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.. La voisine de palier

Couverture du livre La voisine de palier

Auteur : Henri Troyat

Date de saisie : 24/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 9782877067058

GENCOD : 9782877067058

Sorti le : 16/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 24/03/2011

Elles sont deux. C'est l'histoire d'un couple. Appoline a soixante-cinq ans, elle vit à Paris, très isolée, retranchée dans son antre de la rue Guénégaud. Depuis que son mari l'a quittée, il y a une vingtaine d'années, elle cherche surtout à éloigner les importuns.
Dans le même immeuble, au même étage, dans l'appartement d'en face, vit une comédienne qui n'est plus toute jeune, n'a jamais vraiment réussi, se contente de petits rôles dans des spectacles de quinzième zone, participe à des tournées, fait des doublages.
Entre les deux femmes se noue une étrange relation, qu'on peut appeler amitié.
«Suis-je la mère ou l'enfant, dans le couple étrange que nous formons, elle et moi, à notre insu ?»
La Voisine de palier est le roman de la solitude féminine, de l'espoir et de la résignation, de l'âge qui vient, des amitiés trompeuses et des égoïsmes inconscients, des maisons de retraite dont on a peur, mais où l'attachement à la vie peut faire trouver un certain bonheur.
Il y a aussi le chien Disco qu'on a été prendre à la SPA dans l'espoir d'avoir un compagnon et qu'on ramène à Gennevilliers le jour où la vie commence à devenir trop difficile.
«Même les chiens, les chats, les fourmis ont un destin qui leur est imposé d'en haut et auquel ils doivent se soumettre. Chacun a son chemin tout tracé, ici-bas. Subir est le fin mot de toutes les agitations des hommes et des bêtes sur cette terre...»

Né en 1911 à Moscou, Henri Troyat s'est éteint, en 2007, en France, où il vivait depuis 1920. Profondément marqué par les récits de ses parents sur la Russie d'avant 1917 et par son enfance de Russe blanc, il a écrit plus d'une centaine de romans (Aliocha, Le Fils du satrape, Namouna ou la Chaleur animale...) et de grandes sagas romanesques (Les Semailles et les Moissons, La Lumière des justes...). En 1938, il obtient le prix Goncourt pour L'Araigne. Il est également le biographe de romanciers russes - Dostoïevski, Pouchkine, Tolstoï... - et français - Baudelaire, Flaubert, Maupassant, Zola. Son dernier roman La Traque est paru en 2006 (Grasset) ; sa dernière biographie est consacrée à Boris Pasternak (Grasset, 2006).


  • Les courts extraits de livres : 24/03/2011

J'aurais pu y rester ! Voilà ce que c'est que de vivre seule. Mais c'est plus fort que moi ! Je ne suis heureuse que retranchée dans mon antre de la rue Guénégaud. L'isolement où je me suis volontairement confinée fait mieux que me protéger contre les importuns de tout acabit, il me permet de juger plus sereinement et de plus haut ceux qu'il est convenu d'appeler mes semblables. Il suffit que je subodore un motif de bas intérêt dans leurs actions en apparence les plus généreuses, pour que les faits me donnent raison. J'en éprouve la satisfaction d'un chercheur dont les calculs abstraits ont été confirmés par l'expérience. Cette attitude n'a rien à voir avec une quelconque misanthropie. Disons plutôt qu'il s'agit d'un jeu. Le plaisir de miser sur le noir et de gagner à chaque coup. Or, il y a trois semaines environ, j'ai été victime d'un grave malaise. A la suite d'une banale bronchite, j'ai été secouée par une toux si déchirante et par de tels accès de fièvre que j'ai cru y passer. Parcourue de frissons, incapable de me mouvoir, je regardais désespérément les objets familiers de ma chambre qui, subitement, avaient émigré hors de ma portée. Le téléphone se trouvant sur mon bureau, devant la fenêtre, je voulus me lever pour aller jusqu'à lui. Mais dès les premiers pas je fus saisie de vertiges, perdis l'équilibre et tombai de tout mon poids sur le parquet. Le front endolori, les reins brisés, la bouche haletante, j'entendais comme à travers une distance de brumes et de nausées. Des rumeurs confuses, venant d'un monde évanoui. Je pensais que j'étais morte et cette perte de conscience m'était, somme toute, assez agréable.
Je me réveillai dans un lit d'hôpital. Là, on m'apprit que j'avais passé quarante-huit heures dans un état semi-comateux, étendue sur le plancher de ma chambre, et que ma voisine de palier, que je connais à peine, une vague comédienne nommée Étiennette Beauchamp, voyant que, depuis trois jours, mon courrier et les journaux auxquels je suis abonnée s'amoncelaient tels quels devant ma porte, s'en était inquiétée et avait alerté la police, le Samu et même un serrurier. Résultat : j'ai été transportée en ambulance au service des urgences, à Cochin. On y a diagnostiqué une broncho-pneumonie, aggravée, dès le début, par le manque de soins. A peine avais-je repris connaissance que j'exigeai de rentrer chez moi. Les médecins s'y opposèrent. Je fus condamnée à poursuivre ma convalescence sous leur contrôle, gavée de médicaments et trimbalée de service en service pour divers examens indispensables. Je dus attendre six grands jours l'autorisation de regagner mon domicile. En retrouvant mon modeste logis de deux pièces, je me sentis presque guérie et regrettai le remue-ménage que j'avais provoqué dans l'immeuble, moi qui ai toujours vécu dans la discrétion et la méfiance.


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