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Les coups de cœur de ses libraires

  • Daniel Berland : La France de Raymond Depardon - Raymond Depardon - Bibliothèque nationale de France, Paris, France | Seuil, Paris, France - 15/12/2010

Bien loin des sentiers pittoresques et touristiques, Raymond Depardon a promené depuis 2004 son camping car et sa chambre photographique sur les chemins de traverse d'une France authentique. Il nous rapporte de ces petites villes et villages des clichés anonymes qui résonnent en chacun de nous et enrichissent notre mémoire collective ?

Il y a six ans, Raymond Depardon partait à l'aventure sur les routes de France pour photographier l'âme du pays et saisir le reflet de notre société. Durant ces années, le photographe a ainsi réalisé près de 3500 clichés pour n'en garder que 800. Dans cet ouvrage, coédité par la Bibliothèque Nationale de France et les éditions du Seuil, il nous en offre aujourd'hui près de 300. Le photographe, qui travaille habituellement en noir et blanc, a cette fois-ci vu la France en couleur. "Je ne sais pas si c'est la lumière douce sans contraste, les couleurs criardes de ces cafés, en tout les cas ma décision était prise, j'optais à 100% pour la couleur", explique-t-il.

Car c'est un fait, la France de Raymond Depardon est très colorée. Parfois très rouge, de celui d'une mairie-école du Pas-de-Calais, d'un bar de Bédarieux ou du local du Parti Communiste du Vigan, parfois très bleue aux teintes douces du littoral et de ses ciels, les dominantes confèrent à ces photographies une sérénité et une intemporalité marquantes.

En écartant volontairement de cette France, les monuments et les campagnes, que l'artiste-journaliste connaît parfaitement et sur lesquels il a déjà beaucoup travaillé, Depardon nous dévoile à travers ces photographies un pays qui ne se réduit pas au pittoresque : au travers de la diversité de chacun de ses regards choisis, il s'agit bien ici d'un hymne à la France du quotidien. Une France que l'on ne visite pas, celle que l'on peut croiser sur le bord d'une route ou encore celle que l'on ne découvre "que lorsqu'il y survient un fait divers ou une catastrophe naturelle". Pour le photographe, il y avait urgence à montrer cette France des petites villes et des villages.

Parti avec un camping car qu'il a arrêté sur les places des ces villages, il y a installé sa chambre 20x25. Un outil qui ne passe guère inaperçu et qui oblige à prendre son temps : "Les gens venaient me parler. Les jeunes surtout étaient fascinés par ce procédé."

C'est surtout le pays des petits et moyens commerces que Depardon nous présente dans cet album : celui des bureaux de tabac, des boucheries, des charcuteries, des petits cafés ou des modestes garages qui témoignent toujours d'une vie maintenue dans ces petits coins reculés. Mais c'est aussi le pays des bords de mer populaires, des ports déserts et de tous ces petits évènements qui font du quotidien une aventure commune.

Si la France de Raymond Depardon nous touche tant, c'est qu'il s'agit de celle des départementales, des petites villes et villages que nous sommes habitués à traverser sur le trajet de nos vacances et dans lesquels nous faisons régulièrement halte pour un petit café, un sandwich ou un plein de carburant. C'est un pays que nous avons tous croisé, sans jamais peut-être suffisamment nous y intéresser. Et pourtant l ? ?il attentif et bienveillant de Depardon nous amène à ressentir intimement que cette France rurale méconnue et parfois méprisée est bien celle de nos origines et l'une des principales composantes de la sociologie et de la topologie du pays tout entier. Raymond Depardon, grâce à ses sublimes photographies, nous y arrête et l'immortalise, en faisant revivre en nous des souvenirs qui remontent de notre enfance jusqu'à l'été dernier.

Ce très beau livre bienfaisant distille du baume aux coeurs en nous rappelant cette évidence, trop souvent oubliée ; qu'il demeure une France au-delà des périphériques urbains, que cette France est bien vivante et qu'il y fait aussi bon vivre. Car c'est finalement sur nous-mêmes que Depardon nous amènent à nous pencher, sur notre rapport au temps, aux êtres et aux choses qui passent, sur le sens de nos vies et sur tout ce que nous risquons de perdre sans jamais n'avoir pris la peine d'en mesurer la haute et juste valeur...


