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La trilogie Rosalie Blum a été récompensée par le prix de la révélation lors du festival d'Angoulême 2010. Elle narre les aventures de trois personnages solitaires et mélancoliques.
Vincent, trentenaire célibataire et coiffeur dans une petite ville provinciale, va être amené à modifier sa petite vie monotone dès qu'il croisera le regard de Rosalie Blum.
Construites avec inventivité et superbement illustrées, ces trois vies ordinaires sont embellies grâce au talent de Camille Jourdy.
C'est l'histoire éternelle de l'amour, et on ne s'en lasse pas quand c'est si bien écrit ! Ils sont jeunes, ils sont beaux... mais ils ne sont pas du même milieu social. Il devient écrivain, inconsolable, elle est condamnée à faire un mariage riche pour éponger les dettes de toute la famille au bord de la ruine. Leurs sentiments sont impossibles et ils les étouffent mais ils ne cessent de chercher à se revoir, à guetter chaque regard comme une promesse ou un aveu. Un très beau roman sur un amour étouffé qu'on a lu avec passion d'une traite, qui nous emmène dans la campagne norvégienne, ses châteaux, ses fêtes, ses fleurs et ses îles.
653 façons de dire... d'avouer... de nier... d'appeler à l'aide... de crier... de minimiser... de mettre en mots la violence conjugale. Chaque phrase, au détour d'un mot qui accroche, qui bute, qui glisse, qui manque, déplie tout un monde : il y a les enfants, les maris, les femmes, les amis, la fuite, la peur, la police, le doute et tout se compose et se recompose au fil du discours. Eléonore Mercier, travailleuse sociale, a noté toutes les premières phrases que prononcent les femmes qui l'ont consultée. C'est un livre profondément fascinant et sensible, on ne lit pas une variation gratuite sur un thème mais on prend dans l'oreille l'écho des voix qui ne cessent de murmurer depuis des siècles, avec leur singularité.
L'inventeur fou est à court d'idées... A raison d'une par semaine toute l'année durant, cela pourrait se concevoir.
Mais il a plus d'un tour dans son sac et cherchera par tous les moyens à trouver la solution face à la demande particulière d'un millionnaire.
Un livre inventif à souhait, épatant, à la hauteur des illustrations.
Tribulations d'une quarantenaire divorcée : un roman de fille façon Bridget Jones, drôle, léger, ironique et décalé à souhait. Mélanie, 43 ans, divorcée, jette un regard désabusé et tragicomique sur son quotidien : le boulot, les copines, la clope, la chasse au mec, la fille adolescente, la soeur agaçante, la mère complexante, les kg en trop... une lecture légère et plaisante idéale pour les beaux jours, qui distille des moments de vérité dans lesquels on se reconnaît toutes si justement. Une fausse légèreté qui dédramatise nos désespoirs et échecs quotidiens avec verve et énergie.
Les idiots, les simples d'esprit, ont enfin une tribune digne de ce nom ! Ces 31 histoires toutes plus folles les unes que les autres nous font parfois hurler de rire. Cet auteur qui a inspiré ni plus ni moins que Fellini voue un culte à ces 31 "saints" loufoques et universels. Un livre servi par une écriture légère et un humour à toute épreuve. Pour vous faire une idée, lisez et relisez la première histoire, celle d'une Fiat ailée...
L'Égypte des années 50. Kayro Jacobi mène la grande vie : producteur passionné et fantasque de films grand public. Insupportable et attachant, il vit à 100 à l'heure et gare à qui se met en travers de sa route : aucune ruse ne lui est inconnue pour arriver à tourner un film ! Un homme impulsif, autoritaire, mais adoré par son entourage car il se donne entièrement à tout ce qu'il fait. Il aime le luxe, les femmes, adore sa famille et a une soif inassouvie de reconnaissance. Il va se retrouver pris au coeur de l'histoire, juif intégré et très attaché à son pays, mis à l'index lors de la chute de la monarchie, tout à coup désigné étranger, cristallisant la haine montante d'un peuple acculé à la misère, attisé par les militaires. Le récit s'articule autour des témoignages de ceux qui l'ont côtoyé : épouse, maitresses, soeurs, collègues... Paula Jacques est une excellente conteuse, elle nous plonge dans cette époque trouble avec maestria, sur les traces d'un homme passionné. On retrouve surtout son incroyable talent à nous faire nous attacher à cet homme insupportable et adorable, à la fois égoïste et profondément généreux, fragile et pugnace, solitaire et profondément lié à sa famille, ses amis, ses employés.
Un monologue ciselé et nerveux, plein d'énergie et de maitrise. Marianne entre dans la vie avec avidité mais aussi une bonne dose de pragmatisme et d'ironie : contrairement aux femmes de son entourage, elle ne se laissera pas enfermer dans la médiocrité. Elle choisira les hommes qu'elle veut et sera jalouse de son autonomie. A la fois manipulatrice et froide, mais aussi avide de vivre et de jouir, un beau portrait d'adolescente ambigu et plein de vie.
Valentine s'est mis en tête d'écrire un roman sur un oligarque russe. Ni ses amis, ni les russes ne comprennent son intérêt et en s'entêtant, elle s'éloigne de ses amis les plus proches et si bien intentionnés... mais plonge dans la Sibérie fascinante. La suite est inattendue et sort des ornières d'un récit linéaire, il faut savoir se laisser emporter sur les traces de chaque personnage. Un roman sur l'amitié, le passage à l'âge de raison pour cette génération attachante et utopiste de quarantenaires qui attendait tellement de la chute du mur. C'est aussi un portrait passionnant de la Russie moderne, dont Catherine Lovey fait un vrai personnage à elle toute seule : dure et déconcertante, mais aussi drôle et désespérée. On aime beaucoup le ton décalé et plein d'ironie de Catherine Lovey, son talent à suspendre le temps dans le récit pour nous laisser tout le loisir de prendre plaisir à une description particulièrement amusante. Elle sait transformer une situation banale et lui faire prendre des proportions dantesques... ce qui est un véritable talent des romans russes justement !
Dans sa dernière publication, Christophe Pellet signe un monologue âpre et incisif. Le récit d'une femme tourmentée et abîmée par des années d'errances dans les rues de Berlin. Elle déambule dans cette ville et nous livre ses pensées, confuses et diffuses, les affres dans lesquelles elle se trouve immergée. Elle pense à ce qu'elle aurait été en 1943 ou en 1989, à Moritz, son ancien amant...
Un texte saisissant, le monologue intérieur d'une femme anéantie. Un récit emprunt de mélancolie et de folie. Une douce léthargie à la lisière du théâtre et de la poésie, remarquablement porté par une typographie originale et segmentée qui découpe ce texte en une multitudes de paragraphes, de voix, qui peuvent ainsi se picorer indépendamment, doucement ou follement.
«A quelques mètres devant moi les hommes s'arc-boutaient dans le froid, sans qu'aucun d'eux ne songeât à regarder en arrière.» Quel plaisir de retrouver la plume élaborée et intimiste de Pascal Commère. Tel un orfèvre il construit chacune de ses nouvelles comme un bijou. Dans son dernier recueil Noël Hiver, il nous dépeint avec humanité et poésie un quotidien rural, rude et âpre, peuplé d'habitants silencieux. L'auteur, attaché à cette région Bourguignonne nous transmet son admiration pour ces hommes de la terre. Dans un paysage totalement enneigé le temps semble comme suspendu dans ces grands espaces isolés et dont les frontières apparaissent comme infinies. Omniprésente, la neige règne en maîtresse des lieux, imposant ses contraintes mais aussi sa beauté abrupte, «Pour qui vit dans la neige et l'observe jour après jour, elle se lit à livre ouvert». Cette phrase de John Haines mise en exergue de ce recueil traduit avec justesse le lien qu'explore Pascal Commère entre le livre et l'hiver.
Tommy est un garçon de douze ans pas comme les autres... Son plus fidèle compagnon n'est autre qu'un MP3 qui lui permet d'enregistrer les conversations des adultes et de découvrir des vérités bien cachées...
