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A propos de la librairie : DELOCHE


Ses coordonnées

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Site Internet : http://www.deloche.fr



Les coups de cœur de ses libraires

Il faut toute la sympathie que porte Ludovic Roubaudi pour les gens en marge (cf. "Les Baltringues", 2002) pour faire son héros d'un démonstrateur de couteaux à huître. Camille, donc, qui squatte dans une cour entre une vieille impotente et méchante et un maçon slave taiseux. Et dans cette cour un matin, merveille ! il rencontre Merveille. Le coup de foudre. Cramé roussi, il est. Alors (je vais vite) ils font une bêtise : ils se promettent qu'ils n'auront aucun secret, jamais, qu'ils se diront tout, toujours. Mais Camille voudrait bien savoir ce que faisait Merveille dans cette cour, pourquoi son copain le maçon l'attaque à la scie circulaire, et qui distille dans leurs têtes le grand air de la Calomnie. Alors il enquête en cachette, entre doute et amour fou, celui qui aliène, comme son nom l'indique, et on dirait que les murs du mas provençal où ils ont fait leur nid se fissurent... Il y a des soirs où on a peur de s'endormir, tellement on craint que le soleil le lendemain ne se lève pas. Que celui qui n'a jamais aimé...
Caché derrière le faux-semblant d'une intrigue policière, "Camille et Merveille" ressuscite en nous le moment magique et douloureux où l'on comprend que notre vie ne nous appartiendra jamais plus en propre, et ses deux héros entrent en tremblant dans le Panthéon des couples littéraires inoubliables.


  • Philippe Bernadou : Rien ne se perd - Cloé Mehdi - Jigal, Marseille, France - 30/07/2016

Ce polar ultra noir, où chacun semble-t-il, même un enfant de 11 ans, porte la culpabilité confuse d'être né, est, bien au-delà de la résolution d'un fait divers, une plongée sans masque dans la partie de la société qui n'a ni le pouvoir, ni l'information, ni même la parole.
Parce qu'au tableau social sans concession qu'elle dresse Cloé Mehdi ajoute une descente dans l'enchevêtrement inextricable de sensations, de sentiments et de réflexions qui constitue chacun de ses personnages, elle réussit un roman qui vous habitera longtemps.


  • Philippe Bernadou : Leucate Univers - Gérard Gavarry - POL, Paris, France - 26/07/2016

On a à la lecture de ce livre enthousiasmant l'impression que l'on peut éprouver devant un tableau : une sensation d'évidence qui vous envahit, une approche du pur plaisir.
Le narrateur est sur le terrain, la carte Michelin de l'Aude à la main. A ses côtés, une femme qui a pour nom Histoire. Elle lui montre, sur la carte et dans la paysage, un gué entre les étangs par où, en 1589, sont passés Barri, le capitaine-gouverneur de Leucate, et ses hommes. Et aussitôt cela s'anime : on voit leurs heaumes étinceler au soleil, l'écume jaillir sous les pas des chevaux. On arrive au château, on entend le martèlement des forgerons, on sent l'odeur des lessives. Et, dans l'aller-retour narratif qui est la réussite du roman, Histoire intervient pour préciser, pour rectifier...
Dans les trois parties du livre Gérard Gavarry nous transporte en trois moments de l'histoire de Leucate : les Guerres de Religion, donc ; puis en 1955, une vendange sur fond de Guerre d'Algérie (non, corrige Histoire, on n'écoutait pas la publicité au transistor en attendant les nouvelles de «là-bas» : on écoutait les réclames au poste) ; et de nos jours, de jeunes vacanciers qui se croient surveillés par la mafia russe (et là encore c'est un régal de lire comment Gavarry accroche les tics de langage contemporains).
Leucate ou ailleurs, peu importe finalement, ni même de bien savoir où ça peut être : ce qui compte, pour reprendre la métaphore picturale, c'est le coup de pinceau du maître, cette façon en trompe-l'oeil qu'il a de vous faire entrer dans le tableau tout en vous tenant hors cadre.
Le contrat que fixe le titre est rempli : par la littérature Gérard Gavarry atteint l'universel.


  • Philippe Bernadou : Vessies et lanternes - Alain Chany - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 21/07/2016

Saluons une qualité que l'on aimerait moins rare dans le monde du livre : la fidélité. Celle que les éditions de l'Olivier manifestent pour ses auteurs nous permet de découvrir ou redécouvrir dans sa collection Replay Alain Chany, une comète hélas éteinte. Son écriture fulgurante, qu'il parle du désenchantement révolutionnaire ou des petits matins baignés de rosée, est constituée de formulations qui ont l'évidence et la transparence de l'eau qui coule, des aphorismes quasiment, qui s'emboîtent en un récit vagabond où on finit par trouver un ami à la fois drôle et intransigeant, dont on sent qu'il n'aura pour nous pas plus d'indulgence qu'il n'en a pour lui, et à la table duquel on aurait brûlé s'asseoir.


  • Philippe Bernadou : Giratoire - Dominique Paravel - Serge Safran éditeur, Paris - 23/03/2016

Présenté comme un «road novel», quand le chemin compte plus que le but, le roman de Dominique Pavarel inventerait en fait un nouveau genre : le «roundabout novel», le roman des ronds-points, où le chemin s'oublie autant que le but.
Deux personnes fort dissemblables forcées à faire équipe : c'est vieux comme le Quichotte. Si de plus elles sont de sexe opposé, cela donne à Hollywood les comédies les plus convenues, et ici le plus inattendu, le plus fascinant des romans de cette rentrée d'hiver.
C'est qu'en plus d'une écriture qui sait à la fois être d'une grande limpidité et s'autoriser la hauteur du sourire, Dominique Paravel est une artiste de la construction. Après la polyphonie de son roman précédent, «Uniques», elle joue ici du chant/contre-chant qui donne aux événements, selon qu'ils sont vus par les yeux de Joaquin ou par ceux de Vivienne, un relief surprenant et entraîne la complicité du lecteur.
Disons enfin que l'empathie de l'auteur pour ses personnages nous les rend tout à fait familiers, au sens premier du terme -et même plus : à la fin de la lecture, ils font partie de nous, «Giratoire» confirme le talent de Dominique Paravel - et l'instinct sûr de Serge Safran, son éditeur.


La lecture des Délices de Tokyo nous plonge dans l'intemporalité de la culture japonaise, sa permanence jusque dans l'actuel et le fugitif. L'attention aux cycles de la nature, celui de la lune qui clôt le livre, les saisons du cerisier devant l'échoppe qui le ponctuent, est aussi importante que la finesse de la description des rapports de Wakana, Sentarô et Tokue. Autant que la hiérarchie des âges, des expériences, compte ce qu'on se dit et plus encore ce qu'on ne se dit pas : on le sait, ce n'est pas la céramique qui fait le vase mais le vide qu'elle contient.
Lisez Durian Sukegawa, et ouvrez-vous à l'émotion qui vous submergera.


  • Philippe Bernadou : Sincères amitiés - Jean-Jacques Sempé - Denoël, Paris, France | M. Gossieaux, Paris, France - 20/01/2016

En ces temps où des vents barbares déchaînent des contre-vents tout aussi éloignés de la part intelligente de l'humanité, il paraît nécessaire de saluer l'élégance et la délicatesse de celui dont les dessins, selon la formule, valent mieux que bien de beaux discours.
Sempé nous amène aujourd'hui au coeur du plus subtil, du plus indéfinissable des sentiments : l'amitié. Grâce à son habituel humour (deux escargots dans une immense prairie : «Il faut être curieux, aller vers les autres. Le problème évidemment, c'est que ça prend du temps.» Et on comprend bien : ça ne prend pas du temps qu'aux escargots), grâce aussi à de pleines pages sans légendes, en noir et banc ou aquarellées, tellement émouvantes : trois enfants main dans la main sous une frondaison, et quelques pages plus loin les arbres dirait-on ont grandi, ce sont trois dames mûres qui pédalent de conserve...
Un entretien avec Marc Lecarpentier sert de fil conducteur à l'album, on y croise entre autres l'affichiste Savignac et Aristote, et on sait que ce fameux chemin vers les autres, il y a longtemps que Sempé le parcours.
Suivons-le, amis, suivons-le.


