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.. Les Amoureux par Peynet : sous le regard amusé de Plantu

Couverture du livre Les Amoureux par Peynet : sous le regard amusé de Plantu

Date de saisie : 27/02/2011

Genre : Arts

Editeur : Assouline, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 9782759405824

GENCOD : 9782759405824

Sorti le : 03/02/2011

  • Les présentations des éditeurs : 27/02/2011

Une image d'Épinal, douce et tendre à souhait, vient immédiatement à l'esprit de tout amoureux de plus de cinquante ans : les Amoureux de Peynet. Illustrateur et dessinateur de presse français reconnu dans les années 1950-1960, Raymond Peynet a créé ses deux petits amoureux en 1942 : caractérisés par un trait léger et des couleurs pastel, ces délicieux petits personnages incarnent un amour tendre, souvent teinté d'une discrète espièglerie.
Ils évoquent un amour heureux et simple, aux grandes déclarations qui riment avec toujours. Et, finalement, ce doux romantisme revient aujourd'hui à grands pas, remettant au goût du jour les dessins, lithographies et gouaches que Peynet a dédié à tous les amoureux.

«C'est là un grand malin qui, pour échapper un peu à la censure, a glissé des tas de choses dans ses dessins, bien protégé par le calme discret de son trait, le calme dessiné d'une pudeur affectée.»
PLANTU


  • Les courts extraits de livres : 27/02/2011

Peynet, une douceur pleine de pièges

Chez Peynet, il y a les yeux, le nez, la bouche et le chapeau : ce sont ses premières signatures. L'arête du nez est dessinée depuis la pointe jusqu'au niveau des sourcils, ce qui est typiquement dans l'esprit d'une certaine époque et que l'on retrouve chez Antoine de Saint-Exupéry, quand il dessine le Petit Prince. Les yeux évoquent une idée d'innocence et la bouche n'est jamais vulgaire - formée d'un petit point ou d'un petit trait. La finesse du trait fait penser que l'on est dans un monde imaginaire, supposé doux et amoureux. On est également à une époque où le dessinateur peut prendre son temps et invite celui qui regarde le dessin à y passer du temps. Peynet recourt aussi parfois aux pastels et gouaches (comme quand on était enfant) pour créer des univers chaleureux et reposants. De nos jours, on utilise de moins en moins ces matériaux : baignant dans le monde d'Internet et de Photoshop, on ne sait plus ce qu'est une gouache...
Nous sommes, ici, bien avant les "années Charlie" : on ne voit aucune dent ou langue - considérées comme très vulgaires à l'époque. Mais, chez Peynet, comme par exemple dans le dessin ci-contre, nous avons affaire à des "dessins-pièges" : nous sommes piégés par la douceur de l'environnement - ici, le petit personnage collectionne les petits traits de la pluie ; peut-être va-t-il les laisser s'échapper... "Je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout..." Avec le kiosque des amoureux à l'arrière-plan, et le petit oiseau abrité sous la chaise, on reste toujours dans la douceur, la tendresse et l'amour supposés, mais cet amour prétendu est toujours accompagné de quelque chose de caustique, qui n'est pas si innocent que cela. C'est là un grand malin qui, pour échapper un peu à la censure, parvient à glisser des tas de choses dans ses dessins, bien protégé par le calme discret de son trait, le calme dessiné d'une pudeur affectée.
Ainsi, en 1961, l'hebdomadaire satirique Hara-Kiri avait été interdit pour avoir montré des seins dans son journal. À Peynet, on pardonne tout, car tout est gentil et tout est propre : il s'intéresse aux seins car ils sont jolis et qu'il faut les dessiner; mais il ne sait pas forniquer - il ne sait que suggérer quelque chose qui est l'amour supposé. Il nous fait croire (alors que personne n'est dupe) que les amoureux vont peut-être passer un jour à l'acte mais, en attendant, il suggère seulement de manière doucereuse cet acte amoureux qu'on ne verra jamais. C'est pourquoi les Japonais apprécient ses dessins, car rien n'est jamais frontal : il n'humilie, ni n'agresse jamais celui qui regarde ses images : les femmes sont respectueuses, les yeux baissés... ; un oiseau repose sur une poitrine discrètement opulente ; des seins totalement nus paraissent innocemment dans le décor ; un visage de femme entièrement caché sous un chapeau cloche attire tout naturellement le regard sur ses jambes et son déhanchement marqué... Le plus important, finalement, est ce que le lecteur va imaginer et Peynet fera toujours semblant de s'en étonner !...

Plantu


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