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Auteur : Naomi Alderman
Traducteur : Hélène Papot
Date de saisie : 07/07/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 9782879297071
GENCOD : 9782879297071
Sorti le : 04/04/2011
James, jeune étudiant banal, entre à Oxford pour étudier la physique. Il est brillant certes mais pas très motivé, élève obéissant. Ses débuts sont laborieux... Il rencontre Jess, étudiante en musique, et là tout s'enchaine...
Une vie d'étudiant comme on ne pourrait l'imaginer à Oxford.
Nous retrouvons un groupe d'étudiants, une maison et un personnage solaire Mark. Mark est l'élément central. On ne peut rien en dire de peur de trop en dire.
Naomi Alderman signe un roman puissant, surprenant et peut-être même envoutant.
À découvrir d'urgence....
«Au départ, je suis tombé. Pas en disgrâce. Ni vaincu par la fin foudroyante, inéluctable, de l'amour. Ça, c'est venu après. Au départ, j'ai simplement fait une chute sur un sentier verglacé. J'ai trébuché, j'ai oscillé, vacillé et je suis tombé. Il n'y a pas de honte à tomber. Tout le monde tombe. Mais j'ai découvert qu'il était plus difficile de se relever que je ne me l'étais imaginé, sur ce petit chemin gelé d'Oxford, voilà bien longtemps.»
James Stieff est admis dans la prestigieuse université d'Oxford. Il y rencontre Franny, Simon, Jessica, tout un groupe d'amis qui s'installe dans la maison du séduisant (et manipulateur) Mark Winters. Mauvais genre raconte les premières amours, les soirées inoubliables, mais aussi le désenchantement et les bouleversements intimes de cet âge de déraison qu'est la jeunesse.
Avec un talent hors du commun, Naomi Alderman révèle la perversité cachée derrière les façades impeccables d'Oxford, ce monde faussement exemplaire qui prépare à tout sauf à la réalité.
Naomi Alderman est née en 1974 à Londres. Diplômée d'Oxford, elle a vécu plusieurs années à New York. Son premier roman, La Désobéissance (Éditions de l'Olivier, 2008), a été très remarqué à sa sortie et a reçu l'Orange Award for New Writers en 2006.
Naomi Alderman décrit avec talent cette fiction nécessaire où "personne ne veut regarder au-delà des parures, voir les doutes et les méfiances, les compromis et les peurs cachés derrière"...
a fuite, seule solution possible ? C'était déjà le cas dans La Désobéissance (L'Olivier, 2008), le premier livre de Naomi Alderman, qui, avec celui-ci, signe un roman remarquable sur la fin de l'enfance.
Bienvenue à l'université d'Oxford, institution dont les façades dissimulent des enfers très variés. C'est du moins la vision de la Britannique Naomi Alderman, qui, avec ce deuxième roman, égratigne les clichés. Et met en scène une bande d'étudiants désoeuvrés, pressés de brûler leur jeunesse par les deux bouts au lieu de préparer leurs examens.
Avec un talent exceptionnel, la romancière anglaise Naomi Alderman raconte les bouleversements d'une jeunesse dorée, derrière les façades d'Oxford...
Naomi Alderman nous ouvre grand la porte d'Oxford avec ses cours carrées, ses rues pavées, ses bibliothèques aux plafonds voûtés. Elle accompagne ses héros trois années durant pendant leur scolarité, puis un an après leur sortie de l'institution...
L'Anglaise, dont il s'agit ici du deuxième roman après La désobéissance (L'Olivier, 2008), épate avec un livre fiévreux et maîtrisé. Ce formidable Mauvais genre qui achève d'en faire l'un des auteurs les plus talentueux du moment.
Alors que son remarqué premier roman, La désobéissance, plongeait dans l'univers replié de la communauté juive orthodoxe, l'auteur s'intéresse ici à un autre groupe exclusif et fonctionnant selon des codes ancestraux : l'université d'Oxford. Ayant elle-même foulé les rues pavées de la cité des bords de l'Isis, Naomi Alderman nous introduit au sein de cette vénérable institution via un narrateur, James Stieff, archétype de l'outsider candide...
