Recherche






Recherche multi-critères

Participez à la vie du site

Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.

Libraires, partagez vos découvertes.

Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.

Application pour iPhone

Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.

Le Choix des Libraires sur iDevice

Les coups de cœur de Anouk de la librairie LA MUSE AGITÉE à VALLAURIS, France


  • Le choix des libraires : Une femme sans qualités (1 choix) - Virginie Mouzat - Albin Michel, Paris, France - 15/01/2009

C'est un premier roman, écrit à la première personne sous la forme d'une lettre adressée à un homme. Une mise au point autant qu'une mise à nue, le portrait au scanner d'une grande et belle jeune femme désirée par les hommes et qui avoue son incomplétude au seul qui émeut peut être son âme. Sincère et dégagée des artifices elle lui parle d'Elle qu'il ne connaît pas.
Dotée de tous les attributs de la fille sexy, la narratrice avoue que son utérus est celui d'une petite fille et qu'une opération chirurgicale lui a ôté les ovaires à l'âge de 18 ans. Conclusion, une stérilité irréversible et le sentiment de ne pas appartenir, malgré des apparences trompeuses, au clan des femelles. Seules les hormones ingurgitées lui garantissent une vie au féminin.
Une rage sourde fait d'elle un être atypique, qui ne connaît, ni le désir ni le plaisir, et s'octroie le luxe vengeur de le provoquer chez les autres. Aucune parcelle d'elle-même ne s'abandonne dans son parcours et la colère qu'engendre sa différence ne lui sert qu'à mépriser le reste du genre humain, si bien déterminé.
Le personnage tend vers la mort à chaque page, roulé en boule dans une dissemblance érigée au rang de mode de vie, dans un univers stylé et fêtard où chacun se distrait vaillamment de sa solitude.
En cherchant un refuge dans l'achat d'une maison en bord de mer, la jeune femme devra pourtant renoncer à son «in-utéro» programmé, pour affronter enfin l'existence qui sera la sienne. Comme un cri de nouveau né, les mots de la longue missive déchireront le silence pour peut-être s'ouvrir enfin à la vie.


  • Le choix des libraires : Le premier amour (1 choix) - Sandor Marai - Albin Michel, Paris, France - 29/11/2008

Un professeur de latin dans une petite ville hongroise décide de décrire les menus évènements de sa vie et la couleur de ses pensées dans un journal intime. Plus par ennui que par nécessité, l'homme d'une cinquantaine d'années qui commence à rédiger ces pages, se trouve dans une station balnéaire modeste où il s'ennuie dans une solitude épaisse, comme il s'ennuie par habitude.
Il se promène, salue poliment ses semblables, évite les rencontres et les conversations s'octroie quelques centilitres de vin au dîner. Il a une représentation très stricte et précise de ce que doit être sa vie et de l'attitude que doit avoir un homme de sa condition.
Tout son être est régi par une rigueur maniaque, un tantinet méprisante, jusqu'au jour où un homme en villégiature comme lui, va ouvrir une brèche dans ce qui semble si bien réglé.
Il sèmera un doute brûlant dans son coeur qui ne s'éteindra plus. De retour de ses vacances, le professeur va retrouver son quotidien, ses collègues, ses élèves, sa petite ville. Et pourtant une vérité nouvelle va ronger son âme.
Au fur et à mesure des pages, Sandor Marai, qui écrit à la première personne, nous emporte dans le désespoir abyssal d'un homme qui, malgré une honnêteté implacable sur lui-même, se crevasse comme une main plongée dans la glace. Il révèle petit à petit les meurtrissures d'un être que le manque tue et dont l'âme réclamera réparation. L'amour, dévastateur qu'il éprouvera alors, le conduira à une étreinte fatale avec la folie.
Un livre puissant, magnifiquement écrit.


  • Le choix des libraires : Fugitives (2 choix) - Alice Munro - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 07/11/2008

Recueil de 8 nouvelles, ce livre est un bijou.
Les histoires vécues par les héroïnes d'Alice Munro sont si proches de nous, qu'il nous semble qu'elle ait écrit sur des voisines, des amies, des cousines et que nous sommes en train de recevoir de leurs nouvelles.
Les personnages centraux sont tous féminins, jeunes ou moins, mais toutes à un moment charnière de leur existence. Un moment où elles vont fuir et chercher autre chose, un autre sens. Une douce cassure, un élan, parfois même une belle escapade.
La lecture de leurs parcours nous donne à comprendre, à réfléchir comme un miroir à nos propres existences, à sillonner les méandres des choix et des multiples chemins qui font une vie.
Pour les suivre, il faut lire leurs traces dans la neige, lever le nez aux étoiles, et faire connaissance avec tous les autres personnages qui font l'histoire de leurs destinées.
L'écriture est dentelée, sertie de quelques perles, tant certaines phrases clés nous paraissent d'une justesse étonnement limpide.
Le décor est un Canada vaste comme un monde à parcourir.
Des ponts sont jetés parfois entre les nouvelles, et l'on peut retrouver de mère en fille des échappées belles qui s'enchaînent et se répondent.
A lire absolument ou à offrir en cadeau.


