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A propos de la librairie : VAUX LIVRES


Ses coordonnées

Adresse:
13, rue des Ormessons
77000 VAUX-LE-PÉNIL
France

Téléphone : 01 60 59 01 17

Site Internet : http://www.vaux-livres.fr



Les coups de cœur de ses libraires

  • Max Buvry : Arab jazz - Karim Miské - Viviane Hamy, Paris, France - 25/05/2012

Le 19ème arrondissement de Paris incarne l'exemple type du quartier cosmopolite, mélange à l'extrême et vie trépidante. Pourtant, au milieu de cette animation, vit Ahmed Taroudant. Solitaire, ces seules sorties sont réservées à son libraire favori, un vieil anarchiste arménien aussi solitaire que lui, qui vend ses livres au poids. Ahmed vit retiré dans son appartement au milieu des livres qui s'empilent et passe le plus clair de son temps à lire. Tout est bouleversé lorsque sa voisine Laura est assassinée après une mise en scène atroce et symbolique. Premier témoin de la scène du crime, cela réveille en lui des démons oubliés mais insuffle également une rage l'incitant à se lancer à la recherche des assassins. Le voici immédiatement ramené dans la réalité au coeur des histoires de religions du quartier (et d'ailleurs) à la rencontre des musulmans, juifs loubavitch et autres témoins de Jéhovah fous de Dieu de tous ordres «ceux qui colmatent leur gouffre, leur vide intérieur avec le béton de la certitude», de trafics de drogue et de corruption et au contact des flics atypiques chargés de l'enquête : Rachel Kupferstein qui l'attire immédiatement et Jean Hamelot, autant faux amants que soeur et frère. Au moment où une mystérieuse et surpuissante pastille bleue commence d'inonder les quartiers, les comportements de quelques-uns attirent son attention. Karim Miské mène de front une intrigue complexe, des digressions créant des ruptures et des variations de rythmes maîtrisées, et des portraits particulièrement réussis et réalistes.


Hisashi Tôhara, un an après, a écrit le récit d'une page tragique de l'histoire de l'humanité, «Impossible de croire que cette scène appartenait au monde». Il a vécu l'explosion d'Hiroshima au plus près. La rentrée scolaire venait d'avoir lieu, Hisashi Tôhara était alors jeune lycéen, rempli d'espoirs et de rêves, fier de son pays et de sa culture et en une seconde, aussi inattendue que soudaine, tout s'écroula, la vie comme ses certitudes, la défaite s'imposait à tous et le Japon était vaincu. A cet instant, Personne ne connaît exactement les causes de ce cataclysme, la lumière puis l'obscurité puis la peur et la fuite. Dans un très court texte, il nous fait part de ses impressions, de ses sentiments (peur, culpabilité, courage, honte...) dans ces moments où l'homme se révèle à lui-même devant l'horreur et la peur, où l'instinct de survie prime parfois sur l'humanité et la raison : «J'étais effrayé par la force ignoble qui me rattachait à la vie».


  • Max Buvry : Tangente vers l'Est - Maylis de Kerangal - Verticales-Phase deux, Paris, France - 25/05/2012

Le Transsibérien accueille en sus des voyageurs classiques les appelés qui rejoignent leur garnison sans trop en connaître le lieu exact. Aliocha est de ceux là car il n'a pu éviter l'incorporation tant redoutée. Une fois dans le train, il décide de déserter et de descendre avant la destination finale. Sur un regard, par solidarité, Hélène, une Française l'accueille dans son compartiment, le protège et le cache. Comme lui, elle est en fuite, elle a quitté son amant russe et part à la rencontre du Pacifique à l'autre extrémité du pays. Tout les oppose dans cette promiscuité soudaine, il ne parle pas Français ni elle Russe, des regards, des gestes, sont les seuls partages possibles, une relation singulière se noue au coeur de la traque du déserteur, un îlot de calme au milieu d'une violence à peine contenue. Ce récit est aussi le roman des oppositions, par les personnages que tout sépare au milieu de passagers eux-mêmes hétérogènes, il dure le temps d'un trajet et pourtant le temps s'estompe tandis que les fuseaux horaires défilent, il se déroule dans un compartiment alors qu'il traverse l'immensité de la Russie, le roman est court alors que le voyage est long et le suspense grandissant. Maylis de Kerangal démontre encore sa grande maîtrise de l'art de la description, le récit est dense et nous offre un texte haletant et contrasté de deux personnages aux logiques différentes qui se rapprocheront de manière singulière le temps d'un long voyage dans le mythique Transsibérien.


