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.. La parole perdue

Couverture du livre La parole perdue

Auteur : Violette Cabesos | Frédéric Lenoir

Date de saisie : 27/04/2011

Genre : Policiers

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Thrillers

Prix : 22.50 € / 147.59 F

ISBN : 9782226221445

GENCOD : 9782226221445

Sorti le : 11/05/2011

  • Les présentations des éditeurs : 11/06/2011

Selon les évangiles apocryphes, Marie de Béthanie (Marie-Madeleine) aurait eu en sa possession les seuls mots jamais écrits par le Christ, tracés sur le sable devant la femme adultère, qui les aurait retranscrits avant de mourir.
Cette «parole perdue» sert de fil conducteur à ce gros roman, qui se déroule, en alternance, sur 3 périodes : La Rome de Néron, où une petite orpheline chrétienne recueille les précieuse paroles qu'elle mémorise sans les comprendre (c'est de l'araméen).Le Vézelay du XIe siècle, où un moine (autrefois bâtisseur de cathédrales) retrouve caché dans une statuette le testament de Marie de Béthanie. De nos jours à Vézelay et Pompéi, sur des chantiers d'archéologie.
Alors que Johanna (l'héroïne de La Promesse des anges) recherche dans les fondations de Vézelay les traces de la Madeleine, une série de meurtres éclate sur le chantier de son ami Tom à Pompéi. Au cours d'un week-end en Bourgogne, Tom offre à la fille de Johanna un denier d'argent qui semble être le déclencheur de terribles cauchemars, où l'enfant se retrouve dans la peau de la jeune chrétienne durant l'éruption du Vésuve...Un formidable roman construit comme un puzzle dont les pièces s'imbriquent à la perfection, qui séduira autant les amateurs d'Histoire (documentation parfaite), que les passionnés d'histoire des religions et de thrillers métaphysiques.


  • Les courts extraits de livres : 11/06/2011

La nuit était du bleu violacé dont se parent les gros hortensias dans les jardins anglais. De-ci de-là s'étiraient les taches sombres des arbres disséminés dans la ville. Au nord, derrière les palmiers et les pins parasols, la masse noire d'une montagne se dressait, muette et endormie comme la cité gisant à ses pieds.
Pas un souffle dans l'air chaud iodé et parfumé d'essences méditerranéennes. Aucune fraîcheur n'était à espérer de la nuit. Pas de trace de vie dans les rues pavées.
Pas de bruit nocturne. Aucun ronflement échappé de la bouche d'un dormeur, ni de soupir de lèvres embrassées.
Rien que le vide d'une ville abandonnée. Une cité fantôme sans sable, au beau milieu de l'Italie.
Les habitants étaient partis il y a si longtemps que leurs demeures n'avaient plus de toit.
À un carrefour du champ de ruines, sculptée sur une fontaine, une tête de pierre surveillait le néant : le casque piqué de deux ailes, Mercure, messager des dieux, divinité des morts et des voyageurs, guettait la moindre présence.
Des spectres nés du cataclysme erraient peut-être dans les ruelles, mais la seule empreinte humaine était visible sur les fresques et dans les temples, où trônaient les représentations en bronze ou en mosaïque de dieux éteints. Jadis honorées, les statues avaient le regard roide et l'éternelle posture de cadavres momifiés.
Dans les maisons, poutres de soutènement et travaux de restauration empêchaient la disparition. La nature et les hommes avaient mis en scène la cité tel un théâtre en plein air : le disque blond de la lune éclairait les cannelures des colonnes corinthiennes du forum. Une partie du temple d'Isis était protégée par un toit en plexiglas, sur un grand panneau étaient reproduites les antiques peintures. Le nom des rues était apposé sur de modernes plaques blanches, et chaque maison mise au jour avait été baptisée d'une appellation anecdotique. Le site était divisé en un savant quadrillage de régions, îlots et numéros ; aucune villa, aucune boutique, nul graffiti ou édifice n'échappait à la curiosité des archéologues et à la fascination des millions de touristes qui foulaient ces pavés depuis que la ville avait été découverte, il y a plus de deux cent soixante ans.
Deux silhouettes se faufilèrent dans la rue, à la frontière entre les régions V et VI de la ville.


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