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Auteur : Jonathan Dee
Traducteur : Elisabeth Peelaert
Date de saisie : 25/07/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Plon, Paris, France
Collection : Feux croisés
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-259-21380-6
GENCOD : 9782259213806
Sorti le : 17/03/2011
L'histoire d'une famille parfaite vivant leur rêve américain à leur manière. Jeune couple, Adam et Cynthia, se font vite une place au sein de la société de nouveaux riches new-yorkais. Lui, est devenu un magnat de la finance et elle, se consacre à de braves oeuvres caritatives. Tout y est : les stéréotypes et les paillettes. Mais, le vernis s'écaille et laisse apparaître divers sentiments : la dépression, la frustration et la colère.
Jonathan Dee dévoile une famille très unie mais étrangement originale. Les personnages peuvent se montrer attachants et détestables simultanément. C'est le grand paradoxe de ce roman. Une vraie réussite littéraire.
Adam et Cynthia ont tout pour eux. Mariés à la sortie de la fac, ils forment un couple parfait auquel rien ne résiste. Deux magnifiques enfants et une brillante carrière dans la finance plus tard, leur beauté, leur provocante jeunesse et leur insolente réussite sont toujours inaltérées. Le monde autour n'existe pas, ou bien par le frisson du danger qu'il procure, mais leur noyau demeure, irréductible et indestructible, telle une forteresse dorée. Au coeur de cette famille, le roman dépeint son paradoxe : une intimité de papier glacé, des êtres humains prisonniers de la machine à succès qu'ils ont créée, et les effets décadents de leurs irrésistibles appétits. Portrait d'une famille américaine étourdie de désir, d'argent et de beauté, Les Privilèges, bûcher des vanités du 21e siècle, brosse le tableau remarquablement subtil et cynique d'une nouvelle classe sociale, les ultra-riches, et pose sur l'Amérique post-11 Septembre un regard qui interroge, observe et fait saillir l'absurde, le vice ou la déshérence de personnages en fuite.
Jonathan Dee écrit pour le New York Times Magazine, la revue Harper's et la Paris Review. Il enseigne à l'université de Columbia. Les Privilèges est son quatrième roman, le premier publié en France.
«Virtuose dans sa langue, intellectuellement subtil, complexe et vif, Les Privilèges est aussi un roman très drôle qui procure un immense plaisir de lecture.»
Richard Ford
«Un délice à chaque page, une merveille de maîtrise, entre empathie et distance critique.»
Jonathan Franzen
«Les grands esprits littéraires s'attaquent rarement à des sujets comme l'argent et la classe, et c'est une des raisons pour lesquelles le roman de Jonathan Dee est si important et fascinant. C'est aussi une méditation émouvante sur la famille et l'amour absolu. À lui seul le tour de force du premier chapitre vaut le détour.»
Jay McInerney
Leur but dans la vie ? Etre plus riches encore, en feignant d'être un couple modèle. Dee signe une chronique acerbe. Et montre que l'argent fait le bonheur, à condition qu'une main vengeresse n'allume pas le bûcher où les Morey ont entassé leurs vanités.
Il faut un certain temps pour évaluer avec justesse les us et coutumes de cette famille richissime et deviner des sentiments et des attitudes généreuses qui percent parfois derrière un mode de vie cynique et désinvolte. Maniant son histoire avec maestria, Jonathan Dee compose une photographie romanesque implacable et subtile de cet univers où l'argent n'est pas toujours une promesse de bonheur.
A l'image de Tom Wolfe ou Scott Fitzgerald, Les privilègesnous rappellent que la littérature sociale ne se résume pas à la seule évocation des milieux économiquement défavorisés. Avec ce quatrième roman puissant (mais le premier traduit en France), l'Américain Jonathan Dee décrit avec une impressionnante maîtrise l'itinéraire de ces enfants gâtés, dépassés par leur succès. De quoi méditer sur les derniers mots : "C'est moi qui paie."
On le sait depuis Francis Scott Fitzgerald : les riches sont différents, ne serait-ce que parce qu'ils représentent un sujet en or pour la littérature. Critique au New York Times Magazine et enseignant à Columbia, Jonathan Dee en offre une nouvelle illustration avec les époustouflants Privilèges, son cinquième roman, le premier traduit en France...
Regard à la fois empathique et distancié, écriture élégante et méditative qui le rapproche du grand James Salter, l'écrivain préfère offrir une radioscopie intime de la réussite américaine...
La fortune est une forteresse - éphémère, isolante, mais ô combien rassurante - face aux violences de l'époque, un "monde niché à l'intérieur du monde", nous dit ce roman virtuose.
Admirateur de Flaubert et de Forster, Jonathan Dee enseigne à l'université de Columbia, tout en écrivant régulièrement pour le New York Times Magazine et la revue Harper's. Si ses quatre précédents livres - dont on attend avec impatience la traduction - mettaient en scène les classes moyennes, ici, il s'attache aux riches, aux ultra-riches même. Et c'est absolument fascinant...
