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Auteur : Mark Twain
Traducteur : Bernard Hoepffner
Date de saisie : 15/06/2011
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Tristram, Auch, France
Collection : Litterature étrangère
Prix : 20.00 € / 131.19 F
ISBN : 978-2-907681-89-6
GENCOD : 9782907681896
Sorti le : 07/04/2011
À la fin du 15e siècle, en Autriche, une communauté d'imprimeurs vivait dans un immense château. C'était à l'aube de l'âge de l'imprimerie - qui allait révolutionner la circulation du savoir et éveiller les consciences.
Un jour, arrive un jeune vagabond. Il dit s'appeler «N° 44» et suscite aussitôt, parmi la famille du maître imprimeur et ses ouvriers, un mélange de fascination et de défiance. Rapidement, sous l'action de ce «mystérieux étranger», chacun est contraint de tomber le masque. Incidents et révélations de plus en plus extraordinaires secouent le château, tandis qu'à l'atelier est fabriquée l'une des premières Bibles industrielles...
Comme August, son narrateur de seize ans, Mark Twain (1835-1910) avait été apprenti imprimeur dans sa jeunesse.
Pour cet ultime roman, auquel il a consacré les douze dernières années de sa vie - en le recommençant pas moins de trois fois -, l'auteur des Aventures de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn avait le désir d'écrire avec une totale liberté. Il voulait montrer - sans se soucier des préjugés, des opinions ou des croyances d'autrui - ce qui constituait selon lui le fond de l'âme humaine.
Twain était un conteur, un humoriste, mais aussi un pamphlétaire de génie. Dans N° 44, le Mystérieux Étranger, il pousse l'art du roman au maximum de ses possibilités, alliant la puissance d'imagination des grands récits fondateurs aux audaces stylistiques les plus modernes.
Il évoquait l'écriture de ce livre comme un «luxe inimaginable», une «ivresse intellectuelle». Liberté coupable : après sa mort, c'est un montage de bric et de broc considérablement expurgé qui sera publié.
Resté inédit aux États-Unis jusqu'en 1969, ce chef-d'oeuvre paraît en France pour la première fois tel que Mark Twain l'avait écrit.
Ceux qui ont goûté aux légendes médiévales surnaturelles ou au Maître et Marguerite de Boulgakov savoureront les aventures de ce jeune Satan dans lesquelles Twain s'autorise une liberté incendiaire pour ses contemporains, toujours incisive pour les lecteurs d'aujourd'hui.
A la lecture de ce livre étrange et merveilleux, resté trop longtemps inédit, on réalise à quel point Twain fut le précurseur du roman américain. La maîtrise du style n'a rien à envier à la qualité de la narration, fascinante de bout en bout. Les vrais chefs-d'oeuvre sont rares. Celui-ci en est un.
Interrogé sur les racines de son oeuvre, William Faulkner déclara un jour que tout le roman américain du XXe siècle sortait des Aventures de Huckleberry Finn, et que Mark Twain était le père de la littérature américaine...
Bernard Hoepffner, qui a déjà tenté la gageure de retraduire les deux romans les plus célèbres de Twain, nous donne aujourd'hui celle de N° 44, le mystérieux étranger, l'ultime roman de l'écrivain. Il y a travaillé pendant les douze dernières années de sa vie, et l'a laissé inédit (mais non pas inachevé)...
Le thème du double, omniprésent chez Twain, et magistralement exploité dans Pudden'head Wilson (1894), son chef-d'oeuvre méconnu, est au centre de N° 44, mais poussé à la puissance 10. Les Doubles se multiplient, comme en un fantastique jeu de miroirs...
Les Aventures de Tom Sawyer et celles de Huckleberry Finn aidant, Mark Twain (de son vrai nom Samuel Langhorne Clemens, né en 1835 et mort en 1910) est souvent associé au roman pour adolescents. N°44, le Mystérieux Etranger ressemble à un roman pour adolescents pour adultes, une espèce de roman de désapprentissage où sont enseignés aux humains leurs manques définitifs par ceux qui sont tellement «étrangers» qu'ils ne sont pas humains...
«Ce signe me faisait comprendre que j'étais encore un être humain ; c'est-à-dire quelqu'un qui veut le monde et ne peut être satisfait à moins de l'avoir tout entier. Eh bien, ainsi sommes-nous faits ; même le plus humble d'entre nous a la voracité d'un empereur.» L'humanité (et donc l'inhumanité) est le sujet sous-jacent de N°44, et Mark Twain y consacre à la fois toute sa narration, toute sa réflexion, toute son émotion et toute son ironie. Comment sortir du «système solaire humain» qui rend ses ressortissants incapables d'avoir la moindre pensée un peu large ?...
«Toutes les insultes» que Mark Twain voulait déverser dans N°44, elles y sont et le lecteur les reçoit de plein fouet, avec grand plaisir et amusement.
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