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19, rue du Consulat
87000 LIMOGES
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Les coups de cœur de ses libraires

  • Claire Lebreuvaud : Sans la télévision - Guillaume Guéraud - Rouergue, Rodez, France - 01/09/2010

Jusqu'au moment où je les entends parler de Charles Ingalls. Et de sa fille Laura qui a soi-disant récité un poème l'autre jour qui a fait pleurer tout le monde à l'école. Je me creuse mais je ne connais pas une seule fille qui s'appelle Laura dans notre école et, dans le quartier, je connais la famille N'Dong, la famille Abdelazziz, la famille Absalon, mais aucune famille Ingalls.
- C'est qui Laura Ingalls ? je leur demande.
- La fille de la petite maison dans la prairie ! ils me répondent tous à la fois
Quelle maison ? Quelle prairie ? On habite sans un quartier où il n'ya que des immeubles, un centre commercial et un parking. A croire qu'ils se foutent de moi.

Guillaume a 8 ans et vit dans un quartier populaire de la banlieue bordelaise dans les années 70. Guillaume a 8 ans et il aimerait bien qu'on lui explique pourquoi tout le monde a la télévision sauf lui. Alors pour contrer Tom Sawyer, Zorro, Starsky et Hutch et les supers pouvoirs de Goldorak, sa mère décide de l'emmener au cinéma.
Et Guillaume voit des films, des tas de films, des films trop grands pour lui, des films qu'il ne comprend pas toujours. Mais qu'importe ! C'est dans les salles obscures, enfoncé dans des fauteuils au velours élimé du ciné-club que Guillaume va découvrir le monde : la vie avec Le Voleur de Bicyclette de De Sica, la lutte des classes avec Les Temps Modernes de Chaplin, les filles et le sexe avec Duel au soleil, la violence qui libère avec Scarface de De Palma... Des films qui font pleurer, rire, réfléchir. Des films qui lui montrent le monde tel qu'il est.
Un récit autobiographique tout en émotion, où comme au cinéma (parfois) le rire se mêle aux larmes, et pour comprendre pourquoi E.T. est finalement un héros communiste...


  • Claire Lebreuvaud : Podlapin - Cécile Hudrisier | Philippe Jalbert - T. Magnier, Paris, France - 06/07/2010

Quand on est un humain, il n'y a rien de plus terrible que de se cogner le petit orteil au saut du lit... l'équivalent existe pour les lapins à la différence près que c'est se prendre un gland sur la tronche à peine sorti de son terrier qui met en rogne nos amis à grandes oreilles. Bref, c'est enquiquinant, crispant, agaçant, énervant, EXASPÉRANT ! ! Notre lapin-râleur part donc arroser de jurons (délicieusement mis en image sous forme de pictogrammes) toutes les bestioles qui sont sur son chemin de la plus petite à la plus grosse...mais surgit un minuscule poussin qui lui offre un bouquet de fleurs, bien décidé à ne pas s'en laisser conter (des gros mots à la figure).
Un album à hurler de rire, épatant, court, d'une efficacité jubilatoire. Et promis, si vous vous êtes malencontreusement cogné le petit orteil ce matin, courrez chez votre libraire, une bonne tranche de rigolade vous sauvera votre journée !


De Didier Daeninckx à Ingo Schulze, dix auteurs européens pour dix histoires autour d'un seul thème : le mur. Quelque soit l'histoire, un mur est là et questionne : c'est le mur d'une prison, c'est une frontière dans un bois, c'est le mur de la peur qu'un homme riche finit par ériger en tombe autour de lui.
Dix univers différents pour dénoncer l'absurdité, la violence, la brutalité des ces murs construits à travers le monde (États-Unis, Cisjordanie, Zimbabwe, Afrique du Sud...), symboles de peur, de haine, de discrimination et foutus pieds de nez aux droits de l'homme et à la liberté.


  • Claire Lebreuvaud : Un autre visage - Benjamin Zephaniah - Actes Sud junior, Arles, Bouches-du-Rhône - 21/05/2010

«Je suis beau, je suis beau
Un fait tout simple que j'ai appris.
Je te l'affirme, c'est incroyable
Croiser la mort m'a fait grandir.
Regarde-moi, souris-moi, tu as désormais devant toi Ce prodige que l'on nomme un homme»

Plutôt beau gosse, un peu grande gueule, des allures de méchant garçon, Martin est un adolescent bien dans sa peau qui partage sa vie entre ses copains Matthew le taciturne et Mark le comique et une petite amie apprentie mannequin.
Mais un soir, une rencontre hasardeuse, une course poursuite avec une voiture de police, un accident et Martin se retrouve cloué sur un lit d'hôpital le visage gravement brulé, calciné, défiguré. Comment faire face ?

