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Téléphone : 05 56 76 67 97

Site Internet : http://www.entre2noirs.com



Les coups de cœur de ses libraires

  • Christophe Dupuis : Ground XO - Hannelore Cayre - Métailié, Paris, France - 17/09/2008

En cette veille de noël, l'avocat Christophe Leibowitz s'apprête à fêter - mais est-ce bien le mot - ses vingt années de barre lorsqu'il reçoit un courrier lui annonçant que... Tante Marguerite est morte ! Il y avait bien longtemps qu'il avait oublié qu'il avait une famille... Leibowitz descend dans la région de Cognac, où la famille a un domaine et après passage chez le notaire se retrouve posséder un tiers d'une appellation de Cognac ! Sacré noël. L'homme qui n'est pas sans idées - pas toujours les plus bonnes ou celles du meilleur goût - se met dans la tête de dynamiser l'image du domaine - et les ventes par l'occasion - en surfant sur l'image donnée du Cognac par les rappeurs américains : "Tu n'as rien compris à mon concept ! Je veux un univers qui soit celui de l'ultraviolence, du porno, des armes à feu, de la prison, du fric et de la drogue !". Il ne lui reste plus qu'à trouver un ou deux détenus (et l'homme en connaît) susceptibles de se lancer dans le rap et l'affaire sera jouée... si les choses étaient si simples, Leibowitz ne serait pas là où il en est aujourd'hui...
Cette troisième aventure de Leibowitz est encore meilleure que les deux précédentes (qui déjà éteint bonnes !). Le texte est court, musclé, Hannelore Cayre se sert intelligemment de son expérience pour donner corps à cette histoire qui vaut son pesant de cacahuètes (elle est séduisante l'idée de Leibowitz !), c'est un régal, qui oscille entre humour et effarement face à l'application de la justice française.


"La reine dans le palais des courants d'air", dernier tome de la trilogie "Millénium" commence juste où le deuxième tome s'était achevé. Raison de plus - mais de toutes façons on ne peut faire autrement - pour commencer, si ce n'est pas encore fait, par le début de cette trilogie. Sans dénaturer l'intrigue - comme le dit justement le quatrième de couverture "Que les lecteurs des deux premiers tomes de la trilogie Millénium ne lisent pas les lignes qui suivent s'ils préfèrent découvrir par eux-mêmes ce troisième volume d'une série rapidement devenue culte" - sachez que vous allez retrouver bon nombre des protagonistes des précédents épisodes et que l'un deux résume parfaitement ce tome (et la trilogie par la même occasion) : "Tout compte fait, cette histoire n'a pas pour sujet principal des espions et des sectes secrètes dans l'Etat, mais la violence ordinaire exercée contre des femmes, et les hommes qui rendent cela possible".
Rarement une trilogie n'aura autant tenu ses promesses : sensation de manque entre chaque volume et idée fixe une fois le livre entre les mains : le lire coûte que coûte. Adieu femme, enfants, amis, j'ai mon Millenium à terminer. Comme c'est le dernier, on tremble encore plus pour les protagonistes, on est triste car on sait qu'on en lira plus, mais, fort heureusement, on passe un excellent moment. Stieg Larsson ne cède pas à la facilité, vous embarquant dès la première page dans de multiples histoires, on y retrouve sa puissance d'évocation, sa multitude de personnages dont vous vous sentez proches (enfin pas tous, car il y a de belles ordures), c'est d'une puissance rare, et cela fera référence dans le roman noir contemporain.


