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Auteur : Henri Troyat
Date de saisie : 03/03/2010
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 21.50 € / 141.03 F
ISBN : 9782246681618
GENCOD : 9782246681618
Sorti le : 06/04/2005
Fasciné par la vie tumultueuse et féconde d'Alexandre Dumas, Henri Troyat a voulu décrire à la fois la trajectoire pleine de rebondissements d'un génial forçat de l'écriture et réhabiliter un personnage adoré par les uns et décrié par les autres. Né le 24 juillet 1802, à Villers-Cotterêts, fils du général Davy-Dumas qui meurt quand n'a que quatre ans, Alexandre Dumas est un enfant turbulent qui a plus de goût pour la nature que pour l'étude. Clerc de notaire à quatorze ans, il vient chercher fortume à Paris en 1822 et conquiert la notoriété littéraire avec Henri III et sa cour (1829), drame qui annonce la révolution théâtrale romantique. Shakespeare et Schiller sont les modèles que se choisit le jeune Alexandre Dumas qui commence à écrire pour le théâtre : (Antony 1831 ; La Tour de Nesle, 1832 ; Kean ou Désordre et Génie, 1836). Puis, avec Le Comte de Monte-Cristo, 1844, il aborde le roman et connaît d'emblée, un succès populaire qui n'allait plus se démentir. Publiés le plus souvent sous la forme de romans-feuilletons, paraissent Les Trois Mousquetaires, 1844, suivi de Vingt Ans après, 1845 et du Vicomte de Bragelonne, 1848-1850 ; ces romans se situent à l'époque de Louis XIII, tandis que La Reine Margot, 1845, La Dame de Montsoreau, 1845 et Les Quarante-Cinq, 1845, se déroulent lors des guerres de Religion. Dans Les Mémoires d'un médecin qui comportent quatre romans : (Joseph Balsamo, 1849 ; Le Collier de la reine ; Ange Pitou ; La Comtesse de Charny 1860) la trame historique s'étend du règne de Louis XV à la Révolution.C'est sans doute parce qu'il n'est pas un érudit et qu'il s'entoure de nombreux collaborateurs (ses «nègres»...) qu'Alexandre Dumas suscite encore aujourd'hui des réticences chez les amateurs de beau style et de pensée profonde.Dans cette biographie, Henri Troyat a voulu explorer la superbe «cuisine» de l'inspiration et de l'écriture d'un auteur prolifique et enthousiaste, habile à camper des personnages inoubliables, entraînés dans des intrigues mouvementées par leur goût de l'action. Pour Henri Troyat, Alexandre Dumas est un véritable écrivain pour qui vivre et écrire sont les deux aspects d'une même activité dévorante dont il se fit l'esclave : il meurt, terrassé par une attaque cérébrale à soixante-huit ans.
Né en 1911 à Moscou, Henri Troyat s'est éteint, en 2007, en France. où il vivait depuis 1920. Profondément marqué par les récits de ses parents sur la Russie d'avant 1917 et par son enfance de Russe blanc, il a écrit plus d'une centaine de romans (Aliocha, Le Fils du satrape, Namouna ou la Chaleur animale...) et de grandes sagas romanesques (Les Semailles et les Moissons, La Lumière des justes...). En 1938, il obtient le prix Goncourt pour L'Araigne. Il est également le biographe de romanciers russes - Dostoïevski, Pouchkine, Tolstoï... - et français - Baudelaire, Flaubert, Maupassant, Zola. Son dernier roman La Traque est paru en 2006 (Grasset) ; sa dernière biographie est consacrée à Boris Pasternak (Grasset, 2006).
On l'aime parce qu'il a vécu comme il n'est pas permis de l'espérer. On l'aime parce qu'il a écrit sur tout ce que l'on eût aimé faire, et que lui s'est permis de faire et d'écrire. On l'aime aussi parce qu'il a écrit sur les femmes. Il n'a pas une Mathilde comme Stendhal, une Emma comme Flaubert, une Eugénie comme Balzac : il en a trente-six ! Sa comédie française nous évoque la Comédie humaine. On y croise Sylvandire, la dame de Monsoreau, Olympe de Clèves, la San-Felice, Catherine Blum, la marquise de Gages, Mme Lafarge...
«Dumas est si grand, si divers, si riche de contradictions, écrit Henri Troyat dans son solide et roboratif Alexandre Dumas... Dumas était donc l'homme qui aimait les femmes. Un génie de la vie, disait George Sand. Hâbleur, menteur, trousseur, il fut toujours sans peur mais jamais sans reproche. Bayard avait des failles, car ce distrayant dissimulait un dissipateur. S'il cherchait une image de sa mère à travers ses conquêtes, il ne prit jamais une conquête pour sa mère. Il était Defoe, Vatel, Dostoïevski, à la fois. Un boulimique insatiable. Son impertinence libérait l'Histoire. Après avoir été Roméo, Falstaff réclamait des Ophélie, même s'il ne fut jamais Hamlet. Son oeuvre, comme le soulignait Hugo, éblouissait. Vigny, Stendhal, Garibaldi en témoignèrent. Et, selon M. Troyat, il a parfois transformé l'Histoire de France en mythologie...
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