Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
653 façons de dire... d'avouer... de nier... d'appeler à l'aide... de crier... de minimiser... de mettre en mots la violence conjugale. Chaque phrase, au détour d'un mot qui accroche, qui bute, qui glisse, qui manque, déplie tout un monde : il y a les enfants, les maris, les femmes, les amis, la fuite, la peur, la police, le doute et tout se compose et se recompose au fil du discours. Eléonore Mercier, travailleuse sociale, a noté toutes les premières phrases que prononcent les femmes qui l'ont consultée. C'est un livre profondément fascinant et sensible, on ne lit pas une variation gratuite sur un thème mais on prend dans l'oreille l'écho des voix qui ne cessent de murmurer depuis des siècles, avec leur singularité.
C'est l'histoire éternelle de l'amour, et on ne s'en lasse pas quand c'est si bien écrit ! Ils sont jeunes, ils sont beaux... mais ils ne sont pas du même milieu social. Il devient écrivain, inconsolable, elle est condamnée à faire un mariage riche pour éponger les dettes de toute la famille au bord de la ruine. Leurs sentiments sont impossibles et ils les étouffent mais ils ne cessent de chercher à se revoir, à guetter chaque regard comme une promesse ou un aveu. Un très beau roman sur un amour étouffé qu'on a lu avec passion d'une traite, qui nous emmène dans la campagne norvégienne, ses châteaux, ses fêtes, ses fleurs et ses îles.
Valentine s'est mis en tête d'écrire un roman sur un oligarque russe. Ni ses amis, ni les russes ne comprennent son intérêt et en s'entêtant, elle s'éloigne de ses amis les plus proches et si bien intentionnés... mais plonge dans la Sibérie fascinante. La suite est inattendue et sort des ornières d'un récit linéaire, il faut savoir se laisser emporter sur les traces de chaque personnage. Un roman sur l'amitié, le passage à l'âge de raison pour cette génération attachante et utopiste de quarantenaires qui attendait tellement de la chute du mur. C'est aussi un portrait passionnant de la Russie moderne, dont Catherine Lovey fait un vrai personnage à elle toute seule : dure et déconcertante, mais aussi drôle et désespérée. On aime beaucoup le ton décalé et plein d'ironie de Catherine Lovey, son talent à suspendre le temps dans le récit pour nous laisser tout le loisir de prendre plaisir à une description particulièrement amusante. Elle sait transformer une situation banale et lui faire prendre des proportions dantesques... ce qui est un véritable talent des romans russes justement !
Tribulations d'une quarantenaire divorcée : un roman de fille façon Bridget Jones, drôle, léger, ironique et décalé à souhait. Mélanie, 43 ans, divorcée, jette un regard désabusé et tragicomique sur son quotidien : le boulot, les copines, la clope, la chasse au mec, la fille adolescente, la soeur agaçante, la mère complexante, les kg en trop... une lecture légère et plaisante idéale pour les beaux jours, qui distille des moments de vérité dans lesquels on se reconnaît toutes si justement. Une fausse légèreté qui dédramatise nos désespoirs et échecs quotidiens avec verve et énergie.
L'Égypte des années 50. Kayro Jacobi mène la grande vie : producteur passionné et fantasque de films grand public. Insupportable et attachant, il vit à 100 à l'heure et gare à qui se met en travers de sa route : aucune ruse ne lui est inconnue pour arriver à tourner un film ! Un homme impulsif, autoritaire, mais adoré par son entourage car il se donne entièrement à tout ce qu'il fait. Il aime le luxe, les femmes, adore sa famille et a une soif inassouvie de reconnaissance. Il va se retrouver pris au coeur de l'histoire, juif intégré et très attaché à son pays, mis à l'index lors de la chute de la monarchie, tout à coup désigné étranger, cristallisant la haine montante d'un peuple acculé à la misère, attisé par les militaires. Le récit s'articule autour des témoignages de ceux qui l'ont côtoyé : épouse, maitresses, soeurs, collègues... Paula Jacques est une excellente conteuse, elle nous plonge dans cette époque trouble avec maestria, sur les traces d'un homme passionné. On retrouve surtout son incroyable talent à nous faire nous attacher à cet homme insupportable et adorable, à la fois égoïste et profondément généreux, fragile et pugnace, solitaire et profondément lié à sa famille, ses amis, ses employés.
Un monologue ciselé et nerveux, plein d'énergie et de maitrise. Marianne entre dans la vie avec avidité mais aussi une bonne dose de pragmatisme et d'ironie : contrairement aux femmes de son entourage, elle ne se laissera pas enfermer dans la médiocrité. Elle choisira les hommes qu'elle veut et sera jalouse de son autonomie. A la fois manipulatrice et froide, mais aussi avide de vivre et de jouir, un beau portrait d'adolescente ambigu et plein de vie.
Un poste caché sous un tas de bois, des messages ésotériques et mystérieux, qu'il fallait écouter en cachette, ont longtemps nourri l'imaginaire de Vincent Cuvellier petit garçon. Les hommes du village, allaient et venaient dans la nuit, les bras chargés en suivant les injonctions cachées de ces phrases sibyllines. «La chicorée est améliorée. La laitue est romaine.» Anne Herbauts a su capter cette part de poésie dans de grandes illustrations qui évoquent comme un rêve, un monde irréel et enfantin, où les personnages sont comme pris sur le fait dans des situations étranges. «Dans le poste, les sirènes des Allemands hurlaient de plus en plus fort. C'est qu'ils avaient la trouille. On leur avait pas appris à se battre contre des poèmes.» On aime la propension d'Anne Herbauts à plonger le lecteur dans des univers qui n'en finissent pas d'intriguer et de se répondre à partir de quelques détails, tels ces cercles rouges tantôt tampons, taches, traces, gommettes, dalles, ou cette pluie de traits s ?étalant en duvet, neige ou gazon.
Un journal et un CD audio sont offerts avec l'album : Aurélie Luneau, spécialiste de Radio Londres, a imaginé un supplément sous forme de page de journal présentant en quelques articles passionnants les grandes périodes de la guerre des ondes : on y apprend par exemple que des mots d'ordres étaient lancés via la radio et provoquaient des sortes de «flash mob» avant l'heure, vidant les rues de ses habitants en signe de protestation, que les enfants avaient même leur émission le jeudi ! Quand au CD d'Olivier Mellano, il plonge des extraits de Radio Londres dans 7 ambiances sonores différentes, on se laisse porter au gré de son imaginaire.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia