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Auteur : Henry Meillant
Date de saisie : 02/05/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ed. du Masque d'or, Clamecy, France
Collection : Sagapo
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 9782915785906
GENCOD : 9782915785906
Sorti le : 18/04/2011
L'AUTEUR :
Henry MEILLANT a publié une cinquantaine de livres (poésie, romans, polars, théâtre et un téléfilm dont les personnages principaux furent Fernand Sardou et Pauline Carton). Trois polars furent traduits en roumain. Il fonda la Société des Poètes et Artistes de France et la revue Art et Poésie, qu'il dirigea durant 35 ans. Il est Sociétaire des Gens de Lettres de France, Chevalier des Palmes académiques et Officier de l'Ordre National du Mérite à titre littéraire.
le LIVRE :
Les Bertrand, famille d'artistes, ne semblent vivre que pour la musique et son enseignement. C'est une famille simple, tranquille, sans doute trop tranquille pour ne pas tenter le diable. Il suffit parfois de simples regards échangés, assortis à des regrets trop mal combattus, pour créer des drames débouchant sur des situations aussi durables qu'insupportables.
Paul Bertrand, chef de famille, s'emploie à brouiller les cartes, à créer des conflits qui inciteront même ses amours à sombrer dans la trahison, jusqu'au jour où deux enfants vont le reconduire sur le chemin de l'amour... mais n'est-ce pas une bien trop belle occasion pour les drames d'empoisonner encore une histoire de famille déjà surchargée de haine ?
L'ENTERREMENT
DEPUIS plusieurs jours, le vent d'automne, par rafales, arrachait aux branches humides et mortes les dernières feuilles. Elles se balançaient en tombant, tâchant de retarder leur chute et s'en allaient mourir au gré des vents, soit dans les flaques glauques et agitées, soit aux pieds mêmes des arbres en détresse. D'autres, avec lesquelles le vent semblait jouer, entreprenaient sur le sol une course effrénée, allant d'un côté de la route à l'autre, remontant, s'écrasant de nouveau, courant toujours plus loin et disparaissant soudain, happées par quelque égout mugissant où les flots s'engouffraient en une chute bouillonnante et sale.
Pauvres tilleuls, parures traditionnelles des rues de nos provinces ! Dans quelques jours, de ces coquets petits arbres, il ne restera que quelques troncs humides, noueux et noirs, que des branches roides et cassantes...
La petite rue aux pavés luisants monte. Elle traverse toute la ville. C'est une jolie rue malgré cette désolation. Ici, où les maisons sont plus rares, où elle quitte la cité pour disparaître dans les campagnes, elle semble cependant bien abandonnée. Les hommes ont décidé de la quitter là ; elle poursuivra seule son interminable chemin. Puis, les pavés, le bitume la quitteront aussi ; les tilleuls l'accompagneront encore pendant quelques dizaines de mètres, puis laisseront la place aux sauvages saules, aux noyers imposants...
Mais aujourd'hui, par ce jour de novembre, une foule, avec elle, est sortie de la petite ville : un enterrement.
Le corbillard a ses roues boueuses et la pluie - il pleut toujours aux enterrements ! - détrempe les fleurs accrochées au cercueil. Le vent mêle sa complainte à celle du prêtre et c'est dans un brouhaha de gémissements que le cortège délaisse la route, tourne à gauche et s'engage dans un chemin à peine carrossable, près duquel dorment les morts.
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