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La prison, Gabriel Mouesca la connait, il y a laissé 17 années de sa vie pour avoir appartenu au groupe basque armé indépendantiste Iparretarrak. Des années au cours desquelles il va dénoncer la promiscuité, les humiliations, le désoeuvrement.
A sa sortie de prison, les engagements de Gabriel Mouesca resteront les mêmes : justice sociale, lutte contre les inégalités, respect du droit de chacun. Ce qui change c'est que désormais il a droit à la parole, il va la faire entendre avec force en devenant président de l'Observatoire International des Prisons, militant avec acharnement pour une prison plus humaine où la priorité serait la réinsertion et non plus l'obsession sécuritaire.
Un roman court, salutaire, complété par des annexes documentaires. Le portrait d'un homme debout face à l'arbitraire, l'inhumanité et la violence du système carcéral français.
Un nouveau titre essentiel qui vient enrichir la (déjà) très remarquable collection "ceux qui ont dit non", dirigée par Murielle Szac.
Le coeur immense d'une géante crie famine.
Elle a beau avoir des cheveux longs comme un fleuve, une douce poitrine semblable à deux îles au milieu de l'océan et un ventre généreux pouvant accueillir un village entier... les hommes s'enfuient à sa vue. Seulement, les histoires d'amour finissent (parfois) joliment et notre géante trouvera un amour à sa (dé)mesure.
Un album géant où toutes les illustrations ont été dessinées avant d'être réalisées en tissu. Un joli conte cousu-main tout en charme et délicatesse.
En 1863, dans une plantation de coton près du fleuve Mississipi, un esclave Tommy découvre dans un coin un chou flétri.
Il a les pieds enchaînés, mais du pied, il fait rouler ce chou et germe en lui l'idée d'un jeu où il faut faire passer, du pied, le légume dans le camp adverse.
Un petit texte court, simple, finement mené qui traîne longtemps en tête, comme une sorte de fable aux accents de blues, puissante et implacable Quand un chou et un brin de collectif permettent à deux esclaves de gagner leur liberté et quelques années plus tard à un homme tranquille d'enlacer une jolie fille à la peau brune.
Un premier roman fort réussi.
Le grand Alfredo est le plus grand clown du monde. Convaincu que le rire est bon pour la santé, il expérimente toujours de nouveaux gags, de nouvelles farces. Mais un jour, une première mauvaise chute, puis une autre. Le grand Alfredo se trouve paralysé, cloué dans un fauteuil roulant. Qu'à cela ne tienne ! Il racontera des blagues. Le public est enthousiaste, s'esclaffe, se bidonne jusqu'au jour où les rires se font rares et les blagues éculées. Que faire ? Le grand Alfredo trouvera t'il le remède ?
Un p'tit bijou d'album au graphisme (ô combien) cartoonesque des années 30, on pense au Popeye de Segar ou au génial créateur de La Famille Illico, Georges McManus.
"On leur fout une trouille pas possible à ceux d'en face, vous imaginez pas. Ils auraient moins peur d'une invasion d'extraterrestres. A croire qu'on va leur refiler des maladies inconnues ou polluer l'air qu'ils respirent. Sans déconner, si les africains se mettaient à boire l'eau de mer pour traverser à pied, de l'autre côté, ils seraient bien capables de pisser tous en même temps histoire de faire remonter le niveau de la mer"
Ils ont quitté l'Algérie. Quand l'horizon est un mur, il vous prend des envies d'autre part, des envies de partir parce qu'on se sait prisonnier d'une cage dont personne d'autre ne distingue les barreaux. Nour, parce qu'elle est tombé amoureuse du mauvais garçon, de ceux qui couchent avec les filles sans trop se soucier des conséquences. Tariq, parce que dès le départ la vie ne lui avait pas filé les bonnes cartes.
Au fond de leurs poches, une carte postale, cornée, rafistolée avec du papier collant : der Berliner der fernsehturm. Mais au fond qu'importe, que ce soit la photo d'une tour de télévision, de la Tour Eiffel, du Colisée ou de Big Ben, c'est juste un bout de rêve. Un truc qui fait tenir, serrer les dents, qui empêche de flancher, qui permet de supporter les trajets en camion, les passeurs, la misère, la faim et la peur.
Alors face à la mer, face aux lumières de l'Espagne, Nour et Tariq rêvent de devenir à leur tour des harragas*, des brûleurs de détroit. Deux gamins en vadrouille vers un destin ou vers l'oubli... non, vers un destin car leur route aussi vache soit-elle croisera celle du blagueur Ahmed et de la douce-amère Madame El-Fathi.
Un roman sensible pour comprendre ce qui pousse des jeunes gens sur la route de l'exil.
*Harraga (mot originaire de l'arabe maghrébin Harrag, qui brûle) désigne les migrants qui brûlent, autrement dit, qui traversent clandestinement le détroit de Gibraltar.
