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Auteur : Jacques Marile
Date de saisie : 09/03/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Publibook.com, Paris, France
Prix : 20.01 € / 131.26 F
ISBN : 9782748360547
GENCOD : 9782748360547
Sorti le : 31/01/2011
Un homme sur le déclin. Confronté au tourbillon de la capitale. Retraité, Hector ne fait plus rien et regarde ses congénères s'activer... Le but de tout cela ? Aucun. Dans cette masse grouillante de Parisiens hyperactifs, une femme, qui oublie son portefeuille dans une cabine téléphonique. Hector se dit alors que récupérer l'objet pour le rendre à sa propriétaire occupera sa journée. Il court, rattrape la silhouette... la rencontre bouleversant dès lors le cours de sa vie. Pas amoureusement, mais à un degré plus profondément humain. Une de ces rencontres inattendues, qui vous donnent un motif pour vivre un peu plus, ou au moins pour survivre.
Lorsque l'on découvre Hector, l'image des âmes misanthropes et brisées de Céline apparaît. Une philosophie et une situation initiale que va peu à peu renverser cette oeuvre, à travers un héros qui parvient à trouver la rédemption au cours d'un voyage au bout du monde, au coeur de la misère philippine. Entre roman initiatique et étude d'une société gangrenée, suivez le chemin d'Ezida et Hector, personnalités antithétiques mais dans lesquelles chacun de nous pourra retrouver au moins une facette de la sienne.
Alors, on va faire, faire ça, à nouveau avaler les jours, regarder devant le paquet d'années qui restent, démoralisant, pas besoin de savoir. De toute façon on est cuit... l'on s'en va d'un coup, sans prévenir, ou à petit feu, t'as pas le choix !
Hector, en état de somnolence avancée regardait l'horloge placée dans la bibliothèque qui égrenait ses tic-tacs, impassible machine. Elle avait une idée fixe : souligner l'absurdité du temps implacable. Lassé de l'entendre, il enfila sa veste, s'installa dans ses godasses, et il déambula dans les rues, bousculé comme à l'habitude. Ce jour-là, c'était un jeudi, Hector s'en souvient précisément. Les autobus, se croisaient en tous sens dans un air déjà saturé de saloperies vomies par les tas de ferrailles. Leurs propriétaires vaniteux, portable à l'oreille, s'impatientaient d'arriver à une improbable mais importante réunion dont le but inavoué consistait à s'efforcer de piquer du fric à un autre naïf, qui lui-même appliquerait la même recette à un congénère. Hector n'attachait plus aucune importance à tout cela. Il contemplait cette fébrilité avec le détachement d'un Dalaï-lama assistant à un concert de Johnny Hallyday. Hector s'ennuyait, un ennui tenace qui colle à la peau lorsqu'aucun événement ne vient perturber la monotonie des jours. La vie s'écoulait ainsi, comme pour tout le monde. Bouffer, boire (de plus en plus) dormir (de moins en moins). Tout ce bric-à-brac on s'y accroche, on n'a pas une seule vie de rechange, et on a peur du trou final que l'on escamote.
Passées toutes les années «utiles» on s'aperçoit que plus personne ne fait attention à votre existence. C'est le gommage progressif, implacable, jusqu'au néant. Ce jeudi-là, Hector vérifia dans cet océan de vide qu'un sursaut pouvait encore se produire.
Il avait enduré plus de jours que ceux à venir, rien à attendre qu'un horizon de désespoir installé dans la grisaille quotidienne, rien qu'un hurlement dans le coeur, une rage de cafard. Enfin apercevoir une lueur dans sa misère quotidienne ?
Alors, si quelque sourire pouvait lui faire oublier sa vacuité. De loin, sa silhouette pouvait faire illusion, toujours svelte, les plis de l'âge se remarquaient moins vus de loin, et il tenait peu de place dans l'autobus.
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