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Vibeke et Jon, mère et fils, viennent de s'installer dans un endroit situé au nord de la Norvège. C'est la veille des neuf ans de Jon et un cirque ambulant est venu au village. Jon sort vendre des billets de loterie pour son club sportif, et Vibeke se prépare pour aller à la bibliothèque. Lors de cette nuit séparée, Jon ne peut pas s'empêcher de penser à un train qui arrive en roulant dans ses pensées, et pendant ce temps Vibeke passe mentalement en revue tous ceux qu'elle connaît, se demande si ce pourrait être l'un d'eux, l'homme de sa vie. Hanne Ørstavik fait émerger dans un implacable rouage une forte tension et nous livre en peu de pages un roman poignant en usant d'une langue juste et précise. À la fin du roman on rembobine le fil pour attraper le commencement. Rarement une histoire aura fait l'objet d'une telle introspection, de l'autopsie aussi rigoureuse d'une mère et d'un enfant qui se perdent.
HANNE ØRSTAVIK, née en 1969, est l'une des voix les plus importantes de la littérature norvégienne. En 2002, elle a reçu le prix Dobloug pour l'ensemble de son oeuvre. Amour est. considéré en Norvège comme un classique parmi les romans contemporains. Il est traduit dans une quinzaine de langues. En 2008, aux Allusifs paraissait son précédent roman La Pasteure.
«Dans un style sec sans être aride, Hanne Ørstavik crée l'émotion, et maîtrise l'originalité du fond et de la forme d'un roman qui est celui de la quête du sens de la vie.» Pierre-Robert Leclercq /Le Monde des Livres
La revue de presse Christine Ferniot - Télérama du 16 mars 2011
Hanne Ørstavik réussit à décrire chaque geste des personnages et fait ressentir l'oppression d'un monde blanc, glacial, morbide... Amour confirme le talent singulier de cette écrivaine (née en 1969) qui, dans ses huis clos, décrit sans effets l'engrenage de la solitude et de l'incommunicabilité.
La revue de presse Marie de Cazanove - La Croix du 16 mars 2011
Hanne Orstavik signe un roman glaçant mais brillant sur la solitude...
Hanne Ostarvik balade son lecteur, le malmène, lui laissant imaginer la suite des événements avant de se rétracter et d'en inventer une tout autre, forcément différente mais pas rassurante pour autant, jusqu'à la fin. «Dans la terre, sous la neige, vivent des souris, pense l'enfant dans le confort de sa chambre au début du récit. Elles se rendent visite, peut-être s'apportent à manger.» Comme si les animaux devaient faire preuve d'une solidarité qui échappe parfois aux humains.
La revue de presse Xavier Houssin - Le Monde du 17 mars 2011
Il n'existe pas deux cristaux de neige semblables. Plaquettes, étoiles, colonnes, aiguilles, dendrites... Au-delà même de leur forme qui change avec le froid, tous sont différents. Même ceux qui se ressemblent. Un rien les distingue. Quelques striures supplémentaires, un creux à la naissance d'une branche...
Amour est un roman qui étreint. Hanne Ørstavik déroule en séquences brèves comment la mère et le fils, ce soir-là, se retrouvent et comment ils se perdent, sans bien le faire exprès. Ils ont dîné ensemble, somnolé peut-être, sans s'en apercevoir, chacun de leur côté. Il est toujours tard pendant cette saison...
Toutes ses phrases sont suspendues aux moments. Aux gestes minuscules, aux immédiates sensations. Là où se niche la vérité de ce qui ne peut pas se dire. "Les sons deviennent si légers", écrit-elle. Dans la neige.