  • Philippe Bernadou : Les réputations - Juan Gabriel Vásquez - Seuil, Paris, France - 17/09/2014

Les réputations, ce sont celles que fait et défait Javier Mallarino, caricaturiste vedette de la presse colombienne. Un hommage quasi national lui est rendu pour ses 65 ans et il se sent éternel, prêt même à reconquérir son ex-femme. Le lendemain, il reçoit dans sa maison de montagne la visite d'une jeune femme qui a été 28 ans plus tôt la victime d'un fait divers dans cette même maison. La vérité que recherche Samanta Leal ébranle les certitudes de Mallarino. A-t-il eu raison alors de briser d'un seul dessin la carrière et la vie d'un homme politique ? Quelle est sa réelle responsabilité, lui qui se croit irréprochable derrière le rempart de sa table de dessin ?
Si ce roman est très ancré dans l'histoire récente de la Colombie, il pose bien sûr des questions universelles, notamment sur le pas pris par la vie privée des hommes publics sur leur action. Comme dit le poète : «Nous y sommes».
On retrouve la qualité d'écriture, de construction et de dialogues qui fait de la lecture de ce roman, comme des précédents de l'auteur, un rare plaisir de lecture. Juan Gabriel Vasquez confirme qu'il est une des valeurs les plus sûres de la littérature sud-américaine de l'après Garcia Marquez.


  • Philippe Bernadou : L'île du Point Némo - Jean-Marie Blas de Roblès - Zulma, Honfleur, France - 16/09/2014

Dans ce roman monstre deux histoires principales s'entrecroisent. D'une part, un roman feuilleton à la mode su XIXe siècle, la poursuite autour du monde d'un diamant volé à bord de transports de plus en plus délirants. En contrepoint, la vie quotidienne des employés d'une usine de liseuses sise dans le Périgord où se perpétue la tradition de la lecture à voix haute dans les ateliers, pratique héritée des fabriques de cigares -ce que fut autrefois cette entreprise.
Les deux histoires, bien sûr, finissent par jouer l'une sur l'autre et par dérailler gentiment ensemble dans un crescendo à la fois absurde, grinçant et désespéré.
Ce livre furieux touche à tout : à l'histoire du cirque Barnum, aux remèdes contre l'impuissance, à la colombophilie, à notre pauvre monde occidental bientôt réduit à sa pâle imitation dans des parcs d'attractions chinois, aux pratiques mirobolantes des prostituées de Sidney... Il est en fait l'antithèse de ce qu'il dénonce : la mort du livre au profit de sa mécanisation, la mort de la lecture comme partage, et par dessus tout la mort de l'imagination, qui libère de la pesanteur du monde, qui réjouit et qui émeut, qui certainement permet d'aimer.
L'Île du Point Némo est la parfaite antidote à ce pessimisme : sa lecture en est tellement exaltante qu'il vous donne l'impression d'avoir vécu plus fort, pendant et longtemps après.
Merci à Jean-Marie Blas de Roblès de nous avoir donné le roman le moins convenu - parfois le plus inconvenant - et le plus imaginatif de cette rentrée littéraire.


Il y a plusieurs façons de perdre ceux qu'on aime. Voyez Clovis. Il a perdu Samia, à peine sauvée de l'enfer de Sabra et Chatila, quand elle lui a préféré son ami François. Et voici que Samia revient, des années après, le réveiller de son hibernation provençale : elle a perdu François entre Madrid et Barcelone où il enquêtait sur les vols d'enfants par la dictature franquiste. Depuis, silence radio. Pour les - très - beaux yeux de Samia, Clovis retrouve ses vieux réflexes de journaliste et remonte les traces de son ami. Et vite il comprend que c'était sa propre filiation que François recherchait : sa naissance bien loin de là, dans un Lebensborn du IIIème Reich.
Palestine, Espagne, Allemagne : on sent que Maurice Gouiran a autant enquêté que ces héros (et sans doute plus) pour ce voyage au coeur de la barbarie du second XXème siècle, et on referme son livre doublement meurtri : d'une part parce qu'on sait que partout et toujours les enfants sont la première victime de nos folies - et d'autre part parce qu'on comprend bien que ceux qu'on aime et qu'on a perdus ne reviennent jamais.
Un roman noir qui vous secoue comme un chagrin.


