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Les coups de cœur de Jérôme Peyrelevade de la librairie LA MUSE AGITÉE à VALLAURIS, France


  • Le choix des libraires : Femme de chambre (1 choix) - Markus Orths - Liana Levi, Paris, France - 20/04/2009

Lynn sort d'une cure de six mois en hôpital psychiatrique. On ne sait pas les raisons profondes de son internement, et cela n'a pas grande importance. Elle tente juste de reconstruire quelque chose, quoique ce soit, d'un tant soit peu tangible.
Elle trouve du travail comme femme de chambre dans un hôtel de luxe.
Cela lui va bien comme travail. D'abord parce que ça occupe ses journées, ses pensées, ses mains. Ensuite parce que c'est à l'image de ce que Lynn doit accomplir : ne laisser aucune trace, aucune tâche, aucun vide s'immiscer dans sa vie, puisqu'elle a conscience que le moindre écart la mettrait probablement en déséquilibre.
Mais à force d'y consacrer tout son être, la propreté finit par devenir une obsession, grandissante, jusqu'à paraître franchement compulsive.
Cela arrange dans un premier temps tout le monde, puisqu'elle ne fait pas payer ses heures supplémentaires, qu'elle passe à nettoyer, récupérer, brosser, toutes les chambres, même inoccupées, toutes les pièces, tous les objets, par-dessus, par-dessous, à l'intérieur des tiroirs, des tables, des abat-jour, derrière les radiateurs, sous la moquette si elle peut, jusqu'aux lattes des sommiers.
De fil en aiguille, elle se retrouve à passer une nuit par semaine sous le lit d'un client, en rêvant qu'à son tour quelqu'un viendra sous le sien écouter sa vie se dérouler.
Lynn est donc déjà sur la corde raide lorsqu'elle rencontre Chiara, "escort girl" aux plaisirs payants, jeune fille fragile et dure en manque d'affection.
Leur relation marquera un tournant décisif dans la vie de Lynn, mais il est périlleux de vouloir garder son équilibre à deux, debout dans une barque minuscule face aux ouragans d'une vie.

Un roman original. L'écriture est concise et imagée. Rien n'est expliqué, tout est dans la subtilité des situations, des gestes, des paroles, des symboles. Le roman se trouve surtout dans le regard que le lecteur porte sur les personnages. Une jolie découverte.


  • Le choix des libraires : La vigilante (1 choix) - Melanie Wallace - Grasset, Paris, France - 25/01/2009

Jamie, déjà marquée par le destin malgré son jeune age, a perdu sa mère il y a peu. Elle fuit la maison d'accueil, surtout pour garder son chien, seul lien familial et affectif qui lui reste.
Elle vagabonde, arrive dans le village natal de sa mère, derrière le lac de retenue où, quelques dizaines d'années plus tôt, ses aïeux avaient dû partir et abandonner leur ville aux eaux à cause de la construction d'un barrage.
Ce retour inconscient aux sources va représenter une renaissance certes miséreuse mais salvatrice.
Elle tisse de nouveaux liens, sociaux, amoureux, et professionnels, même si elle continue de vagabonder comme hantée par ses fantômes, à demi noyés dans les eaux du lac.
Mais un soir, Jamie découvre un jeune garçon attaché à un arbre, puni par son père. Elle le libère, sans se douter que ce geste va la poursuivre comme une malédiction.
C'est en effet toute la violence d'êtres dégénérescents qu'elle déclenche à cet instant, l'horreur innommable de secrets de familles sordides.
Se laisser porter par les évènements ne sera cette fois plus suffisant pour échapper aux démons qui la hantent, ni à ceux qui la poursuivent.

Dans un paysage de brume et de neige, des êtres morbides se débattent dans la violence de leur dégénérescence. La loi du Talion est la seule acceptable. L'amour peut prendre place, pourtant, si le destin le veut bien.
Un excellent roman noir, qui vous glace de froid et d'angoisse. Une écriture d'une rare intensité, ponctuée d'images poétiques sensibles. Un second roman très réussi. Un auteur à découvrir, et à suivre.


  • Le choix des libraires : Un Juif pour l'exemple (1 choix) - Jacques Chessex - Grasset, Paris, France - 16/01/2009

Payerne, village suisse du canton de Vaud, 1942. L'antisémitisme et le nazisme imprègnent certaines couches de la société. Des groupuscules fanatiques se créent. Ce village tranquille d'éleveurs et de bouchers va être le témoin, le presque complice, tout autant que la victime, d'un crime monstrueux perpétré par de jeunes fous assoiffés de haine et de sang.
Lors de la traditionnelle foire locale, un petit groupe néo-nazi décide d'éliminer l'un des marchands, qui a le tord d'être juif, qui plus est apprécié de la communauté pour sa bonhomie, sa rigueur, et sa droiture.
L'objectif déclaré est politique : montrer la voie du nazisme, en attendant l'invasion allemande, la gloire et la puissance, et faire ce cadeau à Hitler pour son anniversaire, célébré quelques jours plus tard.
Cela aurait pu être n'importe quel autre juif. Mais ce fut lui, Arthur Bloch, et ce fut sa femme qui en mourut de désespoir et de folie devant l'horreur innommable de ce carnage.

