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Bienvenue sur Lechoixdeslibraires.com. Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. Vous y entendrez également les écrivains raconter leur amour des livres, et des librairies, au micro de Patricia Martin (productrice à France Inter). Vous lirez les « Lettres à mon libraire », rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens vous proposeront de courtes lectures. Grâce à leur participation active, les éditeurs ont la possibilité de mettre en avant, dans la rubrique "l'espace des éditeurs", les livres de leur choix auprès des libraires de France et de tous les internautes. Nous proposons également un podcast.
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Orcival, petit village d'Auvergne, est le héros masqué de cette histoire. Quelques personnages suffisent à lui donner un visage : un vétérinaire, la femme du boucher, la petite bonne, etc... L'Affaire éclate en 1917, plus fort que la guerre qui semble étrangement absente de cette histoire. Dans ce village Alphonse Courrier est un commerçant prospère, qui mène une existence paisible et jouit d'une réputation sans faille. Pourtant, en 1917 c'est un homme brisé que la communauté villageoise découvre avec stupeur. Qu'est-il arrivé à Alphonse Courrier ?
C'est à cette question que la romancière italienne répond avec une pétillante ironie non dénuée de gravité. Avec un art du récit qui manie avec dextérité la précision du langage, la minutie des détails, Marta Morazzoni observe à la loupe un monde clos sur lui-même qui s'ouvre comme une porte grâce au regard distancé du narrateur.
Un documentaire sur les atrocités nazies est projeté à des élèves de terminale. A la question : Comment les Allemands ont pu adhérer en masse aux folies d'Hitler, le professeur peine à fournir une explication convaincante. C'est alors qu'il a l'idée d'organiser un mouvement totalitaire au sein de la classe avec slogans et carte de membre à l'appui. Les élèves se prennent au jeu et très rapidement le mouvement et ses dérives contaminent tout l'établissement scolaire. Parents et professeurs s'en inquiètent. Comment arrêter "la Vague" ?
A chacun d'apprécier la valeur de la démonstration. Strasser a le mérite de poser avec force la question de l'embrigadement et, au-delà, de l'exclusion.
Daniel Emilfork possède la grandeur des démunis. C'est un "personnage" à la vie comme à la scène. Si son existence matérielle est précaire, dénuée de confort et de bien-être, c'est qu'il lui oppose l'infini richesse des nourritures immatérielles de l'esprit, celles de Shakespeare, par exemple, dont il rêve, dans un ultime sursaut de vie, d'adapter les sonnets au théâtre.
Emilfork est une figure de la scène et de l'écran, mieux : une gueule, dont il voudrait être fier, mais que la vie lui a donnée comme un fardeau. Emilfork c'est aussi une voix, un accent, ceux d'un exilé chilien. Chilien, oui, mais pas tout à fait. Ni blanc ni noir, peut-être gris. Ce fils de militants marxistes, originaires de Russie, apprend tardivement qu'il est juif, puis homosexuel. Le théâtre ou la vie, Non. Le théâtre ET la vie pour survivre à l'innommable destin de l'étranger.
Emilfork en vieillard, c'est un homme seul et qui souffre de n'être plus face à son public. Qui, désormais, lui donnera l'amour ? Le récit de François Jonquet raconte avec sobriété la grande dignité de celui qui s'achemine vers une fin qu'il s'était rêvée autre.
Une femme transmet sa passion pour l'écrivain Marcel Proust à son fils avant de succomber à une grave maladie. Récit émouvant et sensible d'une relation fusionnelle entre une mère et son fils, ce premier roman est un enchantement. Il évoque dans un style sobre le parcours initiatique, dans un milieu modeste, d'un enfant confronté à la maladie et à la disparition de sa mère.
Luce est très proche de son grand-père chez qui elle séjourne régulièrement, côtoyant ainsi ses amis et partageant sa vie de garagiste à la retraite. Un jour de marché, elle croise la mort qui pique sa curiosité de petite fille.
A travers la naïveté et l'innocence de l'enfant, Springer aborde la question de la vieillesse et de la mort. Le dessin en noir et blanc, comme le dialogue très expressifs, nous montrent à quel point l'expérience de la vie rend vulnérable mais n'altère en rien l'esprit ou la passion.
Ce formidable récit raconte à la première personne l'histoire d'un jeune américain, Will Cooper, qui, rejeté par sa famille, luttant pour sa survie dans les montagnes du sud-est des Etats-Unis, est finalement adopté par un Indien Cherokee et la communauté dont il est le chef.