Vatanescu vit en Roumanie avec sa famille dans une pauvreté extrême. Même ses rêves demeurent tristes, pourtant il aimerait tant offrir à son fils Miklos la paire de chaussures de foot dont il rêve. Vatanescu espère avoir trouvé la solution en rejoignant «l'entreprise» d'un trafiquant russe, marchand d'esclaves moderne qui ne recule devant rien pour accroître son pouvoir et sa richesse. Il rejoint les trottoirs d'Helsinki, mendiant sans papiers le jour, une caravane pour dormir à partager avec un camarade d'infortune. Mais la machine se dérègle rapidement et il est contraint de fuir. Lors de cette fuite, il fait La Rencontre ! Un lapin blessé lui tombe dans les pattes et ne le quittera plus : «Toi, mon lapin, je te protège, mais je ne te possède pas. Nous sommes frères». Ce couple improbable pourchassé par la mafia et la police entre autres prend alors la route et part à la rencontre de Finlandais hauts en couleur, pour la plupart atypiques et sympathiques mais aussi du m ode de vie si classique des pays développés. Ils approcheront aussi bien un vieil ours perdu la campagne finlandaise que les arcanes du pouvoir, pourtant Vatanescu n'oubliera jamais son but premier : offrir un paire de crampons à son fils ! Cette épopée burlesque voire ubuesque, hommage à un célèbre quadrupède finlandais et à son auteur, vous épatera par sa verve, sa bonne humeur et son ironie. Très rafraîchissant.


  • Max Buvry : Sauver Mozart - Raphaël Jerusalmy - Actes Sud, Arles, France - 24/05/2012

Le journal d'Otto J. Steiner s'étend sur la période de juillet 1939 à août 1940. Otto est un patient d'un sanatorium autrichien. Peu de visites, un fils disparu, la musique comme unique compagne, Otto est un expert, critique musical et son ami Hans vient encore régulièrement requérir son aide, ses avis. Les Nazis apprécient la musique, concerts, accompagnements de défilés ou autres manifestations et Otto les croise de loin, lui, «le poids mort» aux origines troubles («Je ne suis ni juif, ni non-juif.») qui regrette que la musique se range derrière ce pouvoir autoritaire. La peur atteint même les chambres, le docteur dirigeant l'établissement doit parfois donner des gages au pouvoir... Mais que faire depuis ce lieu contre Hitler et son pouvoir ? Chaque année, le Festspiele est organisé, les plus grandes huiles sont là, la programmation musicale et son interprétation ne souffriraient d'approximation. Otto ne manquera pas l'occasion et l'histoire aurait pu basculer, il s'en fallut de peu ! Et puis, un jour, les militaires occupent l'établissement. Soigner les malades n'est plus une priorité. Comme partout en Europe, le quotidien des malades devient oppressant, risqué, oppressant et Otto saura sereinement en rendre compte et participer à sa mesure à la résistance. En mêlant musique et maladie, Raphaël Jerusalmy offre une description singulière et maîtrisée non sans humour des premières années du nazisme en terre autrichienne.


François Vallier, le narrateur, est un jeune pianiste, virtuose reconnu, il enchaîne les concerts. Tourbillon de succès, de travail, de réussite... Pourtant, une lettre marque un coup d'arrêt à cette vie rythmée, à cette course. Un infirmier psychiatrique l'informe qu'une de ses patientes écoute sans discontinuité ses CD, notamment ses interprétations de Schumann. Il reconnaît immédiatement Sophie, c'est elle, «Sophie était donc chez les dingues ?». Il doit aller la chercher. Immédiatement. Il a aimé Sophie, passionnément, puis il l'a abandonnée dans un moment dramatique. Il reprend la partition de leur vie, de leur rencontre, «... Je me suis cru invincible. Je nous ai crus invincibles...». Il se retourne, fait le point avec sincérité et lucidité sur son passé, pas tendre avec son caractère et ses actes passés, mais peut-on rejouer deux fois la même partition, en tout cas, «J'ai toute la vie pour y arriver».


