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Aujourd'hui et comme promis, double chronique ! "Miss Peregrine et les enfants particuliers", tome 2 et 3.
Alors que sortira sur les écrans le 30 septembre l'adaptation par Tim Burton du premier tome de la trilogie, il me paraissait indispensable de vous parler des deux autres.
Pour faire court et éviter de revenir sur la chronique du premier tome que je vous avais présenté il y a plusieurs mois, voici un bref résumé : Jacob Portman, 16 ans, découvre à la mort de son grand-père que ce dernier, un juif polonais, a passé une partie de sa vie sur une minuscule île du Pays de Galles, où ses parents l'avaient envoyé pour le protéger de la menace nazie. Le jeune Abe Portman y avait été recueillie par Miss Peregrine Faucon, directrice d'un orphelinat pour enfants "particuliers". Selon des dires d'Abe, il y côtoyait une ribambelle d'enfants doués de capacités surnaturelles, pourchassés par des "Monstres".
Quand un soir, Jacob découvre son grand-père assassiné par un de ces monstres, il est bouleversé et part en quête de vérité sur l'île si chère à Abe.
Au premier abord, il n'y aurait plus qu'un orphelinat en ruines mais en réalité, Jacob tombe dans une boucle temporelle, se retrouve en 1940 au milieu des particuliers protégés par Miss Peregrine.
Seulement voilà, tous ces enfants sont en danger ! Les monstres, appelés Estres, et dont la particularité est de dévorer les âmes des particuliers, ont lancé une gigantesque offensive. Pas seulement dans la boucle temporelle où se trouve Jacob mais aussi dans toutes les autres.
Alors quand les enfants essuient une attaque, échappent de justesse à une tempête et ne peuvent plus espérer la moindre aide de leur protectrice, métamorphosée en faucon, il va leur falloir toutes leurs ressources pour parvenir à survivre.
Avec un deuxième et un troisième tome époustouflants, toujours somptueusement illustrés et construits à partir de photos anciennes, Jacob va devoir faire des choix. Confronté au danger, à la mort, au nazisme, aux Estres, aux bombardements, à l'expérimentation scientifique hors de toute éthique et de contrôle, au mensonge, à la trahison, à l'amour aussi.
Pourra-t-il aider les particuliers à sauver leur monde en déréliction ou préférera-t-il rentrer chez lui au XXIe siècle et continuer à faire croire que toute cette histoire de monstres n'est que le symptôme d'un cerveau dérangé comme le pensent ses parents ?
Avec une écriture sensible, originale et parfois pleine d'humour, Ransom Riggs poursuit l'exploration d'un monde parallèle qui n'a rien d'enfantin ou de naïf.
Son jeune héros sera confronté à des situations face auxquelles bien des adultes resteraient impuissants. Il sera la proie de la peur, de la douleur, physique et affective, de la colère, du doute, de la trahison aussi.
Il construit une trilogie merveilleusement étrange, émouvant, palpitante et passionnante.
Sous couvert du roman fantastique, Ransom Riggs nous également fait réfléchir sur le nazisme, la persécution, l'enfermement, la différence, l'immortalité, la peur, la jalousie, l'ambition démesurée.
La trilogie est à mettre aussi bien dans les mains des ados que celles des adultes tant elle est écrite avec justesse et brio par un jeune auteur déjà bardé de récompenses.


Né en 1968, licencié en philosophie de l'université pontificale Grégorienne de Rome, Robert Culat est prêtre du diocèse d'Avignon depuis 1993. Il exerce aujourd'hui son ministère auprès de la communauté francophone de Copenhague.
Passionné de musique Metal, il est l'auteur de trois ouvrages sur le sujet aux éditions Camion Blanc.
Avec" Le paradis végétarien", Robert Culat fait suite à son précédent ouvrage, "Méditations bibliques sur les animaux" et s'intéresse à un verset délaissé, pour ne pas dire ignoré de la Genèse : "Je vous donne tout plante qui porte sa semence sur toute la surface de la Terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture".
Il se demande si l'on peut voir dans ce verset, dans ce commandement de Dieu aux hommes, une injonction à adopter un régime végétarien, voire végétalien.
A traverse quatorze méditations basées sur l'interprétation de ce verset par les Pères de l'Église, entre le IIe et le VIIIe siècle, il fait dialoguer avec une subtile érudition et dans une langue accessible à tous, les différents courants de pensée patristiques avec des écoles de pensée postérieures provenant de philosophes, de scientifiques et de théologiens.
Il s'interroge également sur la place de l'anthropocentrisme dans le dogme catholique et ses conséquences sur notre monde actuel.
Ce parcours réflexif passionnant autour de l'homme et de l'animal se termine par une méditation sur l'encyclique "écologique" du pape François "Laudato Si", dans laquelle le souverain pontifical, s'il n'appelle pas ouvertement au végétarisme, rappelle que les animaux ne sont pas des objets, des ressources ou des serviteurs de l'Homme mais bien des êtres sensibles dont "la fin ultime[...] ce n'est pas nous. Mais [qui] avancent avec nous et par nous [...]".
Les animaux sont donc doués de valeur objective et doivent vivre leur vie pour eux-mêmes et non pour servir de ressource à l'humain qui n'est qu'un animal parmi les autres.
Robert Culat nous rappelle aussi que l'anthropocentrisme de certains des Pères de l'Église est aujourd'hui considéré comme "déviant" par le pape et à l'origine de la maltraitance des animaux par l'Homme.
Et pour ceux d'entre nous qui ne sont pas chrétiens, me direz-vous ?
Peut-être faut-il simplement considérer l'importance du christianisme en Occident et son influence sur nos valeurs, notre philosophie et notre mode de vie, que l'ont soit ou non croyant.
A travers des textes comme ceux des Pères de l'Église qui sont, qu'on le veuille ou non, fondateurs de nos sociétés occidentales et qui résonnent dans notre inconscient collectif, Robert Culat nous propose de nous pencher sur un problème terriblement actuel, celui de la maltraitance de la vie sous toutes ses formes, par ignorance, indifférence, cupidité, volonté de dominer ou tout bêtement par anthropocentrisme. Et cette interrogation nous touchera tous, croyants ou non.


  • Le choix des libraires : A l'orée du verger (1 choix) - Tracy Chevalier - La Table ronde, Paris, France | Quai Voltaire, Paris, France - 22/06/2016

C'est l'amour qui fait avancer les protagonistes du nouveau roman de Tracy Chevalier.
L'amour de John Goodenough pour les pommiers qu'il tente de faire pousser sur un bout de terre marécageuse de l'Ohio et qu'il partage avec John Chapman, pionnier de l'introduction des pommiers en Amérique et dont les visites égayent son quotidien. Mais les fièvres emportent chaque année un des siens. Il y a aussi l'alcool qui transforme sa femme Sadie en mégère infidèle qui parle à ses enfants disparus et tape sur ceux qui restent.
Il y a aussi l'amour de deux de ses enfants, Robert et Martha pour leur père, pour les pommiers, qui leur permet de tenir dans cet univers de labeur, de rudesse, de faim et de manque.
Bien des années plus tard, Robert et Martha ont été séparés par un drame.
Robert a tenté sa chance dans l'Ouest. Garçon de ferme, mineur, orpailleur, il n'a pas rechigné devant les métiers ingrats. Mais c'est l'amour qui va encore une fois tout changer : par amour des arbres, il se détourne de sa route pour admirer les séquoias géants tout juste découverts en Californie. Sur place, il fait la connaissance d'un anglais fantasque, botaniste infatigable, qui l'entraine dans la grande aventure commerciale de l'exportation des jeunes plants et des graines de séquoias vers le Vieux Monde.
Martha, elle, ne rêve que d'une chose : quitter l'Ohio, laisser derrière elle cette vie de misère, de mauvaises récoltes et de promiscuité et traverser les États-Unis à la recherche de son frère.
Cet amour pour son grand frère lui permettra de surmonter bien des épreuves.
Mêlant habilement personnages de fiction et personnages réels, Tracy Chevalier, toujours avec cette écriture limpide et envoutante, plonge dans l'histoire des pionniers, faite de souffrance et d'espoir et dans celle, méconnue, de la culture des pommiers et dans l'aventure botanique que fut le commerce des arbres millénaires de Californie.
C'est aussi une rencontre qu'elle narre avec poésie et lucidité : celle de l'homme avec la nature américaine intacte et grandiose ; une rencontre violente à l'issue de laquelle l'homme saccage, détruit, domestique et rentabilise.
"A l'orée du vergé" est une superbe fresque familiale mais aussi une leçon d'Histoire et d'amour, portée avec talent par une écriture vivante qui donne corps à la lumière, à la nature aussi bien qu'aux douleurs et aux joies de l'âme humaine.