Entre des amis qui fichent le camp, une petite amie qui embrasse un autre garçon, les regards insistants, méchants ou compatissants ? Martin va devoir apprendre à apprivoiser ce nouveau visage avec l'aide d'un psy aux allures de star du rock et la danse hip-hop comme exutoire, Un roman alerte, vibrant signé par Benjamin Zephaniah, unique poète rastafari titulaire d'une chaire à l'université d'Oxford et de Cambridge - et ça mine de rien, ça vous pose un homme...


La prison, Gabriel Mouesca la connait, il y a laissé 17 années de sa vie pour avoir appartenu au groupe basque armé indépendantiste Iparretarrak. Des années au cours desquelles il va dénoncer la promiscuité, les humiliations, le désoeuvrement.
A sa sortie de prison, les engagements de Gabriel Mouesca resteront les mêmes : justice sociale, lutte contre les inégalités, respect du droit de chacun. Ce qui change c'est que désormais il a droit à la parole, il va la faire entendre avec force en devenant président de l'Observatoire International des Prisons, militant avec acharnement pour une prison plus humaine où la priorité serait la réinsertion et non plus l'obsession sécuritaire.
Un roman court, salutaire, complété par des annexes documentaires. Le portrait d'un homme debout face à l'arbitraire, l'inhumanité et la violence du système carcéral français.
Un nouveau titre essentiel qui vient enrichir la (déjà) très remarquable collection "ceux qui ont dit non", dirigée par Murielle Szac.


La prison, Gabriel Mouesca la connait, il y a laissé 17 années de sa vie pour avoir appartenu au groupe basque armé indépendantiste Iparretarrak. Des années au cours desquelles il va dénoncer la promiscuité, les humiliations, le désoeuvrement.
A sa sortie de prison, les engagements de Gabriel Mouesca resteront les mêmes : justice sociale, lutte contre les inégalités, respect du droit de chacun. Ce qui change c'est que désormais il a droit à la parole, il va la faire entendre avec force en devenant président de l'Observatoire International des Prisons, militant avec acharnement pour une prison plus humaine où la priorité serait la réinsertion et non plus l'obsession sécuritaire.
Un roman court, salutaire, complété par des annexes documentaires. Le portrait d'un homme debout face à l'arbitraire, l'inhumanité et la violence du système carcéral français.
Un nouveau titre essentiel qui vient enrichir la (déjà) très remarquable collection "ceux qui ont dit non", dirigée par Murielle Szac.


  • Claire Lebreuvaud : Il l'a fait ! - Ole Könnecke - Ecole des loisirs, Paris, France - 16/03/2010

Voici Burt.
C'est un drôle d'oiseau orange et aujourd'hui Burt va le faire.
Il s'est préparé. Mentalement.
Physiquement, il a tout vérifié.
Il a évalué les risques. "Allez Burt !"
C'est sûr Burt a quelque peu hésité avant de le faire. Juste un peu. C'est pas que ce soit un froussard Burt mais bon fallait oser quand même... et puis tous ses amis étaient là, ils y croyaient. Alors Burt l'a fait.
Un album minimaliste pour faire un pied de nez rigolard aux petites peurs. Et puis si Burt l'a fait... chacun doit pouvoir oser.


  • Claire Lebreuvaud : La soupe aux amandes - Sylvie Deshors - T. Magnier, Paris, France - 16/03/2010

Dans son sac à dos, Ram trimbale une brosse à dents, du dentifrice et du savon. Le tout en modèle réduit, spécial voyage... sauf que Ram ne part pas en voyage.
Ram est un lutin. Un minuscule lutin caché dans un monde trop grand. Un lutin clandestin planqué dans l'immensité de l'aéroport de Roissy. Un lutin sans papiers.
Mais un aéroport c'est pas une maison. Et Ram a appris à jouer les enfants sages, à ne pas se faire remarquer, à faire semblant de partir en voyage pour ne pas se faire embarquer par la police. Heureusement, il y a Ayu, la reine de la soupe géante aux amandes.
Un très joli petit roman, essentiel, à offrir (aux plus jeunes comme aux autres) pour ne pas oublier ces lutins qui ne peuvent aller nulle-part... simplement parce qu'ils n'ont pas de papiers. Des fichus papiers avec des tampons dessus qui donnent le droit de vivre ici.


"Le phénomène social de la xénophobie présent à l'état latent dans toute société humaine ne peut asseoir son empire sur le champ politique que lorsque les élites dirigeantes désignent l'étranger comme un problème." Jerôme Valluy

La création en France en 2007 d'un ministère de l'identité nationale et de l'immigration était-il un simple gadget de campagne éléctorale ? A cette question, chercheurs et spécialistes répondent, montrant que ce ministère est la résultante de l'institutionnalisation d'une xénophobie de gouvernement ancienne, séculaire, qui puise ses racines dans l'histoire coloniale et dans l'émergence des premières politiques anti-migratoires. Une xénophobie qui s'illustre notamment par les traditions de mise à l'écart des populations immigrées à travers l'étude des camps d'étrangers et des foyers de travailleurs migrants.
Un essai érudit, accessible pour apprendre, pour comprendre et contester.


