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On le sait Maitre LE CARRÉ a travaillé quelques années pour le Foreign office, dans les hémisphères grises du gouvernement britannique, mais cela ne ternit nullement son sens de la construction narrative et du sursaut littéraire.
L'homme met donc en scène deux maitres espions George SMILEY, au physique banal mais à l'esprit opiniâtre et véloce et KARLA, vieux briscard russe, rusé et têtu; et ce à la fin de la guerre froide qui a vu le service britannique (surnommé le cirque) péricliter et ses chefs être remplacés, ce qui laisse à KARLA une légère marge de manoeuvre, lui permettant d'y glisser sa taupe...
Héros sans fards, intrigue subtile, loin des clichés de Grisham ou Ludlum, Le Carré impose sa patte doucement et vous emprisonne comme le ferait le "fog" londonien"...
Merveilleux album en édition luxe, où Emmanuel GUIBERT (le dessinateur du photographe), nous raconte l'histoire vraie d'Alan Ingram Cope, depuis son engagement dans l'armée et au travers des anecdotes crues de la guerre...Un graphisme clair et sobre tout en suggestion pour cette histoire, très proche de la série BAND OF BROTHERS... Excellent.
L'histoire d'une anecdote notée dans le calepin du père de Frank GIROUD, jeune envoyé en Kabylie pendant le conflit, l'invasion de la France en Algérie, où comment après la disparition d'une unité entière, l'armée française dépêche une autre unité pour enquêter. S'ensuivent quelques actions, exactions qui se font sombres témoins de cette période peu glorieuse. Disponible en intégrale avec le dossier, très personnel, où Giroud se livre et vous raconte l'origine de ce chef-d'oeuvre...
Fish et Bloom n'en sont pas à leur coup d'essai, ce qui leur a valu un petit séjour en taule, et ce pour quoi, faux et usage de faux, à savoir la copie de grands tableaux de maitres par Fish et leur revente par Bloom. Ce même Bloom qui lui propose aujourd'hui un coup fumant. Trois cents millions de dollars de tableaux, une fois les copies faites, une moitie pour leur commanditaire et le reste pour eux. Seulement comme tout plan parfait, ca ne marche pas. Un, l'adjoint de leur commanditaire, qui cela dit en passant est le deuxième boss de la mafia, s'avère être un abruti parfait, doublé d'un violent chronique, et quand, le boss en question finit les pieds dans une mono chaussure en béton une balle entre les deux yeux, ça n'augure rien de bon... Grinçant et presque drôle, un roman qui n'aurait pas dépareillé dans la bibliographie de Donald Westlake...
Guido Guerrieri est avocat, et il arrive que les avocats soient commis d'office, ce qui lui arrive ce matin. Seulement voilà son client est celui qui, lorsqu'il était ado, le rua de coups et le blessa sévèrement, dans son orgueil. Et Guido, surpris, vois ressortir cet ado frustré qu'il pensait avoir laissé derrière lui... Lui l'homme mûr, l'avocat émérite doit défendre son pire ennemi... Subtil, et très personnel, car oui ça m'a touché, car profondément humain, ce personnage mériterait d'être exploité... encore. J'aime.
Rien a dire a propos de cette bande dessinée, roman graphique d'accord, mais à l'heure de la sortie du dernier enregistrement du Master Cash sous la houlette de Rick Rubin, je me devais de le rappeler et d'en reparler; où la vie romancée du grand Cash... A regarder en complément du film de James MANGOLD avec Joaquin PHOENIX. Excellent...
Délicieusement politique, ou sombrement nostalgique, même si dans ce cas tout cela est très lié. L'histoire est simple, quand un soir, un homme, avec pour seule identité, un revolver que son grand-père révolutionnaire lui a légué, se prend l'instrument incongru de la vengeance concubine d'une jeune femme, à savoir le tourne-disque préféré de son homme (celui-là même qui figure sur la couverture). Hors ce tourne-disque tue cet homme, lui qu'on appelait le professionnel et qui est attendu par trois ex-révolutionnaires, pour, eh bien, on ne sait pas trop que faire... Cela parait basique, dit comme ça, mais cela se passe au Chili, pays-maison de Pinochet, eh oui rien que ça, dont est originaire Sepulveda... C'est instructif, légèrement nostalgique, ce que l'on comprend mieux quand on sait que l'auteur est exilé en Espagne depuis vingt ans... Doux-amer.
Ce cher monsieur réinvente tout simplement le roman d'espionnage, en entremêlant les histoires de deux personnages, Zandie, vraisemblablement capturé par des intégristes islamistes et qui rencontre ce drôle de vieil homme qui cite Platon et lui avoue être un ancien maitre-espion russe, et Charlie, membre actif mais en disgrâce d'un énième service américain en action en Europe et aux USA. Par le biais du premier personnage l'auteur nous livre une vraie leçon d'anti-impérialisme mais sans préjugé aucun, le tout en s'appuyant sur le parcours universitaire de ses deux personnages. En cela le roman peut s'avérer ardu, si ce n'était le deuxième personnage, Charlie, nervi en croisade, habité mais collé au placard après une sérieuse bavure. Un bien bel exercice, subtil mélange de littérature et d'action... Magnifique.
Un grand roman les amis.
Où comment un sheriff sur le retour, empoté, flanqué de son meilleur ami indien de son état, marqué par une sombre histoire de viol sur une jeune indienne de la réserve dont il a l'administration se trouve confronté a un tueur tireur d'élite qui tue ses mêmes hommes présumés responsables du viol.