L'été tarde à s'installer ? Pas de soucis, votre libraire à la solution pour faire briller le soleil marseillais au-dessus de votre tête sans même sortir de votre fauteuil !
Grâce à Jean Contrucci, le génial auteur des "Nouveau mystères de Marseille", dont le onzième opus vient de paraître en poche.
Dans "Rendez-vous au Moulin du Diable", retrouvez le Marseille de la Belle Époque et les personnages attachants qui font tout le sel de la série : Raoul Signoret, reporter au Petit Provençal et son oncle, Eugène Barouteau, lchef de la police marseillaise.
Tout commence en octobre 1908, quand, en plein jour, dans le jardin public du Pharo, le petit Paul, deux ans, est enlevé par une mystérieuse dame en noir dissimulée par ses voiles de deuil, au nez et à la barbe de sa jeune nourrice.
L'affaire prend des proportions retentissantes, met toute la ville et la police en émoi, car Paul est le fils de Marius Gauffridy, l'un des plus gros entrepreneurs de la ville, un self-made-man qui avait commencé sa vie comme gardien de chèvres dans l'arrière-pays avant de faire fortune dans les travaux publics.
L'enlèvement pose de nombreuses questions : vengeance personnelle ? Enlèvement crapuleux pour une rançon ? Drame familial ?
Raoul Signoret va se retrouvé impliqué comme jamais dans une affaire bien plus complexe qu'il n'y parait et dont Jean Contrucci ne livre l'ultime clef qu'à la toute dernière page du roman.
Avec un vocabulaire qui sent bon le soleil, la garrigue, émaillé d'expressions locales utilisées toujours à bon escient et de références à l'histoire de la ville qui prouvent, bien qu'on le sache déjà depuis longtemps, que Jean Contrucci connait sa ville mieux que personne.
De quoi plonger dans une intrigue parfaitement ficelée mais avec un cadre enchanteur, vivant et plein d'humour.
Le genre de polar qu'on referme avec le sourire et une furieuse envie de farniente dans une jolie calanque...


Vendre son âme au Diable...
Si vous étiez célibataire, chômeur de longue durée, sans famille, sans amis, sans attaches et qu'un jour un type débarque pour vous proposer un marché : pendant quatre-vingt jours, vous aurez la vie dont vous rêvez, où vous voudrez, tous frais payés. Mais ensuite, vous devrez endosser le crime d'un autre et aller en prison à sa place pendant vingt ans. Avec bien-sûr à la clef une somme rondelette qui vous attendra à la sortie. Que feriez-vous ?
Dominique, chômeur solitaire et dépressif, accepte le marché.
Mais rien ne se passera comme prévu : les quatre-vingt jours lui apporteront des rencontres et un nouveau regard sur la vie. Celui qui lui met le marché entre les mains ne restera pas passif non plus. Et quid du meurtrier ? Comment réagira-t-il à cette supercherie organisée à son insu pour le protéger ?
Élodie Geffray livre un premier roman inattendu avec "Et le silence sera ta peine". Complicité, culpabilité, changement de vie et dissimilation, qu'est-on prêt à accepter pour de l'argent ? Et si la liberté passait par la prison ? Élodie Geffray est une auteure à suivre...


"En cet âge orwellien, où l'on annonce pour demain 80 milliards d'objets connectés, il est certes anachronique d'avoir encore à lutter contre un parapluie ombrageux ou une boite de sardines récalcitrante. Mais d'un autre côté, c'est plutôt rassurant."
Rassurant car qui n'a jamais pesté contre un grille-pain qui grille trop ou pas assez, un chariot de supermarché aux roues rebelles, un rideau de douche un peu trop collant, des chaines à neige, une notice Ikea, un téléphone portable, un GPS, un composteur à billets, une housse de couette ou l'inévitable table bancale au restaurant ?
Tous ces objets du quotidien, sensés nous faciliter la vie, améliorés à coups de brevet improbables et d'ingénieurs imaginatifs, nous tapent parfois sur le système.
C'est donc avec humour, dérision et à grand renfort d'anecdotes que Charles Haquet et Bernard Lalanne instruisent leur procès.
Un drôle de petit recueil à dévorer pour ne plus jamais se laisser déprimer par une chaussette disparue dans la machine à laver ou un sac poubelle indomptable...


