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Auteur : Nelly Dumouchel
Date de saisie : 16/03/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : L'Harmattan, Paris, France
Prix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 9782296139954
GENCOD : 9782296139954
Sorti le : 24/02/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Une bibliothécaire à la retraite qui a toujours aimé manier la plume et le pinceau.
Côté pinceaux : aquarelles, surtout de paysages tout en regrettant de ne pas avoir assez de talent pour le portrait.
Côté plume : quelques nouvelles policières (éditées), des romans policiers ou d'espionnage (non édités, un conte pour enfant illustré de dessins (non édité) et enfin, ce livre retenu par l'Harmattan :
Au temps du canal de Panama
premier et sans doute unique roman historique vu mon jeune âge !
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Sans nier le scandale attaché à l'entreprise de Lesseps, ce roman retrace l'épopée des ingénieurs et de leurs collaborateurs qui avaient chevillé au corps la certitude de ceux qui, oeuvrant pour le bien public, soulèvent l'enthousiasme des peuples et participent à la gloire et au renom du pays.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
... Il nous reste de tout faire afin que tant de sueur, d'énergie, d'enthousiasme n'aient pas été dépensés en vain... (Dixit Henri Lantier, directeur général des travaux, p. 257).
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Celle d'une rare puissance de Wagner et en particulier La Walkyrie. En effet, comme Wotan cédant sa place à son fils Siegfried, les pionniers connaissent les affres du renoncement, cependant ils refusent de s'effacer complètement et jusqu'au bout ils luttent pour que «leur canal» s'inscrive à jamais dans le paysage de l'isthme.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ma curiosité pour les «oubliés» par l'Histoire officielle et la presse de toutes les époques. Cette dernière se gausse des politicards et autres hommes de paille et la première martèle les noms des «Pères la Victoire» ou généraux plus ou moins planqués oubliant les vrais héros que Bertrand Tavernier a su si bien ressusciter dans son beau film "La vie et rien d'autre".
De la vie parisienne à la touffeur des tropiques et à travers Arnaud Bressac et ses collègues, ingénieurs talentueux, ce livre retrace ce que fut réellement l'épopée du canal de Panama, considérée comme un échec et qui, à l'évidence avec un gouvernement moins frileux, aurait dû être une réussite française.
Ces hommes d'exception furent secondés par des ouvriers venus de tous côtés, mais furent également escortés par de belles et attachantes figures féminines. Ils plongent le lecteur dans la fièvre haletante de la fin du XIXe siècle, temps des grandes Expositions Universelles, des hardiesses technologiques et tant d'autres sources de progrès soulevant l'enthousiasme des peuples et, en particulier, celui d'une France décidée à reprendre sa place dans le concert des grandes nations et ne jurant que par ses grands hommes : monsieur de Lesseps et monsieur Eiffel.
Bibliothécaire à la retraite, normande d'origine, Nelly Dumouchel a écrit quelques nouvelles policières publiées dans des revues spécialisées.
Néanmoins, ses années de découvertes en bibliothèque l'ont poussée à se pencher sur des pans de l'histoire souvent occultés. Elle espère donner aux lecteurs l'envie de découvrir ces oubliés de l'histoire.
Bressac en son domaine
En cet été de 1888, un homme, le pantalon dans ses bottes, se tenait sur un promontoire en pleine forêt tropicale du Darien. L'homme était grand. Son vêtement léger imprégné de sueur soulignait un corps rompu à la pratique de tous les sports. Il s'appelait Arnaud Bressac. Sur ses cartes de visite, il faisait suivre son titre d'ingénieur à la Compagnie du canal interocéanique de Panama de la mention : ingénieur en chef à la Culebra, qualification dont il était fier.
Bien que situé au point le plus bas de la cordillère des Andes, le chantier de la Culebra n'en constituait pas moins le point névralgique dont la réussite commandait celle de tout le canal. C'était Henri Lantier, directeur général des travaux, qui trois ans plus tôt avait nommé Bressac à ce poste. A cette époque, les travaux étaient encore en plein tâtonnement, particulièrement dans la partie montagneuse du tracé adopté par le Congrès géographique de 1879. Dans ce secteur, les pionniers devaient se mesurer à une fraction de l'espèce de digue décharnée et volcanique dressée par les cataclysmes géologiques au-dessus des terres basses. Digue amarrant si fort l'Amérique du Nord à l'Amérique du Sud que les Panaméens l'ont surnommée «el lapon».
Décidé à venir au bout de ce bouchon, Bressac avait combiné son art d'ingénieur à la stratégie et à l'ingéniosité acquises près de Franz Schlieman, vétéran de Suez, chef d'une envergure peu commune, sous la férule duquel il avait fait ses débuts. Il y avait associé la force humaine de deux mille ouvriers à celle mécanique du matériel moderne et performant mis par la Compagnie à la disposition des pionniers. Peu à peu, adoptant une évacuation inhabituelle des déblais, il avait renversé la situation. A l'instant, comme il le faisait régulièrement, du regard, il mesurait les progrès accomplis dans un combat acharné et quotidien contre les éléments. En une véritable fête de la lumière, le soleil avait d'un coup effacé les constellations. Renonçant à pénétrer la forêt épaisse, il avait plongé ses rayons jusqu'au fond de la tranchée cyclopéenne faite de main d'homme, anéantissant la clarté des lampes à arc mises en batteries pour les équipes de nuit. Il y eut un bref et relatif silence. Les travailleurs nocturnes allaient passer le relais à leurs collègues de jour.
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