Payerne est le village natal de Jacques Chessex, âgé de huit ans aux moments des faits. Il a connu les protagonistes ou leurs proches, les victimes, les témoins, il a vécu ce village et son drame, enfant, petit enfant, avant le silence imposé. Il a mûri ce silence en lui des années, des siècles peut-on deviner.
Aujourd'hui il l'écrit. Il écrit ce crime et ce silence, probablement autant à cause de l'un que de l'autre.
Chessex cite Jankélévitch, qui déclare que le crime nazi est le seul crime imprescriptible, et l'auteur assume ce paradoxe : le témoignage de l'horreur porte en soi une certaine forme de complicité, le silence en porte une autre.
Il écrit, et il épure sa langue, comme jamais. La phrase ne peut être plus simple, le mot plus direct et plus juste.
Pourtant, il conserve toute la force de son écriture, cette puissance phénoménale qui rend ces quelques pages terribles d'angoisse et d'horreur.


Ils se font face. Ils se sont retrouvés sur le quai de la gare, sont montés dans le train, se sont assis d'un même élan dans un compartiment, mais les autres voyageurs les empêchent d'exprimer pleinement leurs sentiments. Alors ils se font face en silence, et chacun pense à ces neuf années de séparation.
L'homme était jeune alors, pauvre, acharné au travail, prêt à tout pour sortir de sa condition miséreuse. La femme était moins jeune, prévenante, intelligente et fort belle. Mais elle était mariée à l'employeur et bienfaiteur du jeune homme. Ils se sont chastement aimés avec passion jusqu'à ce qu'il soit envoyé au Brésil, ce sont promis l'essentiel avant son départ.
La Grande Guerre ayant éclaté, le retour de l'homme a été différé bien des fois, et les vies de ces deux êtres se sont définitivement réalisées l'une sans l'autre.
Ils se font face maintenant, s'aiment encore, ou veulent le croire.
Pourtant, il n'y a rien d'autre que le passé face à eux, ce passé qui les envahit sans jamais leur donner la possibilité de se retrouver dans le présent, et encore moins de se projeter.
Sans doute prennent-ils alors conscience que ce voyage dans le passé sera celui de l'amour ou du désamour, de nouveaux espoirs, ou de désillusions. Chaque mot, chaque pensée, chaque geste est lourd de significations et d'implications. Que reste-t-il, que gardent-ils l'un pour l'autre, au bout du temps ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, voici une nouvelle du maître encore jamais traduite en français. Encore plus surprenant, il ne s'agit pas d'un fond de tiroir qui aurait dû rester là où il était, mais bien d'un petit joyau littéraire, comme sait les concocter S. Zweig. On y retrouve la profondeur, l'intelligence et la sensibilité de l'auteur. On y retrouve la confusion des sentiments, le temps qui se dilate ou se contracte, toujours à contre-courant de ses personnages, comme perdus en eux-mêmes. Superbe.


  • Le choix des libraires : Le tigre blanc (1 choix) - Aravind Adiga - Buchet Chastel, Paris, France - 16/10/2008

Belram Halwai vient d'une des régions les plus pauvres d'Inde. Sa seule chance est d'avoir appris à lire et à écrire avant d'être retiré de l'école pour travailler. Son intelligence précoce et sa volonté de sortir de la «cage à poule» le poussent à affronter son destin. Il parvient à devenir chauffeur et part pour Delhi avec son maître. Si sa situation s'améliore, il a de plus en plus conscience de son état d'esclave. Deux Indes coexistent, celle des Ténèbres, et celle de la Lumière. L'une se meurt au service de l'autre, et c'est tout le pays qui est gangrené par la corruption et la violence. Belram, qui a décidé d'échapper à cette fatalité, est prêt à tout, même au pire, jusqu'à la mort, y compris celle des siens s'il le faut. Chaque génération donne naissance à un tigre blanc. Il devra être celui-là.

Un premier roman puissant, écrit par un jeune indien au talent incontestable et prometteur. L'auteur décrit et analyse son pays loin des images d'Épinal occidentales. Le lecteur est happé par cette écriture de roman noir, par ces analyses lucides de sociologue affûté, par un pays qu'il redécouvre sous un nouveau jour, par quelques envolées philosophiques autant qu'humoristiques, par les destins de ces personnages en lutte perpétuelle pour la survie.