Suivant la ligne éditoriale de monsieur Olivier Gallmeister, le personnage principal ici est la nature, le froid rigoureux qui rend les recherches impossibles, le blizzard qui vous fend les lèvres et vous saisit les os et la neige qui couvre les porches des maisons et vous obscurcit la vue en moins de temps qu'il ne faut pour le dire...
Profondément humain ce roman est excellent...
A lire aussi C.J. BOX chez seuil pour les aventures du sheriff Pickett, ou JIM HARRISSON pour toute son oeuvre...
Lemmer est ce qu'on appelle un invisible, un garde du corps discret mais efficace. Il est engage par une jeune femme qui a été agressée après avoir fait des recherches sur un homme qu'elle a vue a la télé et qui ressemble étrangement a son frère disparue il y a 12 ans. S'ensuit une enquête qui se finit de manière très violente et le conduira très loin.
Impressionnant de maîtrise. Le tout sur un fond de nature sauvage et meurtrière, le bush, le karoo, pour laquelle les hommes sont prêts a tout.
Sous le couvert d'un pseudonyme, le narrateur explique comment il est devenu un hors-la-loi ou un "outlaw" pendant l'époque que tous ces westerns hollywoodiens ont déifiés. Il raconte les perceurs de coffre-fort et comment ils se soutiennent, il explique ses rapines, et comment il berna les représentants de la loi plusieurs fois. Mais surtout il explique la prison et l'enfer que cela pouvait être.
Très instructif, a la limite du document ethnographique. A signaler que ce roman a servi de matrice au livre culte de la beat generation Junky de William Burroughs.
Pangbourne Village est un enclos résidentiel de luxe près de Londres, où une dizaine de familles aisées - directeurs généraux, financiers, magnats de la télé - vivent en parfaites harmonie et sécurité. Jusqu'au jour où l'on découvre que tous les enfants viennent d'être kidnappés et leurs parents sauvagement massacrés.
Deux mois après les faits, les enlèvements ne sont toujours pas revendiqués. Les enquêteurs sont dans l'impasse. Impuissants, ils se repassent avec effarement la vidéo tournée sur la scène du crime. La froideur méticuleuse des assassinats ajoute à l'impression d'être en présence d'une tuerie hors-norme.
La police décide de faire appel à un psychiatre, le docteur Richard Greville, pour reprendre l'enquête.
Dans ce bref roman magistral - qui rappelle le formidable auteur de nouvelles qu'il est par ailleurs - J.G. Ballard explore les conséquences extrêmes de la logique ultra-sécuritaire.
Si vous ne connaissez pas John Dortmunder, celle ci est sans doute la plus barrée de ses aventures. Ou comment pour mille dollars John et ses acolytes se retrouvent embarqués dans une histoire aberrante. Ils rencontrent d'autres malfrats persuadés de tenir la combine ultime en la personne de Petite plume, indienne de son état qu'ils vont faire passer pour la dernière héritière d'une tribu disparue tenancière d'un tiers d'un casino. Mais bien entendu rien ne va se passer comme prévu.
Je me demande comment Donald Westlake a autant d'imagination. Du grand art, très très très loufoque mais très très très drôle...
Un inspecteur de police haut en couleurs, une série de meurtres presque surréalistes parmi les "empanachés", voilà le pitch de départ. Soares détourne ici les codes du roman à énigmes pour faire de son personnage principal un homme à femmes mais passionné. Machado Machado, nommé ainsi en l'honneur de Machado De Assis bien entendu, porte le panama et fume des cigarettes blondes, mais il est surtout un esprit brillant et fin. Un peu comme si Sherlock Holmes rencontrait Francis Blake.
Quel livre plaisant que voila. Soares se moque gentiment de tout ce qui fait la "grandeur" et surtout le ridicule de l'académicien. Avec finesse et beaucoup d'humour, il vous amène dans une intrigue au charme doucement désuet.
Mon roman de l'été. Point final.
E. Robert Pendleton est titulaire dans une Université obscure et surtout un auteur fini, et c'est pourquoi, alors qu'il est confronté ce soir à son ancien ami, qui ne manque pas de lui flanquer son succès à la figure, c'est pourquoi il décide de mettre fin à ses jours. Et il y arrivera presque.
Sauvé de justesse par Adi, une étudiante qui l'a choisi comme sujet de thèse, Pendleton est dans le coma. Adi se sentant responsable décide d'habiter chez lui pour l'aider. Et c'est là, dans la cave, qu'elle découvre un roman non publié de Pendleton. Elle le lit. C'est un chef d'oeuvre. Seul problème : Il s'agit d'une confession d'un pédophile meurtrier, et le roman présente d'étranges ressemblances avec un meurtre commis dans les environs.
Sur cette base policière, Michael Collins tisse une intrigue profonde et lance plusieurs questions très pertinentes sur l'art de l'écriture. Dans quel mesure le roman est il un plagiat de la vraie vie ? Ne devrait on pas dire que c'est une biographie, un témoignage dans ces cas là ? Pire, si l'évènement en question est perpétré dans le but d'écrire ce livre ?
Avec la deuxième partie du roman, Collins enfonce le clou. Il envoie donc un inspecteur usé chercher la vérité quant à savoir si Pendleton a réellement tué cette petite fille comme il semble le dire dans son roman, qui entre temps, a reçu le national book award et est en tête des ventes depuis deux ans. L'ignoble succès que celui-là.
Je dois reconnaître qu'il s'agit là d'un roman pessimiste et sombre mais au combien foisonnant. J'avais rarement touché du doigt une telle profondeur de réflexion dans une intrigue de roman...un chef d'oeuvre de maîtrise.
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