Audrey est une jeune SDF. Pas n'importe quelle SDF : devenue miss SDF à Bruxelles, elle espère en un nouveau départ grâce à l'hébergement et la formation offerte par cet étrange concours. Claire une journaliste vient à sa rencontre et lui propose un voyage aux sources, retour à Nice sur les traces de son enfance. Retour sur un univers qu'elle a fui, préférant l'isolement et le dénuement à la compagnie de sa mère adepte des témoins de Jéhovah. Jacques, le père de Claire, accepte de l'héberger. Jacques qui, enfant, a échappé de peu à la déportation, est devenu un vieux solitaire, sexagénaire sauvage et taiseux bien éloigné de sa fille («L'homme est gauche, tente d'être jovial. Humain. Il se donne du mal. Piètre comédien.»). Jacques s'est créé un sanctuaire protecteur contre ses souvenirs, ses fantômes, ses angoisses. Cependant, l'arrivée d'Audrey le bouleverse. Les deux personnages totalement opposés à tout point de vue n'ont en commun que la douleur de leurs passés. Deux écorchés vifs avec des mémoires qui n'ont conservé que le pire, des souvenirs omniprésents qui les minent. Pourtant, souvenir après souvenir, rêve après rêve, cauchemar après cauchemar, ils vont se rapprocher, apprendre à se connaître, à s'apprécier, à s'apprivoiser autour des fourneaux de la cuisine. Deux rescapés qui vont s'entraider et tenter «de construire une histoire d'avenir avec un passé», d'apprivoiser au mieux la noirceur de leurs souvenirs, car les noyer serait impossible.


A la veille de son exécution, Socrate aurait souhaité «une leçon de flûte avant de mourir» et Édouard reprend à son compte ce voeu ultime : «Alors moi, figurez-vous, d'abord je ne vois pas pourquoi je ne me comparerais pas à Socrate, en toute immodestie. Ayant le même âge, le nez gros, et étant pour ainsi dire en prison. Donc, j'apprends à jouer du violoncelle avant de mourir. Voilà». En effet, l'âge ne lui permet plus de jouer avec autant de brio du violon et l'apprentissage de ce nouvel instrument lui offre une dernière très belle rencontre en la personne du jeune Gilles Vanneau, une belle et franche amitié où chacun dans sa différence soutient l'autre. La musique prend toute sa place au coeur de cette amitié apportant sérénité, paix et joies intimes, elle les unit, les rapproche, les soude indiciblement. Les deux amis habitent un immeuble délabré occupé par des personnes âgées accompagnées d'une concierge presque caricaturale. La démolition du bâtiment est programmée...
Peur du départ en maison de repos... Peur de la mort hantent les plus âgés. Cette petite société offre entraide, solidarité, amitié, mais aussi mesquinerie, méchanceté, jalousie ? Jacques-Etienne Bovard observateur attentif décrit avec tendresse et humour ce petit monde modeste et son quotidien jusqu'aux ultimes instants, en toute sa simplicité.


«Sur la pointe des mots» construit un pont entre deux femmes, deux femmes aussi proches qu'éloignées. Dhuoda, duchesse, vit exilée à Uzès en 842. Son fils lui a été arraché, elle sait qu'elle ne le reverra plus et choisit de lui écrire un petit manuel pour lui confier tout ce qu'elle n'a pu lui dire. La narratrice, dans les années 2000, est à un tournant de sa vie, ses enfants sont partis, elle est à la retraite. Pour les deux, le temps passe. Que faire pendant ce laps de temps inconnu qui leur reste à vivre ? Que vont-elles léguer ? Le style est travaillé, les mots pesés, pour ce roman ou essai («Qu'est-ce qu'un manuel, celui de Dhuoda, ou mon petit essai ?») qui défend que les écrits restent, fiction ou réalité peu importe, et qu'il est possible de vieillir avec une légèreté parfois nostalgique et de tendre avec bonheur et sérénité la plume à ceux qui resteront.