Un récit à trois voix, à la fois bouleversant et intimiste.
Originaire de Chine, ou peut-être de l'Inde, le théâtre d'ombres est arrivé en France depuis la Turquie, au cours du XVIIIe siècle. Il a connu son apogée au Cabaret du Chat Noir, à la fin du XIXe. Sa popularité a faibli et pourtant cet art traditionnel, n'a rien perdu de son pouvoir de fascination. Aujourd'hui, les enfants pourront le découvrir et prendre une part active dans les représentations et d'éprouver, encore une fois, l'émotion des histoires, de l'autre côté du rideau. Au programme : quatre contes classiques.
Voici un coffret, ou plutôt un boîtier. Ouvrez-le : une petite scène se dresse en pop up. De part et d'autre, vous trouverez tous les éléments pour monter la pièce : figurines en transparence, décors, une lampe dynamo pour l'éclairage.
Et ce n'est pas tout : un petit livre relié, qui présente une version du conte, joliment illustré, un carnet de mise en scène complet, un petit lexique théâtrale bien utile, le découpage «scène à scène» et bien sûr, le texte de la pièce. En somme, un bréviaire efficace pour s'initier à l'art dramatique.
Quatre titres, pour le moment, constituent la collection : le coffret initial propose Le Petit Chaperon Rouge ou Le Chat Botté. On pourra ensuite enrichir le répertoire par le biais de «recharges» (décors, figurines et carnet). Trois illustrateurs renommés donnent forme aux projets. Volker Theinhard, né en Allemagne, signe les deux premiers. Aurore Caillas, dont les silhouettes mélancoliques rappellent celles d'Edouard Gorey, dessine La Belle aux Bois Dormant. Ali Baba et les 40 voleurs est confié à Emmanuel Polanco, auteur par ailleurs de bande dessinée. Chacun d'entre eux fournit une réponse inspirée.
Clair et complet, le dispositif requiert néanmoins de bons lecteurs, une certaine dextérité pour les manipulations, de la discipline pour les répétitions ? Mais les possibilités sont multiples. Selon la maturité et l'inspiration des jeunes artistes, on pourra avoir recours à des improvisations, inviter des enfants plus âgés en régie, adapter la distribution en fonction des effectifs ? Et les adultes prendront assurément autant de plaisir à y participer !
Les ouvrages sur le cirque sont rares, encore plus ceux autour du trapèze volant. Mais une petite merveille vient d'être publiée à propos de l'inventeur de cette discipline, Jules Léotard. L'homme volant a émerveillé le monde entier de New York à Saint Pétersbourg au cours du XIXème siècle. Cette biographie abondante en iconographie et documentée avec richesse par son arrière petite-fille ravira les fans de cirque.
En 2009, le cirque d'hiver a célébré les 150 ans de la création du trapèze volant.
Le livre est à la hauteur de la carrière de ce prodigieux acrobate.
Du travail de haut-vol !
Bernard-Marie Koltès est un des plus grands dramaturges contemporains. Révélée au grand public par Patrice Chéreau en 1982, son oeuvre est traduite dans une trentaine de langues, rentrée au répertoire de la Comédie Française, et objet de nombreuses thèses universitaires. Son frère François, qui contribue depuis longtemps à la diffusion de l'oeuvre, publie aujourd'hui un recueil de lettres de Bernard-Marie, adressées pour la plupart à des membres de sa famille. Cet ensemble de lettres pourrait être lu comme une biographie, tant la vocation épistolière de Koltès a commencé précocement (à sept ans) et s'est poursuivie tout le long de sa vie courte et fulgurante. Le corpus commence avec de courtes missives, datées des années 50, touchantes, adressées à ses proches pour finir avec les dernières, postées à Lisbonne, peu de temps avant sa mort prématurée, et qui contiennent des indications de mise en scène. Au fil du temps, c'est une voix et une parole qui se profilent dans le ton, toujours oral, toujours sonore, des lettres de l'homme qui a choisi de consacrer sa vie au théâtre.
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