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_ D'acier

Couverture du livre D'acier

Auteur : Silvia Avallone

Traducteur : Françoise Brun

Date de saisie : 27/07/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Liana Levi, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-86746-567-3

GENCOD : 9782867465673

Sorti le : 07/04/2011

J'ai commencé D'acier et je n'ai pas pu lâcher ce magnifique roman ! Il raconte la vie de deux adolescentes de presque quatorze ans, amies pour la vie : Anna et Francesca.
Elles ont grandi à Piombino, une cité ouvrière face à la mer (et à l'île d'Elbe), où l'aciérie de la région est le principal fournisseur de travail.
Francesca a un père violent, Anna un père absent qui ne pense qu'à dépenser son salaire au jeu... tandis que leurs mères respectives font ce qu'elles peuvent.
Anna et Francesca sont belles, jeunes et elles veulent s'en sortir... mais leur belle histoire d'amitié va être mise à mal par l'amour...
C'est peut-être parce qu'elle est si jeune que Silvia Avallone a réussi à capter et à retranscrire dans son roman toute l'effervescence et la folie de cette jeunesse.
D'acier dresse sans misérabilisme le portrait d'une jeunesse désenchantée, mais douée d'une énergie vitale sans limites !


Anna et Francesca sont deux jeunes ados italiennes de 13-14 ans du début des années 2000, loin de l'Italie historique ou touristique. Blonde et brune, elles vivent dans une cité ouvrière toscane bâtie autour d'une aciérie omniprésente, personnage à part entière, sorte de monstre aussi amical qu'hostile. On naît là et on y meurt. Anna et Francesca sont unies par une forte amitié, proche de l'amour, et partagent le rêve de s'extraire de cet univers, de transcender leur condition. Elles sont belles, jeunes, attirantes, elles le savent et en jouent dans ce monde qu'elles souhaitent quitter, bien loin du choix de leurs mères qui ont tout accepté. Mais D'acier est aussi le portrait d'une génération et d'un milieu social qui ne croit plus dans le bonheur collectif, un monde désenchanté, sans avenir, sans rêves ou alors limité au dernier modèle de la Golf, qui n'attend guère plus que quelques instants de bonheur volés par ci par là (Carpe diem), moments furtifs d'enchantement à ne pas rater et à saisir absolument. Leur point d'ancrage demeure la famille mais elle aussi est souvent à l'image de la société, en péril. Seule issue donc, l'amitié entre ces deux gamines qu'elles pensent indéfectible... Superbe premier roman ancré dans le quotidien de nos sociétés et animé par de nombreux portraits d'une grande ampleur. Silvia Avallone évite une noirceur pesante par la dualité constante du récit (beauté-laideur, plage-immeubles, Ile d'Elbe-Stalingrado, vie-mort...) mais surtout réussit à l'illuminer par la beauté et l'amitié de deux ados en train de devenir femmes.


Quel avenir pour Anna et Francesca, en 2001, dans cette ville de Piombino, entre l'aciérie et la plage ?

L'une ne rêve que de Miss Italie et l'autre de faire des études. Les parents sont absents et leur éducation laisse à désirer.

Une fresque actuelle dans laquelle on pressent l'échec de l'Avenir avec un grand A.

Beau premier roman qui nous laisse un souvenir amer.


«Ca veut dire quoi, grandir dans un ensemble de quatre barres d'immeubles d'où tombent des morceaux de balcon et d'amiante, dans une cour où les enfants jouent à côté des jeunes qui dealent et des vieilles qui puent ? Quel genre d'idée tu te fais de la vie, dans un endroit où il est normal de ne pas partir en vacances, de ne pas aller au cinéma, de ne rien savoir du monde, de ne pas feuilleter les journaux, de ne pas lire de livres, où la question ne se pose même pas ?»

C'est pourtant là qu'elles se sont connues, choisies, aimées, Francesca la blonde et Anna la brune, quatorze ans à peine, belles et insouciantes, conscientes de leur pouvoir sur les hommes et pourtant rebelles contre certains d'entre eux, leurs pères respectifs, surtout : Enrico le père de Francesca qui bosse aux aciéries Lucchini, brutalisant sa femme Rose et sa fille qu'il mate avec ses jumelles de malade; Arturo le père d'Anna, un bon à rien, escroc séducteur et mari de Sandra - une réminiscence de Anna Magnani ? - qui disparaît quand ça lui chante. «Elle ne désirait qu'une chose : La mort de son père. La mort de tous ces vieux dégueulasses, qui sentaient mauvais et voulaient une femme pour leur laver le cul, une petite ukrainienne arrachée à son foyer, parole d'Anna. Plus loin, elle ajoute : C'est pas juste que notre vie soit bousillée par ces deux salauds qui savent faire que des conneries, et qui valent pas un clou !»