Un môme en s'endormant se pose plein de questions. Qui est-il ? Pour son chien, il est le maître, pour son maître, il est un élève. Pour les élèves, il est leur copain arabe mais pour les arabes, il est français. Les français lui disent qu'il est d'origine étrangère...c'est étrange parce qu'à l'origine il est né en France.
Et au final, pour les extra-terrestres il est quoi au juste ? Un terrien ?
Un album pour décapiter les préjugés que les éditions de La Joie de Lire ont décidé de réimprimer... un drôle de sentiment d'urgence peut-être ?
"Le poney c'est bien joli... mais je préfère nettement le dauphin (au moins lui respire sous l'eau" - le commandant Cousteau
C'est un phénomène plutôt étrange et assez inexplicable mais il semblerait que se pâmer d'admiration devant un poney soit une activité couramment répandue chez les filles entre 6 et 12 ans. Est-ce son oeil de velours, sa crinière arc-en-ciel (c'est une tendance très courue chez les poneys) ou encore sa silhouette épaisse ou son groin humide qui le rend si irrésistiblement trop mignon ? Mystère et sabot de poney...
Manu Boisteau (qui soit dit en passant ne doit pas être une fillette de 8 ans) s'est amusé à décortiquer l'animal sous toutes les coutures. Son anatomie, son alimentation, son langage (parler poney c'est penser poney), son rôle dans l'histoire de France...sans oublier tout un tas de conseils pratiques et essentiels : comment le cajoler, le coiffer, le moucher...le cuisiner (oui il semble tout de même dommage de laisser perdre bêtement 400 kg de viande).
Cette encyclopédie approximative du poney totalement azimutée, délicieusement cruelle et drolatiquement déjantée ravira (peut-être) celles qui rêvent d'avoir un poney comme meilleur ami mais garantira des fous-rires à ceux et celles qui en ont ras la crinière de cet ongulé à 4 pattes.
Ceci est un livre pour les petites choses.
Toutes les petites choses qu'on découvre, qu'on collectionne, les bricoles qu'on fabrique, qu'on nous offre, les bidules qu'on dessine. Mais attention, c'est important il faut que ce soit des petites choses, pour les grandes choses il vaut mieux prendre une boîte c'est préférable.
Enfin, dans ce livre, on a tous les droits, celui de gribouiller, d'écrire, de dessiner, d'agrafer et même de clouer si on veut.
C'est un livre pour soi, où on collecte, coltine des petits riens, des bouts de trucs, mais qui ont des tronches de trésors
Keith Haring a fait et offert ce livre en 1988 à la fille d'un de ses amis.
C'est un petit garçon qui veut aller à l'école. Vraiment. D'abord, il aime l'école mais surtout il aime se lever tôt, sauf que son lit fait tout, absolument tout, pour le retenir.
Le matelas est confortable, la couette est chaude, les draps sont doux et sentent bon la lavande. Franchement, ses parents exagèrent et ne lui facilitent pas la tâche. Mince, s'ils lui avaient jeté des draps râpeux, grattant qui sentent mauvais sur une planche en bois ou du gravier, c'est sûr il aurait quitté ce lit diabolique depuis longtemps.
Le texte douillettement insolent de Martin Page se marie avec délicatesse au moelleux des illustrations de Sandrine Bonini dans ce petit album à offrir à tous les flemmards, les rêvasseurs et les as de la glandouille mais surtout à tous les autres, ceux qui auraient oublié les bienheureux délices peinards de la grasse mat'.
C'est l'histoire d'un roi un peu particulier parce que c'est un roi qui n'a rien (faut dire qu'il vit dans le pays de tout-à-l'envers). Il n'a ni château, ni carrosse, ni or, ni brodequin (juste une coquette liquette à rayure), ni même de trône. Du coup, il reste assis par terre à attendre. Quoi ? Rien.
Un jour, un chat s'arrête et décide d'attendre rien avec lui. Passent un chevalier jeune et fier qui se casse la binette, une dame avec une grosse voix effrayante qui échappe un poisson et un chien trottinant sur le trottoir. Comment se termine l'histoire ? Je ne dirais RIEN mais le roi qui n'a rien finira finalement par dégoter un trésor, une fortune, un vrai pactole... un p'tit rien essentiel qui ne se compte pas en monnaie sonnante et trébuchante.
Charles Dutertre s'amuse à détourner les tapisseries médiévales pour illustrer cette charmante fable un rien nihiliste, mais ô combien fantaisiste et pas du tout consumériste signée Alex Cousseau.
Kalima ça veut dire mot en arabe et imagier livres d'image en français, alors Kalimagier c'est quoi ? Une sorte de couscous-pot-au-feu ou un p'tit Lu parfumé à la fleur d'oranger. Bref, Kalimagier c'est 100 mots, très délicatement illustrés, 50 mots arabes d'origine française et 50 mots français d'origine arabe.