  • Max Buvry : Soucougnant - David Chariandy - Zoé, Carouge, Suisse - 24/05/2012

«Que fait-on avec une personne qui, un beau jour, déverse le contenu de son esprit dans le ciel ?». Le plus jeune fils revient chez sa mère. Très jeune, elle eut des comportements singuliers, oubliant les mots, les choses, réactions de plus en plus étranges provoquées par une sénilité précoce, «maman s'est mise à oublier de façon plus créative». Ses deux fils la quittent mais le plus jeune ne pourra l'oublier, la laisser seule plus longtemps que deux ans. Il revient pour l'aider, et devient sa mémoire. Il revient sur l'histoire terrible de cette femme intimement liée à l'histoire de la Caraïbe. Une île qu'elle aime mais qui éprouvera fortement cet amour : l'installation des soldats dans l'île, la prostitution, l'exil au Canada et le racisme... Un passé aussi éprouvant que le présent affecté par cette maladie destructrice provoquant une déchéance physique et psychique de tous les instants qu'il apprend à gérer et supporter, les moments de répit étant rares d'autant plus que les attaques de la terrible Soucougnant se répètent. Une langue lumineuse au service d'une chronique bouleversante d'un fils dévoué et aimant au coeur d'une lente érosion.


  • Max Buvry : Accident de personne - Anne-Frédérique Rochat - Luce Wilquin, Avin, Belgique - 24/05/2012

Charline avait une soeur jumelle, elle la trouvait plus douée qu'elle, toujours la meilleure mais celle-ci mourra en se jetant la première du balcon en pensant pouvoir voler. Leurs parents ne s'en remettront pas, sombreront dans l'alcool et délaisseront Charline. Elle les quittera. Devenue peintre, seule sa peinture l'aide à vivre face à sa culpabilité et à des questions demeurées sans réponse. Pourtant une nouvelle épreuve l'attend : elle ne voit plus les couleurs et la peinture lui devient donc interdite. Elle répond alors à une annonce et part garder le chat d'une vieille dame dans le village où elle a grandi. Pendant le voyage, le train s'arrête pour un suicide, «un accident de personne». Elle apprend ensuite qu'il s'agissait de Viviane une ancienne petite camarade. Elle décide d'aller à son enterrement et croise ses parents qu'elle considérait, enfant, comme les parents aimants et idéaux. Des liens se tissent entre les parents et Charline, chacun cherchant à combler son manque, le vide laissé par l'être aimé et disparu. Ils se rapprochent, une relation malsaine les unit... fuir... vivre une autre vie. Peu à peu, Charline s'estompe, Viviane réapparaît. Chaque détail ravive un souvenir, rappelle un secret mais cette plongée dans le passé réveillera Charline et la sauvera en la ramenant vers la vie, la couleur et la peinture. Un style épuré et travaillé au service d'un joli et douloureux parcours initiatique pour passer outre les questions sans réponse, les drames familiaux et reprendre le chemin de la vie.


  • Max Buvry : Goodbye Berlin ! - Wolfgang Herrndorf - Thierry Magnier, Paris, France - 24/05/2012

Maik et Tschick sont deux adolescents de quatorze ans différents des autres élèves de leur classe. Maik, le narrateur au langage jeune et imagé, vient d'une famille bourgeoise mais son père rencontre des problèmes financiers et sa mère enchaîne les cures de désintoxication. Tschick est un émigré russe nouvellement arrivé, il a appris rapidement la langue mais préfère souvent se taire. Lors de l'anniversaire de la belle Tatiana, ils ne sont pas invités et décident alors de partir, de prendre la route. Direction le sud, la Valachie, Tschick au volant d'une vieille Lada, aussi déglinguée à l'intérieur qu'à l'extérieur, pour «le grand voyage». Un long voyage pittoresque et picaresque empreint de liberté propice à d'heureuses rencontres, de situations cocasses, la vie et le bonheur, enfin ! Rien (ou presque) ne pourra les arrêter. La complicité s'installe progressivement entre les deux ados, Maik craintif, Tschick roi de la débrouille, ils apprendront à se connaître sans omettre de nous faire part de leur vision du monde adulte. Ces moments et souvenirs les marqueront à jamais. Un grand bol d'air frais, revigorant et joyeux.