  • Claire Lebreuvaud : Peine maximale - Anne Vantal - Actes Sud junior, Arles, Bouches-du-Rhône - 06/03/2010

Une cour d'assises. Sur le banc des accusés : Kolia, jeune homme jusque là sans histoire, comparaît pour vol et enlèvement sur mineur de moins de 15 ans. Face à lui : le président et ses assesseurs, les avocats, le procureur, les parents de la victime, les témoins, les experts, les neufs jurés, ses deux soeurs Anna et Léna, accusée, elle, de complicité.
Trois jours de jugement. Trois jours d'audiences, de plaidoiries, de réquisitoires jusqu'à la délibération en enfin le verdict. Trois jours où tous les protagonistes prennent la parole, mêlent leurs voix, commentent l'avancée du procès, livrent leurs sentiments, des bouts de leur vie, leurs opinions, leurs émotions, leurs doutes et leurs troubles.
Trois jours plongés au coeur d'un procès.
Trois jours pour se forger une intime conviction.
Un roman noir implacable, impeccable, captivant.


Il est des voix qui doivent habiter notre mémoire, des engagements qu'on ne peut oublier.
Ils s'appellent Miquel Quintana, Paquita Merchàn, Ramon Puig ou Matilde Escuder, ils ont vécu les espoirs de la République, la guerre civiles, les désillusions, la retirada, les humiliations, les camps d'internement, les prisons franquistes, l'exil.
70 voix, 70 témoignages sensibles, vibrants, collectés par Progreso Marin, ardent et délicat rafistoleur des trous de mémoire de la grande histoire.

Pour accompagner la lecture de cet ouvrage, le disque d'El Comunero, de Thomas Jimenez, autre rafistoleur...


Dolorès Marin est une femme d'une sacrée trempe.
De cette trempe à qui la vie s'est chargée très tôt d'apprendre à serrer les poings face aux injustices mais qui a décidé de ne jamais courber l'échine, de se tenir droite, de vivre debout.
Le portrait d'une femme prise dans les tourments de la guerre civile espagnole, mais surtout le portrait (forcément sensible puisqu'écrit par son fils) d'une femme militante, insoumise, malicieuse, libertaire et frondeuse... une acharnée de la liberté.


C'est dans les bas-fonds du Pyrée des années 30 que nous entraîne David prudhomme, là où résonne le rébétiko, cette musique populaire, sociale, contestataire née au XIXe siècle qui chante la douleur de l'exil, la mélancolie, les nuits de débauche et les femmes. Du blues mâtiné aux accents des bouzoukis et des baglamas, joué par des marginaux déracinés, frères d'infortune : les rebètes. Mais sous la dictature du général Metaxas ces traines savates chantants dérangeaient.
Un album magistral.
Et n'en déplaise aux dictateurs rabats joies mais on y goûte avec délice au charme vénéneux de ces cloaques malfamés, on s'y étourdit, on s'y enivre à l'envie en compagnie de ces maestri, ces canailles virtuoses, charmeurs, buveurs, fumeurs de haschich, voyous libertaires avides de tous les plaisirs, des artistes prêts à se damner (et nous avec) pour quelques cordes pincées sur un bouzouki... et ce jusqu'au bout de la nuit.


Marseille, années 50 : des bateaux rentrent d'Indochine où la guerre s'est mal terminée pour la France. D'autres se préparent pour l'Algérie où la guerre d'indépendance commence... Salam et Lucie nés de parents sénégalais, autre pays colonisé par la France, apprennent l'histoire de France "Nos ancêtres les gaulois vivaient dans des huttes en bois. Alors Ousmane, leur père, se fâche et leur raconte l'histoire de Sarraounia qui au début du XXe siècle pris les armes pour repousser l'armée française au Tchad.
Un premier tome sur une page sombre et sensible de l'histoire française, celle de la colonisation. Un album magnifique, essentiel qui titille l'intelligence et l'esprit critique des enfants (si, si ! je vous jure ils en ont... souvent même plus que certaines grandes personnes...) signé par Didier Daeninckx qui s'attache depuis des années à raccommoder les trous de mémoire (fichu boulot...) sinon : "en oubliant notre passé on se condamne à le revivre"...


  • Claire Lebreuvaud : Juke-box - David Merveille - Rouergue, Rodez, France - 21/11/2009

Dans le troquet de David Merveille, on bat la mesure. Chacun son tour, chacun son style, il suffit juste de presser le bouton du juke-box pour que s'en échappe hip-hop, musettes, blues, disco... des cadences endiablées du punk aux douces mélodies de musique de chambre à chacun son goût, à chacun sa rengaine.
Un petit album drôlement chouette et pour ma pomme un zeste de miss Aretha Franklin (Dr Feelgood), un soupçon de Gogol Bordelo (Wonderlust king), une pincée de Boby Lapointe (ça va ça vient)... et une lichette de Ricchi & Poveri (Sara perche ti amo)... parce que comme le dit Bernard la musique est un cri qui vient de l'intérieur...


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