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Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.

Le journal Le Monde est partenaire de notre site. Chaque semaine, un choix de libraire est publié dans les colonnes du Monde des Livres.


lien vers france-info.com France Info est également notre partenaire. Ecoutez l'émission "A livre ouvert" : chaque dimanche, François Busnel reçoit un critique littéraire et deux libraires pour commenter l’actualité littéraire de la semaine passée (pour écouter, cliquez sur le logo, puis choisissez "Chroniques", et enfin "A livre ouvert").


A propos de la librairie : DELOCHE


Ses coordonnées

Adresse:
21, rue de la République
82000 MONTAUBAN
France

Téléphone : 05 63 63 22 66

Site Internet : http://www.deloche.fr



Les coups de cœur de ses libraires

  • Philippe Bernadou : La ferme de Navarin - Gisèle Bienne - Gallimard, Paris, France - 20/03/2008

Gisèle Bienne lisait Blaise Cendrars dans sa chambre d'étudiante, La prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France. Des années plus tard elle est au coeur de la Champagne pouilleuse, au lieu dit «la Ferme de Navarin», là où Cendrars eu la main droite arrachée par un éclat d'obus, au cours de l'offensive stupide décidée par Joffre et qui fit cent quarante mille morts. Entre ses propres souvenirs et ceux de Cendrars, elle explore avec une écriture pudique et émouvante l'attachement qui l'unit à lui, selon le principe de l'excellente collection «L'un et l'autre».


  • Danielle Deloche : Indochine, dernière - Bertrand Godbille - A. Carrière, Paris, France - 20/03/2008

Un samedi d'avril 1961, François rentre chez lui, à Genève, après une semaine au collège où il est pensionnaire. Pendant que ses camarades se précipitent pour retrouver leur famille, il s'attarde, comme chaque fois, pour contempler les nuages, les eaux limpides du fleuve, la maison où il a aperçu un jour une belle jeune fille. Il ne sait pas qu'une terrible nouvelle l'attend qui signe la fin de son enfance cossue et protégée : son grand-père paternel vient de mourir. Il va suivre sa mère à Lille et découvrir ses défaillances. Peu à peu va émerger une nécessité : connaître ses origines indochinoises et notamment les circonstances de la mort de son père. Un secret honteux, peut-être ?
Cette quête des origines, thème cher à Bertrand Godbille, est traitée avec une infinie délicatesse, par petites touches. Il procure au lecteur, au fil des pages, le plaisir de dévoiler un tableau impressionniste.


  • Danielle Deloche : Baptiste - Pierre Moustiers - Ed. de Fallois, Paris, France - 27/02/2008

Un vieil homme et une petite fille se rencontrent. Ils sont tous deux blessés, tous deux en marge de la société. Le vieil homme cultive le souvenir de sa femme dans leur grande maison au bord d'un village de montagne. La petite fille, qui a subi des sévices d'une mère folle, s'est retranchée dans le mutisme.
Ils vont aller l'un vers l'autre, s'apprivoisant lentement. Baptiste va apprendre à lire à la jeune Julie mais surtout à acquérir confiance en elle et en les autres. Cette mission lui donne un but. Chacun va poursuivre son chemin, l'un vers la vie, l'autre vers la mort, apaisés.
Ce beau roman, servi par une écriture dense et sobre a la dimension d'une allégorie universelle.


Il pleut sans discontinuer sur la résidence dont les habitants ont été chassés. Ne restent, séparés par une mince cloison, qu'un vieil homme dont la femme vient de mourir et qui écoute sans cesse un ancien enregistrement de Schumann, et le narrateur qui attend l'impossible retour de sa compagne. Les liens que tissent entre eux deux la mémoire et l'abandon sont plus forts que les paroles. Souvent même plus forts que le silence. C'est un roman magnifique qui parle d'exil, de résistance et de passion, beau et grave comme la musique de Schumann, jamais désespérée mais d'une mélancolie étincelante.


