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Les coups de cœur de Valérie Simonnot de la librairie DU PARC / ACTES SUD à Paris, France


  • Le choix des libraires : Arab jazz (3 choix) - Karim Miské - Viviane Hamy, Paris, France - 07/05/2012

Ahmed Taroudant vit comme un reclus dans son appartement. Il soigne sa dépression en se goinfrant de romans policiers qu'il achète d'occasion chez un vieux libraire arménien. Un jour, il découvre le cadavre de sa voisine, Laura Vignola, exposé dans une macabre mise en scène. Pour lui, c'est le réveil, surtout qu'il sait qu'il constitue le suspect idéal...
Deux flics, un brin intellos, mènent l'enquête : Rachel Kupferstein et Jean Hamelot.
«Une Juive ashkénaze, un Breton lunaire et un Arabe border line. La dream team du dix neuf !» Voilà le point de départ de ce roman policier dont l'action se passe dans le 19ème arrondissement de Paris, et qui est à l'image de ce quartier cosmopolite.
L'intrigue est rondement menée entre témoins de Jéhovah, loubavitch et salafistes, qui se baladent entre la rue Eugène Jumin et le parc de la Villette.
En bref, ça balance pas mal et à la fin, on a envie de se taper un onglet de boeuf au fameux Boeuf Couronné comme les deux policiers de cette histoire.


  • Le choix des libraires : Little bird (2 choix) - Craig Johnson - Gallmeister, Paris, France - 06/05/2012

Little Bird est la première enquête de la série de romans policiers écrits par Craig Johnson, avec ses deux héros récurrents, le shérif Wilt Longmire, assisté de son meilleur ami indien Henry Standing Bear.
Le corps d'un jeune blanc, Cody Pritchard, a été découvert. Ce même jeune homme avait été accusé, lui et des camarades, deux ans auparavant, du viol d'une jeune Indienne, Melissa Little Bird. Lui et ses amis s'en sont tirés avec une peine de sursis, mais quelqu'un semble vouloir venger ce crime... Longmire sait que cette enquête va s'avérer très délicate, car elle peut exacerber les tensions entre communauté blanche et indienne... D'autant plus qu'il soupçonne son meilleur ami, oncle de la jeune Little Bird.
J'ai eu un coup de coeur total pour ce livre : les personnages sont magnifiques d'humanité, on a tout de suite envie de devenir pote avec Wilt et Henry ; c'est drôle même si c'est du roman policier (le duo de Craig Johnson me donne autant la banane que les héros Hap Collins et Leonard Pine de Joe R. Lansdale, autre grand auteur américain de roman policier !), et puis, on découvre le Wyoming, les grands espaces, la communauté indienne...
Je vous préviens : les romans de Johnson créent l'addiction !


  • Le choix des libraires : Little bird (2 choix) - Craig Johnson - Gallmeister, Paris, France - 06/05/2012

Le nouveau roman de Yoko Ogawa commence de manière plutôt sombre : huit touristes japonais sont pris en otages dans un pays étranger où ils étaient partis en voyage. Une ONG a réussi à introduire un enregistreur dans le lieu de leur détention. Mais l'assaut donné par une brigade antiterroriste tourne mal et tous les otages sont tués. Ne restent alors que des témoignages enregistrés par ces huit personnes, qui se racontent à travers un souvenir particulier.
Huit otages, huit histoires, autant d'univers étranges : comme celui de la salle des propos informels B où ont lieu des réunions plutôt spéciales (par exemple, la réunion des "amis venant au secours des langues en situation critique"), ou ce grand-père qui vend des peluches bizarroïdes en forme de cafard, de scolopendre ou de chauve souris...
Quand on lit un roman de Yoko Ogawa, on entre toujours dans une autre dimension, un peu hors du temps, et Les lectures des otages ne déroge pas à cette règle. C'est entre autres ce qui rend l'univers littéraire de cet auteur si unique et si reconnaissable entre tous.


  • Le choix des libraires : La soif primordiale (2 choix) - Pablo de Santis - Métailié, Paris, France - 06/05/2012

