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.. Divorces

Couverture du livre Divorces

Auteur : Florence Emptaz

Date de saisie : 20/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : Crème

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 9782234064416

GENCOD : 9782234064416

Sorti le : 02/03/2011

Mères et filles forment un couple particulier dont les sentiments vont de l'amour à la haine. Mais rarement de l'indifférence. C'est pourtant ce que l'auteur va devoir affronter avec une maman impardonnable mais que Florence aime malgré tout, coûte que coûte.
Après "Fêtes des mères" déclaration d'amour à sa maman, voici "Divorces" déclaration d'amour à son papa. Comment après le départ de sa mère, l'auteur va devoir se réinventer une nouvelle vie.
Regard d'un enfant, d'une ado, puis d'une femme sur ce père qui a terriblement souffert de cet abandon.
L'auteur a mis toute sa rage dans ce nouveau livre. Besoin de parler, de mettre des mots sur une souffrance.

Témoignage émouvant et poignant qui amène à une vraie réflexion sur sa propre vie pour affronter nos douleurs présentes et passées.


  • Les présentations des éditeurs : 02/03/2011

«Mon père est accroché au volant, il avance au ralenti, soucieux de ménager ses amortisseurs. Quand il arrive à notre hauteur, j'ai peine à le reconnaître à travers les feuilles du roncier, tant ses traits sont tirés. Il regarde droit devant lui, l'air absent. Il ne nous voit pas - et de mon côté, je ne sors pas de ma cachette. J'aurais pu bondir et courir jusqu'à l'auto, agiter les bras et crier : "Hou, hou, papa, je suis là !" Mais je reste clouée sur place : mon père a la tête d'un homme perdu.»

Dans Divorces, Florence Emptaz dresse le portrait d'un père anéanti par le départ de sa femme. Reclus, parfois violent, il se plonge corps et âme dans le travail pour oublier celle qu'il ne cesse d'aimer et qui ne reviendra pas.

Avec une infinie sobriété, l'auteur cerne la condition des divorcés et de leurs enfants. Elle explore leur mal-être, leurs tâtonnements et leurs dérapages, et tente de répondre à cette question : comment parvenir à se construire sur ce qui, d'abord, vous a détruit ?

Après Fête des Mères, paru chez Stock en 2009, Florence Emptaz signe ici son deuxième récit.

Florence Emptaz est agrégée de Lettres. Auteur d'un essai, Aux pieds de Flaubert (Grasset) et d'un roman, Le Mangeur de chagrin (Le Riffle), elle signe ici la suite de son premier récit, Fête des mères (Stock), paru en 2009.


  • Les courts extraits de livres : 23/02/2011

L'été flamboie. À la ferme des Gautier, où je suis invitée pour la semaine, s'organisent d'interminables parties de cache-cache dans les prés. En cette fin d'après-midi, la chaleur se fait moins mordante, et les jeux sont animés. Depuis une heure, Caroline et moi échappons à Fabienne, sa grande soeur, avec des ruses de Sioux : on se coule silencieusement dans les fossés, on se faufile entre les haies drues et épineuses. Près de la grande allée d'arbres menant à la ferme, un couvert de ronciers nous paraît la cachette idéale. Voilà un moment que nous y sommes au frais, immobiles, attentives au moindre froissement d'herbes, en alerte au moindre souffle.
Soudain, au bout de l'allée, un bruit de moteur accompagne un nuage de poussière. C'est la voiture de mon père qui progresse en cahotant sur les pierres du chemin. Caroline gémit, désespérée. On s'amusait si bien, il va falloir sortir de notre retraite, les vacances ensemble sont terminées. La voiture s'approche, toute poudreuse de terre. Mon père est accroché au volant, il avance au ralenti, soucieux de ménager ses amortisseurs. Quand il arrive à notre hauteur, j'ai peine à le reconnaître à travers les feuilles du roncier, tant ses traits sont tirés. Il regarde droit devant lui, l'air absent. Il ne nous voit pas - et de mon côté, je ne sors pas de ma cachette. J'aurais pu bondir et courir devant l'auto, agiter les bras et crier : «Hou, hou, papa, je suis là !» Mais je suis clouée sur place : mon père a la tête d'un homme perdu.
Il passait me récupérer ; la vie allait reprendre là-bas, forcément différente. La compagnie de Caroline, les jeux insouciants à la ferme m'avaient offert une diversion bienfaisante. La réalité revenait en force, plus moyen d'y échapper, maintenant : à la maison, tout, comme lui, devait s'être décomposé.


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