Face aux déportations forcées vers l'Ouest, dont sont victimes les Indiens à l'est du Mississipi, Will Cooper, devenu avocat puis sénateur, organise la résistance des siens, parvenant non seulement à les maintenir sur leurs terres, mais encore à fonder une communauté prospère sur un territoire agrandi. Mais la Guerre de Sécession et ses conséquences politiques autant qu'économiques, va rompre ce fragile équilibre.
Ce formidable récit raconte à la première personne l'histoire d'un jeune américain, Will Cooper, qui, rejeté par sa famille, luttant pour sa survie dans les montagnes du sud-est des Etats-Unis, est finalement adopté par un Indien Cherokee et la communauté dont il est le chef.
Face aux déportations forcées vers l'Ouest, dont sont victimes les Indiens à l'est du Mississipi, Will Cooper, devenu avocat puis sénateur, organise la résistance des siens, parvenant non seulement à les maintenir sur leurs terres, mais encore à fonder une communauté prospère sur un territoire agrandi. Mais la Guerre de Sécession et ses conséquences politiques autant qu'économiques, va rompre ce fragile équilibre.
Anne-Marie Garat ne se contente pas d'évoquer l'Allemagne totalitaire. Ses personnages entraînent le lecteur dans une sombre traversée d'un continent, où les feux de la Grande Guerre sont à peine éteints, où couve le malheur comme autant de foyers prêts à l'embraser.
De Londres à Berlin, de Paris à Budapest, jusque dans des bourgades alpines ou italiennes, la terre et les hommes se préparent à brûler encore au sens propre, comme au sens figuré. Si nombre de consciences sont encore assoupies, la résistance au mal déjà s'organise.
Dans un style exigeant, aux accents proustiens qui suspendent le temps pour mieux restituer sa part d'ombre, la romancière égare le lecteur dans un monde d'illusion, peuplé de vrais espions et de faux semblants. La vie comme au cinéma. On songe parfois au Hitchcock anglais, au Fritz Lang américain et à une certaine partie de chasse orchestrée par Jean Renoir. Anne-Marie Garat aurait pu inscrire sous le titre de son livre : La règle du jeu.
Josh Emmons nous introduit dans la vie d'une dizaine de personnages que rien ne rapproche, sauf peut-être leur lieu de vie, Eureka, petite ville d'Amérique du Nord.
Un homme, Leon Meed, est porté disparu et, fait étrange, il apparaît et disparaît de façon irrationnelle aux habitants, provoquant pour certains de grands bouleversements.
Les personnages nous apparaissent à une période décisive de leur existence, et c'est en saisissant leurs troubles que l'auteur nous met face à nous même dans un jeu de miroir et capte nos espoirs comme nos désillusions.
Ce petit livre régale au sens propre comme au sens figuré. Pierre Pelot y décline ses grands et petits bonheurs culinaires, dessinant une sorte d'autoportrait où se mêlent de brèves esquisses de l'enfance et des recettes brossées à grands traits.
Curieux mélange des genres, curieuses associations de mets, parfois. Orties, tartines ou rouleaux de printemps servent ainsi de prétexte à fixer par la langue ce qui habituellement s'éprouve par le silence : la gourmandise.
L'on reste, pourtant, un peu sur sa faim. Car ces courts chapitres se succèdent comme autant d'ébauches pour des histoires qu'on aimerait voir se prolonger, s'étoffer, prendre chair. Pour autant ces croquis en disent plus qu'il n'y paraît sur cette langue toujours inventive et alerte qui fait l'art de Pelot, un art qui puise inlassablement à la source, l'enfance, pour dire l'inextinguible soif de vivre l'expérience du monde.
La marche dont il est ici question, c'est celle que dirigea le Général W. T. Sherman à travers les états rebelles du Sud lors de la Guerre civile américaine. Parmi les quelques soixante mille Tuniques Bleues, outre la personnalité du bouillonnant général, Doctorow s'attache à décrire une poignée d'hommes, de femmes et d'enfants prisonniers de la dévastation, du chaos et de la peur des derniers mois du conflit. Il nous fait partager l'isolement des victimes, privées de toit, de nourriture ; l'immense souffrance des blessés livrés à une médecine d'urgence encore balbutiante. Et surtout il s'attache au sort de cette population d'esclaves tout juste rendue à une liberté qui n'a de sens que dans les déclarations officielles. Car les troupes libératrices du nord éprouve à son encontre les mêmes sentiments de dégoût et de haine que leurs ennemis confédérés. Pourtant la situation a changé. A quel sort l'existence des Noirs sera-t-elle vouée ? La peur, la sombre peur est ce sentiment immuable que les bouleversements de la guerre n'auront pas permis de renverser.