Anna s'est juré de ne ressembler ni à Sandra, ni à Rose dans vingt ans, toutes deux à trimer comme des détraquées avec leurs illusions perdues, auxquelles il n'arrive plus rien et dont personne, à leur mort, ne se souviendra. Heureusement, il y a Francesca, avec ce curieux incendie noir dans les yeux, et son frère protecteur Alessio - lui aussi employé des aciéries - qui partage avec son copain Cristiano les sorties en boîte, la coke, le marché noir du cuivre, les rêves de bolides, dont le coeur généreux atténue ses violences et masque ses blessures.

Dans ce roman tout conduit à la Lucchini SPA, emblème de cette ville toscane de Piombino près de Livourne, qui employait vingt mille hommes voici trente ans - mais n'en compte plus que deux mille aujourd'hui, délocalisations à l'Est oblige - et qui cristallise dans ses haut-fourneaux tous les conflits, les fatigues et les injustices de cette terre ingrate. De magnifiques pages lui sont consacrées par Silvia Avallone, soucieuse de prêter sa voix à ces cabossés de la vie oubliés de tous, dont pourtant les péripéties au quotidien, basculant du rire à la colère ou aux larmes avec la vivacité de l'éclair, ne laissent pas indifférent. Bien au contraire.

La crudité du ton qui déborde de ce trop plein de gâchis, d'espoirs et de misère confondus dont l'histoire s'avère captivante de la première ligne à la dernière, déjoue tous les pièges de la vulgarité gratuite. Paradoxalement, c'est peut-être à travers les non-dits, que les personnages féminins de Silvia Avallone explosent le plus d'une humanité insoupçonnée et bouleversante. Les hommes, quant à eux, pour la plupart - exception faite d'Alessio - n'y tiennent pas le beau rôle...

Malgré l'horizon rétréci d'une plage douteuse où le sable se mêle à la rouille et aux ordures, avec les égouts au milieu, face à l'île d'Elbe, berceau de tous les rêves, ce roman n'est pas désespéré. Il évoque bien sûr ce néoréalisme à l'italienne, chaleureux, fort, cruel parfois dans un univers provincial dont les contours sociaux ou économiques reflètent bien les malaises d'une époque paumant ses repères, mais il est aussi un discret signe d'espoir qui se disperse dans le sillage d'Anna et de Francesca, déterminées sous leurs faux airs peau de vache à changer les règles du jeu, touchantes au point de faire chavirer le coeur.

«Si le temps pouvait se glisser dans les maisons, sous les portes, sans que personne le sache. Si tout pouvait se terminer avec cette position de la tête renversée contre le dossier du canapé, mains sur les cuisses, oublieuses de ce qu'elles ont fait, n'en portant plus trace, comme si jamais elles n'avaient construit de maison, fabriqué de rails d'acier, roué de coups des corps humains, marqué leur descendance au plus profond.»

Un autre rêve de Francesca ? Peut-être, mais l'un d'entre eux se réalisera : le voyage à l'île d'Elbe où, passés les premiers émois et mauvais coups portés à l'adolescence, avec son amie Anna, «parfaitement accordées l'une à l'autre», elles plongeront dans la mer comme les touristes de Milan ou de Florence, heureuses, inséparables, réconciliées avec la vie.

«Le monde, c'est quand on a quatorze ans...»

Silvia Avallone, née en 1984, a été finaliste en Italie avec D'acier - premier roman - du prestigieux prix Strega et couronnée par le prix Campiello Opera Prima, en 2010.


  • Les présentations des éditeurs : 16/04/2011

Il y a la Méditerranée, la lumière, l'île d'Elbe au loin. Mais ce n'est pas un lieu de vacances. C'est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l'aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires, le délitement environnant... Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d'évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s'emparer de l'avenir.

Silvia Avallone, avant d'étudier la philosophie à Bologne, a vécu en Toscane, à Piombino, la ville industrielle qui sert de toile de fond à D'acier. À 25 ans à peine, ce premier roman la propulse en tête des meilleures ventes en Italie (350 000 exemplaires). Célébré par la critique, traduit dans 12 pays, en cours d'adaptation au cinéma, D'acier a été finaliste du prix Strega et couronné par le prix Campiello Opera Prima.