Nénuphar, gazelle, cumin, camion... Les mots sont moins compliqués que les humains, ils voyagent au rythme de leurs envies, se sèment au vent, audacieux, téméraires ils franchissent les frontières, musardent, se mêlent, s'échangent, se partagent au hasard... Al-Zahr...
Jusqu'au moment où je les entends parler de Charles Ingalls. Et de sa fille Laura qui a soi-disant récité un poème l'autre jour qui a fait pleurer tout le monde à l'école. Je me creuse mais je ne connais pas une seule fille qui s'appelle Laura dans notre école et, dans le quartier, je connais la famille N'Dong, la famille Abdelazziz, la famille Absalon, mais aucune famille Ingalls.
- C'est qui Laura Ingalls ? je leur demande.
- La fille de la petite maison dans la prairie ! ils me répondent tous à la fois
Quelle maison ? Quelle prairie ? On habite sans un quartier où il n'ya que des immeubles, un centre commercial et un parking. A croire qu'ils se foutent de moi.
Guillaume a 8 ans et vit dans un quartier populaire de la banlieue bordelaise dans les années 70. Guillaume a 8 ans et il aimerait bien qu'on lui explique pourquoi tout le monde a la télévision sauf lui. Alors pour contrer Tom Sawyer, Zorro, Starsky et Hutch et les supers pouvoirs de Goldorak, sa mère décide de l'emmener au cinéma.
Et Guillaume voit des films, des tas de films, des films trop grands pour lui, des films qu'il ne comprend pas toujours. Mais qu'importe ! C'est dans les salles obscures, enfoncé dans des fauteuils au velours élimé du ciné-club que Guillaume va découvrir le monde : la vie avec Le Voleur de Bicyclette de De Sica, la lutte des classes avec Les Temps Modernes de Chaplin, les filles et le sexe avec Duel au soleil, la violence qui libère avec Scarface de De Palma... Des films qui font pleurer, rire, réfléchir. Des films qui lui montrent le monde tel qu'il est.
Un récit autobiographique tout en émotion, où comme au cinéma (parfois) le rire se mêle aux larmes, et pour comprendre pourquoi E.T. est finalement un héros communiste...
Si, entre 9 et 14 ans, Maxime était fermement décidé à devenir Jimmy Hendrix sinon rien, à 17 ans, il aspire plutôt d'une part, à devenir éditorialiste politique à la radio (ça a l'air moins dur que guitariste de génie et question coiffure c'est quand même moins contraignant) et d'autre part, à revendiquer son indépendance estivale, à savoir que la rando en Corse en famille, ce sera sans lui.
Avec l'aide de sa soeur, une adepte de horse dreaming (une sorte de sport cérébral, couramment pratiqué par les filles de 12 ans, qui consiste à rêvasser devant des photos de chevaux), Maxime parvient à ses fins. En route pour le Kremlin... Bicêtre chez sa grand-mère. Pour Maxime, c'est l'exil à Guernesey, sa datcha dans les steppes avec un jardin, la collection complète des Agatha Christie, un grenier au contenu farfelu (sa grand-mère est une ancienne maitresse d'école et chacun sait que les institutrices gardent n'importe quoi) et enfin, et surtout, un ordinateur tout neuf.
Sauf qu'au final, tout ne se passe pas comme prévu (comme frôler un coma éthylique en mitonnant d'innocentes cerises à l'eau de vie, découvrir un secret de famille et tomber amoureux d'une fille qui a choisi Picachu comme avatar sur Space-book).
Un roman drolatiquement désopilant où un ado livré (malgré lui) à lui-même découvre que devenir un être autonome et s'assumer n'est pas forcément une mince affaire.
Il est des voix qui doivent habiter notre mémoire, des engagements qu'on ne peut oublier.
Ils s'appellent Miquel Quintana, Paquita Merchàn, Ramon Puig ou Matilde Escuder, ils ont vécu les espoirs de la République, la guerre civiles, les désillusions, la retirada, les humiliations, les camps d'internement, les prisons franquistes, l'exil.
70 voix, 70 témoignages sensibles, vibrants, collectés par Progreso Marin, ardent et délicat rafistoleur des trous de mémoire de la grande histoire.
Pour accompagner la lecture de cet ouvrage, le disque d'El Comunero, de Thomas Jimenez, autre rafistoleur...
Dolorès Marin est une femme d'une sacrée trempe.
De cette trempe à qui la vie s'est chargée très tôt d'apprendre à serrer les poings face aux injustices mais qui a décidé de ne jamais courber l'échine, de se tenir droite, de vivre debout.
Le portrait d'une femme prise dans les tourments de la guerre civile espagnole, mais surtout le portrait (forcément sensible puisqu'écrit par son fils) d'une femme militante, insoumise, malicieuse, libertaire et frondeuse... une acharnée de la liberté.
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