"Au début du XXe siècle, New York fut le théâtre d'une véritable révolution architecturale. De gigantesques tours, appelées "gratte-ciel" sortirent de terre, les unes après les autres, dépassant en hauteur tous les bâtiments édifiés jusqu'alors." En 1909, Sigmund Freud débarque à New York, pour une série de conférences sur la psychanalyse, accueilli - entre autres - par le Dr Stratham Younger. Le jour de son arrivée - aucune relation - Miss Riverford, jeune fille de bonne famille, est assassinée. George Banwell, une des plus grosses fortunes de la ville, demande - du haut de son building - à son ami le maire de tenir la presse et les uniformes loin de tout ça, c'est un ami de la famille. Le lendemain, Miss Acton, une autre connaissance de Banwell, est victime d'une tentative d'assassinat. Elle s'en sort mais se retrouve à souffrir de crypto-amnésie, comme le diagnostique le Dr Stratham Younger. Et le célèbre Freud étant présent... ses compétences vont être demandées...
Jed Rubenfeld, professeur de droit ayant soutenu une thèse sur Freud, signe ici son premier roman. L'intrigue est bien ficelée, le tout est parfaitement crédible (à la fin du roman, il explique toutes ses sources), un fort travail est fait sur la reconstitution du New York du début du siècle (bâtiments, techniques de constructions...) et le petit air suranné de la narration (à multiples voix) renforce le sentiment de début de siècle. Une belle entrée en matière !


"Le chagrin entre les fils" marque le retour du célèbre lieutenant Leaphorn. Joe, qui s'embête toujours autant à la retraite, reçoit un matin un courrier d'un vieux collègue à lui. Dans l'enveloppe, un article d'une revue de décoration, accompagnée d'une photo d'un intérieur de ranch, et une lettre qui commence par "Salut Joe, ce ne serait pas la tapisserie dont tu n'arrêtais pas de me parler ? Et si oui, quelle conséquence cela peut-il avoir sur notre vieille affaire d'incendie criminel ?" Visiblement la tapisserie est bien celle qu'on appelait "Le Chagrin tissé", ou "Le Chagrin entre les fils", une tapisserie unique, à la réputation d'être maudite, qui perpétue le souvenir des pires cruautés infligées aux navajos. Comment peut-elle aujourd'hui être sur le mur d'un riche propriétaire, alors qu'elle est censée avoir brûlé dans un incendie criminel des années plutôt. Le lieutenant (du moins ex-lieutenant) Leaphorn va repartir en chasse...

"C'est une histoire longue et compliquée", comme l'avoue lui-même Joe Leaphorn, mais si elle lui paraît longue, elle paraît trop courte au lecteur tant le talent de Tony Hillerman se déploie tout au long de ces 250 pages qui filent bien trop vite. Centrée sur cette tapisserie et "Ceux-qui-changent-de-forme", cette dix-neuvième enquête indienne mêle une fois de plus avec habileté, enquête policière et tradition navajo. On y découvre un nouveau pan de la culture navajo, on y retrouve avec plaisir le lieutenant Leaphorn et on est, une fois de plus, admiratif du talent du vénérable Tony Hillerman.


"Lorsque j'ai écrit En effeuillant Baudelaire, au début des années 1990, Londres se remettait à peine des années Thatcher, l'ombre de la Dame de Fer planait encore sur la ville. S'il faut trouver un terme pour caractériser l'esprit qui dominait alors, "paranoïa" me paraît le mieux approprié. Les hommes d'argent, en particulier, vivaient dans la peur, encore étourdis par e crash des années 1980. Si on y ajoute l'effet de certaines drogues, on peut imaginer leur état de nervosité. Le prix de la cocaïne atteignait des sommets et l'argent... eh bien, l'argent était le moteur principal, comme dans la plupart des rencontres.
La criminalité en col blanc était le sujet des débats passionnés de certains dîners en ville. J'ai voulu explorer les réactions des gens avec un métier "sans risques", qui se seraient laissés séduire par les trois sirènes habituelles que sont :
l'argent
le sexe
le pouvoir.
Prendre un comptable, par exemple, l'attirer dans les venelles du crime et observer sa réaction. Je voulais mesurer comment auraient résisté, à cette mise en cause de leur sécurité et de leur stabilité, les plus "passe muraille" de nos concitoyens. En ajoutant Baudelaire aux mailles du filet, on faisait pencher le plateau de la balance... il n'existe guère d'animaux plus dangereux qu'un anglais déstabilisé."
Voici ce que dit Ken Bruen en introduction de son roman, pourquoi chercher à le paraphraser avec un résumé inutile ? Tout est dit et il ne vous reste plus qu'à assister à la métamorphose de Mike qui est stupéfiante. Force du récit et puissance de l'analyse humaine sont les deux bases de ce récit survitaminé (Mike survitaminé est impayable), mais comment Ken Bruen fait-il de telles prouesses ?


