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.. Rose

Couverture du livre Rose

Auteur : Tatiana de Rosnay

Traducteur : Raymond Clarinard

Date de saisie : 04/04/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782350871608

GENCOD : 9782350871608

Sorti le : 03/02/2011

Dans ce nouveau roman "Rose", tant attendu, Tatiana de Rosnay nous livre, à travers le personnage de Rose Bazelet, une belle réflexion sur l'impossibilité de transmettre, allant à l'encontre de tout processus naturel et menant de fait, Rose, vers un combat contre elle-même, renforcé par une promesse faite à son époux défunt, Armand.
Sous le second empire, juste après le coup d'état de Napoléon III, le préfet Haussmann décide de mettre en oeuvre différents travaux d'embellissement dans Paris : diverses petites rues parisiennes seront détruites au profit de grands boulevards. A travers l'évocation de ses souvenirs, Rose a vécu avec son époux Armand dans la maison familiale de ce dernier. Cette maison, située rue Childebert, non loin de l'église de Saint Germain Des-Prés, a rassemblé différentes générations de la famille Bazelet et sera vouée à disparaître suite à un avis d'expropriation de la ville.
A partir de ce moment crucial du roman, les non-dits enfouis dans la mémoire de Rose vont refaire surface et s'intégrer dans l'évocation du souvenir.
Voici en quelques mots le contexte douloureux dans lequel Rose, devra livrer un combat humain, opiniâtre, entre nostalgie qui permet à Rose de cristalliser les moments très heureux de son existence en famille, famille biologique et famille sociale, l'une et l'autre formant un équilibre nécessaire et réalité présente, déchirante, déconnectée de toute continuité avec le passé.
Ainsi, il ne faut pas lire "Rose" comme un roman historique, il faut isoler les éléments de l'Histoire, les identifier comme des bouleversements non naturels et les transposer dans un parcours de vie qui pourrait être le nôtre.
La forme épistolaire de ce roman met en lumière la force de l'instant présent, permettant de résister face à un futur inexistant. On pourrait même tenter une analogie avec le personnage de Zeno se livrant à la réflexion suivante dans le roman d'Italo Svevo "La conscience de Zeno" afin de préciser le rôle essentiel de l'écriture : "Je suis au moins sûr d'une chose : écrire est le meilleur moyen de rendre de l'importance à un passé qui ne fait plus souffrir et de se débarrasser d'un présent qui fait horreur".
Pour conclure, "Rose" est davantage un roman social : les souvenirs de Rose, conjugués à la réalité présente, permettent de mettre l'accent sur la disparition de métiers s'exerçant dans les petits quartiers parisiens (herboriste, blanchisseur...) ainsi qu'un changement des comportements induit par un nouveau façonnage de Paris, plus grand, plus luxueux, passant de relations chaleureuses (amitiés fortes entre Rose et Alexandrine, la fleuriste, M. Zamaretti, le libraire qui participe activement à l'éducation littéraire de Rose en l'initiant aux romans de Flaubert ou Zola et les poèmes de Baudelaire, Gilbert le chiffonnier...) au seul paraître des grands boulevards.
Tatiana de Rosnay fait preuve d'une écriture très fluide et maîtrisée.


Le nouveau Tatiana de Rosnay est arrivé et avec lui une belle réussite ! Cette fois, l'histoire se situe à Paris sous l'ère napoléonienne. C'est durant cette période que la ville que nous connaissons avec ses grandes artères et ses grands boulevards a connu ses plus grandes modifications. Napoléon a voulu un Paris grandiose et a donc ordonné de faire raser des quartiers entiers de la capitale. Rose Bazelet fait partie des gens qui vont devoir quitter leur maison mais elle s'y refuse et fera tout pour la garder, respectant ainsi la mémoire de son défunt mari.
On y retrouve les thèmes chers au coeur de Tatiana de Rosnay, la mémoire des murs et les secrets de famille. Un très bon cru qui se lit d'une traite !


  • Les présentations des éditeurs : 24/02/2011

Paris, sous le Second Empire. Sur ordre du Baron Haussmann des centaines d'habitants sont expropriés et des quartiers entiers réduits en poussière. Loin du tumulte, rue Childebert, Rose Bazelet mène une vie paisible, rythmée par la lecture du Petit Journal, les visites à son amie fleuriste du rez-de-chaussée, les promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit une lettre du Préfet : sa maison, située sur le tracé du boulevard St Germain, doit être détruite. Rose, liée par une promesse faite à Armand, son défunt mari, ne peut se résoudre à quitter la demeure familiale. Déterminée à résister quoi qu'il lui en coûte, elle confie à Armand, son amour disparu, son combat quotidien. De lettres en lettres, elle replonge dans son passé et dévoile peu à peu un secret qu'elle a gardé pendant plus de trente ans.

Dans ce roman épistolaire, Tatiana de Rosnay nous entraîne au coeur d'un monde où les petits métiers - herboriste, relieur, chiffonnier - fleurissaient, et dont il ne reste que les vestiges. Tandis qu'une page de l'Histoire se tourne, Rose devient le témoin d'une époque et raconte le traumatisme suscité par ces grands travaux d'embellissement.

Entre introspection et rédemption, ces lettres rendent hommage au combat d'une femme seule contre tous. Dans cette ode à la capitale, les maisons regorgent de secrets et les murs sont imprégnés de souvenirs.

L'auteur Née en 1961, Tatiana de Rosnay est franco-anglaise. Elle est l'auteur de dix romans. Selon Bookseller, elle a été, en 2010, l'auteur français le plus vendu en Europe. Elle est aussi l'auteur français le plus lu aux États-Unis, où Elle s'appelait Sarah figure depuis plus de deux ans sur la liste des meilleures ventes. Les ventes mondiales de Elle s'appelait Sarah et de Boomerang s'élèvent aujourd'hui à plus de 5 millions d'exemplaires.



  • La revue de presse Karine Papillaud - Le Point du 31 mars 2011

Les secrets, les maisons, la famille et des personnages bien campés font la force des romans de Tatiana de Rosnay. On les redécouvre désormais les uns après les autres, depuis que le succès international de Elle s'appelait Sarah, en 2007, a propulsé celle qui avait été discrètement élevée, en 1992, avec L'appartement témoin, au rang d'auteur français le plus lu en Europe.


  • Les courts extraits de livres : 24/02/2011

Mon bien-aimé

Je peux les entendre remonter notre rue. Un grondement étrange, menaçant. Des chocs et des coups. Le sol qui frémit sous mes pieds. Et les cris, aussi. Des voix d'hommes, fortes, excitées. Le hennissement des chevaux, le martèlement des sabots. La rumeur d'une bataille, comme en ce terrible mois de juillet si chaud où notre fille est née, cette heure sanglante où la ville s'est hérissée de barricades. L'odeur d'une bataille. Des nuages de poussière suffocants. Une fumée acre. Terre et gravats.
Je vous écris ces mots assise dans la cuisine vide. Les meubles ont été emballés la semaine dernière et expédiés à Tours chez Violette. Ils ont laissé la table, trop encombrante, ainsi que la lourde cuisinière en émail. Ils étaient pressés, et je n'ai pu souffrir ce spectacle. J'en ai haï chaque minute. La maison dépouillée de tous ses biens en un si court instant. Votre maison, celle dont vous pensiez qu'elle serait épargnée, ô, mon amour, n'ayez crainte, je ne partirai jamais.
Le matin, le soleil se faufile dans la cuisine, cela m'a toujours plu. Mais sans Mariette pour s'activer, le visage empourpré par la chaleur du poêle, sans Germaine pour grommeler tout en arrangeant les boucles échappées de son chignon serré, cette pièce est aujourd'hui bien lugubre. Avec un peu d'effort, je sentirais presque les bouffées du ragoût de Mariette tissant lentement leur appétissante résille dans la maison. Notre cuisine autrefois pleine de joie est triste et nue sans les casseroles et les marmites scintillantes, sans les herbes et les épices dans leurs petites bouteilles de verre, les légumes frais du marché, le pain chaud sur sa planche à découper.
Je me souviens du jour où la lettre est arrivée, l'an dernier. C'était un vendredi marin. Près de la fenêtre du salon, je lisais Le Petit Journal en buvant mon thé. J'apprécie cette heure paisible avant que ne commence la journée. Ce n'était point notre postier habituel. Celui-là, je ne l'avais jamais vu. Un grand bonhomme osseux, une casquette verte et plate recouvrant ses cheveux de lin. Sa blouse de coton bleu au col rouge semblait bien trop large pour lui. Je le vis porter une main leste à son couvre-chef et tendre le courrier à Germaine. Puis il disparut, et je l'entendis siffler doucement en poursuivant son chemin dans la rue.
Après une gorgée de thé, je suis revenue à mon journal. Ces derniers mois, l'Exposition universelle était sur toutes les lèvres. Sept mille étrangers déferlaient chaque jour sur les boulevards. Un tourbillon d'hôtes prestigieux : Alexandre II de Russie, Bismarck, le vice-roi d'Égypte. Quel triomphe pour notre empereur.


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