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.. Correspondance Volume 2, 1885-1894 : en présence de témoins

Couverture du livre Correspondance Volume 2, 1885-1894 : en présence de témoins

Auteur : August Strindberg

Préface : Elena Balzamo

Traducteur : Elena Balzamo

Date de saisie : 02/05/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Zulma, Honfleur, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-84304-551-6

GENCOD : 9782843045516

Sorti le : 18/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 02/04/2011

Ce deuxième volume de la correspondance d'August Strindberg couvre une dizaine d'années. Strindberg se marie avec Siri von Essen qu'il incite à monter sur scène et à interpréter des rôles écrits pour elle. De ces années datent des chefs-d'oeuvre comme Mademoiselle Julie ou le Fils de la servante... Le divorce, les ennuis d'argent, les voyages en Europe qu'il rêve de «conquérir», en passant par Paris, ne l'empêchent pas de convoler à nouveau, toujours en proie à de fortes contradictions.
L'homme encore heureux, que dévoile le premier volume de jeunesse, cède la place à une âme inquiète, solitaire, insatisfaite et violente-que révèle sa correspondance, immense archipel de la littérature scandinave, formidable entreprise d'investigation intellectuelle et sensible.

Son roman la Chambre rouge (1879) vaut à August Strindberg (1849-1912) la célébrité à trente ans. Il publie pamphlets, nouvelles, pièces de théâtre, se marie trois fois, voyage en Europe. Jusqu'à la fin de sa vie, il reste au coeur des débats politiques et littéraires, il fonde son propre théâtre et entretient une passionnante correspondance.
Elena Balzamo est à l'origine de la présente édition de la correspondance de Strindberg, en trois volumes, aux éditions Zulma. Essayiste et traductrice, elle a consacré plusieurs livres à la vie et à l'oeuvre de l'écrivain, et traduit aussi bien son théâtre - Mademoiselle Julie, la Danse de mort - que ses oeuvres en prose, romans et nouvelles, dont le Rêve de Torkel (Zulma, 2007). Pour sa traduction de la correspondance de Strindberg, elle a reçu la bourse Jean Gattégno 2010, ainsi que le Prix Sévigné de littérature étrangère 2010-2011.



  • La revue de presse Laurence Liban - L'Express, mai 2011

Ce second tome de la correspondance du plus grand récriminant que la terre ait jamais porté creuse encore davantage les errements et tourments d'un homme incapable de trouver sa place dans une société qu'il exècre et qui le lui rend bien...
Mécontent de tout sauf de lui-même, l'auteur du Plaidoyer d'un fou déboule sur le dos de sa fureur. Ses lettres sont à porter à son dossier. A charge et à décharge.


  • La revue de presse Mathieu Lindon - Libération du 31 mars 2011

«L'effrayant Strindberg. Cette fureur, ces pages arrachées à la force du poing», écrit Kafka dans son Journal. Le deuxième tome de la Correspondance de l'écrivain suédois né en 1849 et mort en 1912, qui couvre les années 1885-1894 où il écrit à la fois Mademoiselle Julie et le Fils de la servante (un chef-d'oeuvre théâtral et un autobiographique), montre la rage apportée par Strindberg à être Strindberg. Les femmes, le roman, la politique, rien ne doit rester debout. Ce n'est qu'à ce prix qu'on peut atteindre «le plus difficile» : «être honnête»...
L'écrivain a «démasqué la fiction littéraire», désormais assuré que «nous ne connaissons que des fragments de l'existence des autres et nous ne pouvons écrire qu'un seul roman, celui de notre propre vie»


  • Les courts extraits de livres : 19/04/2011

ÊTES-VOUS MISOGYNE,
AUGUST STRINDBERG ?

«J'aime les femmes et j'adore les enfants...»
Strindberg, Lettre à Charles de Casanove

Parmi les destinataires de Strindberg, les femmes se comptent sur les doigts de la main. Fait surprenant, si l'on pense à l'immensité de sa correspondance, au nombre de ses destinataires. Mais il suffit de jeter un coup d'oeil sur ses échanges épistolaires avec des femmes - la pédagogue et essayiste Ellen Key, la traductrice autrichienne Mathilde Praeger, et même ses propres soeurs, Anna et Elisabeth - pour en comprendre la raison : dans cet exercice, Strindberg est visiblement mal à l'aise. Lui, si libre, si spontané, si inventif, se raidit, devient pesant. Les formules de politesse montent la garde au détour de chaque phrase, on a l'impression que la main qui trace ces lignes est gantée : l'épistolier est soucieux d'éviter le moindre contact, de maintenir de bout en bout un ton impersonnel, de juguler toute effusion - aussi bien de son côté que chez la destinataire. Cette attitude ne vaut pas seulement pour les lettres ; les témoignages des contemporains, souvent contradictoires, s'accordent sur ce point : Strindberg était un homme réservé et timide, surtout avec les femmes. À un tel degré, avec les femmes, que même dans ses lettres il s'efforce de préserver les distances, de ne jamais laisser tomber le masque.
Trois exceptions cependant forment un contraste saisissant avec l'impersonnalité et la réserve qui caractérisent sa correspondance féminine : il s'agit d'échanges épistolaires avec ses trois épouses, Siri von Essen, Frida Uhl, Harriet Bosse.

Celui qui, à tort ou à raison, passe pour un des plus grands misogynes des temps modernes, a été - il convient de le rappeler - époux et père de famille durant presque toute sa vie. Il se marie en 1876, à l'âge de vingt-sept ans, se sépare de sa femme en 1891, se remarie en 1893, divorce en 1897, se remarie en 1901, divorce en 1907, meurt cinq ans plus tard. Et même si les divorces officiels étaient parfois précédés de quelques années de séparation effective, le fait demeure : Strindberg n'a rien d'un célibataire invétéré, comme les autres misogynes célèbres - Nietzsche, Schopenhauer. Il le reconnaît lui-même : «toute ma misogynie est théorique, car je n'aurais pu vivre sans la compagnie d'une femme», écrit-il à son frère en 1887, en pleine débâcle conjugale... Théorique ou non, peu importe alors la question de la misogynie, ce qui compte c'est la place qu'occupe le mariage dans sa vie et le rôle que jouent ses trois épouses. Dans les trois cas, les rapports furent fusionnels : on a l'impression que quand une relation se noue, Strindberg laisse tomber toutes les défenses, qu'il se livre corps et âme. Cette totale ouverture permet de mieux comprendre le caractère formel et guindé de sa correspondance avec les autres femmes : c'est tout ou rien, ou bien il se donne tout entier, ou bien il verrouille les relations.


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