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.. Balade en Bretagne Nord : Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor, Finistère Nord

Couverture du livre Balade en Bretagne Nord : Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor, Finistère Nord

Auteur : Marie-Christine Biet

Préface : Erik Orsenna

Date de saisie : 30/03/2011

Genre : Guides Tourisme, Voyages

Editeur : Alexandrines, Paris, France

Collection : Sur les pas des écrivains, n° 36

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 9782912319456

GENCOD : 9782912319456

Sorti le : 19/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 02/04/2011

Imaginons une terre qui a engendré le roman européen et le romantisme, une terre de légende(s) où sont nés des écrivains majeurs d'hier (Souvestre, Renan, Guilloux, Guéhenno...) et d'aujourd'hui (Mona Ozouf, Michel Le Bris, Hervé Hamon, Yvon Le Men...), une terre d'inspiration pour Balzac, Hugo, Loti...

Imaginons des falaises, des plages et des forêts arpentées par Victor Segalen, Colette, Jean Grenier, Kenneth White, Erik Orsenna...

Puis voyageons en Bretagne sur les pas de ces écrivains, et laissons-nous charmer par l'esprit des lieux en écoutant es savoureux récits de leur vie.

Car, comme dit le poète, la littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage.

Erik Orsenna est écrivain et membre de l'Académie française.

Cet ouvrage est dirigé par Marie-Christine Bief.
Diplômée d'architecture, Marie-Christine Biet est journaliste, auteure d'ouvrages sur la Bretagne, et enseignante.


  • Les courts extraits de livres : 02/04/2011

Extrait de la préface de Erik Orsenna

Merci à la côte nord

Il me semble bien n'avoir, durant mes premières années, vécu que pour l'Ouest.

Dix mois, je m'ennuyais à Paris. Et puis revenait l'été. Nous partions par la nationale 12, dans une voiture qui s'appelait Frégate ou Chambord. Sitôt dépassé Rennes, je respirais mieux. Mais la vraie vie recommençait à Paimpol et gagnait en intensité à mesure que nous nous rapprochions et que l'air sentait plus l'iode. Qui ne connaît pas, juste après Ploubazlanec, la descente de l'Arcouest, avec vue sur l'archipel de Bréhat, n'a encore du bonheur géographique qu'une expérience très restreinte.
Je dois à ces lieux bénis par les divinités celtes l'écrivain que je suis. Toute île est une prison, puisque entourée par -des douves profondes. Mais c'est une formidable machine à imaginer puisque le vide cerne. Et par jours, ou surtout par nuits, de tempête, c'est un bateau : on la sent se décrocher, battue par les vagues, poussée par les rafales, et partir à la dérive. Et toute île de Bretagne nord est une leçon permanente d'éphémère puisque plus de dix mètres séparent la marée haute de la basse : le petit citadin, habitué des trottoirs qui jamais ne bougent, apprend vite que la seule vérité est celle du mouvement et que toute stabilité est illusoire. Et toute île, depuis Stevenson, est riche d'innombrables trésors. Je n'en citerai que deux. Les histoires de cap-horniers ou de pêcheurs en Islande contées par des vieux, place du bourg. Elles valaient en fantaisie et en sauvagerie celles que, plus tard, j'ai lues chez Coloane. Elles me débarrassèrent vite de tout le cartésianisme qu'on m'enseignait à l'école : décidément la vie avait des mystères que la Raison raisonnante était bien loin de pouvoir élucider. Les écrivains sud américains que j'allais découvrir plus tard étaient des cousins des marins de chez nous. Relisez Le Cheval d'orgueil de Jakez Hélias, on dirait la suite de Cent Ans de solitude.
Les autres trésors me furent offerts par l'inépuisable provision, régulièrement renouvelée, de jeunes filles au pair. Pour la plupart, elles ne refusaient pas, n'étant guère frileuses, de montrer leurs seins dans les fougères à condition de savoir quelque peu parler leur langue (car autrement, elles s'ennuyaient vite). On devine ma motivation, l'année durant, pour apprendre l'anglais.


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