  • Le choix des libraires : Egypt farm (1 choix) - Rachel Cusk - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 21/10/2008

Michael et Adam sont amis et étudiants.
Adam a convié Michael à Egypt Farm, fief de sa famille pour une fête.
Une photographie s'est imprimée ce jour dans la mémoire de Michael, une sorte d'image idyllique d'un lieu rare et dessiné au pinceau assorti d'une famille aussi excentrique que positivement exceptionnelle. Un souvenir chéri et sublimé par la nostalgie.
Les années ont passé et les deux hommes se sont perdus de vue.
A la faveur d'un évènement ils se retrouveront à nouveau à Egypt Farm, au milieu des collines et des agneaux, avec les membres de cette même famille.
Michael, le narrateur, y viendra accompagné de son petit garçon qui souffre de trouble de la parole, pour tenter d'aérer sa relation avec sa femme Rebecca, aussi instable que querelleuse.
Rachel Cusk n'épargne pas le lecteur. Son sens de la description trouve ici toute son aisance tant on visualise les paysages décrits. On passe du sublime au glauque, du vert au gris et du lumineux au terne, sur la même terre. Rachel Cusk gratte petit à petit le vernis du tableau, jusqu'à la toile.
Ce que voit Michael semble intimement lié à ce qu'il ressent et l'amertume va transpirer par tous les pores du panorama. La famille baroque devient un noeud de vipères et la photo du bonheur ressemblera plus à une coupure de journal à sensation.
Rien ne semble sauver le pauvre Michael, aussi mou qu'une éponge imbibée d'eau et dont la femme partira à son retour le trouvant émotionnellement sec.
Un roman cruellement raffiné, dont les personnages se fanent au fil des pages dans un décor de carton pâte.


  • Le choix des libraires : Mari et femme (2 choix) - Régis de Sà Moreira - Au diable Vauvert, Vauvert, France - 02/10/2008

Tout le monde a du un jour ou l'autre, lors d'une discussion acharnée, utiliser cette fameuse réplique : «mets-toi à ma place !». Le couple héros du livre de Régis de Sa Moreira se réveille ainsi un beau matin, comme par magie, dans le corps de l'autre.
Mais le livre n'est pas un roman d'anticipation ! Plutôt un plaidoyer pour la communication entre les sexes.
L'homme, un écrivain en mal d'inspiration, bougon, mélancolique et épicurien se retrouve dans la peau de sa femme, éditrice, végétarienne et sportive.
Tous deux vont vivre la vie de l'autre, physiquement, professionnellement, sexuellement, amoureusement, ne gardant que son propre esprit dans une enveloppe inadéquate.
Le récit est écrit par l'homo sapiens qui tutoie le lecteur et qui, affublé de seins et de maux de tête, raconte au fil des pages ce que l'on peut comprendre de l'autre en habitant littéralement sa chair.


  • Le choix des libraires : Chiens de la casse (1 choix) - Mouss Benia - Hachette Littératures, Paris, France - 02/10/2008

«Chiens de la casse : chiens enragés, abandonnés et prêts à tout pour s'extraire de la boue, c'est le nom que se donnent entre eux les jeunes des quartiers.» Benhadji est un enfant de la cité, issu de parents immigrés, copain avec la petite frappe du coin, toujours emberlificoté dans des coups foireux. Il aime la musique, il a le sens de l'amitié et il rêve de pouvoir vivre un jour, comme les gens biens, ceux qui ont les moyens.
Le parcours du héros est d'une logique implacable, les «bêtises» à la mesure de l'âge du capitaine qui voudrait juste ne pas devenir un smicard méprisé. Mais comment faire ?
Alors, de mauvaises rencontres en mauvaises expériences, Benhadji, dit Bob, va faire de la prison, serrer les dents, serrer les fesses et essayer malgré tout de devenir quelqu'un.
Mais qu'est ce qu'on peut faire de sa peau quand on a aucun diplôme, aucun appui, et que l'attention que l'on vous porte n'est pavé que de mauvaises intentions ?
Trahi, déçu, sans cesse sollicité par tous ceux qu'il aimerait fuir mais qui sont finalement ses seuls amis - Bob erre.
Crochet droit, crochet gauche, personne ne tend l'autre joue dans le livre de Mouss Bénia, on encaisse, on rend, on frappe plus fort. C'est la loi.
L'écriture est même plutôt drôle avec cette langue enrichie d'un vocabulaire «made in aujourd'hui dans les banlieues des grandes villes».
Et, dans ce style «boxeur», Mouss Benia affirme que tous les chiens de la meute hurlent à la mort. Bob, quant à lui, finira à la casse.


