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Nous sommes à la toute fin des années 60, Zoltan Soloviev, écrivain New-Yorkais, fait un détour par Nice afin d'assister à l'enterrement de la femme qui a fortement marquée son existence : Jiska.
A cette triste occasion, il rencontre la petite-fille de Jiska, qui va le pousser à écrire ses mémoires... L'une des particularités du roman est que nous allons lire les mémoires de Zoltan tout en suivant sa rencontre avec la jeune femme, qui va le bouleverser.
Le récit de ses mémoires est pour sa part littéralement captivant ! De la fuite de la Russie en pleine révolution avec sa mère en 1920, qui le fait passer du statut d'héritier d'une famille de riches propriétaires terriens à celui de jeune homme en exil à Constantinople, jusqu'à son installation avec Jiska dans le New-York des années folles et débridées. En passant par la longue période de son adolescence dans une grande maison sur les hauteurs de Nice, dans ce qui est alors la Riviera de la grande époque...
L'enchaînement entre les mémoires de Zoltan (qui nous donne la profonde envie de connaître personnellement Jiska) et son vécu de la fin des années 60 (dans lequel il s'avère être un «vieux» tour à tour attachant et désespérant) est parfaitement maîtrisée ! L'écriture, quant à elle est splendide.
Au final, une confirmation au-delà de nos espérances du talent de Virginie Ollagnier. Plus qu'un roman, un coup de coeur !
Ceci est l'histoire vraie d'un meurtre. D'une horreur peu commune et peut-être le plus troublant que l'Angleterre Victorienne ait connue.
Par un calme matin de 1860, dans le jardin d'une maison de maître de la campagne anglaise, le jeune Saville Kent, cinq ans, est retrouvé mort, assassiné. Malgré le choc, les habitants de la demeure doivent faire face à une évidence : le meurtrier est l'un d'entre eux...
La particularité de ce récit, magnifiquement rythmé, est que l'enquête convoque l'un des tous premiers détectives de Scotland Yard, alors une toute jeune unité de la police métropolitaine de Londres.
Bien plus encore, cette affaire va profondément inspirer la littérature anglaise (Dickens, Wilkie Collins... que le livre va vous donner envie de lire ou relire !), et fixer dans l'imaginaire collectif l'image du "détective" Anglais.
Cet ouvrage aborde aussi de manière très pertinente les questions de la criminalité, des classes sociales, des secrets de famille dans l'Angleterre Victorienne, mais aussi de l'influence de la presse alors en plein essor...
Absolument passionnant !
Dans ce roman pouvant s'apparenter à une anticipation politique, mais se présentant sous la forme d'un rapport économique, nous atterrissons à bord d'un ancien sous-marin de la Marine Nationale reconverti en bordel ultra-moderne.
En effet, échoué sur la côte bordant la petite ville de Paimpol, se trouve un établissement faisant la réputation de la région toute entière pour les amateurs de "plaisirs" nocturnes...
Le narrateur n'est autre que le responsable du vestiaire à l'intérieur du sous-marin - la personne qui est bien sûr la mieux placée pour raconter tout ce qui s'y passe...
Le moins que l'on puisse dire est que le sujet du roman est original - et en plus, c'est réussi !
Un premier roman décomplexé et inclassable !
Eva Jacobi est originaire de Francfort. Menant une vie tranquille et sans histoire à Paris depuis bien longtemps, elle retourne d'urgence dans sa ville natale pour accompagner sa mère dans ses derniers instants à l'hôpital.
Déboussolée par le chamboulement que vient de connaître son existence en l'espace de quelques heures, elle erre dans l'appartement de son enfance. Les souvenirs reviennent peu à peu.
A son grand étonnement, sa mère ne s'éloignant jamais de sa vie allemande, elle découvre un billet d'avion pour les Etats-Unis, plus particulièrement la Ville de Memphis, Tenessee...
La ville du King, la ville d'Elvis.
Eva décide de faire ce voyage à la place de sa mère.
Dans ce beau roman mélancolique, plongeant dans la musique du vieux Sud Américain, Eva tente de donner un nouveau sens à sa vie...
Par l'auteur de «la joueuse d'échecs» (grand coup de coeur personnel !)
Entre le Marquis de Montespan et Françoise Athénaïs, ce fut, chose rare à l'époque, un mariage d'amour. Tout le monde connaît la suite, la belle marquise devint la favorite du Roi-Soleil... Mais on connaît beaucoup moins le Marquis, qui n'acceptant pas sa condition de mari trompé, va exaspérer le roi, en étalant son désespoir : carrosse peint en noir, armoiries ornées de cornes, il défie sans cesse le roi en se présentant à Versailles. Ce noble Gascon désargenté va refuser toute sa vie l'argent ou les titres offerts par le roi, ne voulant pas de compensation à son amour perdu.
Il restera pauvre, mais il sera le premier à braver l'autorité du roi...
Jean Teulé a tracé le portrait d'un homme attachant, et a su recréer l'ambiance de l'époque.