Dans la famille Stern, les choses tournaient plus ou moins rond, avant le décès de l'oncle, Charles, vénal et méprisant, frimeur et décadent, en tous les cas aux dires de son frère, Alexandre. Ce frère, justement, qui hérite de la fortune de Charles, a vite fait d'oublier ses bigoteries et ses principes fondamentaux, pour s'adonner au luxe et à la volupté.
Son fils Paul regarde tout cela avec circonspection, et se perd rapidement lorsque son épouse, en désuétude, au bord de la rupture, décide d'entamer une cure de sommeil pendant laquelle, enfin, plus personne ne pourra lui parler.
Il décide alors de sauter sur l'occasion d'une proposition professionnelle qui a l'avantage de se dérouler très loin de sa famille : partir à Hollywood écrire l'adaptation d'un scénario français pour le marché américain.
Il rencontre là-bas le double de sa femme, avec 30 ans de moins, la vie et l'amour en plus, et tente, comme il peut, de vivre dans ses mondes parallèles, de suivre un chemin qui n'est pas le sien, sans rien espérer de sa destination. Mais à jouer avec ses reflets, on finit forcément par se voir à l'envers, et les situations ont tôt fait de se retourner avec le plus grand naturel.

Jean-Paul Dubois manie allègrement les jeux de miroir, les pertes de ses personnages, leurs paradoxes, leurs petites hypocrisies quotidiennes, les mensonges et les non-dits, pour décrire des vies qui tiennent debout par la force de ces petits accommodements que tout à chacun fait avec lui-même.


  • Le choix des libraires : Un chasseur de lions (2 choix) - Olivier Rolin - Seuil, Paris, France - 24/09/2008

Pertuiset est un drôle de chasseur de lions, qui détient ce «titre» par lègue, avant d'avoir jamais rien croisé de plus sauvage que les chats de Montmartre. Décidant de mériter cette hérédité hasardeuse, il s'envole pour l'Afrique à la rencontre du plus dangereux des animaux. Mais lorsque son heure de gloire arrive, il s'endort dans les arbres les soirs de chasse, se fait voler sa proie, ou se coince la tête dans un arrosoir en voulant imiter le lion noir.
De mensonges en délires, il finit par monter une expédition rocambolesque en terre de feu pour retrouver l'or des incas, à l'endroit que lui a indiqué sa fiancée, suite à une séance d'hypnose des plus douteuses.
Il est aventurier, c'est certain, on ne peut lui enlever cela : sa fougue, sa persévérance, sa soif de découverte, malgré les échecs, malgré les rires et les moqueries.
Sa vantardise est à l'image de sa gigantesque carrure, trop grande, trop grosse, maladroite et, bien qu'amusante, foncièrement inutile.
Pourtant, ce lourdaud Tartarin de Tarascon est ami du fin Manet. L'anticonformiste, l'intelligent, l'érudit et sensible Manet.
Les liens d'amitié recèlent parfois des mystères aux retombées improbables. Pertuiset passant à la postérité non par ses faits d'armes absurdes, mais par sa condition de sujet du maître dans le tableau «Un chasseur de lions».

A travers la figure de cet aventurier fantasque oublié, c'est tout le XIXème siècle que l'auteur fait revivre, et surtout le Paris des artistes mi-bourgeois mi-révolutionnaires. La commune, le siège de Paris, la naissance de l'impressionnisme, le rejet et l'admiration de ces artistes d'un genre nouveau, leurs relations complices, effervescentes, autant qu'exigeantes et sans compromis.
Les faits sont précis, souvent amusants, toujours intéressants, comme la langue. La présence du narrateur-écrivain, sur les traces du héros, laisse comme une traîne de mélancolie, pas franchement utile au récit, mais tout à fait sensible et prégnante. Un roman tragico-comique agréable.


  • Le choix des libraires : Le rêve de Machiavel (1 choix) - Christophe Bataille - Grasset, Paris, France - 05/09/2008

