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Auteur : Tito Topin
Date de saisie : 12/04/2011
Genre : Policiers
Editeur : Rivages, Paris, France
Collection : Rivages Poche
Prix : 8.50 € / 55.76 F
ISBN : 9782743622022
GENCOD : 9782743622022
Sorti le : 02/03/2011
Les rats sont entrés dans Paris ; la grève des éboueurs dure depuis plusieurs mois. Kubitschek vit dans un bel appartement. Ses enfants participent à des manifs. Il recueille Olga, une jeune femme sans boulot, sans domicile. L'emmène à son cercle de jeu assez huppé en la présentant comme sa femme. Commence à jouer. Joue la date de naissance de la jeune femme. Le 22. Gagne mais le club se fait braquer. Les malfrats emportent tout l'argent et les bijoux des membres. Même le faux collier d'Olga. Kubitschek résiste, ne donne pas sa montre. Le braqueur trépigne, menace, lui fiche le canon de l'arme sur la tempe. «Fais pas l'con !» gueule celui qui semble être le chef de bande. Kubitschek reconnaît cette voix ; c'est celle de Georges, l'aîné des deux frères Canetti. Le braqueur frappe Kubitschek, le jette à terre, lui flanque des coups de pied. Les malfrats s'en vont.
Kubitschek est suspecté d'être à l'origine du coup par le commissaire Boniface. «Ils ont piqué les montres de tout le monde sauf la tienne». Kubitschek propose au commissaire un accord : «Je sais qui a fait le coup. Je veux être libre de mes mouvements et je veux m'occuper moi-même de cet enfoiré. Je le bute et ensuite vous m'arrêtez. Deux coups gagnants. En échange vous me dites où je peux trouver ce braqueur.» Commence alors une formidable partie de poker menteur entre Kubitschek et Boniface, car Boniface a des rapports avec les malfrats.
"Tu sais quoi, Kubitschek ? T'as beau porter le smoking pour faire croire que t'appartiens au beau monde, t'es qu'un rat, chez les rats (...) Tu veux faire la guerre à un autre rat et vous allez vous battre à mort partout, dans les égouts, dans les ordures, dans le moindre trou de cette putain de ville qu'est devenue une immense décharge, vous allez vous entre-tuer et il n'y aura aucun survivant, ni dans le camp des perdants, ni dans le camp des gagnants."
Roman noir de chez noir, à l'écriture rapide et nerveuse, aux dialogues acérés. Un polar qui se déguste cul sec.
"Tu sais quoi, Kubitschek ? T'as beau porter le smoking pour faire croire que t'appartiens au beau monde, t'es qu'un rat. Chez les rats, il y a ceux qu'ont les yeux noirs, et il y a ceux qu'ont les yeux rouges et ils ont beau être de la même race, ils ont des comptes à régler entre eux... Et toi, t'es pareil. Tu veux faire la guerre à un autre rat et vous allez vous battre à mort partout, dans les égouts, dans les ordures, dans le moindre trou de cette putain de ville qu'est devenue une immense décharge, vous allez vous entre-tuer et il n'y aura aucun survivant, ni dans le camp des perdants, ni dans le camp des gagnants."
Roman pessimiste et inspiré, à l'écriture nerveuse et aux dialogues enlevés, Des rats et des hommes se situe dans la droite ligne de Parfois je me sens comme un enfant sans mère.
Graphiste, scénariste et «père» du commissaire Navarro, Tito Topin est aussi l'auteur de nombreux romans noirs et policiers.
En tête du cortège, ils évoluent en sarouel vert retenu à la taille par un cordon torsadé de la même couleur, le torse nu, les épaules ondulantes, la tête recouverte d'une cagoule noire zébrée de rouge avec deux fentes en amande pour les yeux et ils se flagellent le dos sur un rythme d'une lenteur tragique. Les fouets ont une douzaine de queues, le manche est en couilles de taureau séchées et tressées, le cuir est parsemé de clous. À chaque coup de lanière la chair se lacère, elle se boursoufle, elle éclate, l'air n'est que sang pulvérisé. Ils marmonnent des chants d'esclaves dans une langue inconnue, la litanie est pauvre, gutturale, scandée à l'infini, il y est question de Dieu et il est dit qu'il est grand. Les schlagues cinglent et claquent à chaque pas, ils marquent la cadence, les pieds nus frappent le sol avec force. Ils marchent, terrifiants, marée puissante, marée noire et marée de sang. Sur leur passage les rats se terrent dans les égouts, s'enfouissent au plus profond des tas d'immondices et les mères rassemblent les enfants et les rassurent du mieux qu'elles peuvent avec des gestes de rates.
Derrière eux, coule et roule une houle de lourds crucifix de métal plantés sur des palanches en bois de chêne, chacune d'elles épaulée par douze gaillards vêtus de rouge et de blanc. Les christs sont d'ivoire, les clous d'argent, les épines d'or, le sang de corail, il s'en dégage une odeur de ferraille, de sueur et de chair meurtrie. La procession louvoie au rythme sec de tambourins andalous que des femmes endeuillées frappent en mesure du plat de la main et elles poussent des gémissements de masturbantes que reprend crescendo le choeur des pèlerins gris attachés entre eux par des cordes rudes en fibres de chanvre. Vient ensuite le flot mouvant de drapeaux rouges avec en jaune les vieux symboles du communisme agonisant et les étoffes claquent au vent au-dessus des poings levés, au-dessus des gorges ouvertes proclamant des mots d'ordre où il est question de Dieu et où il est dit qu'il est grand et qu'il est en colère tandis que des colombes de paix s'envolent dans des fracas d'ailes et portent le message au loin. Suivent des cris des imprécations des galopades pour chasser du cortège une putain égarée, une pauvre fille, jambes nues, jupe courte et maquillage de nuit qu'on insulte et qu'on recouvre de crachats. L'incident terminé, les portraits géants du fondateur de la Scientologie sont hissés haut par des fanatiques courant sur place au pas de gymnastique, tennis aux pieds, pantalons blancs gansés de bleu, chemisettes rayées et canotiers sur l'oreille.
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