  • Christophe Dupuis : Argent facile - Donald E. Westlake - Rivages, Paris, France - 17/09/2008

Lorsque Josh Redmont a reçu le premier chèque de 1 000 $, il a bien compris qu'il y avait erreur mais n'a pas réussi à retrouver l'émetteur pour le dire... il était intérimaire et... à encaissé l'argent ! lorsque le mois suivant le même chèque de 1 000 $ est arrivé, il a cherché mieux à le renvoyer mais impossible et... il l'a encaissé... et ça a continué, mettant du beurre dans les épinards, mensuellement, son chèque de 1 000 $. Lorsqu'il a déménagé, il a pensé que ça manne s'arrêtait et... le chèque est arrivé ponctuellement à sa nouvelle adresse ! aujourd'hui, après 7 ans, Josh est marié avec des enfants, et n'a jamais parlé de ces chèques à sa femme... c'est pourquoi lorsqu'un homme l'aborde en plein été sur le ferry de Fire Island où il part rejoindre sa femme et lui dit "vous êtes maintenant en service actif", Josh comprend que les ennuis vont arriver. On lui parle des chèques encaissés, il est trop tard pour faire machine arrière, le voici espion au service d'un pays étranger, dans un projet d'attentat...
Mais où va-t-il chercher tout ça ? C'est la question qui vient à l'esprit tant la première partie de ce nouveau roman de Donald Westlake est savoureuse. Le reste, au regard de sa production, est plus classique, mais l'idée de départ est vraiment excellente. Le tout est traité de main de Maître comme sait le faire ce roi du polar, c'est, une fois de plus, un régal.


  • Christophe Dupuis : Hackman blues - Ken Bruen - Fayard, Paris, France - 17/09/2008

Brady est grave barré, comme il l'a écrit sur les murs de sa chambre. Son passé est "encombré du barda de la manie dépressive. Le best of...
hôpitaux
folie
agressivité psychotique
achats compulsifs
et partie sur laquelle je m'attarde le moins
tentatives de suicide
et pourtant...
Quand l'exaltation frappe, bon dieu, il n'y a rien de pareil au monde". Et l'exaltation, Brady l'a. Il vient d'être embauché par Jack Dunphy, "un salopard de première. De sombres histoires couraient sur des clients traités à la batte de base-ball et au chalumeau. En tous cas, pas le genre de mec à faire chier", qui le charge de retrouver sa fille... est-ce le meilleur plan qu'il ait eu ?
"Un boulot simple. Retrouver une fille blanche à Brixton. Du gâteau. Ce que j'aurais du faire, c'est plutôt doubler mes doses de pilules et allumer un cierge à saint-Jude - peut-être même tout un paquet." Comme quoi Brady peut être lucide parfois, mais sa lucidité est trop rare et ses ennuis alimenteront tout ce nouveau - et excellent - livre de Ken Bruen qui est vraiment une des grandes révélations de ces dernières années. Avec son style syncopé, sa succession de petits chapitres, de références à la littérature et ses personnages hauts en couleur, Bruen vous entraîne dans une spirale de folie qui ne vous laissera pas indifférent.