Si l'existence s'apparentait à un grand voyage organisé, nous prendrions chacun docilement nos places en groupe dans l'autocar climatisé pour suivre à la lettre le programme pré-établi de la grande visite annoncée. Nous avancerions ainsi, comme vient la nuit, irrémédiablement, sans plus de questionnement, de doute ou de révolte. Nous nous satisferions de lieux, d'oeuvres et de faits présentés, et des commentaires d'un guide, lui-même préprogrammé. Voici toute la métaphore filée par Jean-François Haas dans ce roman fleuve initiatique. Nous y découvrons durant une semaine, guidés par Merel, la ville imaginaire d'un pays imaginaire. Cette visite touristique aurait pu se limiter à sa grille pointilleuse qui notifie les choses à voir et à savoir, mais Merel est là avec ses lectures, ses rencontres artistiques, ses peintures, ses sculptures, sa musique, sa littérature, sa poésie et sa philosophie... Le guide traversera cette visite avec sa conscience et celle du narrateur qui ne cesse de le rappeler à l'ordre sur toutes ces choses qu'il refuse de voir ou qu'il ne voit déjà plus les ayant trop vues. Comme toutes ces choses que nous ne voyons plus parce qu'on refuse de les voir ou parce qu'on les a déjà trop vues. La visite de cette ville et de ce monde en décomposition résonne en nous comme une vaste psalmodie polyphonique engagée. Merel montre, dénonce et accuse tous les travers d'un monde imaginaire, dont les nombreuses ressemblances avec notre réel ne sont jamais fortuites. L'aventure initiatique sera décisive et charnière pour le guide, tout autant que pour le lecteur qui voudra bien la découvrir. Il y aura un avant et un après lecture de ce texte. De son exigeante forme, de son fond foisonnant et de ses références multiples et variées se construira alors l'hapax existentiel. Jean-François Haas nous livre avec «J'ai avancé comme la nuit vient» une oeuvre audacieuse et redoutablement efficace, qu'il suffit de suivre pour se laisser séduire...


  • Daniel Berland : Le cahier d'Aram - Maria Angels Anglada - Stock, Paris, France - 20/05/2010

Après la publication du remarquable «Le violon d'Auschwitz», Stock poursuit la publication d'une très grande dame de la littérature. Une mère et un fils résistant au génocide arménien.

Le jeune Aram n'aurait probablement jamais écrit ses cahiers s'il n'avait été, bien malgré lui, plongé dans l'un des plus tragiques drames du XXe siècle. Une mère et son fils, en voyage chez un cousin, échappent à une rafle qui va tuer les membres de leur famille restés à la maison. Le père a disparu. Après quelques jours chez ces cousins, les rumeurs grondent et tout le monde doit se préparer à un long chemin d'exil. Ils affronteront les longues marches, la faim, le froid, les maladies et perdront amis et parents. Durant ce long et douloureux exil, ils traverseront les camps, l'Arménie russe, une île Grecque avant d'atteindre Marseille. Ce fils et cette mère, témoins des pires infamies, mais aussi de grands moments de solidarité, symbolisent toute une génération arménienne.


  • Daniel Berland : Le dernier Juif - Yoram Kaniuk - Fayard, Paris, France - 13/03/2010

Cette vaste fresque, qui foisonne de destins, de terres et d'époques, retrace une histoire d'Israël. Et avec elle, la mémoire de celui qui se fait appeler «Le dernier juif»

Ambitieux et passionnant, ce roman couvre toute l'histoire moderne du peuple juif dans le but d'explorer les complexités même de son identité. De la terre brûlée de l'Europe au milieu du XXème siècle aux plaines arides de la Terre Sainte, jusqu'à l'agitation des mégapoles de la diaspora américaine, Yoram Pamiuk retrace l'itinéraire entre ascensions et chutes des Juifs à travers le personnage original et énigmatique de Evenezer Schneorsohn. Entre réalisme et fantastique, Evenezer, qui se fait ironiquement appeler «le dernier Juif» y apparaît comme le «sabra» et l'incarnation même de l'idéal sioniste.