Italie, 1527. La peste frappe le pays. Un homme s'est enfui de Florence où la maladie sévit, et arrive aux portes d'une petite ville toscane encore épargnée.
Cet homme est un prince, un conseiller des rois, un homme de lettres, de connaissances, un être qui a longtemps eu droit de vie et de mort sur ses congénères par sa simple parole.
Il connaît le monde, il connaît la vie, et surtout la mort, il connaît les hommes, et leurs vices, il connaît le pouvoir, ses rouages, ses limites, ses devoirs, ses droits et ses excès.
Cet homme est Machiavel. Il se croit encore Prince sans doute. Mais il vient de Florence la maudite, et plus rien ne compte. Ses titres sont sans valeur, ainsi même que ses diamants.
La peur a raison de tout, et lorsque le peuple n'ose plus boire ni manger, l'argent et le pouvoir n'ont plus de signification.
Le Prince Machiavel est littéralement mis à nu, on l'observe, on cherche les petites tâches grises, on n'en trouve pas, puis on le fait rentrer dans la ville.
Quelques jours passent, et la mort s'abat à nouveau. Elle rôde dans la cité, s'insinue dans chaque recoin, s'engouffre, et finit par s'établir en maîtresse sur son nouveau royaume.
Lorsque brûler les cadavres ne suffit plus, on s'en prend aux vivants qui les ont approchés, aux sorcières, aux juifs, aux parias, à tous ceux qui pourraient représenter la cause de ces malheurs.
Lorsque même les bourreaux ont peur de la mort, c'est que la barbarie a atteint son âge de raison.
Machiavel se cache, rôde, un couteau en main, trouve refuge dans une auberge abandonnée, et tente comme il peut de survivre à ce cauchemar.
Il sauve un jour une jeune fille de la torture et des flammes. Une jeune fille qui montre manifestement les signes avant-coureurs de la peste. La sauver, c'est déjà s'attacher.
Il la protège, la soigne tant qu'il peut. Il l'aime.

Voici probablement l'ovni littéraire de la rentrée. Christophe Bataille imagine les jours de Machiavel lors de la peste de 1527, en se basant sur ses écrits.
Il lui crée cet amour, le dernier, celui peut-être de la rédemption.
Derrière l'anecdote, c'est Machiavel lui-même qu'il réinvente, réhabilite. L'homme qu'il fut, au-delà de l'image populaire qui en est restée.
Un homme hanté, qui a peur, qui veut vivre, qui aime encore, qui observe, qui pense et qui s'émeut.
Ce n'est pas un diable humanisé. C'est un homme, tout simplement. Et voilà l'autre partie de ce roman mystérieux : une réflexion imagée et implicite sur la condition humaine.
La langue est riche, soutenue, très belle, à la fois classique et moderne. C'est un long rêve que nous propose de visiter l'auteur. Un long rêve qui s'éternise dans une réalité imaginée. Certains le trouveront impénétrable, sans doute. On se dit que Christophe Bataille est trop ambitieux. Et puis on termine le livre sans même s'en rendre compte, et on loue son auteur de nous offrir quelques bouts de ses ambitions démesurées.


  • Le choix des libraires : La porte des enfers (5 choix) - Laurent Gaudé - Actes Sud, Arles, France | Leméac, Montréal, Canada - 27/08/2008

En amenant son fils à l'école, Matteo tombe en plein milieu d'un règlement de comptes dans les rues de Naples. Son petit garçon prend une balle perdue au ventre et décède dans ses bras. Matteo et sa femme, Giuliana, sont anéantis, et perdent toute raison d'être. Si Giuliana entre en colère comme on entre en croisade, Matteo quant à lui erre comme une ombre dans la ville des nuits entières. Jusqu'au jour où il rencontre une drôle de confrérie, quatre personnages originaux et pleins de compassion, qui le pousseront à rejoindre le royaume des morts, à passer la porte des enfers, pour retrouver et ramener son fils à la vie.

Pas de doute, Laurent Gaudé n'a rien perdu de sa force narrative. Suivre ses personnages se débattre avec leurs destins tragiques dignes des contes mythiques de nos ancêtres est un régal. La description des enfers, avec pour guide une âme en perte de son être, à la manière de Dante, est d'une originalité rare. On retrouve un peu du Soleil des Scorta, un peu de La Mort du Roi Tsongor, dans cette balade aux bords du Styx, dans le noir et la lumière de ces rudes combats contre la vie et la fatalité. Et l'on termine le roman en ayant déjà hâte de lire le prochain.


Cipriano Parodi est un jeune auteur vénitien à l'imagination foisonnante. Lorsqu'il reçoit une invitation de la part de Caspar Jacobi, écrivain contemporain déjà mythique, à venir le rejoindre à NY pour travailler dans son équipe, il ne se doute pas des effrayantes épreuves qu'il devra affronter. Cipriano, d'abord sous le charme de Jacobi, voit petit à petit ses illusions partir en fumée, et son imagination se mettre à la merci de celle de son maître. Et puis c'est tout son imaginaire qui semble incorporer celui de Jacobi, pour finalement s'insinuer imperceptiblement dans le réel, comme si la frontière entre imagination et réalité n'était qu'artificiellement maintenue par la seule volonté désuète du lecteur.

C'est un rêve, une fable vénitienne digne d'un Fellini, teintée de la magie d'un Hugo Pratt, que nous propose Alberto Ongaro. Extraordinaire roman, tant par son écriture que par son originalité, où le lecteur est probablement le plus envoûté des personnages, et ne peut s'assurer totalement de garder un pied dans la réalité à la fin de sa lecture.


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