Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Guillaume Belhomme
Préface : Ken Vandermark
Date de saisie : 18/05/2011
Genre : Musique, Chansons
Editeur : Mot et le reste, Marseille, France
Collection : Formes
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 978-2-36054-017-4
GENCOD : 9782360540174
Sorti le : 20/01/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Guillaume Belhomme
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le jazz et ses monstres
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La musique elle-même n'est plus qu'un soupçon.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Celle des 500 disques chroniqués dans Way Ahead passés en même temps.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un peu de leur temps
Après avoir embrassé dans Gant Steps une histoire du jazz en 100 portraits et 500 chroniques de disques, Guillaume Belhomme propose au lecteur d'en interroger les limites généralement établies. Parmi les 100 autres figures évoquées dans Way Ahead, certaines auront donc oeuvré à un jazz estampillé (Pee Wee Russell, Teddy Wilson, Gene Ammons, Jimmy Lyons, Bill Dixon...) quand d'autres se seront emparées - ou s'emparent aujourd'hui encore - de son vocabulaire pour envisager de nouvelles formes musicales (Evan Parker, John Stevens, Eddie Prévost, Franz Koglmann, OtomoYoshihide...).
Comme le suggère le saxophoniste Ken Vandermark dans sa préface, le dessein de cette anthologie est de «permettre aux auditeurs d'approcher le jazz d'aujourd'hui».
Né en 1976 à Nantes, Guillaume Belhomme vit à Paris. Ancien collaborateur de Jazz Hot, il écrit aujourd'hui notamment pour les Inrockuptibles, Mouvement et Le son du grisli. Il est aussi musicien sous le nom de Gypsophile. Au mot et le reste, il a publié une monographie sur Eric Dolphy, un solo sur Morton Feldman /For Bunita Marcus et Gant Steps, jazz en 100 figures.
Collection publiée avec le concours financier de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Extrait de la préface de Ken Vandermark
À peine écoutez-vous de la musique que c'est déjà fini, qu'elle est déjà partie, elle est dons l'air. Pas moyen de remettre la main dessus.
Eric Dolphy
Qu'est-ce qui motive les histoires du jazz ? Tentent-elles de consigner une forme d'art qui, par essence, se joue «sur le moment», qui est donc éphémère et en perpétuelle mutation ? La performance terminée, l'auditeur pourra parfois la retrouver sur un disque ; mais n'y a-t-il pas une certaine contradiction, voire une incohérence, à documenter de cette façon une musique supposée être, par sa nature même, née d'actions créatives et spontanées ? Le jazz tout entier aurait-il été construit sur un lot de contradictions telles que celle-ci ? Est-il un ensemble de structures d'idées changeantes mises en mouvement sous les effets de différentes formes d'échanges ? La composition (le matériau prédéterminé) et l'improvisation (la composition spontanée) ; une musique noire américaine innovante et des langages sonores venus du monde entier qui parlent de leur époque; l'Histoire et le Moment; la diaspora d'une pensée créative et l'esprit d'un temps enfin ouvert à de nouvelles méthodes d'expression; la connaissance et la surprise...
Si l'histoire du jazz est celle d'une musique, elle est également celle de ceux qui l'ont faite. Dans certains cas, il s'agit de Novateurs qui ont révolutionné le genre (parmi les musiciens que l'on trouve dans Giant Steps, le premier des deux volumes de l'anthologie de Guillaume Belhomme, prenons comme exemples Louis Armstrong, Duke Ellington, Cecil Taylor, Lester Young, Miles Davis, Charlie Parker ou Omette Coleman). Dans d'autres cas, on trouve des représentants d'une Seconde Vague de musiciens qui ont élargi le champ des possibles offerts par les changements occasionnés par les Novateurs (citons Lucky Thompson, Art Farmer, Elmo Hope, Kenny Burrell, Oliver Lake, Booker Little ou encore Pepper Adams, tous évoqués dans Way Ahead). Enfin, il y a les Radicaux : ces musiciens qui donnent l'impression de se tenir à distance de toute continuité apparente du jazz - «apparente» parce que, comme toutes les autres formes d'art, le jazz ne s'est pas développé dans la ligne droite; et «continuité» parce que cette notion n'implique pas l'idée de progrès - en effet qui peut dire avoir contribué à améliorer le genre depuis Louis Armstrong ? Parmi ces radicaux, Thelonious Monk, Pee Wee Russell et Albert Ayler, sont des musiciens dont les débuts ont été marqués par une atmosphère musicale particulière - le bebop dans le cas de Monk, l'École de Chicago des années 1920 pour Russell, et le hard bop pour Ayler - mais qui ont su s'en détacher pour trouver une façon plus personnelle d'agencer leurs idées. En conséquence, ils ont souvent été réprouvés par des auditeurs et une presse grand public qui avaient du mal à considérer leurs choix comme valables et à reconnaître leur qualité d'expression. Souvent accusés de manquer de «bonne technique», ils furent rarement reconnus pour avoir développé le «certifié conforme» vocabulaire du jazz. Prenons un exemple : de son vivant, Charlie Parker fut à juste titre salué comme un génie ; aujourd'hui pourtant, il reste encore quelques imbéciles qui vous diront que Thelonious Monk ne savait pas jouer du piano. Heureusement, à l'orée du XXIe siècle, ces inventions sonores (les clusters de Monk, les murmures de Russell et les rugissements d'Ayler) font partie du vocabulaire de la plupart des penseurs les plus en pointe dans le domaine de la musique.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia