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Entre les convulsions insurrectionnelles du premier XIXe siècle puis le coup d'État du 2 décembre 1851 perpétré par le futur Napoléon III et la crise provoquée, à la fin du siècle, par l'affaire Dreyfus, le xix' siècle offre aux écrivains devenus pamphlétaires de nombreux sujets de révolte. Hugo prend la plume pour vilipender celui qu'il nomme «Napoléon le Petit». Zola écrit son fameux J'accuse... ! Marguerite Durand profite de son statut de journaliste pour s'insurger enfin contre une misogynie séculaire. Ni la cour ni la bourgeoisie ne sont épargnées. Quant à l'anarchiste Zo d'Axa, il fustige avec une virulence hautaine une société totalement aliénée tandis que d'autres s'abandonnent, non sans auto-ironie, au fameux «mal du siècle».
Que ce soit en littérature ou en politique, le XIXe siècle est le siècle des pamphlets et autres écrits virulents. Comme Victor Hugo contre Napoléon III ou la peine de mort, Émile Zola et son J'accuse, ou encore Benjamin Constant dans ses Principes de politique, de nombreuses grandes personnalités du XIXe se sont exprimées à travers des textes incisifs que le lecteur prendra plaisir à découvrir ou à redécouvrir. La collection Esprit XIXe reprend les codes de la littérature et de l'iconographie de ce siècle. Ce petit livre à l'allure ancienne offre un panorama très large des écrits polémiques de l'époque à travers des extraits d'oeuvres de Zola, Balzac, Hugo, Baudelaire, etc.
Universitaire et spécialiste du XIXe siècle et du premier XXe siècle, Monique Nemer a aussi oeuvré, durant une partie de sa carrière, pour les plus prestigieuses maisons d'édition. Elle donne ici à redécouvrir, sous ses multiples facettes, un siècle d'engagement politique et social, dans un florilège de textes piquants et incisifs. Qui, pour beaucoup, n'ont cessé d'être actuels...
La revue de presse Camille Thomine - le Magazine Littéraire, juin 2011
Ne vous fiez pas au molleton de sa couverture, à ses enluminures fleuries ou à ses élégantes lettrines... Si le petit recueil concocté par l'éditrice Monique Nemer tient dans une main, c'est à la manière d'une grenade : prête à voler en mille éclats. «Dans tout ce qui s'imprime, il y a du poison plus ou moins délayé selon l'étendue de l'ouvrage, plus ou moins malfaisant, mortel», avertit, en exergue, une citation du pamphlétaire Paul-Louis Courier. Alors les épigrammes assassines d'Hugo, les sarcasmes mordants de Bloy ou de Stendhal et les semonces virulentes de Mirbeau et Zo d'Axa se télescopent en une réjouissante déflagration d'éloquence...
Se confirme alors le bon mot de M. Courier : toute encre contient au moins un soupçon d'arsenic.