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.. Nyctalope ? ta mère... : dictionnaire des mots savants employés à tort et à travers

Couverture du livre Nyctalope ? ta mère... : dictionnaire des mots savants employés à tort et à travers

Auteur : Tristan Savin

Préface : Alain Rey

Date de saisie : 11/07/2011

Genre : Langues

Editeur : L'Express éditions, Paris, France

Prix : 12.50 € / 81.99 F

ISBN : 978-2-84343-785-4

GENCOD : 9782843437854

Sorti le : 14/04/2011

  • Le courrier des auteurs : 25/06/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Un avatar, un cénobite, un dilettante et bien sûr, un nyctalope.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Replacer les mots savants employés au quotidien dans leur contexte étymologique... pour retrouver leur véritable sens. (Tout un programme).

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La dernière phrase de ce dictionnaire : "qui aura le dernier mot ?"

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une Gymnopédie d'Erik Satie (toute présomption mise à part).

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La passion des mots - et au passage l'histoire (truculente et chaotique) de la langue française.


  • Les présentations des éditeurs : 11/07/2011

Amphigourique, aréopage, borborygme, cacochyme, concupiscent, kafkaïen, libidineux, ostracisme, pataphysique, picaresque, platonique, priapique, rodomontade, salmigondis, thuriféraire, valétudinaire... Chacun s'approprie les mots à sa façon. Mais les emploie-t-on à bon escient ?
Ce dictionnaire empirique recense plus de 300 termes éloignés de leur sens originel par l'usage, mal interprétés ou indûment employés. Tristan Savin a retrouvé leur étymologie pour explorer les causes de ces glissements sémantiques. «Nyctalope» n'est ni une insulte à la capitaine Haddock ni un animorphe échappé d'Harry Potter. C'est la capacité de voir dans le noir, comme le chat.

«Et voici proposé un dictionnaire du dérapage, de la dérive, pour ne pas dire du déconnage de ces malheureux vocables victimes de leur succès, ces "mots de la tribu" que Mallarmé s'évertuait à purifier. (...) Ce dictionnaire des mauvais usages reçus, très tranquillement et sans nous taper sur les doigts, remet les choses en place et les pendules déréglées à l'heure. Ce faisant, il apporte une eau dépolluée au moulin de la langue française, ce qui ne peut qu'embellir le paysage lexical.» (Alain Rey)

Tristan Savin est chroniqueur littéraire. Rédacteur en chef des hors-séries du magazine Lire, il collabore occasionnellement aux pages culture de L'Express. Il est l'auteur d'une anthologie, Le Goût de l'Abyssinie, parue au Mercure de France en 2009.



  • La revue de presse Julien Bisson - Lire, avril 2011

Préfacé par Alain Rey, ce "dictionnaire des mots savants employés à tort et à travers" recense quelque 300 vocables, dont l'usage commun a détourné le sens originel...
Les esprits chagrins déploreront ce dévoiement du français. Les autres se réjouiront de ces évolutions, comme autant d'indices de vivacité d'une langue qui n'a pas dit son dernier mot...


  • Les courts extraits de livres : 11/07/2011

Extrait de l'avant-propos

Nous employons tous des termes érudits, un brin recherchés. Ils nous permettent de briller en société, au bureau, dans les dîners en ville... Ces mots, on les entend au cours d'une conversation, on les capte à la radio, on tombe dessus dans un livre, un quotidien du matin hâtivement picoré. Nous avons rarement le temps de vérifier leur définition précise dans un dictionnaire. Chacun se les approprie machinalement. Ainsi se véhiculent les mots. Pareils aux particules, ils nous environnent sans se faire remarquer, évoluent à leur gré pour ressurgir au cours d'une discussion. Mais les emploie-t-on à bon escient ?

Pour le savoir, il faut consulter des lexiques, plonger dans des manuels, des encyclopédies. On renoue ainsi avec les origines de notre langue, empruntée au latin, au grec, au francique, au sanskrit ou au volapük. On voyage dans le temps. On réalise à quel point les vocables évoluent, au fil des modes, des idéologies, des technologies.

Au lycée, j'étais fasciné par un élève asocial, à demi autiste. Il n'adressait la parole à personne et passait son temps le nez dans le dictionnaire. Il ressemblait aux personnages de Goscinny dessinés par Sempé. J'ai fini par réaliser la nature de sa névrose : il apprenait les mots un par un, dans l'ordre alphabétique. Je l'entendais parfois réciter les définitions à voix basse. Il n'avait aucun ami et effrayait les filles. Malgré cela, je l'enviais. S'il vit encore, ce que je souhaite, il doit être l'une des rares personnes à connaître le sens exact des mots... Peut-être est-il devenu lexicographe.

Ce n'est pourtant pas lui qui m'a fait aimer les dictionnaires. Mon père était un latiniste distingué - il avait fait ses humanités au collège - et ressassait sa devise à l'envi : doctus cum libro, formule kabbalistique qui pourrait se traduire par «savant avec un livre». Il faisait bien sûr référence aux Littré, Larousse, Robert, Gaffiot ou Webster qu'il était d'usage de consulter, à la maison, dès qu'un doute s'immisçait dans une conversation.

Les mots servent à exprimer une pensée. Plus le vocabulaire s'enrichit, plus la réflexion est profonde. Mais pour parvenir à se faire comprendre, encore faut-il employer les mots à bon escient, connaître leur sens précis.


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