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Auteur : Laurent Alexandre | David Angevin
Date de saisie : 20/04/2011
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Naïve, Paris, France
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-35021-236-4
GENCOD : 9782350212364
Sorti le : 09/03/2011
1) Qui êtes-vous ? !
David Angevin, romancier et journaliste. J'ai longtemps travaillé à Télérama et Rock & Folk, où j'écrivais sur la musique. Je réside à Bordeaux.
Laurent Alexandre, médecin et énarque. Il réside à Bruxelles. Il est président de la société DNAvision qui propose le séquençage du génome humain.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
"Google Démocratie" est un "techno thriller", comme dit Jean-Christophe Féraud du journal Les Échos. Le roman raconte comment Google va passer en quelques années du rang de multinationale hyperpuissante à celui de puissance géopolitique autonome. Imperceptiblement, le pouvoir américain va passer de la Maison Blanche à Palo Alto, dans la Silicon Valley, où se trouve le QG de Google. Le vrai sujet du livre, c'est la philosophie des fondateurs de Google : le transhumanisme. La volonté de modifier l'homme jusqu'à son ADN, et de faire de l'argent sur les biotechs au passage. C'est aussi un livre sur la ruine programmée de l'Europe, absente du secteur des biotechs pour des raisons éthiques.
Ce roman et une fiction. Mais une fiction largement basée sur la réalité, qui a demandé un an de documentation.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"L'Europe n'avait pas vu venir la révolution génétique. Elle avait refusé d'investir dans le génotsunami au nom de l'éthique et se retrouvait à genoux. La technologie avait littéralement pulvérisé des secteurs économiques centenaires. Des dinosaures cotés en bourse s'étaient effondrés en quelques mois".
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Si ce livre était une musique, ce serait le denier single de Lady Gaga, "Born This Way". Le clip est transhumaniste à mort... C'est un slogan : "je veux hybrider mon corps avec les machines !"
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Il est urgent que le grand public s'empare des révolutions technologiques en marche. Les NBIC (Nanotechs, Niotechs, Informatique, sciences Cognitives) vont transformer le monde, et l'homme, en profondeur dans les années qui viennent. Il n'est pas raisonnable que seuls les scientifiques soient au courant. Il doit y avoir des débats sur ces questions : clonage, cellules souches, IA, investissements dans les biotechs, etc...
«Des millionnaires insouciants sillonnaient les allées du Googleplex sur leur Segway, imperméables aux souffrances du monde. Tous ces geeks surdiplômés arboraient un sourire inaltérable du matin au soir. Ils vivaient au paradis. La Silicon Valley était le laboratoire à ciel ouvert de la société transhumaniste. Tout le monde voulait être du voyage. Le virus singulariste était parti d'ici et se propageait implacablement dans le coeur des hommes. Personne n'y pouvait plus rien changer...»
2018. L'Europe, pénalisée par ses lois bioéthiques, est ruinée par une crise économique sans précédent. L'État providence est en faillite. Aux États-Unis et en Chine, la croissance est boostée par la science, qui enfonce toutes les barrières morales. Les femmes programment l'ADN de leurs futurs bébés, la génétique rend l'immortalité possible, l'humain 2.0 est sur des rails...
Tout commence le jour où, à grand renfort de théâtralisation médiatique, le fondateur de Google annonce l'avènement proche de la «singularité» : l'Intelligence Artificielle a tant appris de nous qu'elle devient sensible ! Sensible au point de prendre en charge notre bonheur ?
Google Démocratie nous plonge dans un futur proche, théâtre d'une guerre d'influence décisive pour l'avenir de l'humanité. Google a un plan. Et les moyens de le mettre en oeuvre. Sa domination ne fait que commencer...
Laurent Alexandre est médecin. Président de DNA Vision, il est un expert des nouvelles technologies médicales.
David Angevin est romancier et journaliste. Spécialiste des États-Unis, il est fasciné par la loi de Moore et ses conséquences.
Le polar technologique de Laurent Alexandre et David Angevin est une mine d'or pour le citoyen numérique que nous nous apprêtons imperceptiblement à devenir...
Peser Google à l'aune politique, c'est la suggestion que nous fait Google démocratie, dont le titre juxtapose ces deux entités que rien ne lie, mais que rien n'oppose non plus à priori. Un écho aux analyses de l'auteur de science-fiction William Gibson, pénétrant observateur des réalités contemporaines, pour qui "Google se constitue de nous, de nos esprits humains et de leur créations, comme un récif corallien". Google humain. D'outil indispensable en effet, Google pourrait bien devenir miroir. Puis maître ?
TRANSHUMANITÉ
Palo Alto, Silicon Valley, Californie.
11 janvier 2018.
Il se réveilla trempé de sueur. Son sommeil avait été agité. Des mauvais rêves à la chaîne. Sergey Brain fixa le plafond un moment avant de se redresser sur les coudes. Sa bouche était sèche comme du plâtre. Il observa ses mains, guettant les tremblements, comme il le faisait chaque matin depuis dix ans.
Il était porteur d'une mutation génétique héritée de sa branche maternelle. La maladie de Parkinson avait provoqué des ravages dans sa famille. Il était terrifié. Les statistiques n'étaient pas de son côté. Un jour ou l'autre, ses mains se mettraient à trembler. Progressivement, son système nerveux central se transformerait en bouillie débilitante. L'horreur pouvait se déclarer n'importe quand, parfois très tôt. A partir de quarante-cinq ans, tout était possible. Il en avait déjà quarante-quatre. A chaque fois qu'il voyait à la télé des archives de Michael J. Fox ou Mohammed Ali, une envie de vomir le terrassait.
Il avait déjà investi des centaines de millions de dollars dans la recherche. Toujours rien. Les généticiens pédalaient dans la semoule. Dix ans plus tôt, en apprenant la mauvaise nouvelle, il était confiant. Son fardeau génétique n'était qu'un mauvais programme informatique qui ne résisterait pas aux avancées fulgurantes de la science. La maladie de Parkinson n'était qu'un vulgaire bug. L'optimisme était de mise. Les thérapies géniques ou les cellules souches allaient terrasser le mal par les racines. Des montagnes de pognon avaient alimenté les meilleurs laboratoires de la planète. En pure perte. La technomédecine progressait sur tous les fronts. Parkinson résistait encore. Sergey Brain en pleurait de rage. Le temps passait, le stress le nourrissait. Pendant ce temps, les riches soignaient leur cancer et reprogrammaient leur ADN aux États-Unis, en Asie ou dans les pays Scandinaves. Les génoparadis pullulaient. Les grands pontes de la génomique guérissaient l'élite mondiale dans des cliniques cinq étoiles, hors de portée des lois bioéthiques européennes.
Sergey paniquait. Dans ses cauchemars, il se voyait dans un fauteuil roulant, tremblant comme une feuille, un filet de bave coulant sur ses genoux. Il ne voulait pas finir comme Howard Hughes, malade et dément, richissime et parano. Il voulait continuer à vivre. Il voulait faire des choses complexes, comme poursuivre le remodelage du monde. Il voulait continuer à façonner l'humanité et vivre comme un chef d'État. Il voulait aussi faire des choses simples, comme du trapèze ou baiser sa femme. L'idée de tout perdre le rongeait littéralement.
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