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Auteur : Éric Fottorino
Illustrateur : photographies d'Olivier Martel
Date de saisie : 21/04/2011
Genre : Photos
Editeur : Philippe Rey, Paris, France
Prix : 39.00 € / 255.82 F
ISBN : 978-2-84876-181-7
GENCOD : 9782848761817
Sorti le : 03/03/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Olivier Martel, originaire de Provence, est diplômé de l'École des Beaux Arts d'Avignon et de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, il effectue de nombreux stages en agences d'architecture, avant de se lancer dans la photo lors de sa coopération au Congo. Il cumule aujourd'hui trente cinq ans d'expérience photographique, et soixante quinze pays parcourus dans le monde.
A travaillé avec les agences Gamma, Rapho, Corbis, Akg Images, et en étroite collaboration avec Geo, Grands Reportages et Figaro Magazine.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit de montrer la femme dans son quotidien, dans ses combats comme dans ses espérances. Et d'affirmer la dignité de la femme surtout et en toutes situations, et de garder cette petite lumière d'espoir.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Respect, solidarité, partage, modernité, remise en cause des pratiques sclérosantes au sein de la famille ou de l'entreprise : les femmes apparaissent peu à peu comme les pièces maîtresses de la diffusion de pratiques plus justes, plus innovantes, plus respectueuses, en un mot plus humaines car plus équitables. (Eric Fottorino)
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Massenet. Méditation de Thais - Auguste Dumay.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La connaissance de l'autre, de sa culture, de sa différence. Pour rendre compte de l'âme d'un peuple, qu'y a-t-il de plus intense que les visages de ces femmes ?
Chanteuses, danseuses, comédiennes, femmes aimantes, femmes aimées, femmes solaires, femmes crépusculaires, femmes fardées, femmes de tous les jours, femmes du dimanche, femmes de tête, femmes de fête. Femmes de mémoire, femmes d'avenir. Femmes...
S'il existe un éternel féminin, mélange de grâce et de persévérance, de coquetterie et de fierté, de fiabilité aussi, de courage à l'effort et de don aux autres, alors Olivier Martel peut se targuer de l'avoir saisi à travers ces instantanés venus du monde entier.
Respect, solidarité, partage, modernité : les femmes apparaissent peu à peu comme les pièces maîtresses de la diffusion de pratiques plus justes, plus innovantes, plus respectueuses, en un mot plus humaines.
Célébrons les femmes éternelles.
Éric Fottorino
Loin d'être une tentative d'inventaire ce livre illustre une formidable chaîne humaine, dont chacune de ces femmes est un point d'attache : travaillant dans un champ de manioc en pays Agni ou une rizière au Vietnam ; fêtant la semaine sainte au Mexique ou le nouvel an chinois à Singapour ; apprenant l'art de l'opéra à Taipei ou celui d'être une «miss» à Mumbai ; portant la tradition à Pont-Aven ou le Flag Day sur Wall Street...
Dans les Territoires palestiniens comme sur les hauteurs du Guatemala, dans un temple au Cambodge ou une abbaye en France, les photos d'Olivier Martel et leurs lectures subtiles et poétiques par Eric Fottorino nous invitent à célébrer les femmes éternelles.
Ce livre réunit les photographies qui seront exposées durant 3 mois sur les grilles du jardin du Luxembourg à partir du 8 mars 2011.
Écrivain, directeur du journal Le Monde, Eric Fottorino est l'auteur de Baisers de cinéma (prix Femina 2007), L'homme qui m'aimait tout bas (Grand Prix des lectrices de Elle 2010) et Questions à mon père.
Photographe reporter, Olivier Martel est diplômé des Beaux-Arts d'Avignon et des Arts décoratifs de Paris. Après avoir été photographe à l agence Gamma et à l'agence Rapho, il est distribué actuellement par Corbis et Akg images. Ses photographies ont fait l'objet de nombreuses parutions et expositions. Il est également coauteur de plusieurs ouvrages, dont L'Âme russe (Philippe Rey), et Sur les routes du sacré en France (Presses de la Renaissance).