Construit sous la forme linéaire d'un testament, dont on aurait redistribué les feuillets, ce roman présente Evenezer comme légataire universel de toute la mémoire d'un peuple. Son protagoniste reconstitue, en les enregistrant sur cassettes magnétiques, et grâce à un travail de gommage de l'ego, tout le savoir historique, biblique, culinaire et poétique de l'histoire juive, en véritable encyclopédiste vivant. Tel un patchwork littéraire, ce roman fragmenté s'articule de souvenirs, de récits, de légendes, de lettres et de témoignages et conduit le lecteur d'un Moyen-âge à un futur imaginaire, à travers le monde.

L'un des plus talentueux et productif écrivain israélien nous livre, en ce fertile et foisonnant roman, une oeuvre littéraire majeure de l'Histoire juive. Il va sans dire que cette grande Histoire est subjective, puisque romancée, et assumée comme telle. Bien sûr aussi, car nous le savons tous, ce sont les «petites» histoires personnelles qui permettent la constitution et l'entretien de la Grande Mémoire collective. Nous ne devons, pas plus que nous ne pouvons, faire abstraction de cette Grande Mémoire. Pas plus que nous ne pourrions faire abstraction d ?une telle oeuvre, qui marquera, à son tour, l'Histoire littéraire : la Grande.


  • Daniel Berland : Le Londres-Louxor - Jakuta Alikavazovic - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 12/03/2010

Après son très remarqué «Corps volatils», bourse Goncourt du 1er roman, Jakuta Alikavazovic nous livre ici la poursuite d'une oeuvre littéraire audacieuse qu'il ne faut pas perdre de vue.

«Le Londres-Louxor», point d'attache de la diaspora bosnienne à Paris, est le noeud gordien du fil d'Ariane qui aidera Esme à retrouver sa soeur disparue. Le lieu est l'hypotypose rhétorique centrale de cet ambitieux roman, et l'issue de ce labyrinthe mémoratif. Il préserve sa mémoire et ses légendes grâce à son architecture, comme les réfugiés de ce pays éclaté par la guerre entretiennent leur culture, leur langue et leur mémoire collective dans le verbe de leurs souvenirs.

Plus symboliques que métaphoriques les nombreuses descriptions architecturales et picturales confèrent un souffle et une ampleur inattendus à ce court roman. Comme si, bien au-delà de ce qui pourrait être conduit à disparaître (cultures, langues, pays ?), il y avait aussi (et surtout ?) tout ce qui demeurerait à travers les âges : les architectures, les peintures, les sculptures, les textes. Les arts comme témoins universels et perpétuels.

Il fallait bien tout le talent et la finesse d'écriture de Jakuta Alikavazovic pour peindre et sculpter avec autant de justesse les complexités de la reconstruction collective et individuelle d'un peuple exilé d'un pays éclaté. A travers les «petites histoires», c'est toute la grande qui se présente à nous : celle d'un passé révolu et d'un devenir indéfini, figés dans un présent incertain.


  • Daniel Berland : La fin du courage - Cynthia Fleury - Fayard, Paris, France - 04/03/2010

Sans jugement moral, Cynthia Fleury se penche sur cette chute de vitalité, ce découragement de soi qui touche les sociétés en général et l'action politique en particulier...

Lâcheté pour les moralistes, défaut libidinal pour les hédonistes ou état dépressif pour les psychanalystes, Cynthia Fleury nous interroge sur cette familière «phase d'épuisement et d'érosion de soi». La philosophe propose, à la manière d'un quadruple remède épicurien, de dédramatiser le mal individuel et tire dans ce brillant essai, la sonnette d'alarme face au manque de courage collectif et politique, auquel «ni les démocraties ni les individus ne résisteront à cet avilissement moral et politique».

Si Cynthia Fleury invite Agamben, Aristote, Montaigne, Sartre et beaucoup d'autres grandes signatures philosophiques à sa table, c'est surtout dans la poésie d'Hugo que la philosophe trouve la lumière légitime pour éclairer son argumentation. «Désespérer, c'est déserter» écrivait le poète, qui avait bien compris que le manque de courage laissait place aux vides : vide de sens, de vérité, de pertinence, d'humanité, d'espoir, et conduisait, in fine, aux vides démocratiques et politiques.