  • La revue de presse Fabio Gambaro - Le Monde du 25 mai 2011

On n'imaginerait pas que, dans l'Italie berlusconienne des paillettes et des scandales, une écrivaine inconnue surprenne tout le pays avec un récit consacré à la crise du monde ouvrier. Pourtant, en dépit d'un sujet apparemment peu à la mode, D'acier, le puissant premier roman de Silvia Avallone, a eu dans la Péninsule un extraordinaire succès, tout en alimentant de nombreuses discussions. Surtout à cause de sa représentation saisissante et implacable d'une classe ouvrière cassée, sans idéaux ni repères, prisonnière de la violence, des drogues et de l'alcool..
Si la jeune romancière s'était limitée à ce cadre, D'acier serait simplement un bon roman néo-néoréaliste, dénonçant la déliquescence du monde ouvrier. Mais son projet littéraire est beaucoup plus intelligent et plus ambitieux. Au centre de ce décor, elle a placé deux protagonistes explosives, Anna et Francesca, deux amies de presque 14 ans qui, par leur besoin de transgression et leur volonté d'échapper à l'emprise de la famille, dynamitent le cadre du roman tout comme les conventions sociales du milieu ouvrier dont elles sont issues. Par la force de leurs désirs, de leurs corps, de leurs rêves d'une autre vie, elles transforment le sombre roman social en haletant roman de formation, avec son cortège d'épreuves, d'illusions et de déceptions.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, mai 2011

Dans une Toscane ouvrière, deux adolescentes pleines d'espoir face à un contexte social calamiteux...
Avec D'acier, Silvia Avallone a fait un tabac en Italie, tout en réinventant le roman social dans une époque - nous sommes en 2001 - où la classe ouvrière se délabre, où les événements du 11 Septembre ne font guère plus d'effets qu'un reality show et où Berlusconi semble être le seul idéal d'une jeunesse qui rêve de Rolex et de Golf GTI...
Sombre bilan, dans un roman qui brille pourtant comme une lame d'acier, un poignard planté en plein coeur de l'Italie par une admiratrice d'Elsa Morante.


  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 11 mai 2011

Roman social ? Assurément. Brossé d'une plume âpre par une jeune romancière de 26 ans, ce tableau de l'Italie à l'aube du XXIe siècle n'a rien d'optimiste, mais il est diablement vivant, concret, réaliste.


  • La revue de presse Marie de Casanove - La Croix du 4 mai 2011

En parvenant à retranscrire une réalité sociale sans la fantasmer ni la glorifier, cette toute jeune écrivain démontre une impressionnante maturité. D'acier est un livre sombre, désenchanté, qui veut croire sans l'oser aux jours meilleurs. Ce que l'on souhaite aux deux benjamines de la Via Stalingrado.


  • La revue de presse Emmanuel Hecht - L'Express, avril 2011

La Toscane est une villégiature trompeuse. Au prétexte que la bourgeoisie "radicale-chic" y prend ses quartiers d'été à l'ombre des cyprès et des campaniles, on l'imagine prospère. Mais il y a l'envers de la médaille : la Toscane ouvrière, absente des guides de voyage...
Francesca la blonde et Anna la brune, "treize-ans-presque-quatorze", filles de prolos à la sensualité à fleur de peau qui s'ennuient à mourir à l'ombre des hauts-fourneaux de Lucchini, le maître de forges local, auront-elles un jour la possibilité de cette île ? La question les taraude dès les premières pages D'acier, superbe roman social et initiatique de Silvia Avallone, 27 ans, révélation des lettres italiennes (350 000 exemplaires). Et elle ne les quittera plus.


  • La revue de presse Françoise-Marie Santucci - Libération du 14 avril 2011

Cela donne D'acier, roman social et initiatique, ample et claquant comme un film qu'auraient cosigné Ken Loach et Gus van Sant. Dépliant sans ménagement sa Carte et son Territoire façon ritale, Silvia Avallone raconte un pays qui s'effondre. Avec pour décor la (vraie) ville moyenne et industrielle de Piombino, dans la province supposée enchanteresse de Toscane, Avallone plonge les héros de la (fictive) Via Stalingrado dans le chaudron sacrificiel de l'aciérie Lucchini, bien réelle, elle, avec ses températures dépassant les 1 500 degrés et ses chats sauvages, un peu mutants, qui errent parmi les herbes folles derrière des murs d'enceinte de dix kilomètres de long...
Le livre se termine par le mois de septembre 2001. On se dit, encore un écrivain qui va faire le malin avec ça. Mais Avallone raconte plutôt le désarroi de ne rien comprendre à ce qui se déroule tout en sachant, et c'est peut-être ça que devenir (un peu) adulte, qu'à un moment donné on fait partie de «cette chose immense et incompréhensible» qu'est l'Histoire. Le temps qui passe, les catastrophes qui vont avec, la vie qui continue.


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