en Amérique.
Absolument remarquable !
Il est toujours délicat de lire le nouveau livre d'un auteur dont le précédent roman fut un aussi grand coup de coeur que le fut «Elle s'appelait Sarah» pour moi... Dans ces cas là, il y a toujours une petite appréhension en démarrant la lecture, et ce fut bien sûr aussi le cas cette fois-ci.
Et pourtant, il ne m'a fallu que quelques chapitres pour me laisser entraîner vers Noirmoutier à la suite d'Antoine.
Antoine qui est fortement touchant... C'est un personnage dont on se sent très proche au fil des pages. Il fait naître l'émotion... L'agréable surprise du livre vient également du personnage d'Angèle, jeune femme fort intéressante et énigmatique, qui est en tout cas loin de laisser indifférent ! Deux exemples au sein d'une belle galerie de portraits.
Un roman particulièrement réussi et maîtrisé, captivant le lecteur, maintenant le suspense et suscitant l'émotion, capable de faire sourire le lecteur au milieu de la noirceur des faits...
Tatiana de Rosnay confirme là sa qualité d'écriture, sa capacité à construire des histoires prenantes, tout en conservant l'un de ses thèmes de prédilection, la «mémoire des murs».
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