Après l'indispensable et incontournable "Elle s'appelait Sarah" paru l'an dernier (véritable coup de coeur personnel), les éditions Héloïse d'Ormesson ont eu la très bonne idée de rééditer l'un des précédents romans de Tatiana de Rosnay, "La Mémoire des murs", publié à l'origine en 2003.
La particularité de ce roman, outre ses qualités propres, est qu'il fut la clé qui a ouvert la porte à la naissance de "Elle s'appelait Sarah" (désormais disponible au Livre de Poche). Dans "La Mémoire des murs", nous suivons une informaticienne de quarante ans, tout juste divorcée, en quête d'un nouveau départ dans son existence. Ce nouveau chapitre dans le roman de sa vie va se matérialiser par le nouvel appartement dans lequel elle s'installe. Mais à peine le rêve commence t-il que le cauchemar n'est pas loin... Les murs dans lesquels elle vit désormais ont été les témoins d'un horrible meurtre. Sa chambre, en théorie lieu de quiétude et de repos, fut une scène de crime...
Dès lors, la quête obsessionnelle qui la lance sur les traces du tueur va raviver de nombreuses blessures.
Oui, décidemment, les murs ont une âme...
Nous attendons maintenant avec impatience la nouvelle et future publication de Tatiana de Rosnay...
Sur la petite île Grecque de Thiminos, par une matinée de Printemps, le corps d'une jeune femme, habitante de l'île, est retrouvé au pied d'une falaise. La police locale conclut très rapidement à un accident pour préserver la sérénité de l'île.
Mais derrière le calme apparent de Thiminos, une atmosphère chargée pèse sur les habitants de ce minuscule îlot perdu en Mer Egée.
C'est en voulant approfondir l'enquête bâclée que «l'inconnu d'Athènes» débarque sur l'île, et va entrer de plein pied dans cette atmosphère pesante et démêler de lourds secrets familiaux, que chuchotements et commérages laissent parfois sous-entendre pour les oreilles attentives...
Dans ce remarquable premier roman, l'auteur mélange avec talent le suspense psychologique avec un sens inné de l'atmosphère propices aux lourds secrets de familles...
La petite ville de Bellano, sur les rives du lac de Côme, est d'ordinaire bien calme. Mais en cette année 1931, encore paisible mais marquée par la lente progression du fascisme en Italie, le maire de la commune - Agostino Meccia - est en pleine effervescence.
D'un côté, dans sa vie privée, Meccia est préoccupée par sa fille unique Renata, éprise d'un jeune homme de la ville. Cette liaison déclenche le courroux du père de Renata, qui s'y oppose fermement car, et lui seul le sait, cette union pourrait réveiller de lourds et anciens secrets familiaux.
D'un autre côté, dans sa fonction publique, la maire entraîne toute la population dans un projet certes révolutionnaire, glorieux sûrement, mais dangereux au plus haut point pour les finances de sa modeste commune : relier les villes du lac de Côme par hydravions.
«La folie du lac» est une agréable saga sur la vie dans l'Italie profonde - entre curés et scandales - et une belle galerie de personnages la composant.
Style d'écriture et narration très agréable. A découvrir ! !
Attention, ceci n'est pas un roman !
René Frégni, écrivain bien connu et apprécié, nous livre ici le récit de sa vie. Un épisode de son existence qui l'a vu un jour, presque malgré lui, tomber dans l'engrenage, parfois terrifiant de notre Justice. Un engrenage qui a failli le détruire, lui et ses proches.
Alors qu'il anime des ateliers d'écriture dans les prisons du Sud, il va se lier d'amitié avec une figure du grand banditisme. Tandis que de petits truands menacent l'existence de sa petite fille, René Frégni va se tourner vers celui-ci, libéré depuis, tel un dernier recours. Car parfois, lorsque la société entière détourne les yeux de certains faits, il ne reste que l'amitié...
Une amitié qui va faire basculer la vie de l'écrivain un petit matin de perquisition, lancée par un juge d'instruction qui ne va dès lors plus cesser de s'acharner, à un point tel que cela en paraît incroyable.
Les mots cognent, la rage effleure mais elle est contenue, et c'est là tout la beauté de l'écriture dans ce récit. Celle-ci sachant se faire tour à tour vibrante, cinglante et déroutante sous la plume de l'auteur, mais aussi belle, douce et émouvante...
Un récit que l'on ne lâche plus une fois entamé !
Maman, Marcel Proust et moi...
Jeune adolescent, collégien, de parents cafetiers, notre héros vit dans un petit village du Nord de la France. Du haut de ses treize ans, il est encore insouciant aux choses de l'amour et de la littérature - de la vie, tout simplement.
Alors que rien ne devait l'y amener, mais le hasard parfois fait bien les choses, le jeune garçon va voir sa vie bouleversée - et celle de sa famille avec ! - par la découverte d'un livre. Un livre au titre «qui sonne plutôt pas mal...» : Du côté de chez Swann, d'un auteur dont il n'a jamais entendu parler : Marcel Proust.
