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Auteur : Jean-Marc Roberts
Date de saisie : 20/06/2011
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Gallimard, Paris, France
Collection : Blanche
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-07-013420-5
GENCOD : 9782070134205
Sorti le : 06/05/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Un écrivain de 57 ans, père de 5 enfants.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Une amitié amoureuse, rendre désirable l'indésirable F.M. Banier.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je connais ton adresse.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La chanson de Barbara «Si la photo est bonne».
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Secrets et confidences.
Une courte lecture de Jean-Marc Roberts
Une courte lecture de Jean-Marc Roberts
«Personne ne sait et ne saura jamais ce qui s'est réellement passé entre toi et la vieille dame. Intéressé. Je retiens ce mot qui s'invite en permanence dans ta défense comme dans leurs attaques. Chacun semble ignorer l'évidence : tu es tellement plus intéressant qu'intéressé. On t'arrête dans la rue, on te reconnaît facilement aujourd'hui, tu as droit à tout. Certains t'implorent de restituer l'argent, d'autres t'en réclament. Tu mérites la prison sinon le purgatoire puisque, c'est bien connu, tu vis au paradis.
La toile, quand ce ne sont plus les journaux papier, se déchaîne contre toi. On t'en voudra toujours de faire ton Donald, d'avoir attaqué la première fortune de France sans arme ni violence, tel un gros poussin avec une mitraillette en plastoc. Tu n'as braqué personne mais c'est comme si et même pire.
Cela finira bien par finir. Et tu ne perdras pas, François-Marie, comme on ne s'est pas perdus.»
Jean-Marc Roberts revient sur la longue amitié qui le lie à François-Marie Banier. A contre-courant de tout ce qu'on a pu lire sur lui, l'auteur nous livre le portrait d'un homme qu'il connaît comme personne.
Né en 1954 à Paris, Jean-Marc Roberts est l'auteur de seize romans. Plusieurs de ses livres ont été portés à l'écran, dont Affaires étrangères, sous le titre Une étrange affaire, par Pierre Granier-Deferre. Également disponibles en Points : Monsieur Pinocchio, Un début d'explication, L'Ami Vincent et Toilette de chat.
Manipulateur de génie ou gigolo germanopratin ? Après tout, qu'importe ! Par effet de miroir, l'auteur en profite surtout pour évoquer ses enfants (sans la moindre niaiserie) et brosse un autoportrait dont la complaisance occasionnelle est rattrapée par une fascinante perversité...
Loin d'un magazine "people" placé sous l'alibi de la "Blanche", François-Marie énerve autant qu'il passionne et a le bon goût d'être porté par une langue alerte et de ne jamais flatter dans le sens du poil. Qui a dit à l'image de son héros-titre ?
François-Marie Banier n'a pas servi qu'à vider des comptes pleins, remplir des journaux vides, enchanter entre autres vieilles dames Lili Brik, Nathalie Sarraute, Madeleine Castaing, Liliane Bettencourt, mais aussi Aragon. Il permet à Jean-Marc Roberts de lui (et nous) écrire, sous forme de fausse lettre, une déclaration de fidélité. S'y exprime le talent de l'auteur, échantillon consanguin de pattes de mouche et de coups de griffe, petit mélo entre amis fait de bains des enfants et d'indiscrétions au trébuchet, sans que jamais ce talent soit quitte de la méchanceté ni de la familiarité perverse qui l'inspirent : François-Marie est le portrait intime d'un drôle d'oiseau fait par un vilain chat, tous deux ennemis de leurs vieillesses.
Sans éluder tout à fait l'affaire qui oppose le photographe à la famille Bettencourt, Jean-Marc Roberts la prend, lui, du côté du prénom. C'est-à-dire sous le jour d'une amitié ancienne, interrompue pendant trente ans, et renouée à la faveur des déboires judiciaires que l'on sait...
Il se peut que Jean-Marc Roberts, lui, ait emprunté à François-Marie Banier quelque chose de sa démesure. Et, de ce point de vue, le crime paie : il en a tiré l'un de ses meilleurs livres, et le plus poignant.