«Celui-là, disent-ils, défiera le temps»
Celui-là, c'est l'Empire State Building, le plus haut gratte-ciel du monde, dont la construction - «le Chantier avec un grand C» - commence en 1930. Un chantier où travaille Michael Briody «le roi du rivet», immigré irlandais, qui oscille entre l'idée de faire son trou en Amérique et celle de soutenir la cause républicaine, ce qu'il fait toujours la nuit, en convoyant des armes ou par d'autres missions. Un chantier prestige pour Jimmy Walker, le maire de New York, qui travaille a sa réélection et qui - même si ce n'est pas le genre à en croquer beaucoup - ne voudrait pas voir diverses casseroles faire l'actualité. Et pour ça il compte sur Jimmy Farrell, Farrell qui contrôle tout à New York, que personne ne veut se mettre à dos, Farrell qui s'est fait sa propre loi «Personne ne peut nous faire du mal dans cette ville». Farrell qui entretient la grande machine corruptrice, qui entretient aussi Grace Masterson, artiste peintre qui, voulant peindre l'Empire State Building, va croiser Michael Briody...
De manière magistrale, Thomas Kelly croise dans son roman les grands thèmes du roman noir : politique corruption et... amour impossible. Plaçant originalement son histoire lors de la construction de l'Empire State Building («qui est exemplaire au niveau de l'histoire des syndicats» comme il l'avait confié à son traducteur, Pierre Bondil, dans la revue 813) il passe au crible la fierté des hommes qui l'ont construit et décortique de manière admirable les liens entre la politique et la pègre en se plaçant à tous les niveaux. Après cette trilogie de bâtisseurs et de syndicalistes (si ce n'est déjà fait, lisez «Le ventre de New York» et «Rackets» chez le même éditeur) on se demande ou l'auteur nous emmènera la prochaine fois.


  • Christophe Dupuis : Cripple creek - James Sallis - Gallimard, Paris, France - 17/09/2008

Un soir le shérif Don Lee, procède à une arrestation un peu mouvementée d‘un homme qui traverse Oxford au volant d'une Ford Mustang «Rien qu'on ait pas déjà vu cent fois», comme il le dit. Au matin, en fouillant la voiture avec son adjoint Turner, ils y découvrent 200 000 $. Ils s'intéressent de plus près à l'accusé, Judd Kurtz, qui refuse de parler, et envoient des demandes de renseignements à droite à gauche... Turner rentre chez lui. Quand il reviendra au commissariat, ce sera pour y retrouver Don Lee dans une mare de sang : des hommes sont venus délivrer Kurtz. Trouvant un indice qui le rattache à un caïd de Memphis, Turner part sur sa piste...
Dans ce deuxième volet des aventures de Turner (pour ceux qui auraient manqué le premier : «Bois mort» chez le même éditeur), l'ancien flic de Memphis continue de se dévoiler. Sallis frappe par sa puissance d'évocation, ses petites histoires - jamais anodines - qui s'entremêlent avec la trame principale, la violence au détour de quelques pages, la qualité d'écriture, c'est un bonheur. Certains ont été déroutés par la construction du livre, mais Sallis est un homme qui se mérite (c'est en cela qu'il n'est pas question de lire ce livre là sans lire le premier) et la fin, d'une concision frappante pour une telle puissance laisse pantois d'admiration.


  • Christophe Dupuis : Le tour maudit - Louise Welsh - Métailié, Paris, France - 17/09/2008

William Wilson, «télépathe et illusionniste» comme cela devrait être indiqué en haut de l'affiche, vivote en faisant des cachets miteux que lui propose son soi-disant impresario. C'est comme ça qu'il se retrouve un soir à faire la première partie (avant les stripteaseuses) dans un club de Soho pour le départ en retraite d'un flic londonien. L'organisateur de la soirée, qui a remarqué que ses dons de télépathes tenaient surtout aux portefeuilles dérobés à l'assistance avant le spectacle, lui demande «très fermement» de voler le portefeuille de l'invité d'honneur. Wilson s'en acquitte et s'envole le lendemain pour un bon plan à Berlin... malheureusement, les ennuis vont le rattraper...
«J'avais bouclé l'aventure du club de Soho dans un coffre soigneusement fermé dans un coin de ma mémoire. Je visualisais ce coffre. C'était un vieux coffre de marin. Le bois sec était écaillé par e temps, bardé de fines bandes noires en acier. Un solide cadenas était accroché à son loquet métallique. Je l'ai déverrouillé pour ouvrir le couvercle et j'ai entrepris d'examiner ma situation.» Ce deuxième roman traduit en France de l'auteur marque par la destinée de son personnage et la description de sa carrière. Avec une histoire racontée sur plusieurs périodes, Louise Welsh embarque son lecteur dans ce polar au faux rythme lancinant et à l'excellent final où le protagoniste principal se sert parfaitement de son métier pour s'en sortir.