Allez savoir pourquoi, la nouvelle est un genre littéraire sous-estimé en France. Aux États-Unis, c'est pourtant un exercice réputé, voire un passage obligé pour tout écrivain et romancier.
Pour ses vingt ans, c'est donc tout naturellement que la collection Terres d'Amérique, publié aux Editions Albin Michel, a réuni des nouvelles écrites par vingt et un auteurs américains.
Des grands noms de la littérature américaine contemporaine comme Sherman Alexie, Joseph Boyden ou Louis Erdrich, aux nouveaux venus prometteurs comme David James Poissant (dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois), c'est un panorama désenchanté et foisonnant de l'Amérique d'aujourd'hui qui se dessine.
L'autre visage du rêve américain apparaît en filigrane de ces nouvelles : des réserves indiennes aux bas-fonds citadins, des familles à la dérive aux tentatives de retrouvailles, des prairies asséchées de l'Arizona aux rivières glacées et bouillonnantes de saumons de l'Alaska, des bars miteux aux chalets perdus dans les bois, des mobile home aux ranchs, tout un pays se dévoile au gré d'une galerie de personnages riche, intense, prenante, émouvante et attachante.
Impossible de ne pas être emporté et pris aux tripes dès la première ligne de la première nouvelle.
En publiant ce recueil, en réunissant des auteurs aux styles tous différents, en mettant à l'honneur un genre mal-aimé ou à tout le moins délaissé en France, Albin Michel fait oeuvre de défense de la littérature et de la nouvelle.
Offrez-vous un incroyable voyage à travers la littérature et l'Amérique, découvrez ou redécouvrez une formidable collection à qui l'on souhaite un joyeux anniversaire et une longue vie.


Fernand est veuf depuis longtemps. Après avoir élevé seul son fils, maintenant partir travailler à l'autre bout de la France, Fernand perd aussi son chien. Le voilà donc seul dans sa maison à la campagne, face à la vieillesse et à la solitude.
Pour ne pas finir ses jours seul, il a donc vendu sa maison en viager et, après avoir dit adieu à son coin de nature, il a chargé ses affaires dans sa voiture et s'est mis en route pour le Perce-Neige, une maison de retraite.
Mais à l'instar des héros du roman de René Fallet, "Les vieux de la vieille", ce que Fernand découvre au Perce-Neige n'a rien à voir avec les promesses alléchantes sur papier glacé du prospectus !
Cloitrés dans les odeurs de détergent et les parfums de synthèse, quelques dizaines de vieillards attendent la mort et se complaisent à comparer leurs maladies et leurs ordonnances.
Hors de question de Fernand, magnétiseur et un peu rebouteux, qui n'a jamais pris un cachet de sa vie et qui aime plus que tout sa balade matinale dans la nature, avant le lever du jour, accepte de se fondre dans le moule de ce mouroir. Hors de question pour lui de devenir un de ces petits vieux ratatiné par l'âge et la solitude, qui attend la fin en mangeant une nourriture insipide et des médicaments !
Pour redonner le goût de la vie aux pensionnaires du Perce-Neige et leur rendre un peu de joie de vivre et de confiance en eux, Fernand usera de tous les moyens à sa disposition, avec la complicité de Charles, le veilleur de nuit. il ira même jusqu'à leur faire faire l'école buissonnière !
Mais face aux souffrances, aux manquements parfois du personnel, à l'emprise du médecin de la maison de retraite et à l'abandon par les proches, Fernand va avoir bien du pain sur la planche, d'autant que son passé ressurgit sans crier gare.
Marial Victorain déploie ses talents de conteur avec ce roman tout en finesse, justesse et douceur. Il explore avec poésie et empathie l'univers doux-amer de ces personnes âgées, fait d'attentes, de déceptions et parfois de bonheurs simples et inattendus.
Lauréat du Prix Vaugelas tout récemment, c'est un écrivain prolixe qui fait vivre tout un monde avec simplicité et un réalisme troublant.