  • Danielle Deloche : Intérieur Sud - Bertrand Visage - Seuil, Paris, France - 17/02/2008

L'histoire débute sur une plage aux abords de Catane, en Sicile où des enfants découvrent le corps supplicié d'un agonisant. Une fois retapé, l'homme est expédié à l'autre bout du monde. Huit ans après, il revient pour retrouver la fille du mafieux dont il était amoureux. Polar ? Histoire d'amour ? Roman d'une ville ? Tout cela à la fois : l'intrigue distillée en touches subtiles, restitue parfaitement l'ambiance d'une Sicile mystérieuse et violente.


De prime abord, le sujet n'est pas de toute gaieté. Un jeune homme installé à Marseille doit remonter dans ses Flandres natales, qu'il a fuit il y a quelques années, pour mettre de l'ordre dans les «écritures» de son meilleur ami Dino qui s'est suicidé récemment. Ce dernier lui a laissé trois carnets noirs et des photos : toute son intimité, ses frustrations et ses angoisses. A cette lecture, le narrateur replonge dans son enfance, dans ses souvenirs et les excès de sa jeunesse avec cet ami, leur commune découverte de la vie, de la jouissance, des amitiés et des amours. Dans cette période où flattés par la vie ils ont vécu, ils ont connu le bonheur d'exister intensément.
L'apéritif des faibles est un premier roman d'une grande puissance, qui se place du côté de la vie, de ces moments d'éternité qu'elle sait offrir et que l'on voudrait capturer pour toujours.


On pensait avoir tout lu, tout vu, tout écouté, sur le leader du groupe de rock le plus emblématique des ces vingt dernières années. Oh, il restait bien quelques demo tapes et quelques extraits de carnets intimes, exhumés avec parcimonie aux dates anniversaire par l'épouse du défunt - mais ce n'est pas ce qui nous importe. Car ce que nous livre Christophe Paviot, qui a manifestement plus vécu que conceptualisé le rock, est un ouvrage empreint d'une telle hargne qu'il mérite sa place parmi les (bons) livres consacrés à Nirvana. Il ne s'agit pas ici d'un documentaire sur la vie du groupe et de son guitariste/chanteur, mais plutôt d'une fiction réaliste, narrée du point de vue de Kurt Cobain. Là où le vacarme de cette âme poétesse était subtilement renversé par la mise en scène contemplative d'un Gus Van Sant (on se souvient du silencieux Last Days, autre fiction - mais en images - sur feu Cobain), l'écriture de Paviot prend le lecteur à la gorge, le plonge dans la sueur des concerts, les relents de bière et les montées d'héroïne, et ça tâche... Le récit détourne la carrière du groupe ; en se basant sur ce postulat étrange, selon lequel le groupe n'a réussi à signer de contrat pour aucun de ses albums, l'auteur enfonce encore le destin de Cobain dans un espèce de drame subversif, une eschatologie sombre dont on ressort avec les mains tremblantes et l'envie de casser une Fender sur scène.


L'internaute la connaît et l'utilise depuis quelques années déjà. Difficile, lors d'une recherche sur la toile, d'échapper au renvoi vers les pages de l'encyclopédie collaborative en ligne, dont le projet n'est rien moins que de s'ériger comme la référence ultime en terme de connaissance. Car là où les encyclopédies «papier» sont inévitablement limitées par leur volume et leur coût, Wikipédia a pour elle la puissance du nombre : rédacteurs bénévoles, diffusion mondiale instantanée, stockage virtuel, et - bien sûr - gratuité. Le principe est simple : des anonymes, compétents ou non, rédigent en ligne un ou des articles sur les sujets de leur choix, les textes pouvant par suite être modifiés, corrigés, et même vandalisés, par les autres usagers. On voit rapidement se profiler l'écueil d'un tel procédé, analysé par cinq étudiants de Sciences-Po sous l'égide de Pierre Assouline : comment prétendre fournir une connaissance fiable lorsque les auteurs des articles ne sont pas nécessairement des spécialistes reconnus comme tels, mais des internautes parmi lesquels le bon grain est difficilement séparable de l'ivraie ? Car le problème que pose Wikipédia n'est pas seulement économique - en mettant en crise la pérennité des encyclopédies traditionnelles, mais aussi épistémologique : quel avenir pour la connaissance, si celle-ci prend la forme d'un contenu, certes actualisable en un clic, mais ne pouvant réellement être ni validé, ni invalidé ? Cet essai, que l'on sent animé par l'enthousiasme de ses co-rédacteurs autant que par un souci d'objectivité, soulève quelques lièvres au pays des chevaux de Troie, et invite son lecteur à penser la transmission du savoir sous un jour nouveau.


