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Auteur : Marcel Picard
Préface : Eva Ruchpaul
Date de saisie : 15/05/2011
Genre : Esotérisme
Editeur : Dervy, Paris, France
Collection : Dervy poche
Prix : 9.00 € / 59.04 F
ISBN : 9782844546616
GENCOD : 9782844546616
Sorti le : 18/04/2011
Deviner notre avenir ne sert à rien si l'on n'apprend pas à mieux comprendre et vivre notre présent, ce présent où tout notre futur s'enracine. De tout temps, les arts divinatoires ont servi à dénouer les noeuds du temps : projections codifiées de nous-mêmes, ils permettent de nous repérer dans le labyrinthe de notre psychisme et les dédales de nos vies.
Les 22 arcanes majeurs du tarot sont des images symboliques extrêmement riches de sens. Or, chacun de nous peut lire ces cartes et maîtriser cet art, miroir de l'être. Dans ce livre devenu un classique, Marcel Picard nous enseigne comment déchiffrer ces images archétypiques, comment procéder au tirage et comment l'interpréter en faveur de l'action à mener.
Avec cet ouvrage clair et précis, il nous donne la substantifique moelle de cet antique livre de sagesse.
Prenez en mains vos cartes. Suivant votre choix, disposez un tirage en face de vous. Les images parlent, écoutez-les en vous aidant de ce manuel.
Marcel Picard, tarologue reconnu, est également l'auteur avec Sylvie Simon du Langage secret du tarot chez Tchou.
Extrait de l'avant-propos
Vingt-deux morceaux de carton rectangulaires, frappés de figures bizarres, se partageant grosso modo la surface glacée avec des détails inattendus. Assemblages sans ensemble. Bric-à-brac de teintes épaisses : gros bleu, gros rouge, gros jaune..., encore alourdies de cernes noirs.
Le premier coup d'oeil sur les vingt-deux arcanes majeurs du Tarot de Marseille peut laisser à l'innocent la notion vaguement pénible d'un objet vilain. Vilain au vieux sens du terme : manant, sans style, mal dégrossi. Authentique sans doute, mais d'abord Fruste et comme obstiné dans sa gaucherie. Et il s'agirait de prêter esprit à cet appareil ? A la limite, c'est tout bonnement impensable.
Vingt-deux bouts de carton... Le second regard que l'on adresse aux Tarots de Marseille peut se charger de suspicion. Par quel glissement scandaleux, le bon sens occidental, conforté d'évidences rationnelles, pourrait-il coexister avec un louche désir d'obscurantisme ? Devrions-nous être curieux de quelques tatouages mal coloriés, sous prétexte de symboles venus d'autres cultures, de messages d'autres traditions, de signes d'autres atavismes ?
Foi de cordonnier, ou crédulité un brin débile, le consensus populaire voudrait faire de la lecture du Tarot un instrument de pénétration du temps, une machine à rendre transparent l'organigramme de la destination. Et la science dans tout ça ? Et notre libre arbitre ? Vingt-deux morceaux de carton pour les battre en brèche ! S'impliquer dans pareille aventure, pas question un instant : c'est non. Alors, haussons les épaules et jetons-les. Mais, voilà... certains d'entre nous ne vont pas se laisser repousser aussi vite, et vont regarder encore. Certains... plus fantaisistes ou plus curieux que d'autres, ou simplement imperméables aux chicanes éthiques vont oser un troisième regard.
Vingt-deux cartes «à jouer» suspectes, soit, mais pourquoi si prégnantes ? Provocatrices ou sollicitantes, mais par quels moyens ? En laissant jouer ce troisième regard déjà modifié, l'observateur va insidieusement élire ou repousser certaines figures. Dans la construction générale, toujours aussi anachronique, un sens personnalisé, comme une relation, semble s'essayer. Ces icônes ratées pourraient avoir un langage... Les unes nous agréent, nous plaisent vraiment, d'autres nous rebutent d'instinct.
L'exploration est commencée : suivant son dessin, nous prêtons à l'arcane un dessein. C'en est fait de notre mépris de civilisé, une autre manière de dialectique nous invite : l'empathie. Avec les lames antipathiques, le petit malaise sournois qui nous agace ressemble à une interrogation dérangeante, c'est une impertinence mal acceptée. Au contraire, les figures avenantes induisent un sentiment apaisant, comme complice d'un échange ludique.
Assez rapidement le candide explorateur se verra offrir une autre époque dans 3a relation aux vingt-deux arcanes : les informations d'agréable-désagréable bougent, fondent et se déplacent. Telle figure, auparavant hautement sympathique, commence à devenir suspecte. Telle autre, franchement rebutante, dérive vers notre indifférence. Nouvel inconfort pour l'innocent : les lames sont-elles multifaces ? Jusqu'à quand peut-on leur découvrir d'autres aspects ? L'inventaire est-il quelque part fini ? Ou bien, dans ces mouvements de refus, ou d'acceptation de certaines lames, doit-on voir des manifestations infra-conscientes, fluctuantes certes, mais agissantes sur le mode mineur, comme les rémanences de certains rêves ?
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