Lisa s'occupe avec tendresse de ses deux enfants, Tom et Jenni, et son mari Nico alors que vivent non loin sa mère et son frère mais qu'elle évite autant qu'elle le peut. Même si sa vie ne semble pas souffrir du moindre nuage, on ressent une certaine tristesse voire lassitude : «La légèreté pour moi, c'est comme une langue étrangère, j'essaie de l'apprendre en élève appliquée mais je garde un temps de retard, toujours, et quand les autres éclatent de rire, mon ventre se serre et mon esprit s'obscurcit». Sa vie est bouleversée lorsque sa meilleure amie l'inscrit en cachette au concours de la meilleure mère, «Je parie qu'elle rêvait que le monde me dise en face que ce n'était pas si évident d'être une bonne mère». Son départ, ce concours, sa préparation deviennent immédiatement extrêmement pénibles. Non seulement parce qu'il lui soumet une question si préoccupante «Une famille modèle, une mère modèle. Qu'est-ce que cela signifiait ?» mais aussi parce qu'il réveille des souvenirs intimes éprouvants. Cette épreuve de vérité, ce chemin de croix qui ouvre la boîte aux souvenirs, aux secrets de famille lui permettra-t-elle d'enterrer définitivement ses regrets et retrouver l'Amour. Des cours chapitres, un récit particulièrement rythmé qui dépeignent avec brio une mère simple, torturée, attachante et émouvante.


  • Max Buvry : Fleur de béton - Wilfried N'Sondé - Actes Sud, Arles, France - 24/05/2012

Rosa Maria est encore lycéenne. D'origine sicilienne, elle vit dans la cité des 6000, cosmopolite à souhaits avec sa famille. Son père est au chômage depuis peu et le supporte mal, sa grande soeur pour aider la famille a quitté l'école et est devenue caissière, sa mère s'occupe du foyer et de sa dernière petite soeur. Le présent est gris mais Rosa Maria, née dans cet univers bétonné, rêve de soleil, de sable, de mer et d'amour. Depuis toujours, elle aime le beau Jason, beau gosse que toutes les filles admirent en cachette, «playboy des halls d'immeubles, mais elle, c'est différent, un jour, il la regardera, elle en est certaine. Pourtant, la cité tremble et gronde. C'est d'abord son frère, figure emblématique et respectée qui est retrouvé mort dans un coin sombre de la cité sans qu'aucun coupable ne soit identifié. Puis la police décide d'interdire une soirée et la révolte éclate, les évènements s'enchaînent, irrémédiablement, le passé et le présent s'entrechoquent, la rage retenue explose. Entre violence et innocence, rêve et oppression du présent, Wilfried N'Sondé et son écriture chantante au travers d'une famille représentative au quotidien fragile et décrit la réalité branlante d'une cité et nous offre un roman puissant, sans manichéisme ni misérabilisme, vibrant d'émotion, quelque peu désespéré mais hélas si réaliste et contemporain.


Mahmoud Barghouti dirige le modeste zoo de Gaza ou du moins ce qu'il en reste, les derniers zèbres viennent de mourir à son grand désespoir et à celui des enfants de Gaza. Pour eux, il peint des rayures à deux ânes emblématiques. James, journaliste américain du New York Times quelque peu désabusé, fortement ému par cet acte improbable, y voit un symbole d'espoir et de paix. La rencontre de ces deux hommes les bouleverse au plus profond d'eux-mêmes et bouscule leurs destins. James voit en Mahmoud un nouveau but de vie, il décide de l'épauler et l'incite à créer un grand zoo, «le zoo de la joie», afin que les enfants de Gaza retrouvent un grand sourire dans ce lieu déshérité. Le Palestinien et l'Américain se retrouvent quasiment par hasard liés par un projet universel et qui émeut tout un chacun. Autour de ce projet gravitent deux couples entre Berlin, Paris, New York voire Gaza (trop peu ?), les vies s'entremêlent, se croisent au gré des rencontres, le destin révèle parfois de bonne surprise ! Une jolie fable optimiste qui par le portrait de cinq personnages en quête de bonheur et de partage démontre que la volonté, l'engagement sans calculs ni retenue et le hasard des destins peuvent encore générer une belle harmonie.


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