L'histoire se passe à Bueno Aires dans les années cinquante. Le jeune Santagio vient d'arriver dans la capitale pour devenir l'apprenti de son oncle, spécialiste dans la réparation des machines à écrire. Un de ses clients les plus importants est le journal Últimas Noticias, chez qui Santagio va être embauché pour réparer quotidiennement les machines des journalistes... Le jour où le responsable de la rubrique ésotérique du journal meurt, le rédacteur en chef le fait remplacer par Santiago, qui va aussi devenir informateur du ministère de l'occulte, chargé de surveiller toutes sortes d'événements étranges.
C'est ainsi que Santiago va faire la connaissance des antiquaires, autrement dit des vampires. Son enquête sur les antiquaires va le mener jusqu'à la librairie La Forteresse, gérée par Carlos Calisser, surnommé le Français...
Encore une énième histoire de vampires, me direz-vous. C'est aussi la réflexion que je me suis faite avant de commencer ce roman, mais si Pablo de Santis s'empare à son tour du mythe du vampire, il ne s'attache pas trop folklore habituel hormis la soif de sang à laquelle les antiquaires essaient d'échapper en buvant un élixir. Car ces antiquaires n'ont aucune envie de régner sur les humains, ils veulent juste qu'on les laisse tranquilles...
Une atmosphère de plus en plus étrange règne à mesure que l'on avance dans le roman, où les (vieux) livres sont omniprésents.
Au final, on passe un agréable moment de lecture avec cet auteur argentin, et on se dit que le mythe du vampire a décidément de beaux jours devant lui.


Le nouveau roman de Yoko Ogawa commence de manière plutôt sombre : huit touristes japonais sont pris en otages dans un pays étranger où ils étaient partis en voyage. Une ONG a réussi à introduire un enregistreur dans le lieu de leur détention. Mais l'assaut donné par une brigade antiterroriste tourne mal et tous les otages sont tués. Ne restent alors que des témoignages enregistrés par ces huit personnes, qui se racontent à travers un souvenir particulier.
Huit otages, huit histoires, autant d'univers étranges : comme celui de la salle des propos informels B où ont lieu des réunions plutôt spéciales (par exemple, la réunion des "amis venant au secours des langues en situation critique"), ou ce grand-père qui vend des peluches bizarroïdes en forme de cafard, de scolopendre ou de chauve souris...
Quand on lit un roman de Yoko Ogawa, on entre toujours dans une autre dimension, un peu hors du temps, et Les lectures des otages ne déroge pas à cette règle. C'est entre autres ce qui rend l'univers littéraire de cet auteur si unique et si reconnaissable entre tous.


  • Le choix des libraires : La belle année (2 choix) - Cypora Petitjean-Cerf - Stock, Paris, France - 06/05/2012

J'avais passé un très bon moment de lecture avec un autre livre de Cypora Petitjean-Cerf, Le film, et le plaisir fut le même avec son nouveau roman, La belle année.
Tracey a onze ans, elle vit à Saint-Denis, et elle vient de rentrer en sixième. Ses parents sont séparés : elle vit avec sa mère et son beau-père, Takashi, qu'elle n'aime pas trop. Son père vit dans un immeuble voisin, il a peur de sortir et vit aux crochets de sa mère abusive. Et le meilleur ami de Tracey s'appelle Cosimo.
Tracey nous fait donc découvrir son petit monde et ses interrogations sur la vie, le temps d'une année qui va s'avérer riche en surprises, dont surtout une : Tracey va découvrir l'amour, un peu malgré elle.
La belle année est un livre très drôle : Tracey n'a pas la langue dans sa poche, son imagination est débordante et ses réflexions sur la vie sont assez irrésistibles, tout comme les conversations avec son beau-père, dont l'accent japonais est parfois incompréhensible.
Et ce roman a aussi le mérite de se passer en banlieue sans présenter un aspect glauque du fameux 93. C'est sûr, La belle année vous donnera forcément la banane, coincé(e)s que vous êtes dans la grisaille du métro !


J'ai lu La meilleure façon de s'aimer pendant un long voyage en voiture, et j'avoue qu'Akli Tadjer a réussi à me faire venir les larmes aux yeux...
La meilleure façon de s'aimer est une histoire d'amour entre une mère et son fils. Fatima est à l'hôpital suite à un AVC. Son fils Saïd a le temps de venir lui rendre visite car il vient tout juste de perdre son travail. Il a été remercié par la société d'assurances qui l'employait. Autant dire qu'il a un peu perdu de sa superbe habituelle... Entre sa mère malade, son chômage, et ses amours compliquées, il a de quoi être un peu déprimé. Et même s'il adore sa mère, il y a beaucoup de non-dits entre eux... Car Fatima n'a jamais parlé de son enfance en Algérie, ni des événements qui l'ont poussée à venir en France. Chacun leur tour ils parlent et se confient. Fatima se replonge dans ses souvenirs, où un personnage apparaît souvent : La petite fille en robe jaune. Mais qui est-elle ? C'est la clef des souvenirs de Fatima et de la souffrance qu'elle a toujours cachée à son mari, aujourd'hui disparu, et à son fils.
Pas de pathos dans cette histoire, pourtant il y avait de quoi, mais Akli Tadjer réussit à donner à son texte une certaine légèreté et à nous montrer qu'ainsi va la vie...


  • Le choix des libraires : Bienvenue à Oakland (1 choix) - Eric Miles Williamson - Fayard, Paris, France - 21/02/2012

Beaucoup de choses peuvent venir à l'esprit pour qualifier ce texte et son auteur : mystique, prolo intello, Henry Miller, Bukowski, misanthropie, folie géniale...
T-Bird Murphy vit dans un box de voiture, dans le Missouri mais il vient d'Oakland, en Californie (ville natale de Jack London !).
On ne sait pas pourquoi il vit dans cet endroit mais il écrit ce livre dont nous lisons les lignes, un texte qui raconte sa vie à Oakland, un texte noir à souhait. Il n'y a pas d'intrigues mais plusieurs histoires entremêlées, différents personnages, qui surviennent dans le texte au gré des souvenirs du narrateur.
T-Bird raconte son Amérique, une autre Amérique, celles des reclus, des crados que la société rejette en bloc : Noirs, Latinos, petits Blancs sans argent, qui vivent aux frontières de la ville, près de la décharge.
Mais l'auteur revendique cette exclusion et cette pauvreté comme moyens de rébellion, comme instruments de liberté face au système.
Bienvenue à Oakland est un texte qui ne laisse pas indifférent de par sa violence, sa colère et sa musicalité : soit on déteste, soit on adore.


  • Le choix des libraires : Les fiancées d'Odessa (1 choix) - Janet Skeslien Charles - Liana Levi, Paris, France - 21/02/2012

Daria est ukrainienne et vit à Odessa. Elle aime profondément sa ville, et elle est extrêmement fière de son passé. Mais elle galère comme beaucoup d'autres, dans un système où la corruption fait la loi. Elle travaille pourtant dans une importante entreprise d'import-export, car elle maîtrise parfaitement l'anglais, qui est une de ses passions. Elle gagne très bien sa vie mais son travail est devenu très vite un enfer car son patron ne cesse de la poursuivre de ses assiduités.
Craignant d'être licenciée, elle trouve un deuxième poste : celui de traductrice dans une agence de rencontres. Car s'il y a bien un marché lucratif à Odessa, c'est celui des agences matrimoniales qui se chargent de trouver de riches Américains ou Européens à des Ukrainiennes aux abois. Daria finira elle aussi par se laisser avoir par le fameux rêve américain, qui s'avérera être un véritable enfer pour elle.

J'ai lu avec énormément de plaisir ce roman : Daria est un personnage qui nous touche dès les premières lignes du roman, on la suit dans ses déboires et on espère qu'elle s'en sortira. C'est aussi un portrait de l'Europe de l'Est, pas très glorieux certes, mais l'auteur tente de prouver que le rêve occidental n'est pas si rose non plus, surtout pour ces jeunes femmes qui se retrouvent souvent esclaves d'homme qui ne voient en elle que des objets et qui profitent de leur situation précaire pour les tenir prisonnières. Mais rassurez-vous, Daria est une coriace !


"Ton destin est maudit. Tu n'es que le maillon d'une chaîne de douleur qui emprisonne quelqu'un."
Ce roman policier est l'histoire d'une vengeance, qui entraîne dans son sillage différentes époques et différents personnages.
Le point de départ : l'Espagne pendant la seconde guerre mondiale. Une belle femme, Isabel Mola, épouse d'un sbire de Franco, attend un train avec son petit garçon Andrés. Elle a décidé de quitter son mari. Mais un homme va les empêcher de partir. Pour amadouer Andrés, il lui offre un sabre de samouraï.
Bien des années plus tard, en 1981, on retrouve une autre femme, Maria. Elle est à l'hôpital, atteinte d'une tumeur au cerveau. Un policier est auprès d'elle et tente de lui soutirer des informations...
Quelques temps auparavant, Maria, avocate, a vu sa carrière s'envoler en participant à un procès retentissant. Elle a fait condamner un policier, Cesar Alcalá. Il était accusé d'avoir tué un homme, pensant qu'il détenait des informations sur l'enlèvement de sa fille Marta. Mais curieusement, personne ne semble se préoccuper de cet enlèvement. Tout concourt juste à le mettre derrière les barreaux... Peut-être que Maria a juste été l'instrument d'un plan dont elle ne soupçonnait pas encore les implications dans sa vie et dans sa propre histoire familiale...
Quel est le lien entre ces deux époques ? C'est là tout le talent de l'auteur, qui tire extrêmement bien les ficelles de cette histoire, sombre de bout en bout.


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