On comprend alors que le titre originel, The Lessons, est à prendre sur le mode ironique. Car la seule leçon enseignée par cette très belle fiction, c'est qu'il n'y a plus de romans d'apprentissage possibles au XXIe siècle, seulement des romans de déformation.
Qu'est-ce qu'un college novel ? Inutile d'envisager la traduction française, l'expression y résiste. Et pour cause : ce sous-genre est un territoire américain, un cercle dans lequel on n'entre pas sans maîtriser les codes...
Dans Mauvais genre, Naomi Alderman respecte soigneusement les consignes. Mais l'élève tient de la forte tête plus que de la première de classe. Pour commencer, elle est anglaise, ce qui lui vaudrait presque un «hors sujet». Ensuite, le titre de son premier roman parle pour lui : la Désobéissance (L'Olivier, 2006). Il y était question d'une jeune fille élevée dans la tradition juive orthodoxe qui refusait de se plier à son destin de mère et d'épouse pour vivre son homosexualité. Une histoire de scandale dans un monde fermé sur lui-même. Alderman s'attaque cette fois à une autre communauté, qu'elle connaît pour l'avoir fréquentée : bienvenue à Oxford, ses cours pavées, ses sols en marbre, ses pelouses et ses toges.
Première année, novembre, troisième semaine du trimestre
Au départ, je suis tombé. Pas en disgrâce, comme l'aurait dit Mark. Ni vaincu par la fin foudroyante, inéluctable, de l'amour. Ça, c'est venu après. Au départ, j'ai simplement fait une chute sur un sentier verglacé. J'ai trébuché, j'ai oscillé, vacillé et je suis tombé. Il n'y a pas de honte à tomber. Tout le monde tombe. Mais j'ai découvert qu'il était plus difficile de se relever que je ne me l'étais imaginé, sur ce petit chemin gelé d'Oxford, voilà bien longtemps.
Je courais le long d'un sentier isolé, dans les balbutiements du petit matin, au bord de la rivière. Je courais pour le plaisir. Le givre nocturne avait léché les feuilles des saules en surplomb. La boue du sentier était gelée, craquelée en tessons. Le froid rendait douloureuse ma respiration saccadée. Je grognais des nuages de buée.
Je courais avec aisance, suivant un mouvement régulier de piston. Le corps entier allait en rythme : les pieds sur le sentier, les cuisses serrées puis relâchées, les vertèbres, le diaphragme, les muscles fléchisseurs et extenseurs, tous les mécanismes du corps humain couraient en douceur, naturellement. Le sang battait dans mes oreilles. Je ne sentais plus le froid. Machinalement, j'ai baissé la tête au passage d'une branche basse d'aubépine hérissée de givre. Courir me vidait de mes pensées. Voilà pourquoi je courais. J'étais à Oxford depuis trois semaines et cela ne se passait pas selon le plan initial.
Car il y avait eu un plan. Du moins me semblait-il. Ma soeur Anne, diplômée d'Oxford, m'avait dit ce que je devais faire. Elle était venue dîner à la maison, chez nos parents, ma mère avait fait un poulet rôti pour lui donner l'occasion de m'expliquer toutes ces choses. J'allais adhérer à des associations, participer à des activités, travailler énormément. Surtout, avait ajouté Anne penchée vers l'avant en arrachant un pilon à la carcasse du poulet, je me lierais d'amitié avec des gens bien. Elle-même avait rejoint les rangs du Club du parti travailliste à l'époque où John Major était Premier ministre, alors que le parti conservateur, empêtré dans sa démesure, faiblissait telle une étoile mourante. Paul, son petit ami, une créature pâle qui battait sans cesse des paupières, oeuvrait au sein du parti travailliste. On fondait de grands espoirs sur lui. Je ferais bien, disait Anne, de trouver des amis aussi influents. Nos parents souriaient tandis que nous parlions. Mon père nous a resservi un demi-verre de vin. Anne rongeait son pilon jusqu'à l'os et au cartilage gélatineux de l'articulation. Je me suis rendu compte que je pensais à Anne. J'ai légèrement accéléré ma foulée. Ma respiration s'est faite plus saccadée. J'ai pris un tournant et ma pensée s'est dissoute dans un nouveau paysage de rivière de glace en partie dégelée.
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