La philosophe pointe en ce brillant essai, le désastre collectif annoncé, s'il ne jaillissait en chacun de nous, un sursaut vital et éthique de retour à une volonté de courage individuel, afin de reconquérir la vertu démocratique. Un essai courageux et libératoire.


Le fils est au chevet de sa mère en fin de vie. Un homme et une femme isolés et prisonniers de leur fusionnelle relation. Confronté à l'imminente perte de son unique famille, le narrateur revisite son enfance, sa vie, ses souvenirs et s'interroge...

Cet admirable récit, aux accents camusiens, nous conduit, à travers les derniers jours d'une mère, vers une profonde réflexion philosophique sur la naissance, la vie, la mort et la filiation. Bien qu'ils n'aient que l'un et l'autre pour famille, la mère et le fils se supportent difficilement. Leur quotidien, à l'instar de leur histoire commune, est jonché de non-dits, d'amertumes et de colères enfouies.

La mère, qui a conçu ce fils unique, hors mariage, a rapidement été mise au banc d'une société villageoise rustre et à la morale chrétienne omnisciente. Avec la grand-mère tout d'abord, puis à eux deux, ils ont dû apprendre à vivre et à s'aimer à leurs façons, en devenant les uniques héritiers d'un passé familial emprunt de mensonges, d'hypocrisie et de silences. L'épaisse morale des autres et l'absence du père les ont contraint à vivre ensemble, reclus dans cette demeure familiale que le fils semble fuir depuis l'âge adulte.

Aujourd'hui que le compte à rebours est déclenché, il ne lui reste plus que quelques jours pour comprendre, réparer, reconstruire et, enfin, ouvrir l'horizon.

Oscillant entre poésie et descriptions réalistes, l'enfance du narrateur défile sous nos yeux à la façon d'une projection de bobines super huit. Ce touchant témoignage, servi par une écriture directe et ample, nous perce l'âme, en réveillant en nous l'une des plus capitales interrogations de l'humanité : Qu'est-ce qu'être ?

Entre rémissions et rechutes, accompagnement au quotidien et quête de sens philosophique, Karl-Heinz Ott nous plonge dans les spécificités d'une histoire familiale particulière qui tape fort. Jamais, en ce roman, il ne nous fait oublier, comme le chantait le poète, que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres. Et à fortiori, quand il s'agit de celle de sa mère... Un roman «clé» à découvrir et à offrir d'urgence.


Les éditions de Monsieur Toussaint Louverture, qui n'en ont décidément pas fini de nous étonner, nous offrent pour ces fêtes de fin d'année rien de moins qu'un grand classique, inédit de surcroît, du roman de chevalerie. Ce «Livre du chevalier Zifar», qui est le premier roman du genre à avoir été écrit et conservé en castillan, est un texte riche et dense. Il nous entraîne à toute allure, entre aventures et batailles, fantastique et ironie, apprentissages et traités moralistes sur les chemins sinueux de ce brave chevalier maudit, contraint quoiqu'il fasse d'assister tous les dix jours à la perte de son cheval. Admirablement traduit en français contemporain par Jean Marie Barberà et subtilement illustré par Zeina Abirached, ce joyau de la littérature du XIV siècle nous est serti dans une sublime reliure et sur papier ivoire, comme s'il avait sans encombre traversé les siècles. Ce très beau livre du chevalier Zifar mérite sans conteste toute sa place dans nos bibliothèques.


  • Daniel Berland : Un amour de mère - Rosa Matteucci - Bourgois, Paris, France - 11/02/2010

L'univers de Rosa Matteucci est peuplé d'étranges créatures. L'on y croise des dames âgées pas plus sympathiques qu'hygiéniques, des femmes divorcées aussi midinettes que bébêtes et des hommes autant vénaux que menteurs. Dans l'impitoyable monde de Rosa, les mamans ne sont pas particulièrement câlines, les aides à domiciles difficiles à débusquer et les fêtes de Noël ardues à célébrer. C'est avec un humour grinçant que l'auteur nous entraîne dans les travers les plus sombres des relations humaines, des liens familiaux et des tristes banalités des quotidiens rongeurs. C'est grâce à son style foisonnant, baroque et soigné, que Rosa Matteucci parvient à nous faire avaler les couleuvres d'un quotidien lugubre et banal qui conduit irrémédiablement au drame. Il va sans dire que tous les personnages et situations de ce roman ne peuvent être que fictifs puisque, comme vous le savez, les êtres humains ne sont que sagesse et bonté. Un roman qui fait beaucoup de bien là où ça pourrait faire mal...