CÉLÉBRATION
Je me souviens des premières images du film de François Truffa ut, L'homme qui aimait les femmes, avec Charles Denner. Des femmes marchent à travers les rues d'une ville, on entend leurs talons claquer sur les trottoirs, on ne sait pas exactement d'où elles viennent, où elles vont, ni qui elles sont. Elles marchent, elles sont en marche. Elles sont une multitude, chacune est singulière mais toutes se ressemblent dans leur obstination douce à aller de l'avant. La caméra suit leurs jambes qui semblent remonter depuis toujours et à jamais la mécanique du temps. Et avec elle les émotions, le poids des jours, la vie qui passe et recommence, la vie qui veut rester en vie. Une voix off dit quelque chose comme : les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe et lui donnent son équilibre. Paroles d'amoureux, de coeur épris, de poète, d'esthète. Les femmes photographiées par Olivier Martel donnent elles aussi au monde son équilibre parfois si précaire, si menacé, et pourtant sauvé, même in extremis, au prix d'une patience infinie, de croyances insoupçonnées, de volonté à revendre, de luttes obstinées, même quand elles sont silencieuses ou secrètes.
S'il existe un éternel féminin, mélange de grâce et de persévérance, de coquetterie et de fierté, de fiabilité aussi, de courage à l'effort et de don envers les autres, alors Olivier Martel peut se targuer de l'avoir saisi à la volée - sans le voler jamais - à travers ces instantanés de femmes éternelles. Pourquoi ce grand mot quand tout s'en va et rien ne dure ? Précisément à cause de cette permanence du geste, de l'élan. Depuis la nuit des temps, et pour que le jour succède à cette longue nuit, il a fallu donner la vie, enfanter le monde. Au milieu des dangers, de la sauvagerie des hommes quelquefois plus sauvages que des bêtes, il a fallu croire à demain, rendre possibles d'autres jours, créer cette chaîne humaine dont chaque femme est un point d'attache, dans les Territoires palestiniens comme sur les hauteurs du Guatemala, dans les dispensaires anti-malaria du Vietnam ou dans les villages d'Afrique les plus reculés. Mais aussi, pourquoi pas, au milieu des installations modernes d'une artiste donnant à son enfant un bain de lumière.
Il arrive que les femmes apparaissent telles des bêtes de somme. Elles portent, elles supportent, elles plantent, elles concassent les cailloux, coupent le bois. Travaux pénibles, heures de marche aller, de marche retour, noria des tâches jamais terminées, d'un geste à l'autre, d'une fatigue à l'autre. Dans la chaleur, la moiteur. Dans le froid. Dans la solitude ou parmi leurs semblables. Solidaires à travers le monde de toutes celles qui, comme elles, n'ont pas d'autre choix que de continuer ce combat quotidien pour donner sa chance à la vie, à leur vie, à celle de leurs enfants, de leurs hommes.
Femmes de partage. Femmes qui cuisinent. Qui préparent l'amitié, l'affection, à feu doux ou à grande flamme. Il y aura des fêtes, des cérémonies, des amis, des sentiments amoureux, religieux. Du méchoui, du gospel, ou simplement des fruits exotiques dans un bout perdu de la Sibérie, un petit morceau de blanc sur la carte où une femme tient boutique alimentaire dans un container astucieusement reconverti en échoppe souriante, colorée : bienvenue, sens de l'accueil, invitation au vivre ensemble.
S'attacher aux femmes - elles sont si attachantes ! -, c'est aussi honorer leur spiritualité, leur capacité à transcender le quotidien qui les enracine pourtant dans les tâches les plus humbles, pour s'élever vers les royaumes incertains et toujours invisibles de la foi. Qu'elles soient moniales ou carmélites au visage perdu pour la société des hommes, qu'elles croient en Dieu, en Mahomet ou en Bouddha, elles vous regardent sans vous toiser et leurs yeux semblent dire : après vous. Deux petits mots de rien qui pourraient bâtir une civilisation, celle de l'autre, celle où l'on fait passer l'autre avant soi. Jamais davantage que chez les femmes nous sont révélés avec tant de force l'esprit d'abnégation, l'altruisme, cette générosité gratuite qui n'attend pas de retour. Femmes qui donnent, corps et âme : donner, toujours donner, au nom d'une morale, d'une tradition, d'une religion, sans calcul ni espoir de retour. Femmes des actes gratuits. Femmes qui s'effacent devant plus grand qu'elles, non pas un homme mais un dessein de vie éternelle entraperçu à travers la maternité ou la relation exclusive à Dieu, c'est selon.
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