  • Christophe Dupuis : Delicious - Mark Haskell Smith - Rivages, Paris, France - 17/09/2008

"Joseph hocha la tête. Que pouvait-il répondre ? Ouais, ils allaient bien leur faire la même chose. On ne faisait que se défendre. Protéger les îles, défendre notre ohana, notre façon de vivre. Nous ne sommes ni des meurtriers ni des cannibales, on ne fait qu'effrayer les envahisseurs avec une touche de folie locale polynésienne. On les abat avant qu'ils ne s'emparent de nos terres et ne détruisent notre culture, comme ils l'ont fait pour les Cherokees, les Crows, les Shawnees et les Navajos. Ouais. On est innocents. On ne fat que les empêcher de corrompre notre culture. " Joseph jeune hawaïen, est cuisinier. Avec son oncle Sid, ils gèrent une entreprise de restauration pour l'industrie du cinéma... qui aime bien tourner à Hawaï. C'est familial et tout se passe bien sur l'île. Jusqu'au jour où Big Jack Lucey, par un bon coup de dumping, débarque du continent avec ses camions pour assurer la bouffe du nouveau tournage. Lucey est un tueur, il compte bien rester seul maître à bord de la restauration cinématographique... C'est sans compter sur la résistance des insulaires !
Un peu moins déjanté que son premier roman («à bras raccourci» chez le même éditeur), mais tout aussi sur-vitaminé, Delicious porte bien la marque de fabrique de Mark Haskell Smith : ils ont tous envie de se taper leur prochain. Mais il ne faudrait pas réduire cet excellent (tout comme les bons petits plats que mitonne Joseph) roman à ça. Smith étonne avec une bonne analyse des sentiments des habitants d'Hawaï (rester ? partir ? que faire...) et des personnages hors normes. Un grand moment de lecture et de rigolade, avec une trame loin d'être si drôle que ça.


Sobre, ne se droguant plus, Jack Taylor envisage même d'arrêter de fumer. Obligé d'aller visiter son ancien dealer en prison, il se retrouve à enquêter sur la mort de la soeur de ce dernier, retrouvée au pied des marches de son appartement, la nuque brisée. On pourrait croire à un accident, sauf que sous son corps, il y avait un livre de Synge. La fille détestait cet auteur, le livre n'était ni à elle ni à une de ses amies... Jack, contraint, repart en chasse.
«J'avais espéré ne plus avoir à enquêter sur un décès. Je m'étais laissé entraîner à mon corps défendant dans les enquêtes précédentes et les conséquences en avaient été épouvantables»... voici une phrase de Jack Taylor qui résume admirablement bien le livre. Avec dix livres publiés en moins de quatre ans, nous n'avons cessé de vous dire du bien de cet auteur, que dire de plus ? Rien, les aventures de Jack Taylor sont excellentes, précipitez-vous sur l'oeuvre de cet auteur majeur de la littérature noire irlandaise.


  • Christophe Dupuis : La sanction - Trevanian - Gallmeister, Paris, France - 17/09/2008