Tantôt les nouvelles d'Yves Lériadec évoquent directement l'enfance : à un mariage, le premier émoi d'un garçon d'honneur pour sa cavalière (Garçon donneur) ; les héroïnes de cinéma qu'on voudrait sauver et aimer (Consoler Maria) ; les parties de billes (La trajectoire) et les secrets de famille proprement insupportables (Les pages arrachées).
Tantôt c'est la trace que l'enfance laisse chez les adultes dont il s'agit : la mère malade qui devient notre enfant (Les bras tendus, nouvelle liminaire d'une profonde sensibilité) ; la soeur qui va mourir (Necker by night) ; le professeur de latin qu'on retrouve dans un hospice (Rosa, rosa, rosam). Et parfois c'est plus grinçant, l'héritage nous gâche la vie, que ce soit une maison avec une locataire indélogeable (Le sourire de Louise) ou l'ambition que les parents ont pour nous (Maman voulait).
La dernière nouvelle, Le jour du permis (c'est du permis de vivre dont il s'agit, sanctionné par un examinateur véreux), est un épatant mélange de cauchemar orwellien et de comique chaplinesque...
L'écriture précise, sans graisse, toujours dans le ton (agacement ou fascination, mélancolie souvent) permet à Yves Lériadec de s'inscrire d'emblée parmi les rares nouvellistes français dont on souhaite retrouver la fraternité.


Amory, jeune stagiaire dans un journal miteux de province : Le courrier d'Avesnes, doit faire face aux foudres de son patron qui le déteste. Ce jeune homme est certes oisif et indolent mais son manque de compétences ne choque pas étant donné que tout le monde semble ne rien faire dans ce journal. En gage de punition Amory se retrouve donc catapulté à Saint-Polin-sur-Morbier comme envoyé spécial pendant un an. Or, techniquement il ne se passe absolument rien dans ce patelin. Sauf que... un cinéaste américain, dit le Nain, décide de réaliser son film dans cette petite bourgade de France. Sept camions débarquent avec toute l'équipe et entre autres une star hollywoodienne droguée aux fromages, devant un public de Saint-Polinois tout aussi loufoque.
Malgré une tendance à l'éparpillement dans le récit (certains personnages auraient pu être d'avantage développés et mis en situation), l'auteur nous entraîne dans une histoire étrange avec des tournures de phrase qui sont parfois très cocasses. Ce livre est un interlude sympathique qui a l'immense qualité de faire rire le lecteur, chose beaucoup trop rare de nos jours !


  • Philippe Bernadou : Sang royal - C. J. Sansom - Belfond, Paris, France - 29/12/2007

Matthew Shardlake, l'avocat londonien bossu et futé revient (après «Dissolution» et «Les larmes du diable») éclairer pour nous les méandres de l'histoire anglaise du XVIe siècle.
Le voici à York, dans le cortège du roi Henri VIII venu imposer son autorité aux provinces séditieuses du Nord. Il doit escorter au retour le chef des conjurés afin qu'il soit «interrogé» dans la sinistre Tour de Londres. Dès son arrivée, le meurtre d'un maître verrier le mène sur la piste d'un secret de filiation qui pourrait faire vaciller la couronne. Il lui faudra toute son intelligence pour échapper à la mort et rétablir la vérité.
Dans la veine des policiers historiques anglais (Ellis Peters, pour ne citer qu'elle) C.J. Samson s'est taillé une place bien à lui, faite d'érudition, d'humour et de suspense, où l'on côtoie la grande Histoire sans s'ennuyer un instant.
Les deux premiers titres des enquêtes de M. Shardlake sont disponibles en format poche (Pocket).