Tout ensemble portrait tendre et grinçant de Banier - son ami de jeunesse, perdu de vue trente ans durant, aujourd'hui retrouvé - et autoportrait sans complaisance, ce court texte hautement incisif brille à chaque ligne par son absence de mièvrerie, son impertinence crâne, sa cruelle intelligence.
Un mois après l'annonce que François-Marie Banier ne serait finalement pas jugé pour abus de faiblesse envers Liliane Bettencourt, Jean-Marc Roberts confesse, devant le parquet littéraire, un excès de faiblesse pour l'écrivain-photographe dont la vie dispendieuse a longtemps défrayé la chronique. Et il lui adresse une lettre de soutien, plein de tendresse et de formules cinglantes...
Plus fidèle en amitié qu'en amour, Roberts sait que s'il désavouait Banier, il se renierait lui-même et il veut, le matin, pouvoir se regarder dans la glace.
Les mots sont servis un à un mais sans aucun gant blanc. Du rarement vu. C'est cru et nu. On est pourtant chez les riches. Les adresses chuchotées aux chauffeurs en uniforme; les noms connus et reconnus; les sommes d'argent à ne plus savoir compter. Tout ça sonne et claque bien. Alors, quoi ? Le problème est qu'on ne reçoit pas durant des années un garçon sous son toit, avec bonnes blagues et bonnes histoires servies à volonté, pour le renvoyer comme un vulgaire valet de chambre du jour au lendemain. Ça ne se fait pas. Un peu de manières, s'il vous plaît. L'éditeur et romancier Jean-Marc Roberts a écrit, avec François-Marie, un récit de vengeance craché à la gueule. Les phrases sont toutes rassemblées comme des fagots de bois sec auxquels on va mettre le feu. L'auteur de Méchant y sauve son ami François-Marie Banier car, lui aussi, est capable de mauvaises manières. On peut lui faire confiance. C'est oeil pour oeil, dent pour dent. Le tout est extraordinairement réussi. Pas une once d'hypocrisie. Indélicat et indécent. Un livre sur la lutte des classes, sur la solidité des liens amicaux, sur la puissance des familles.
Il reste une dernière plainte à retirer du côté de Bordeaux. Ils la retireront. Cela finira bien par finir. Et tu ne perdras pas, François-Marie, comme on ne s'est pas perdus.
En attendant tu avais raison : ils ne veulent toujours rien entendre de positif sur ton compte, cela n'empire pas mais les choses n'ont pas évolué.
Tu me poses des questions : «Je dois y aller à l'enterrement de Nanty ?», dont tu sais déjà les réponses. Bien sûr que non, tu n'y vas pas.
On t'arrête dans la rue, on te reconnaît facilement aujourd'hui, tu as droit à tout. Un géant veut absolument que tu le prennes en photo, c'est un ordre. Il prétend mesurer deux mètres et posséder un frère jumeau. D'autres t'implorent de restituer l'argent, certains t'en réclament. Tu mérites la prison sinon le purgatoire puisque, c'est bien connu, tu vis au paradis.
«Il est aux anges», nous a révélé un journaliste du dimanche. Tu m'appelles cinq à dix fois par jour sous n'importe quel prétexte : «Tu viens déjeuner ? Tu veux que je te présente Johnny Depp ? Tu aimes vraiment t'occuper de tes enfants ? Et ta nouvelle fiancée, tu es sûr qu'elle est gentille ?»
Le courant s'est un peu retourné depuis le 6 décembre, date de l'accord entre les deux femmes, mais pas dans ton sens.
«Tout est amour», a conclu le sinistre avocat de la partie adverse. Une affaire chasse l'autre, il y a Karachi, les rétrocommissions, la neige et la Tunisie, bientôt la présidentielle.
Tu as repris du poil de la bête et la voix traînante et nasillarde de Sacha Guitry quand il déroule face caméra le générique de Si Versailles m'était conté. Sans cesse la même histoire, de rois, de reines, de princes et de bouffons déchus.
La distribution est invariable, les rôles interchangeables sauf le tien, mon coeur.
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