  • Le choix des libraires : Money shot (1 choix) - Christa Faust - Gallmeister, Paris, France - 28/05/2016

Les éditions Gallmeister ont le chic pour dénicher des perles. Après vous avoir parlé il y a quelques mois de «L'oiseau du bon Dieu», je vous emmène cette fois dans un autre univers bien particulier avec un polar déjanté dont l'héroïne est une ancienne star du porno.
Pour être honnête, à part "Snuff" de Chuck Palahniuk (le génial et complètement barré auteur de "Fight Club"), les bons romans qui osent parler de l'industrie du porno autrement que de manière anecdotique sont rarissimes.
D'abord parce que le sujet fait sans doute un peu peur. Parler ouvertement d'un milieu somme toute relativement sordide n'a rien d'évident et impossible de le rendre glamour.
Mais Christa Faust a un avantage incontestable : ce monde, elle le connait pour y avoir travaillé pendant dix ans. Des peep-shows de Time Square à la production de films en quantité industrielle en Californie, elle maîtrise le sujet.
Et elle ne cherche pas à le rendre glamour ni attractif. Elle décrit avec un humour féroce et lucide «cette grande famille dysfonctionnelle» dont le seul but est d'amasser toujours plus d'argent, qui use les filles avant de les jeter à 30 ans et qui pousse les hommes à consommer toujours plus de Viagra ou à s'injecter des substances dangereuses pour être «disponibles» sur commande. Elle n'est pas non plus tendre quant aux dérapages qui ne sont jamais bien loin : prostitution, pédophilie, trafic d'êtres humains, arnaques, drogue et parfois meurtre.
Quand tout cela est raconté par une ex-star du porno dont les déboires sanglants et parfois grand-guignolesques commencent après qu'elle ait été laissée pour morte dans le coffre d'une voiture, ça devient juste jubilatoire. Oserais-je dire jouissif ? Sans mauvais jeu de mot ?
C'est drôle, féroce, violent, parfois tendre mais toujours d'une imparable lucidité. Du polar comme on aime, débordant d'énergie et parfaitement irrévérencieux. Juste indispensable !


  • Le choix des libraires : Les maraudeurs (3 choix) - Tom Cooper - Albin Michel, Paris, France - 28/05/2016

Le bayou. Ce petit mot indien devenu français il y a longtemps et qui évoque les marais, la mousse accrochée aux branches des chênes et les alligators.
Le bayou, la Louisiane, la Nouvelle-Orléans, cette terre tantôt espagnole, tantôt française, ce petit bout du monde coincé entre Golfe du Mexique et Mississippi, repaire de pirates, de boucaniers et d'esclaves en fuite, vendu une bouchée de pain par Napoléon pour financer ses armées.
Et puis, au-delà de l'imagination et du folklore, il y a Katrina puis la marée noire provoquée par la plate-forme BP qui tue la faune, la flore et les habitants du bayou.
A Jeanette, on survit à tout cela comme on peu. Il y a Gus Lindquist, le pêcheur manchot accroc aux antidouleurs qui hante le bayou avec son détecteur de métaux à la recherche du trésor du pirate Jean Lafitte.
Il y a les jumeaux Toup, deux psychopathes qui cultivent du cannabis sur une île du bayou.
Il y a Hanson et Cosgrove, deux loosers prêts à tout pour faire fortune mais pas toujours très futés.
Il y a Brady Grimes, le gamin du coin exilé en ville que BP renvoie dans le bayou pour inciter les familles touchées par la marée noire à accepter un chèque de dix mille dollars en échange de l'engagement à ne pas porter plainte contre la compagnie pétrolière.
Enfin, il y a Wes Trench. Fils de pêcheur en rupture avec son père qui se tue à la tâche sur son bateau et n'accumule que des dettes.
Comment se construire une vie et un avenir dans une région abandonnée par le gouvernement fédéral, où les autorités sont corrompues au dernier degré, où la nature étouffe sous les nappes de pétrole et où même le bayou, qui a toujours nourri son homme, se meurt ?
En explorant une galerie de personnages savoureux, des loosers, des truands, des vieux qui parlent plus le français que l'anglais, en s'interrogeant sur les relations père-fils, sur la culpabilité, sur la manière de trouver sa place dans un monde qui perd son âme, Tom Cooper livre un premier roman truculent, plein d'un humour féroce, de rage, de noirceur et de poésie.
Il fait vibrer le bayou, bien loin des clichés, rend son atmosphère palpable et nous émerveille par l'attachement viscéral que ses habitants portent à leur terre.
Dans des parfums de gombo à la crevette, sur fond de zydeco et avec dans un coin de la tête le vaudou et les vieilles légendes de pirates, laissez-vous embarquer dans un chassé-croisé brillamment écrit et dont tous ne sortiront pas indemnes.
Encore une fois, Albin Michel et la collection Terres d'Amérique, qui fête ses vingt ans, ont su mettre à l'honneur un auteur de talent qu'il faudra suivre de près.


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