  • Le choix des libraires : Dessous, c'est l'enfer (1 choix) - Claire Castillon - Fayard, Paris, France - 31/08/2008

Ce n'est pas seulement dessous que nous propose d'aller y voir Claire Castillon, mais aussi derrière, au travers, à l'envers, à l'intérieur et en dedans.
Un voyage intime dans la vie d'une femme qui écrit comme elle pense et ce n'est ni lisse, ni dépourvu d'ironie, d'autant qu'elle n'hésite pas à nous prendre sans pudeur comme confident.
Cette femme-là ne sait pas aimer. Elle a beau essayer, elle n'y arrive pas.
Elle est irriguée du sang des générations précédentes. Le sang transportant une malédiction familiale qui fait des femmes de «bonnes ânesses dévouées et soumises». L'homme du livre est donc tout naturellement baptisé «l'âne» dès la première page.
Tout au long du récit, l'auteure alterne les paragraphes narrant sa vie présente avec ceux de son passé de petite fille appesantie de solitudes.
Cherche-t-elle une paraphrase à son incapacité à vivre aujourd'hui l'amour ?
Y voit-elle une sorte d'excuse plausible, acceptable, imparable ?
Il faut aimer le sens de l'observation que déploie Claire Castillon, il faut aimer son exigence, son inspiration, la couleur de ses mots embrochés parfois avec poésie. Il faut aimer plonger dans la marre au canard de ce monde immergé dont on ne pourrait apercevoir que l'îlot. Il faut aimer être un peu voyeur.
Alors, on lit cette aventure sentimentale qui s'essaye à durer et à être belle et unique, puis la suivante qui se profile inévitablement, avec les yeux d'une auteure fantasque, égocentrique et impertinente.


  • Le choix des libraires : Le chant du moqueur (1 choix) - William Goyen - Gallimard, Paris, France - 26/07/2008

Si l'on aime à pénétrer des univers vraiment personnels, il faut lire les nouvelles de William Goyen.
Dans cet ensemble de 7 nouvelles, l'auteur nous transporte dans un réel imaginaire et dans un rêve aux teintes quotidiennes. L'enfance est au coeur de la plupart des textes. Une enfance qui est trahie, trop éloignée de l'innocence.
Plus que l'enfance, c'est surtout l'enfant qui y palpite, avec une mélancolie adulte et un regard grand ouvert sur un monde livide.
Ainsi, dans le premier écrit dont est tiré le titre du recueil, un jeune garçon solitaire et fragile se lie d'amitié avec le fils d'une famille de paysans déracinés, qui ont emménagé à la ville par nécessité. Noyés dans les deuils, ils repartiront moins nombreux, laissant le jeune garçon aimanté de leurs désolations, l'âme pleine d'une compassion triste.
La poésie fait parfois son chemin en éclaboussant le récit de quelques ombres incroyablement pures sur un fond noir et blanc. On croise des êtres singuliers qui se promènent au milieu de paysages taris. Des êtres malmenés et d'autres illuminés de grâce.
On ne ferme pas ce livre sans ressasser une phrase (à la manière de William Goyen qui utilise dans son écriture ce martèlement répétitif) :
Cette souffrance de l'homme est elle définitive ?


Comment écrire sur son amour sans paraître solennel, voire emphatique ?
Peut être simplement en parlant de soi et de l'être aimé. Celle qui a inspiré ses écrits à André Gorz est une femme maintenant vieille et malade. C'est ainsi qu'il la voit et pourtant l'amour est là, plus fort que jamais.
De leur rencontre, de leur vie, l'auteur fait un récit tendre, sans complaisance avec ses erreurs de jugement. Un récit dans lequel irradie cette lumière qui illumine sa vie, sa femme.
Le parcours d'une vie est tracé sans autre motivation que de continuer à vivre avec elle, à le lui dire et à la chérir.
On se demande qu'elle femme exceptionnelle elle peut être ou quel homme exceptionnel est il.
On lit avec beaucoup d'émotion l'histoire d'un homme et d'une femme qui ont refait le monde à leur image, traversé cette vie ensemble. Une histoire singulière et pourtant universelle, à l'image d'un amour digne et profond.


  • Le choix des libraires : Hors saison (1 choix) - Lourdes Ventura - Buchet Chastel, Paris, France - 29/05/2008

Victoria est une secrétaire solitaire, un peu psychorigide, et dont l'existence ordonnée et proprette correspond à ce qu'elle pense être la Vie. Sauf que Victoria caresse le doux rêve de devenir écrivain et qu'à 46 ans, elle juge le moment venu pour s'autoriser à tenter l'expérience de l'écriture. Confortablement installée dans une villa en bord de mer, elle compulse ses notes entre deux promenades, réfléchit à son sujet, compare les désordres des héroïnes de la littérature anglaise du 19 ème et essaye de trouver l'inspiration sans avoir jamais elle-même connu le trouble des sentiments amoureux. Les rencontres fortuites qu'elle fera durant cette retraite studieuse, vont faire basculer sa vision de l'âme humaine et ouvrir une brèche dans son coeur qui ne demandait que ça.

Lourdes Ventura propose un roman très visuel, éclairé par de minutieuses descriptions d'un univers chargé de romantisme, tout comme ses personnages dont elle explore l'intimité et les motivations avec beaucoup de justesse.


Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia