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.. Roman de l'au-delà

Couverture du livre Roman de l'au-delà

Auteur : Matthias Politycki

Traducteur : Alban Lefranc

Date de saisie : 14/04/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Jacqueline Chambon, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782742796717

GENCOD : 9782742796717

Sorti le : 27/02/2011

  • Les présentations des éditeurs : 31/03/2011

Il est parfois des matins où l'air déjà tiédi, la lumière dorée augurent bien de la journée. C'est ainsi que le Pr Schepp, entrant dans son bureau d'humeur joyeuse, reste figé d'effroi en découvrant, assise à sa table de travail, sa femme immobile, inanimée, morte. Une mort qui le ramène quarante ans en arrière, à l'époque de leurs fiançailles. Influencés sans doute par le tableau d'Arnold Böcklin, ils avaient fait un serment : le premier qui mourrait attendrait l'autre sur le rivage, afin de rejoindre ensemble l'île des morts. Mais à mesure que les heures passent, alors que déjà les ombres s'allongent et qu'une odeur douceâtre envahit sournoisement la pièce, le professeur, toujours plongé dans le manuscrit que corrigeait son épouse, découvre, atterré, une femme tout autre qu'aimante, une étrangère. Qui ne l'attendra plus dans l'au-delà.

Matthias Politycki, né en 1955 à Karlsruhe, vit à Hambourg et à Munich. Il est l'un des plus grands poètes allemands actuels et, sauf un roman d'avant-garde et des nouvelles, il a écrit peu d'oeuvres de fiction. Roman de l'au-delà réunit avec bonheur sa sensibilité poétique à une vision romanesque très personnelle.



  • La revue de presse Pierre Deshusses - Le Monde du 14 avril 2011

Politycki, auteur né en 1955 et qui n'en est pas à son coup d'essai, parvient à éviter la convention du pathos dans ce sujet délicat ; il joue adroitement avec les différents niveaux du récit jusqu'à la scène finale qui rembobine tout le fil de la narration.


  • La revue de presse Francine de Martinoir - La Croix du 30 mars 2011

Saisi par la mort de sa femme, un homme va relire leur histoire d'amour et ses secrets. Un beau roman écrit par l'un des grands poètes allemands de notre temps...
À travers son récit, Matthias Politycki a su lier les détails concrets - la belle matinée d'automne dans la bibliothèque d'un universitaire allemand sinologue, la lumière jaune sur les livres -avec les échappées de la mémoire et de l'imaginaire et les grandes figures symboliques, permettant à la narration de se déployer à la fois dans le passé et l'avenir d'un couple...
Et le retournement des dernières pages, qui n'est pas un simple rebondissement de l'action ou une pirouette de conteur, donne à cette belle fiction une nouvelle profondeur de champ.


  • Les courts extraits de livres : 04/03/2011

Si seulement il n'y avait pas eu cette odeur ! Comme si Doro avait oublié de changer l'eau des fleurs, comme si les tiges avaient commencé à pourrir pendant la nuit et ajoutaient maintenant à l'air un relent aigre-doux. Schepp la sentit sur-le-champ, cette altérité décente qui l'attendait au milieu de ses habitudes et déséquilibrait la matinée délicatement. De l'autre bout de sa chambre, l'automne entrait à flots, aujourd'hui encore, et transformait chaque objet en un reflet cuivré ou d'or jaune - la chaise longue dans le coin, une seule tache de couleur fondue - il faudrait ouvrir une fenêtre pour laisser ressortir toute la lumière, plus tard. Debout, Schepp clignait des yeux, immergé dans un univers fluide d'ornements de moulures et de tapisseries, d'étagères de livres, de fauteuils recouverts de soie ; en cherchant à tâtons ses cheveux sur son crâne chauve, il put vérifier qu'il était un homme heureux.
D'autant plus en regardant Doro, dont il avait découvert à présent les cheveux relevés sur le dossier du fauteuil du bureau, une tache d'un noir argenté, et sur le côté un bout du kimono qu'elle aimait tant porter quand elle était assise à son bureau et corrigeait ce qu'il avait écrit la veille. Depuis que les enfants avaient quitté la maison, elle avait fini par reprendre son ancienne profession ; et cela lui convenait parfaitement, puisque non seulement il se couchait tard, mais il se levait tout aussi tard le matin. Quand Doro s'était une fois de plus endormie sur ses corrections, coincée comme aujourd'hui dans une position oblique entre la table et le fauteuil, il lui arrivait souvent de secouer la tête, car il aurait été incapable de mettre des mots sur tout cela.
Étrange pourtant, alors qu'autrefois il la retrouvait régulièrement ici, depuis son opération il n'avait presque plus rien écrit, n'y avait-il plus rien à corriger ? Je suis toujours dans mon rêve, se convainquit-il, quand il posa doucement ses pas dans les motifs du parquet, en avançant vers le soleil et le bureau et le vase à terre contenant les glaïeuls pourrissants et Doro.


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