Salué à sa sortie par une presse unanime et des auteurs dont, contrairement à ce que l'on pourrait penser, Jonathan Dee ne se sent pas particulièrement proche - on l'a volontiers comparé à Jonathan Franzen ou à Jay McInerney -, Les Privilèges est un vrai roman américain. Un grand roman écrit par quelqu'un qui observe sans jamais juger. Quelqu'un qui sait qu'il n'y a pas de morale, tout simplement parce que les romans ne sont pas des fables.
Qu'est-ce que la vertu quand on est riche, où sont le bien et le mal ? Peut-être la question ne se pose-t-elle plus. Dans les Privilèges, le couple des Morey, Adam et Cynthia, est si solide que ça les isole du reste du monde. Ils ont le bon goût d'en rire. Ils resteront amoureux tout le temps du livre de Jonathan Dee, Américain né en 1962, traduit pour la première fois, auteur de cinq romans, et qui n'écrit pas d'habitude sur ce genre de milieu. Adam ne trompera pas Cynthia, elle l'aidera toujours, et réciproquement. Ils feront en sorte que leurs enfants ne soient privés de rien, ne connaissent pas même «l'expérience de la perte». Rien d'autre ne compte aux yeux d'Adam que le travail et la famille. La malchance, le destin, ces excuses des faibles, n'existent pas, il n'y a que «des promesses inexploitées». Il est si rapide à les exploiter que l'avenir, avec lui, ce n'est déjà plus l'instant présent.
Un mariage ! Le premier d'une génération ; les futurs époux ont tout juste vingt-deux ans, ce qui est jeune pour l'époque. Leurs amis, pour la plupart, ont pris l'avion et sont arrivés hier, et Pittsburgh a beau compter un demi-million d'habitants, ils affectent, avec humour et snobisme, de se sentir désorientés, parce qu'ils viennent de New York et de Chicago, mais aussi parce que c'est le sentiment que leur inspire l'événement, sa nouveauté troublante et magique, comme s'ils se retrouvaient tout à coup au milieu de nulle part. Enfants ou adolescents, ils ont tous, évidemment, assisté au mariage d'un oncle ou d'un cousin, ou même dans certains cas de leur propre père ou mère, ils savent donc, à cet égard, à quoi s'attendre. Mais en tant qu'amis et contemporains des fiancés c'est pour eux une première, et ils associent leur excitation inhabituelle et chaotique à la crainte de se voir entraînés par des pairs dans le monde des adultes responsables, un monde dont la porte de sortie disparaîtra derrière eux mais pour lequel, fièrement, ils ne se sentent pas prêts. Ce sont des adultes qui font semblant d'être des enfants qui font semblant d'être des adultes. Hier soir, mettant un terme au dîner de répétition, le directeur du restaurant, débordé, avait menacé d'appeler la police. Le jour qui vient se profile comme un composé instable d'esprit de sérieux et de délire provocateur. Neuf heures avant la cérémonie prévue à l'église, beaucoup d'entre eux dorment encore, mais déjà les vieux murs épais du Pittsburgh Athletic Club semblent bourdonner d'une effervescence insolente.
Mi-septembre. Depuis Labor Day, la moitié ouest de la Pennsylvanie est prisonnière d'une vague de chaleur tardive et débilitante. Cynthia se réveille dans la maison de sa mère, dans un lit où elle n'a ouvert les yeux que cinq ou six fois dans sa vie, et sa première pensée va au thermomètre. Elle enfile un tee-shirt au cas où quelqu'un d'autre serait levé, passe devant Deborah (jamais Debbie), son exaspérante demi-soeur vautrée sur le canapé du salon dans son pyjama de flanelle, à moitié affalée par terre, et fait glisser la porte qui donne sur la terrasse, d'où elle aperçoit au loin quelques oriflammes en berne sur le golf de Fox Chapel. Frais, agréablement frais disons, bien qu'il soit trop tôt pour affirmer quoi que ce soit. Il doit à peine être sept heures. Elle ne s'inquiète pas. La vision de cauchemar de ses demoiselles d'honneur se collant des bouteilles de bière sur le front pour se rafraîchir, ou encore d'Adam essuyant la sueur de ses yeux au moment de lui dire oui, ne réussit qu'à dessiner un sourire sur ses lèvres. Elle n'est pas le genre à se laisser anéantir si les choses ne se déroulent pas à la perfection ; ce qui compte c'est que ce jour reste inoubliable pour tous ceux qui la connaissent, que ses amis aient des histoires à raconter. Elle rentre à l'intérieur, ses traces de pas disparaissent derrière elle dans la lourde rosée qui embue la terrasse en planches de cèdre.
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