Qui est Marc-Antoine Muret ? Le poète ? Le latiniste ? Le professeur de Montaigne ? Le ripailleur ? Le rabelaisien ? L'amateur de jolis jeunes éphèbes fermiers ? L'orateur des Papes ou l'ecclésiaste romain de sa fin ? Vous le découvrirez en son âme et en ses pulsions les plus intimes en lisant cette sublime biographie romancée ( ?) avec tact et élégance de Gérard Oberlé. Roman de cette rentrée 2009, qui semble passer inaperçu... Et quel dommage ! Lisez-le, savourez-le... et donnez-en nous quelques nouvelles. GRANDIOSE !


  • Daniel Berland : De A à X - John Berger - Ed. de l'Olivier, Paris, France - 23/06/2009

Aïda est amoureuse de Xavier, qui est incarcéré pour terrorisme dans une prison, qui pourrait être toutes les prisons de tous les pays qui emprisonnent pour terrorisme. Alors Aïda, pour ne jamais rompre le lien amoureux, écrit à Xavier de jolies lettres au verbe limpide et puissant. Des mots du quotidien, des mots du dehors, des mots de liberté... Et, comme Xavier ne semble pas être autorisé à répondre aux appels d'Aïda, il griffonne au dos de ces missives amoureuses ses pensées d'internement et du passé en modestes réponses.

John Berger, comme à son habitude, distille au centre de ce puissant roman au goût amer, sa lucide et judicieuse colère, porte-parole des sans voix, des sans terre, des sans justice, des "sans"...

Roman énigmatique où il est nécessaire de trouver à lire entre les lignes, comme entre-apercevoir le ciel entre les barreaux de prison.


Les jours qui rallongent, les vacances qui se profilent et la chaleur qui tend à ralentir nos biorythmes sont autant d'occasions d'enfin prendre le temps... de lire. Un temps qui file pourtant trop vite en ces 1200 pages réunissant, pour la première fois, les trois volumes de cette puissante et très emmenée vie de Kristin Lavransdatter. Portée par l'écriture poétique et rigoureuse de Sigrid Undset (Nobel de littérature en 1928), la vie riche et rebondissante de Kristin, femme "moderne" d'un moyen-âge norvégien très bien dépeint, émeut et nous captive jusqu'à la dernière page. Femme-fille, femme-fiancée, femme-mariée, femme-mère, femme révoltée, femme passionnée, femme résignée, femme fatale, maîtresse-femme... la vie de Kristin Lavransdatter se déroule devant nous comme le fil symbolique du questionnement féminin de tous les temps : celui du quotidien, de la liberté et de la destinée d'une femme-femme, tout simplement. Un livre tout particulièrement recommandé aux hommes.


La quarantaine tassée, le fiston Jérôme paraît avoir résolument déposé ses 130 kilos, sa haute carcasse, son caractère, ses aspirations, ses rêves et ses colères chez "Mamame", sa chère maman. Bien sûr, et Freud avait prévenu, la cohabitation familiale n'est pas simple. Bien sûr, et Kafka avait prévenu, l'avenir n'est pas rose. Bien sûr, et Bataille avait prévenu, la sexualité n'est pas un long fleuve tranquille... Servi par des personnages puissants et hauts en couleurs, par une écriture dense, riche et innovante, ce roman des années 70 est une pierre marquante dans le panorama de la création littéraire. Plus qu'une pierre, un diamant : un diamant noir. Un diamant à faire voler les vitres blindées en éclats.


Voici de petites chroniques fines et croquantes, rédigées au XIXe siècle mais aussi fraîches que si elles l'avaient été hier... Drôles, vives et un tantinet sournoises, elle dépeignent avec acidité un siècle : le notre. Anticipation ? Fou rire assuré !


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