Ce roman d'aventures et d'espionnage se présente comme le 5ème tome des mémoires d'un personnage étonnant et, avouons-le, séduisant.
Feivel est né en 1890 dans la seule famille juive d'un village polonais. Autant dire qu'il prend vite l'habitude de lutter contre l'adversité. Heureusement, il est courageux, intelligent, cultivé et de robuste constitution. A 15 ans, il sauve une gamine de sa classe d'un viol collectif puis abat un officier qui tenait des propos antisémites. Obligé de fuir, il est embauché comme videur dans un bordel, début d'une relation fructueuse avec le syndicat du crime. Très vite, il en grimpe les échelons et se retrouve à la tête d'un gang de trafiquant de drogues à Hambourg, Marseille puis la Chine où ses affaires prospèrent.
Mais en 1941, angoissé par le sort de sa famille, prisonnière du ghetto de Varsovie, il décide de rentrer au pays. C'est ici que commencent véritablement les Carnets du Ghetto.
Intrépide et généreux, accompagné de deux de ses fidèles lieutenants, Walter, l'ancien boxeur Juif Allemand et Meiling, la ravissante et impitoyable Chinoise, il se jette délibérément dans la gueule du loup. Grâce à son argent, à ses relations mafieuses, à son habileté, il va se sortir de mille situations périlleuses, dans ce lieu maudit en plein coeur de la folie humaine. Il va aussi rencontrer l'amour avec la jeune Maria.
Cette histoire, bourrée de détails véridiques est d'un rythme haletant, endiablé. Les aventures s'enchainent au point que l'on ne peut lâcher le livre.
L'auteur, Philippe Smolarski, historien et archéologue est un éminent spécialiste de l'art asiatique. Espérons qu'entre deux expositions des Trésors de Taijin, il nous livrera la suite des mémoires de Feivel le Chinois.


  • Nathalie Pichon : Notre quelque part - Nii Ayikwei Parkes - Zulma, Honfleur, France - 07/06/2014

Ghana. Petit village perdu... quelque part.
Une découverte macabre va bousculer la quiétude des habitants. Des restes semble-t-il humains sont découverts dans une des cases du village par la fille d'un politicien. Aussitôt la police est dépêchée sur place avec mission de résoudre cette affaire au plus vite, pour éviter tout scandale. On s'adresse à Kayo, formé à la médecine légale en Angleterre mais qui croupit pour le moment dans un laboratoire. Scientifique avant tout, celui-ci mène son enquête à la façon des "Experts" mais se laisse tout de même entraîner par les récits d'un vieux chasseur du village. Il y retrouve la saveur de l'enfance et de l'Afrique profonde. Mais ces légendes pourraient bien aussi donner un nouvel éclairage à l'affaire en cours...
S'entrecroisent alors deux langues, celle du peuple ghanéen, colorée et riche en images, telle une mélopée qui charme le lecteur, et celle plus classique et plus pragmatique de la nouvelle génération (saluons au passage l'excellent travail de traduction).
Voici donc une belle invitation à se laisser conter peu à peu une part de l'âme africaine.
C'est envoûtant. C'est réussi.


  • Danielle Deloche : 7 années de bonheur - Etgar Keret - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 07/06/2014

J'ai passé des heures délicieuses en compagnie du dernier livre d'Etgar Keret, «7 années de bonheur», une sorte de journal intime, de collection d'anecdotes racontées avec malice et sensibilité. Ces 7 années, ce sont celles qui séparent la naissance de son fils de la mort de son père. Un bonheur précaire donc ; et côté précarité, Etgar Keret en connaît un bout. Il est issu de familles juives décimées par l'holocauste et il vit en Israël, un pays où à tout moment une bombe peut exploser dans votre cuisine : alors, pourquoi faire la vaisselle ? Il arrive souvent qu'au détour d'une mésaventure sans gravité surgisse le dérangeant, l'inattendu. C'est par l'humour et le paradoxe que Keret combat l'angoisse et la culpabilité.
Je pourrais vous citer l'une de ses nombreuses histoires avec les chauffeurs de taxi, par exemple celle où il en invite un chez lui pour satisfaire un besoin pressant et c'est juste le moment où sa femme sort de la salle de bain toute nue ?toute nue et furieuse.
Ou la fois où il est convoqué par la directrice d'école parce que son manipulateur de fils se fait gaver de sucreries par la cuisinière. «Au moins, tu partages avec les copains ? «lui demande-t-il le soir. «Non, rétorque le fils, c'est interdit de donner des sucreries aux enfants !» «Et toi, alors ?» «Oh moi, c'est pas pareil : je suis un chat !» Et d'imaginer tel homme politique pris la main dans le sac et se défendant en disant «Mais moi, je suis un chat, miau !» Ou celle de l'alerte sur le chemin de la plage : on se met dans un trou et on joue au sandwich, maman dessous, le petit au milieu, papa dessus arque-bouté pour ne pas écraser les siens. Vraiment, on s'amuse bien et on en redemande comme le petit Lev !