Une trentenaire, économiste et admiratrice de Keynes autant que de la romancière britannique, désespère de ne jamais trouver l'homme avec qui fonder un foyer. Elle a pour confidente et rivale sa cousine, qui est justement sur le point de trouver l'âme soeur.
Portrait d'une génération - les enfants de Mai 68, ce "Journal" renvoie à cet autre "Journal", celui de Virginia Woolf, dont l'existence libre et dégagée de tout préjugé moral ou sexuel rappelle à l'héroïne son passé de petite fille.
Les grands auteurs ont ceci de remarquable qu'ils nous tendent un miroir. Le temps, alors, ne sépare pas les générations, il les renvoie face à face pour confondre leurs singularités et restituer ces parts d'ombres du coeur qui sont éternelles.
Elevé dans les récits de la guerre de 1870, admirateur fervent de la culture germanique (Goethe et Beethoven en tête), Romain Rolland fait le pari risqué au début du 20ème siècle de prendre pour héros un Allemand, Jean-Christophe, de le confronter à sa propre culture, d'abord, puis à la culture française, qui est celle de sa patrie d'adoption.
Ce roman, incroyablement ambitieux, dresse un portrait croisé de deux sociétés. Sa force est de ne pas les confondre, les réduire à deux entités semblables. Au contraire, Rolland s'applique à en détailler les fondements, les aspirations, les singularités. Comprendre et accepter, ce pourrait être la devise de Jean-christophe, qui se pose lui-même en énigme, à ses compatriotes, tout d'abord, aux Français, ensuite. Musicien incompris, il peine à trouver sa place. D'un côté ou de l'autre du Rhin, ce qui importe au fond n'est-ce pas d'accepter l'autre, quelques soient ses différences. Mais ce chemin vers la paix, que trace le roman, est douloureux, ardu. C'est le prix à payer pour devenir à ses propres yeux un homme acceptable, un homme tout simplement.
De la fin de l'époque napoléonienne aux conflits de la Première Guerre mondiale, une propriété familiale se fait la narratrice d'une surprenante saga, qui voit se succéder plusieurs générations de Galiciens partagés entre soumission à l'Empire Austro-hongrois et volonté d'indépendance au coeur d'une nation fantôme : la Pologne.
Grandeur et décadence d'une famille sur fond de révolution tant politique qu'industrielle, c'est tout le pari que relève avec brio Diane Meur, formidable conteuse qui a eu l'idée de génie de confier la narration de cette histoire à une antique demeure qui ne s'en laisse pas conter, justement, qui observe les habitants qui se succèdent entre ses murs, qui perçoit leurs murmures, leurs aspirations secrètes, les vibrations de leur coeur, leur détresse aussi face aux évènements qui s'imposent à eux comme autant de défis à leur résistance et à leur courage.
Travail colossal que s'est donné la romancière pour nous offrir ce magnifique chant de la Terre d'un peuple parmi d'autres peuples, éternellement en devenir.
Lucine, que l'on appelle aussi Louise, grandit dans une petite ville d'Arménie au début du 20ème siècle. Elle a deux passions : la poésie, qu'elle pratique, et son grand-père, notable lettré toujours disposé à répondre à ses questions. Quand surgit le désastre, la peur, la cruauté et la violence. Séparée des siens massacrés par les Turcs, Lucine est entraînée avec sa jeune soeur dans une marche forcée ignoble. La route de l'exil les conduit à Alep où elles trouvent refuge. Plus tard, à Beyrouth, Lucine renoue avec la poésie et s'installe comme écrivain public.
Le livre décrit la lente reconstruction de cette femme qui, au terme de sa vie seulement, trouve l'apaisement. Avec une très grande sensibilité et beaucoup de finesse dans l'étude des caractères, Ondine Khayat pose quelques questions essentielles : Comment survivre à la perte, au deuil, à l'exil forcé, et surtout comment vivre avec le souvenir de l'indicible horreur ? Comment assumer sa descendance quand sa propre existence est une souffrance, un fardeau ?
"Lucine" est un roman de vie, déchirant, qui habite le lecteur avec une force peu commune. C'est un hommage, enfin, à la poésie, espace de liberté incommensurable et, pour certains, un souffle vital.
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