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Auteur : Howard McCord
Traducteur : Jacques Mailhos
Date de saisie : 14/05/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Gallmeister, Paris, France
Collection : Totem, n° 10
Prix : 7.00 € / 45.92 F
ISBN : 9782351785102
GENCOD : 9782351785102
Sorti le : 04/04/2011
Le narrateur, c'est William Gasper, la cinquantaine au regard froid qu'il est préférable de ne pas déranger. Marcheur solitaire sans doute par inadéquation caractérielle, cet ancien tueur professionnel, amateur d'armes à feu érudit, se lance à la poursuite d'un inconnu, sur les pentes de cette montagne de nulle part, appelée la Lune, parce que là-haut, tout est mort, aussi peu fertile que la fumée de cigarette. Nous le suivrons, transportés, dans cette mortelle randonnée tant à travers ses souvenirs que dans l'âpre décor d'un présent halluciné. Un roman noir, cynique et saisissant mais totalement fascinant dans lequel la montagne, grandiose, illumine le sombre et déroutant profil du personnage.
Qui est William Gasper, cet homme qui depuis cinq ans arpente inlassablement la Lune, une "montagne de nulle part" en plein coeur du Nevada ? De ce marcheur solitaire, nul ne sait rien. Est-il un ascète, un promeneur mystique, un fugitif ? Tandis qu'il poursuit son ascension, ponctuée de souvenirs réels ou imaginaires, son passé s'éclaire peu à peu : ancien tueur professionnel pour le compte de l'armée américaine, il s'est fait de nombreux ennemis. Parmi lesquels, peut-être, cet homme qui le suit sur la Lune ? Entre Gasper et son poursuivant s'engage alors un jeu du chat et de la souris.
D'une tension narrative extrême jusqu'à sa fin inattendue, L'Homme qui marchait sur la Lune est un roman étonnant et inclassable.
HOWARD McCORD est né en 1932, au Texas. Vétéran de la guerre de Corée, il est l'auteur de recueils de poésie et de récits distingués par plusieurs prix prestigieux aux États-Unis. Il a également parcouru à pied de nombreux pays. Il vit à Bowling Green, dans l'Ohio.
Ce livre est un ovni littéraire absolu et fascinant.
Bernard Poirette, RTL
° Publié pour la première fois en 2008, ce roman a fait partie des 20 livres préférés des libraires pour la rentrée de septembre (classement Livres Hebdo) et des sélection Fnac et Virgin.
° Ce roman a également reçu le soutien d'une presse enthousiaste :
L'homme qui marchait sur la Lune est un brûlot, un roman à part, qui réussit une foudroyante alchimie et fait de l'abjecte folie des hommes du grand art.
Martine Laval, TÉLÉRAMA
[Une] rencontre très réussie entre le nature writing et le polar conspiratif. Howard McCord réussit un tour de force : ouvrir une voie entre Thoreau et Tarantino.
Jérôme Dupuis, L'EXPRESS
Complexe et précis, effrayant et subtil, sainement pessimiste : tel est le magnifique roman d'un poète érudit qui voudrait le bien et constate le mal.
Jean Soublin, LE MONDE DES LIVRES
L'homme qui marchait sur la Lune est une incontestable réussite. Sa noirceur et son décor risquent fort d'emballer les lecteurs de Cormac McCarthy.
Alexandre Fillon, LIVRES HEBDO
Ce récit aux allures de thriller métaphysique réconcilie Cormac McCarthy et Tarantino sous la cravache d'une écriture lapidaire. Une découverte.
André Clavel, LE TEMPS
Je quittai Sterns à quatre heures du matin, en prenant la rivière asséchée vers le nord sous un dense amoncellement d'étoiles lointaines. Le lit de l'arroyo mêlait sable, gravier et galets de granit et de gneiss de la taille d'un poing, les berges sablonneuses d'une teinte plus sombre dans l'obscurité remontaient de chaque côté en coupant les étoiles. La première demi-heure, je me concentrai sur ma marche, mais trébuchai plusieurs fois sur des pierres éboulées grosses comme des melons en lente progression vers la ville. Mon sac me crée toujours une sensation étrange pendant la première heure, mais je peux, sans m'arrêter, procéder à de petits réglages des sangles dorsales et abdominales, presser mon dos contre la charge jusqu'à ce qu'il l'épouse parfaitement, et adapter mon équilibre à ma nouvelle géométrie sans y penser vraiment. Le ciel s'éclaircissait lentement et les contours des mesquites, ocotillos et yuccas commençaient à prendre des formes plus acérées. Devant moi, la silhouette brute de la Lune emplissait un quart du ciel.
Trois jours passèrent comme ça : marche de quatre heures du matin jusqu'à l'après-midi, parfois tard, dîner, sommeil, puis réveil et ainsi de suite, jusqu'à ce que la Lune emplît la moitié du ciel et que le chemin commençât à prendre de la pente. Je mange très peu et, à part une gorgée de cognac au coucher du soleil, je ne bois que du thé ou de l'eau. On n'a guère besoin d'abri à l'approche de la Lune, et mes bivouacs sont des plus sommaires. À partir du quatrième jour, l'eau cesse d'être un souci car il en perle des larmes çà et là sur les flancs de la Lune. Plus haut, le vent peut être votre ennemi.
Il n'est pas rare que des canyons qui semblent ouvrir grand le coeur de la montagne au marcheur lui opposent de la résistance une fois qu'il y a pénétré. Ils s'étrécissent, lancent sur son passage de gros rocs éboulés, dressent des cascades asséchées, parfois humides et moussues à l'ombre, et s'étouffent eux-mêmes sous d'impénétrables buissons. Mon canyon n'était pas un canyon rare, et il faisait toutes ces choses. Au bout d'une demi-journée, je choisis de le quitter et d'escalader le flanc est qui, bien que vierge de tout point d'eau, permet au marcheur d'avancer et éclaircit son esprit en lui ouvrant la vue.
La piste monta en pente forte pendant tout le reste de la journée, puis se calma au coucher du soleil. Je marchai encore un kilomètre et demi et arrivai à un escarpement de quinze mètres de haut où une petite pinède lançait sa musique dans les airs.
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