Le Dr Jonathan Hemlock, professeur d'art aimé de ses étudiants pour son style si atypique est aussi un alpiniste émérite même si cela fait plusieurs années qu'il n'a pas gravi un sommet important. Si Hemlock n'aime pas trop enseigner - mais il faut bien gagner sa vie - en revanche il aime particulièrement l'art, surtout les tableaux qu'il collectionne en grand secret. Mais ce n'est pas sa paye de professeur d'université qui lui permet d'assouvir sa passion, c'est plutôt le CII, une organisation secrète pour laquelle il travaille, au contrat. Contrat est bien le terme, car il est tueur. C'est la conjonction de sa passion et de ses talents d'alpinistes qui va l'emmener vers son nouveau - et dernier à son avis - contrat : s'engager dans une équipe qui va s'attaquer à l'Eiger par la face nord. Le défi est double : c'est une des ascensions les plus dures au monde et Hemlock ne sait pas qui est sa cible, à lui de le deviner pendant l'escalade.
Gallmeister a l'art de d'exhumer les vieilles perles des années 70. Présenté ici dans une traduction révisée (avec - il faut souligner le travail éditorial - une très bonne présentation de l'auteur et de son oeuvre en fin d'ouvrage par P. Beyvin) ce roman alpin de Trevanian brille plus dans ses passages montagneux (le texte est plus fluide) qu'américains. Le tout est un peu daté (certains ont des opinions bien arrêtées !) - mais cela donne un charme suranné - et l'ascension de l'Eiger par la face nord est morceau de bravoure !


  • Christophe Dupuis : Pèlerin - William Bayer - Rivages, Paris, France - 17/09/2008

New York, années 80, plein hiver. Pam Barrett, journaliste sportive sur une chaîne locale sort de l'immeuble de son travail complètement déboussolée : au vu de sa carrière - bien propre et bien lisse - son patron lui suggère d'arrêter la télé. Elle est stoppée dans ses pensées moroses par un accident stupéfiant : un gigantesque oiseau tombe du ciel sur une patineuse, l'égorge et repart dans les cieux aussi vite et brutalement qu'il était arrivé. La patineuse est morte. Pam repère des japonais qui ont filmé la scène ; elle leur achète le film et rentre vite fait au studio : elle tient Le scoop. Rapidement, bon nombre de questions vont se poser : quel est cet animal ? Pourquoi tue-t-il ? Risque-t-il de revenir ?

Avec un tel début d'histoire - l'aigle géant qui tue les gens en pleine ville - les lecteurs peu au fait des prouesses de l'auteur, pourraient s'attendre à lire un nanard des années 80. Mais c'est sans compter le talent de William Bayer (ne dites pas que vous n'avez jamais lu «Le rêve des chevaux brisés» chez le même éditeur) qui donne de la densité à ses personnages, tisse de subtils liens entre eux, augmente le rythme de l'histoire pour terminer sur un final endiablé. On ne peut - une fois de plus - que remercier les éditions rivages d'avoir entièrement retraduit ce le livre, paru initialement dans une version tronquée à la Série Noire.


  • Christophe Dupuis : Sans états d'âme - Bill James - Rivages, Paris, France - 17/09/2008

Ron Preston, dit «le stratège» a multiplié les coups dans sa carrière sans se faire arrêter. Son créneau : des coups de moyenne importance particulièrement bien préparés. Il prévoit de braquer un fourgon transportant la paie d'une usine. Tout est calé au millimètre lorsqu'il apprend que des effectifs supplémentaires vont être affectés à la garde du fourgon qui va transporter plus d'argent. Preston, se voit obliger de modifier son plan : doit-il y aller ? reculer ? Mais que vont penser les jeunes londoniens qui bossent avec lui : qu'il et trop vieux ? Et que fait la police ? Ron hésite, sentant bien que ses convictions vacillent...
«En d'autres termes, il comprenait qu'il venait de plonger jusqu'aux oreilles dans les rêveries imbéciles qu'il avait toujours redoutées, ce discours foireux qui poussait à tenter le super coup, à ramasser «le gros lot», parce que c'était le seul moyen d'arriver à se a couler douce définitivement et de vivre de ses rentes».
Ce nouveau roman traduit de Bill James est excellent : après avoir accompagné les forces de police (avec Harpur et Iles) on est, d'entrée de jeu, placée de l'autre côté de la loi et, par empathie avec Ron, on soutient les braqueurs dans leur action. Bill James fait preuve d'humour (les relations entre Harpur et Iles qui se retrouvent au théâtre en famille sont excellente) et d'ingéniosité dans ses relations entre les différents protagonistes, c'est excellent !


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