L'adolescent va dès lors connaître ses premiers émois sentimentaux, grâce à une charmante voisine, et entraîne dans la découverte du livre toute sa famille, tout son village - Et même jusqu'à l'arrivée surprise d'un acteur célèbre dans le roman...
Premier roman : à découvrir !
Le «théâtre des rêves», c'est le surnom du mythique stade de Manchester United : Old Trafford.
Mais pour Baptiste Flamini, doux rêveur et touriste dans sa propre existence, ce nom va signifier tout autre chose. Le Théâtre des Rêves est un pub étrange, totalement hors du temps, dans lequel on célèbre les équipes et les matchs d'avant 1975. Son occupation favorite et quotidienne va l'amener a pousser les portes de ce lieu.
Notre anti-héros, looser toutes catégories, collectionne les collectionneurs (si, si !) ou plutôt a pour réputation de pouvoir dénicher pour ses clients des objets improbables.
Mais sa petite vie tranquille - principalement occupée par un colocataire manchot, ancien guitariste de génie - va être bousculée lorsqu'un mystérieux mage Africain va lui passer commande.
En pénétrant dans le Théâtre des Rêves, Flamini va se trouver plongé dans un passé dans lequel il ne sera pas simplement figurant, et tomber dans des rêves qu'il n'aurait jamais pensé faire...
Paru à l'origine chez Buchet-Chastel, mais quelque peu passé inaperçu à l'époque, voici un excellent premier roman, déjanté, servi par une magnifique couverture dans sa version poche. Bernard Foglino est un auteur à découvrir et à suivre, méritant bienveillance et attention... Son nouveau roman "la mécanique du monde" a paru récemment chez le même éditeur.
Ilan est un brillant professeur d'astrophysique. Mais ce qui l'obsède le plus, c'est sa jeune et magnifique compagne. L'obsession amoureuse atteint son paroxysme lorsqu'il comprend que sa femme a une liaison. Il décide alors de la suivre à un de ses rendez-vous secret, et assiste à l'adultère...
Ne pouvant se résoudre à perdre sa raison de vivre, jaloux comme jamais auparavant, il décide après maintes hésitations de se confronter à son rival. S'en suit l'improbable, le meurtre de l'amant avec une arme pour le moins déroutante : la pipe d'Ilan ? !
Entre alors en scène son meilleur ami, accessoirement inspecteur de police ; ainsi que la mère de notre universitaire-assassin, véritable dure à cuire, légèrement effrayante, mais qui est toujours à l'écoute des confessions de son fils.
Un cocktail explosif de personnages réunis autour d'un adultère, que l'auteur fait évoluer avec talent.
Au final : suspense, psychologie et humour se mélangent dans un roman réjouissant jusqu'à la dernière ligne.
L'auteur imagine un pays où du jour au lendemain les gens ne meurent plus, et pensent accéder au plus fou des rêves : la vie éternelle !
Mais la désillusion est rapide, car le temps poursuit malgré tout son oeuvre. La perspective d'une vieillesse éternelle, faite de douleurs et de souffrances, déclenche chaos et désespoir. Pompes funèbres faisant faillite, fossoyeurs au chômage, hôpitaux surchargés, sans parler des maisons de retraite... : les familles finissent par désespérer de ne plus pouvoir se débarrasser de leurs anciens...
La mort va t-elle reprendre du service ?
Un roman ironique, mordant et intelligent.
Digne des auteurs les plus talentueux, ce premier roman Anglais signé Antony Moore est d'une efficacité redoutable !
Oscillant entre le polar et l'humour noir, s'inscrivant dans la lignée des grandes comédies anglaises (difficile de ne pas penser à l'excellent Nick Hornby), ce très réussi et particulièrement maîtrisé premier livre à tout d'un roman culte !
Ce bijou Anglais, tout à la fois drôle et noir, est sans aucun doute LA très bonne surprise et grande découverte de la rentrée étrangère de Janvier.
En 1941, en pleine seconde guerre mondiale, la toute jeune Madeleine, paysanne âgée de 16 ans, vient travailler dans un hôtel à Rennes en tant que femme de chambre, comme beaucoup d'autres jeunes femmes.
Chargée de devenir son assistante, par un de ces hasards que la vie nous réserve parfois, elle tombe sous le charme d'un officier allemand, mystérieux pianiste virtuose.
Auprès de lui, Madeleine va s'ouvrir à la musique (Mozart, Liszt...) et surtout à l'Amour, car son destin va définitivement basculer, et sa vie sera à jamais marquée par cette époque et cette rencontre déterminante.
Avec tact et pudeur, Valentine Goby nous conte une histoire d'amour pendant la guerre et le drame d'une femme, le tout avec beaucoup de sensibilité, tout autant littéraire que musicale. Un très beau roman d'une jeune et talentueuse écrivaine.
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