  • Aurélien Vinès : Pandore au Congo - Albert Piñol - Actes Sud, Arles, France - 20/11/2007

Thomas Thomson, nègre pour un écrivain populaire, est embauché par un avocat pour écrire l'histoire de son client, un gitan accusé du meurtre de ses maîtres. Un récit qui mènera le lecteur de Londres à l'étouffante jungle du Congo, et même au centre de la Terre.... Il n'est pourtant pas ici question d'exotisme : c'est à une réflexion sur l'irréductible étrangeté du rapport à autrui que nous convie Sanchez Piñol. Poursuivant la voie qu'il avait ouverte avec La Peau Froide, l'auteur dresse un portrait lucide de notre humanité, en perpétuelle balance entre l'amour le plus pur et la plus abjecte tyrannie.


Après la belle évocation de l'art de l'écriture qu'était son premier roman ("La Nuit des calligraphes"), Yasmine Ghata nous entraîne dans ce nouveau conte oriental sur les chemins de la musique soufie.
Lorsque Hossein hérite du târ (sorte de luth) de son père Barbe Blanche, il ne sait pas qu'il reçoit en même temps de terribles secrets qui le mèneront des geôles d'Ardabil, la ville où vit le fils de Moshen, le condisciple et rival de son père, aux portes de la sainteté.
S'il y a, comme dans les Mille et une nuits, une leçon de sagesse, ou d'humanité, à tirer de cette fable, sûrement est-ce celle que Moshen assène à Barbe Blanche : "La musique ne provoque pas dans le coeur ce qui n'y est pas". Et si cette leçon vaut aussi pour la littérature, alors n'en doutons pas, le coeur de Yasmine Ghata est grand et généreux.


  • Philippe Bernadou : Le jour de l'ours - Joan-Lluis Lluis - Tinta blava, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France - 14/09/2007

Prats-de-Mollo, village des Pyrénées catalane coupé du temps, occupé par l'armée jusque dans les maisons particulières, soumis à des lois d'un autre âge. Parce que sa mère s'est pendue, Bernadette revient 8 ans après en avoir été chassée sur les lieux de son enfance étouffée. Son retour coïncide avec celui de l'ours qui, selon la légende, doit s'unir à une vierge et chasser les Français. Va se mettre en branle l'incroyable machine judiciaire chargée de protéger les maîtres du village et la frilosité soumise des habitants.

Ecrit en catalan par un Perpignanais (et traduit par Cathy Ytak), ce court roman regarde du côté de Kafka pour l'absurdité institutionnalisée et de celui de Llamazares - un autre pyrénéen - pour la précision minérale de l'écriture. Parabole sur l'Etat centralisateur français, il ouvre grand la porte en nous aux sentiments premiers, la frayeur, le fantastique, la colère et la folie.


  • Philippe Bernadou : Nuit ouverte - Clémence Boulouque - Flammarion, Paris, France - 07/09/2007

Pourquoi Elise, actrice reconnue, a-t-elle accepté d'incarner à l'écran Régina Jonas, première femme ordonnée rabbin en 1935 à Berlin, et tuée à Auschwitz en 1944 ? Venu du fonds du passé de sa famille, un oncle prodige va le lui apprendre. Elle découvre que sa propre grand-mère, négociante en champagne, n'a pas été très regardante pendant l'Occupation quant à savoir avec qui elle trinquait...
Ces deux femmes ont vécu les mêmes heures dans deux mondes - et deux choix de vie - opposés.
Est-ce pour racheter la compromission banale de l'une qu'elle revêt l'exigence exceptionnelle de l'autre ?
C'est à Berlin même, dans la compagnie fragile de la biographe de la femme rabbin, qu'elle pourra se réconcilier avec son roman familial.
Une histoire forte superbement écrite.


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