  • Danielle Deloche : Dieu me déteste - Hollis Seamon - La Belle colère, Paris - 07/06/2014

Dieu me déteste, DMD, c'est le nom que Richard Casey, gamin de 17 ans, a donné à sa maladie, avec l'humour et la rage qui le caractérisent.
Depuis 6 ans, on se bat contre son cancer à coup de chimio, rayons et ablations d'organes divers, mais maintenant c'est fini : dans l'unité de soins palliatifs, on ne fait pas dans l'acharnement thérapeutique. Celui qui s'y trouve, c'est qu'il n'en a plus pour longtemps.
Richard, pourtant, il est comme tous les ados, il rêve de faire la fête, de tomber amoureux, de vivre des aventures...
Et bien, malgré son état, il va lui en arriver de belles, entre le 30 octobre et le 8 novembre.
Pour commencer, son oncle, le farfelu de la famille, va l'aider à s'évader la nuit d'Halloween et le fait parader sur son fauteuil roulant, déguisé en prince, jusque dans les quartiers chauds. Bagarres et sexe au menu !
Mais la grande affaire, c'est son histoire avec la jolie fille de la chambre 302 qui ne veut pas mourir sans avoir fait l'amour. Que d'embûches pour nos Roméo et Juliette et notamment un père fou de douleur ! Richard et lui finiront par se réconcilier au cours d'une nuit de poker à l'enjeu surprenant...
Ce magnifique roman, vibrant de bravoure et de panache est l'oeuvre d'une maman qui a accompagné son fils dans les chambres d'hôpitaux. Il inaugure une nouveau Label, La Belle Colère, des romans sur l'adolescence destinés apparemment aux adultes, mais plus si affinités. Elle est coéditée par Anne Carrière et Monsieur Toussaint Louverture, un mariage étonnant et réussi entre deux éditeurs fort différents.


Quelle malédiction que de naître dans une famille de prolos du Nord de la France ! On quitte vite l'école pour l'usine et pour se marier parce que la fille est enceinte. On boit dru, on cause dru, on cogne dru - sur les copains, sa femme, ses enfants -, on maudit les bourgeois, les arabes, les pédés, on s'use prématurément et s'ensuit le chômage avec 700 € d'allocations pour 7 bouches à nourrir.
Et bien, il y a pire malédiction : naître «pédé» justement, dans ce milieu qui met au pinacle la virilité au point que même «les filles ont des couilles au cul», que toute marque de tendresse, tout signe de sensibilité est banni.
Voilà ce qui est arrivé au héros de ce livre, Eddy Bellegueule, qui dès la petite enfance fait des manières et préfère au foot les poupées de sa soeur. La honte de la famille ! Et un lot quotidien d'humiliations et de souffrances pour l'enfant puis l'adolescent qui tente sans succès de ressembler aux copains. Jusqu'à son évasion : une bourse pour continuer ses études comme pensionnaire dans la grande ville.
Eddy Bellegueule, c'est l'auteur lui-même qui pour en finir avec son passé se nomme maintenant Édouard Louis, étudiant de 21 ans à l'Ecole Nationale Supérieure, jeune prodige qui a déjà publié un livre sur Bourdieu l'an passé aux PUF.
On est sidéré par ce témoignage, par sa puissance et sa maturité. Il mêle émotion et intelligence, souvenirs et mise en perspective sociologique, sans ressentiment ni auto-compassion.

Le coup de poing de cette rentrée littéraire !


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