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Auteur : Raphaël Dargent
Date de saisie : 30/04/2011
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Grancher, Paris, France
Collection : Témoignages pour l'histoire
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 9782733911426
GENCOD : 9782733911426
Sorti le : 20/04/2011
Machiavélique, empoisonneuse, criminelle, responsable du massacre de la Saint-Barthélemy : telle est pour une majorité de Français l'image de Catherine de Médicis. Or celle qui a gouverné la France pendant plus de trente ans, soit directement, soit par l'intermédiaire de ses fils, tous trois rois de France, mérite mieux que cette image caricaturale.
Pragmatique et adepte de la négociation, l'éternelle dame en noir fut au contraire une infatigable faiseuse de paix, soucieuse de maintenir la concorde nationale, quitte à apparaître à chacune des factions qui s'entredéchiraient alors - huguenots et ligueurs catholiques - comme une menteuse et une intrigante.
Cette femme, dont la vie fut marquée du sceau de la mort - celle de ses parents, celle de son mari, celle de la plupart de ses enfants -, fit tout pour préserver la vie des Français.
Elle n'hésita pas à se compromettre afin de maintenir l'équilibre entre des forces antagonistes, décidées à en découdre jusqu'à livrer le pays à feu et à sang. Il fallut pour cela qu'elle se résolve à certaines extrémités : Catherine de Médicis fut une reine de fer. Que fût-il advenu de la France si son bras avait reculé, si sa main avait tremblé ?
Raphaël Dargent, historien et écrivain, oeuvre depuis de nombreuses années à la redécouverte des grandes Figures de l'histoire de France. Auteur de plusieurs ouvrages remarqués, il a notamment publié en 2009, Napoléon lll. L'Empereur du Peuple aux éditions Grancher.
Extrait de l'avant-propos
D'emblée, osons une provocation. Ce livre n'est pas un livre d'histoire. Ce livre est un livre de politique. Certes, le lecteur trouvera dans les pages qui suivent une vie racontée par le menu, et encore dans l'ordre chronologique, en somme un livre ayant toutes les apparences d'une biographie la plus classique qui soit. Il y trouvera aussi des faits - vrais -, des anecdotes - plus ou moins connues -, des petites phrases ayant été prononcées, des bons mots ayant été écrits, bref tout ce qui fait la trame commune d'un ouvrage d'histoire. Mais le lecteur y trouvera aussi - c'est là notre voeu - une démonstration politique. Hérésie, dira-t-on ! Sacrilège, abus de confiance, que sais-je ? Crime absolu, et erreur professionnelle fatale pour un historien ! Justement, non. Car enfin, peut-on seulement raconter la vie de Catherine de Médicis en s'abstenant d'être politique ? Ne serait-ce pas trahir profondément Madame Catherine que de ne pas l'être ? Balzac et Dumas, illustres exemples à l'ombre desquels nous avons l'audace de placer notre modeste ouvrage, ont-ils fait autrement ? La vérité commande de dire qu'en la matière la lecture de Balzac nous a été précieuse et a éclairé notre chemin, transformant nos intuitions en merveilleuses certitudes. Si Balzac ne méconnut pas Catherine, sur le plan politique comme sur le plan littéraire, et lui consacra même plusieurs écrits dix ans durant, si un tel écrivain ne passa pas à côté d'une telle Figure, c'est que le génie n'est jamais indifférent au génie.
Qui donc est Catherine de Médicis sinon la politique incarnée ? Ne pas le voir, et ne pas l'écrire, c'est ne pas voir l'essentiel, c'est écrire à côté du sujet. Toute la vie de Catherine, de sa naissance à sa mort, n'est qu'une leçon de politique. L'historien, qui aime la classification et la périodisation, a l'habitude de distinguer huit guerres de religion, toutes séparées de phases plus ou moins longues - et parfois très courtes -, plus ou moins réelles - et parfois bien illusoires - de pacification. En réalité, il nous semble que toute cette période n'est qu'une seule et même guerre, religieuse et politique. Par conséquent, écrire aujourd'hui au sujet de Catherine de Médicis, personnage polémique s'il en est, c'est partir toujours d'un présupposé politique et chercher à imposer quelques conclusions du même ordre. Écrire aujourd'hui au sujet de Catherine de Médicis, c'est, d'une certaine façon, au-delà de ce remarquable personnage dont la vie fut un drame de bout en bout, rendre hommage à ce que fut longtemps la politique, et rappeler, à une époque oublieuse de ses fondamentaux et en mal de dirigeants, que celle-ci - nous n'aurons de cesse de le répéter -, n'est pas un jeu d'enfants ; que l'État, sa sauvegarde et son autorité requièrent des hommes - et des femmes, donc - qui ne craignent pas les sacrifices qu'entraîne inéluctablement son bon service. En cela, Catherine de Médicis est une femme exemplaire.
Autre provocation : nous n'avons pas voulu faire oeuvre de science. En vrai, pourquoi mentir ? Sur Catherine, nul document à découvrir, nul qui n'ait été étudié, cité, pris et repris. Il est pour cela de forts bons livres, qu'on trouvera mentionnés en bibliographie. Mais de ces maîtres-ouvrages, de ces remarquables biographies, nous avons voulu que notre contribution à l'histoire et à la compréhension de Catherine soit autre chose qu'une pâle copie. Le lecteur seul dira si nous y sommes parvenus. Du moins nous sommes-nous largement appuyés sur les lettres innombrables qu'a laissées à la postérité la reine-mère, lettres publiées il y a plus d'un siècle et qui disent mieux que n'importe quel autre support quelle gouvernante et quelle femme elle fut.
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